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couverture

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L’édition originale de cet ouvrage a paru en langue anglaise chez Scholastic Press, an imprint of Scholastic Inc., sous le titre :

SHIVER

© 2009 by Maggie Stiefvater.

© Hachette Livre, 2010, pour la traduction française et la présente édition.

Hachette Livre, 43 quai de Grenelle, 75015 Paris.

Photo de couverture : Getty Images / Remo Kottonau

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Camille Croqueloup

ISBN : 978-2-012-02251-5

Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949
sur les publications destinées à la jeunesse

pour Kate, parce qu’elle a pleuré

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Je me souviens être étendue dans la neige, petite tache de chaleur rouge se refroidissant peu à peu, entourée de loups qui se bousculaient pour me lécher, me mordiller, me harceler. Leurs corps serrés les uns contre les autres m’encerclaient, interceptant le peu de chaleur que le soleil avait à offrir. La fourrure de leur cou scintillait de glaçons, leurs souffles traçaient des formes opaques qui flottaient dans l’air alentour. L’odeur musquée de leur poil me rappelait celles, agréables mais terrifiantes, de chien mouillé et de feuilles brûlées dans le jardin. Leurs langues râpeuses m’écorchaient la peau, leurs crocs indifférents déchiraient mes manches, s’accrochaient à mes cheveux, se pressaient contre mes clavicules, contre le pouls battant à mon cou.

J’aurais pu crier, mais je ne l’ai pas fait. J’aurais pu me débattre, lutter, mais non. Allongée là, je me suis abandonnée, en regardant au-dessus de ma tête le ciel blanc d’hiver virer au gris.

L’un d’eux a enfoncé son museau dans le creux de ma main, puis l’a frotté contre ma joue. Une ombre s’est projetée sur mon visage. Et, tandis que les autres me poussaient de toutes parts, il a plongé ses yeux dans les miens.

J’ai soutenu son regard aussi longtemps que je l’ai pu. Vus de près, ses iris jaunes étaient pailletés de toute la gamme des nuances qui vont de l’or à l’acajou. Je ne voulais pas qu’il se détourne, et il ne l’a pas fait. Je voulais tendre la main pour agripper la fourrure de son collier, mais mes bras restaient gelés, recroquevillés contre mon torse.

Je ne me souvenais plus de ce que c’était que d’avoir chaud.

Puis il s’est éclipsé. Lui parti, les autres ont refermé le cercle, plus près, trop près, étouffants. J’ai senti quelque chose palpiter dans ma poitrine.

Plus de soleil. Plus de lumière. J’allais mourir. J’avais oublié à quoi ressemblait le ciel.

Mais je ne suis pas morte. Je me suis égarée longuement dans un océan de glace, avant de renaître dans un monde de chaleur.

Je me souviens de ceci : ses yeux jaunes. Que je croyais ne plus jamais revoir.