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Secrets et mensonges

De
132 pages

C’est vrai que ce soir-là, elle avait été subjuguée dès que ses yeux s’étaient posés sur lui. Comment aurait-il pu en être autrement ? Elle avait l’impression que toutes les filles n’avaient d’yeux que pour lui. John Alexandre Bikai était le centre de la fête. Il était si sûr de lui, si beau aussi. Et quand il vous parlait, on aurait dit que les autres n’existaient plus. C’est le sentiment qu’elle avait éprouvé lorsqu'enfin il avait daigné poser sur elle ses yeux si indéfinissables. Elle avait alors cru que plus rien d’autres n’avaient d’importance. Et pourtant ! Il s’était à peine attardé sur elle, glissant son regard vers celle qui l’accompagnait. Danielle était tout en beauté ce soir-là, et ne semblait pas se rendre compte de l’attention qu’elle suscitait de la part de la gent masculine...


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-00405-3

 

© Edilivre, 2016

1

Encore une journée sans surprise ! Ces derniers temps elles se ressemblaient toutes. Il faut que cela change, mais comment ?

Diane était assise sur la terrasse, devant la maison comme d’habitudes. Elle ne faisait que cela depuis un bon bout de temps. Elle restait là des heures durant, regardant sans les voir les passants qui se rendaient au marché tout proche.

– Je donnerais tout pour quitter ce bled pourri ! Marmonna-t-elle entre ses dents.

– Quoi ? Tu disais ?

Jeanne, sa demi-sœur venait de faire son apparition. Toujours bien vêtue, mademoiselle voulait devenir Top Model. Elle était jolie certes, très grande de taille comme Diane d’ailleurs, mais rien dans la tête. Jeanne croyait que l’argent tombait du ciel et qu’il suffisait de tendre les bras pour se servir. Ce n’était pas de sa faute, maman l’avait trop couvée, pensa Diane.

– Rien, répondit Diane sans détourner un seul instant son regard de l’horizon.

– Toujours dans les nuages chère sœur ? Ce n’est pas ainsi que tu feras fortune et que tu quitteras comme tu l’appelles si bien ce bled pourri !

Jeanne avait beau être sans cervelle, malheureusement parfois elle tenait des raisonnements très sensés.

– Occupes-toi de ta mise, réfléchir te vas si mal et ne te donnerai que des maux de tête.

– Me traiterais-tu d’idiote des fois ! s’exclama Jeanne offusquée. Devant le mutisme forcé de sa prétentieuse de grande sœur, elle partit furieuse à la recherche de leur mère. Maman !

Diane riait sous cape, leur mère n’était pas là, comme d’habitudes ! En fait, Christine n’était jamais là quand on avait besoin d’elle. Jeanne finit par se faire une raison, lorsqu’elle croisa les visages peu amènent des quatre enfants d’Irène, la maitresse de maison. Christine, pour des raisons connues d’elle seule, avait laissée ses deux filles chez son père adoptif. Ce dernier avait convolé en secondes noces avec Irène, cause de son divorce avec Marie, la mère de Christine. Jeanne revint sur ses pas et pris place à côté de sa sœur.

– Alors, elle est déjà partie c’est ça hein ? demanda-t-elle à sa sœur.

– Je croyais que depuis le temps tu te serais fait une raison, répondit Diane. Devant le visage défait de sa sœur, elle l’élança.

– On fait la paix ? demanda Jeanne surprise.

– Nous n’avons jamais été en guerre, répondit Diane.

– Alors quand est-ce qu’on se tire d’ici ? T’as une idée ?

– Aucune pour le moment, mais j’y réfléchis t’inquiète.

– Ils nous détestent, pourtant on ne leur a rien fait ! Je hais cette maison ! s’exclama Jeanne.

– Moins fort ils pourraient entendre. Dès que grand-mère revient on se tire d’ici, ce sera déjà un bon début.

– Elle revient quand à ton avis ?

– Je l’ignore mais le plus tôt serait le mieux, je commence à ne plus les supporter moi non plus !

