Si une fouine m'était contée

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Conter une fouine, c'est parler de ses rêves, de ses passions, de son monde enchanté. Un monde enchanté où s’enchaînent la vie, les joies, les petits bonheurs et la fantaisie. C’est apprendre que la vie peut vous sourire même lorsque vous la croyez triste, il suffit pour cela d’un brin de magie, celle de Noël ou encore de petits êtres imaginaires... Imaginaires, croyez-vous ? Et si tout cela faisait partie du monde réel ?


Publié le : vendredi 21 décembre 2012
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EAN13 : 9782332525987
Nombre de pages : 156
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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-52596-3

 

© Edilivre, 2015

Dédicace

 

 

A Maman

A ma sœur Françoise

« sans toi rien ne serait arrivé »

A mes petites filles et ma fille

« Pour votre enthousiasme, vos idées et… vos dessins »

Je vous aime

A Jean-Loup

« Pour ta patience et tes encouragements »

 

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CRISTAUX DE NEIGE
ET « FLOCON »
(conte écrit à 14 ans)

Triste Noël ! Pourquoi triste Noël ? Ça n’est jamais triste un Noël. Tout le monde se réunit pour le fêter joyeusement…

Le 25 décembre avait été attendu avec impatience dans chaque foyer. On avait tout préparé : sapins, crèches, gaîté. Et pourtant, quelqu’un manquait… le plus important… la neige ! Elle s’était arrêtée en cours de route. Cette année, il faisait trop froid dans cette ville pour s’y risquer. Aussi était-elle restée sur les hautes montagnes, ou ailleurs, on n’en sait rien. D’abord, on ne saura jamais d’où elle vient… On est bien trop content lorsqu’elle arrive, pour lui demander ce qu’elle a fait. Donc, l’année 1966 ne débuterait pas avec son habituel manteau blanc. Sa parure était toute différente, grise.

Heureusement, elle ne la garda pas bien longtemps.

Madame la neige arriva un beau matin ; les gens dormaient encore, elle voulait les surprendre. Elle croyait qu’on l’avait oubliée, mais on ne pensait qu’à elle ; d’ailleurs elle s’en aperçut plus tard !

La nuit de Noël, d’adorables petits chiens étaient entrés dans ce monde que les humains appellent « vie ». Ils étaient vraiment mignons, tous blancs. Leurs poils fragiles et soyeux formaient comme des cristaux de neige. Un seul chiot resta avec sa mère. Les autres furent donnés à des personnes aimables, qui voulaient les avoir. En souvenir de cette nuit, on nomma le petit chien « Flocon ». Ce nom lui allait à ravir…

Pendant ce temps, la neige continuait à descendre doucement sur la ville endormie. Les plus petits coins eurent droit à cette blancheur qui réjouit tant les gens. Des cristaux peu à peu se formèrent et firent plus brillants les trottoirs et les routes, plus somptueux les jardins qui étaient devenus propriété de la « Belle aux bois dormants ».

Les pas crissaient, les roues patinaient, les luges écrasaient et glissaient. Les bonhommes de neige se formaient. La petite ville tranquille avait repris ses bonnes habitudes. Les arbres recevaient sans rien dire ces flocons tardifs, qui devaient immobiliser leurs branches pour les rendre encore plus solennels. Les antennes tenaient du mieux qu’elles pouvaient ; elles auraient préféré être ailleurs que sur ces toits d’où elles s’élançaient pourtant fières, mais pas toujours droites…

C’est joli une ville enneigée ; bien plus joli qu’une ville triste et grise de poussière de tous les véhicules qui passent. L’enchantement est complet. Pour certains, la neige est une belle dame ; une fée qui descend du ciel dans un beau traîneau doré. Arrivée au terme du voyage, la belle dame envoie des petits lutins dans la ville pour la parer à l’approche de Noël.

Tout de même que c’est beau la neige…

Que c’est beau de rêver…

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L’ESCARGOT SANS LOGIS

Dans un grand jardin où se côtoyaient salades, radis, navets, carottes, fraises, framboises et toutes sortes d’autres légumes et fruits, un petit escargot vivait tranquille et heureux, nettoyant à longueur de journée sa belle coquille toute neuve. Il en était tellement fier qu’il la faisait visiter à tous ses amis. Cette coquille était son logis, sa maison bien à lui, qu’il entretenait avec amour.

Au-delà de son insouciance et sa joie de vivre, rageait un rat vilain et malodorant. Il jalousait ce petit escargot, si bien dans sa coquille et dans sa vie. Il commença à le complimenter sur l’intérieur de son logis, feignant de s’extasier sur la décoration qu’il trouvait intéressante et si originale.

Il fit tout pour devenir son ami, pensant qu’ainsi le petit escargot ne se méfierait pas de lui et qu’il pourrait lui faire toutes les misères qu’il voudrait. C’est terrible la jalousie, cela peut faire beaucoup de mal et de peine. Le rat le savait et s’en moquait éperdument. Au contraire, il rêvait depuis quelques temps déjà, de détruire la si belle coquille de ce gentil gastéropode. Pourquoi ? Pour le plaisir, le sien bien sûr. Il lui demanda de venir chez lui, il avait un petit travail à lui confier, ranger des papiers qui traînaient un peu partout, étant trop désordonné il laissait tout s’accumuler, et même la porte était bloquée par son désordre.

Le petit escargot enfila une paire de botte, prit quelques chiffons pour faire le ménage, car il se doutait que le logis du rat