Des bruits se firent entendre à l’intérieur de la maison. C’était une bâtisse sans charme, composée de quatre chambres moyennes, d’un salon, d’une minuscule cuisine et d’une minable salle de bain. Diane et sa sœur occupaient l’une des deux chambres à l’arrière de la maison, face à celle d’Emmanuel, le petit frère de leur mère. Les deux autres chambres, situés au niveau du salon étaient destinées à la nouvelle famille. Irène avait quatre enfants aussi détestables les uns les autres, comme leur mère d’ailleurs. Elle avait farcie la tête de ses enfants d’idées idiotes et séparatistes, poussant ses derniers à détester les enfants du premier mariage. La maison possédait deux portes d’entrée, l’une à l’avant que les deux jeunes filles évitaient si possible d’emprunter, et l’autre à l’arrière séparant les deux chambres. Tout ce bruit à l’intérieur alerta les jeunes filles. Anne était de retour ! C’était la dernière-née de la famille, enfin de leur grand-mère. Elle était du genre utopiste, ne voyant que ce qui l’arrangeait. Du coup, elle ne voyait pas l’hypocrisie dont faisait preuve ses demi-frères. Ces derniers l’accueillaient toujours avec le sourire, normal puisqu’elle venait rarement les mains vides.

– Et voilà mes nièces adorées ! s’exclama Anne.

– Tu n’en as pas d’autres, si ! répondit Diane mi-figue mi-raisin.

– Et entre nous tu n’es pas trop jeune pour qu’on t’appelle tante ? demanda Jeanne avec le sourire.

– C’est quoi ces manières ! fit Anne plus amusée qu’offusquée.

C’était une blague entre elle. Anne était de cinq ans seulement l’ainée de Diane et de huit celle de Jeanne. D’ailleurs lorsqu’elles sortaient ensemble, elle les présentait toujours comme ses petites sœurs, jamais comme ses nièces. Et leur grande taille devait y être aussi pour quelque chose. Elles dépassaient d’une bonne tête tout le monde à la maison.

– Alors qu’est-ce que tu racontes de bon ? demanda Diane lorsque les autres se furent éloignés.

– Rien de nouveau. Et vous, ça va ?

– Si l’on veut, j’ai hâte que grand-mère revienne ! s’exclama Jeanne.

– Elle sera là demain si mes prévisions sont bonnes, mais qu’est-ce que ça change ?

– Peut-être rien, peut-être tout ! répondit Diane.

– Toi ma petite tu as une idée derrière la tête !

– On va aller vivre chez grand-mère, dit Jeanne.

Diane fusilla sa petite sœur du regard. Jeanne et sa langue bien pendue, se dit-elle intérieurement.

– Quoi ? Vous êtes folles ? Votre mère n’acceptera jamais et elle aurait bien raison ! s’exclama Anne.

– Pourquoi ? Se serait toujours mieux avec elle là-bas qu’ici ! dit Jeanne, ignorant le regard furibond de sa sœur. Pas vrai sœurette ?

– Alors cette idée est de toi ? J’aurais dû m’en douter. Tu connais les raisons pour lesquelles vous ne pouvez pas vivre avec elle.

– J’y ai bien réfléchis crois-moi et c’est la seule solution qui s’offre à nous, répondit calmement Diane.

– Mais elle n’est jamais là ! Vous serez livrées à vous-même à chaque fois qu’elle voyagera et de plus elle déménage tout le temps !

– Je sais tout ça, tu ne m’apprends rien, mais ici aussi nous sommes livrées à nous-mêmes. Personne n’a du temps à nous consacrer, ni ne se soucie de nous. Et de plus nous devons supporter leurs intrigues, y en a marre !

– Mais ici, vous avez une maison qui ne risque pas de s’en aller !

– Là-bas, on aura tout ce dont on a envie et bien plus encore. Ici, nous ne sommes pas les bienvenus, ils n’arrêtent pas de nous dire de nous en aller. Tu le sais très bien Anne ! Je suis fatiguée de toutes ces disputes, de toutes ces intrigues. Si tu savais ce qu’ils nous font endurer !

– Je suis au courant, répondit Anne la tête baissée. Fais comme tu le sens, quel que soit ta décision, je l’approuverai. Mais ma sœur…

– T’inquiète, je m’en suis déjà occupée. Elle n’était pas contente mais au point où j’en suis, je m’en fiche ! J’ai dix-huit ans que diable ; je suis assez grande pour savoir ce qui est bien pour ma sœur et moi.

– Eh bien, il ne vous reste plus qu’une chose à faire à ce que je vois ! dit Anne résignée.

– Quoi ? On va vraiment aller vivre chez grand-mère ? demanda Jeanne aux anges.

– On dirait bien que oui ! répondit sa sœur.

– Tu le savais et tu ne m’as rien dit, cachotière ! Je m’en vais faire mes valises, c’est génial !

– Eh ! fit Diane.

– Oui quoi ? demanda Jeanne sur le pas de la porte, impatiente.

– Rien que le nécessaire. Je ne tiens pas à ce qu’on s’encombre de futilités.

– Tout ce que tu veux chef ! Je savais que tu allais trouver une solution.

– Il y en a au moins une qui est contente. Tu devrais l’être aussi, tu vas quitter ce bled pourri comme tu l’appelles si bien, fit remarquer Anne.

– Pour un autre encore plus paumé, répondit Diane lasse. Mais celui-là au moins je l’aurais choisie.

– Si tu le dis. Mais dis-moi une chose, comment allez-vous faire ? Tu sais très bien que Marie habite un petit studio. Le commerce à ce qu’il parait ne marche plus aussi bien qu’avant.

– Je sais, c’est justement pour cela que c’est maintenant que je me décide à aller vivre avec elle.

– Je ne comprends pas, aurais-je manquée un épisode ?

– C’est son dernier voyage, elle me l’a dit la dernière fois qu’on s’est vue. Et de plus il est possible qu’oncle John soit de retour dans les jours à venir.

– Je vois. Écoutes c’est pour ton propre bien, il ne faut pas trop mettre tes espoirs sur John. Parce qu’il te nourrira de promesses mais te décevra comme nous tous. C’est mon frère, je sais ce que je dis. Regardes-moi, regardes-nous ! Il est riche, sa propre mère vit dans un studio minable et ses frères font la manche pour vivre !

John était le premier fils de Marie, né comme Christine de son précédent mariage. Très intelligent, il était resté avec son père après le divorce de ses parents. Ayant fait de brillantes études, il travaillait pour un organisme financier à l’étranger. Père de deux garçons, sa société avait décidée de venir implanter une filiale au Kamer, son pays. Il s’était porté volontaire pour diriger cette filiale dont le siège se trouvait en Angleterre. Mais Anne n’en savait rien, quoique cela n’aurait pas changé grand-chose pour elle. De plus, l’épouse de John n’était pas très appréciée de ses frères, qui lui reprochaient entre autre sa morgue et sa superbe. Elle se croyait supérieure à eux parce qu’elle avait fait de grandes études, ce qui n’était malheureusement le cas de personne d’autres que John dans sa famille. Danielle était issue d’une famille aisée, pour laquelle les études étaient très importantes et tenaient une place de choix. Sa morgue n’était pas feinte, elle avait été éduquée ainsi. Mais les autres ne pouvaient et surtout ne voulaient pas comprendre, l’accusant de tous les maux possibles.

– T’inquiète, tu seras surprise de ce qu’on peut obtenir d’une personne sans en faire la demande, ni se rabaisser. Je sais ce que je fais. Je veux un avenir pour ma sœur et moi et ce minable studio nous ouvrira toutes les portes. Viens avec nous, tu ne le regretteras pas.

– J’ai une chambre ici, une vie. Non… j’ai passée l’âge de croire aux contes fées.

– Pourtant c’est toi qui m’as dit que les gens pouvaient changer, qu’il suffisait de leur donner une chance. Tu n’as pas foi en tes propres mots ? Mais alors tout ce que tu fais pour eux…

– C’est pour vous que je l’ai fais, je ne suis pas aussi aveugle que ça, ni idiote ! De plus, je ne suis pas tenue de croire tout ce que je raconte… mais toi, promet-moi une chose.

– Tout ce que tu veux.

– La foi… ! Ne perd jamais la foi en toi, en Dieu et aux Hommes. Il viendra des moments où tu les détesteras, où tu te haïras même. Mais n’abandonne jamais ! Restes toi-même c’est cela même qui fera ta force. Et surtout, n’arrêtes pas de rêver. Tu es jeune, tu as toute la vie devant toi.

– Tu es bizarre, tu es sûr que ça va ? Pourquoi tu me parles ainsi ? demanda Diane inquiète. Anne ne lui avait jamais parlée de la sorte, et cette lueur étrange dans son regard n’était pas pour lui plaire.

– Promet-moi ! Se contenta de dire Anne.

Quoiqu’inquiète, Diane promis.

– Vas faire ta valise ! Surtout ne te retournes pas, ne regrettes rien.

– C’était la seule solution, ne crois pas qu’on t’abandonne, on viendra te voir chaque fois qu’on le pourra, dit comme pour s’excuser de ce départ Diane.

Avec un sourire étrange, Anne répéta sa dernière phrase, puis lui tourna le dos. Elle prit place sur le banc comme Diane quelques instants plus tôt, et regarda sans les voir, l’air apaisé, les moineaux prendre leur envol.

– Je ne sais pas quoi prendre, je suis tellement heureuse de m’en aller ! dit Jeanne à l’entrée de sa sœur. Emmanuel est au courant qu’on s’en va ?

– Qu’est-ce que ça change, tu crois qu’il s’en préoccupe ? A mon avis il sera très ravi de se débarrasser enfin de nous. Nous le gênons plus qu’autre chose.

– Tu as raison ! De toute façon il nous ignore la plupart du temps ; il ne s’apercevra même pas de notre absence.

– Tu l’as dis, répondit Diane.

Jeanne s’assit sur leur lit et embrassa du regard la petite chambre, un peu nostalgique.

– Ça me fait tout drôle de quitter cet endroit ! Mais je ne regrette pas. La seule chose que je déplore c’est de devoir laisser la plupart de mes affaires ici, dit Jeanne.

– Ce ne sont que des vêtements, oncle John nous en apportera d’autres et de toute façon il était prévu de renouveler notre garde-robe cette année. La plupart de ces vêtements ne te vont même plus !

– Là n’est pas la question ! Je déplore le fait qu’ils vont se servir, pourtant ils ne méritent même pas qu’on leur dise au revoir.

– On a grandi avec eux ! Rien que pour ça et le fait que malgré toutes leurs menaces, ils ne nous ont pas mis à la porte, on peut bien leur faire cadeau de ces vêtements et leur dire au revoir.

– Quoi ? Je ne te comprends plus, tu ne voudrais pas qu’on leur baise les pieds en plus ! Ils nous ont coupés l’électricité, ne nous ont pour ainsi dire jamais donnés à manger ! Qu’est-ce qui t’arrives ? Tu te ramollie avec l’âge ma vieille !

– Non, mais pour la première fois de ma vie, je me sens libre et j’en suis heureuse ! Je ne sais pas ce qui nous attend là-bas, ce qui est certain ce sera différent ! Et je n’ai pas envie de nourrir des rancœurs inutiles. Car comme le dit grand-mère…

– Il faut énormément d’énergies pour haïr et du temps pour nourrir des rancœurs ! Et nous n’avons ni cet énergie, ni ce temps. Je sais !

– Tu comprends vite !

– C’est ça, mais cela mérite une compensation, dit Jeanne l’air malicieuse.

– Ah oui, Laquelle ? demanda Diane sans regarder sa sœur. Mais le silence de cette dernière l’alarma.

– Bataille d’oreiller !

Christine était furieuse ! Fulminant contre elle et contre sa fille, elle faisait les cents pas pour se calmer en attendant le retour de Marc, son compagnon. Malheureusement, Diane avait raison et c’est cela même qui la mettait en rogne. Cette satanée gamine avait toujours raison ! Cela en devenait exaspérant. Marc et elle vivaient ensemble depuis plus de huit ans maintenant, s’il avait voulu que les filles viennent vivre avec eux, il se serait décidé depuis belle lurette. Ce n’est pas qu’il ne s’entendait pas avec les petites, mais il préférait qu’elles soient ailleurs que sous ses yeux en permanence. Diane en avait eu marre d’attendre qu’il se décide enfin. Elle avait coupée les ponts, avec eux depuis longtemps, leur parlant à peine, les ignorants la plupart du temps. Si elle ne dépendait pas financièrement d’eux, il y a fort à parier qu’elle aurait coupée tout contact depuis des lustres. Il était temps que Marc et elle aient une conversation sérieuse au sujet des enfants. La situation commençait à l’inquiéter. Diane avait quittée depuis près de deux ans les bancs de classe et pourtant elle était brillante. Bien entendu Jeanne s’était empressée de l’imiter. Mais, venant d’elle ce n’était guère une surprise, l’école n’étant pas sa tasse de thé.

– Je ne veux pas qu’elles finissent comme moi, sans avenir, vivant au crochet d’un homme. Elles ont grandis sans moi mon Dieu ! Je suis une étrangère aux yeux de mes propres enfants !

John lui avait pourtant dit qu’il était prêt à l’aider, pour cela elle devait aller vivre avec sa mère et ses deux enfants. Et il n’en était pas question ! Elle connaissait Marie plus que quiconque et il était inenvisageable qu’elle aille vivre avec cette emmerdeuse de première. Rien n’était jamais bien fait à ses yeux ! Mis à part John son fils chéri, tous les autres n’étaient que des minables aux yeux de cette dernière. Mais Diane, aveuglée par la colère, ne s’en rendait même pas compte. Quoiqu’il faille admettre qu’avec elle, les gens avaient tendance à ne montrer que leur bon côté ! Marc aussi d’ailleurs ! C’est pour ça qu’elle croit à tort évidement que c’est moi qui ne veux pas d’elles ici. Christine plongée dans ses réflexions, n’entendit pas Marc rentrer.

– Il y a un problème ?

Le regard que lui lança Christine le mit sur le qui-vive. Elle revenait surement de chez son père ; il y avait fort à parier qu’avec Diane les choses ne s’étaient pas passées comme elle l’espérait. Cette gamine était une véritable bombe à retardement. Il ne comprenait d’ailleurs pas pourquoi Christine avait refusée de la confier à Arnaud, son père. A ce qu’elle lui avait racontée, ce dernier, prit de remords était revenu lorsque la petite avait cinq ans. Il voulait la prendre avec lui, il s’était marié et tenait à prendre ses responsabilités. Ayant une autre petite fille de deux ans sur les bras, dont le père s’était aussi fait la malle, une autre que Christine aurait sautée sur l’occasion. Mais elle avait refusée. Il se demandait toujours pourquoi.

– Bien ! Quelle est la nouvelle lubie de ta fille ? demanda-t-il résigné.

– Diane n’a pas de lubies, elle est juste en colère contre le monde et contre moi en particulier. Et sa colère est justifiée ! répondit Christine en le fusillant du regard.

Marc décida de ne pas tomber dans le panneau, il était évident qu’elle lui cherchait querelle.

– Nous avons déjà eu cette conversation des milliers de fois et c’est non ! Répondit-il en prenant place dans un fauteuil.

– Oh ne t’inquiète pas ! Diane a trouvée toute seule la solution, elles vont s’installer chez ma mère dès son retour.

– Chez cette vieille folle ? Je leur souhaite bien du courage !

– Cette vieille folle comme tu le dis si bien est ma mère ! Et mes filles ne se retrouveraient pas à y aller si…

– Si rien du tout ! J’ai été très claire dès le départ, pas d’enfants qui ne seraient pas de mon sang ici !

– Comme si tu pouvais en avoir !

– Je vais faire comme si je n’avais rien entendu. Je refuse de me lancer là-dedans. Si tu n’es plus satisfaite de notre arrangement, tu sais ce qu’il te reste à faire. Pour ma part je suis fatigué, je vais me reposer.

– Fais comme tu le sens, je sais à quoi m’en tenir !

Diane lui avait demandée pour la première fois de choisir entre Marc et elles. Elle n’avait sût que répondre, mais maintenant elle savait ! Alors sans faire de bruit, elle fit ses bagages et se dit qu’elle aurait dû les faire il y a bien longtemps. Mais mieux vaut tard que jamais ! Marie sera surprise à son retour cela au moins elle en était sûr ! Heureuse peut-être pas, mais surprise c’est certain ! Marc croyait qu’elle ignorait qu’il avait une maitresse et que cette dernière lui avait fait un enfant. Cela faisait près d’un an qu’elle savait pour cette petite âgée de deux ans...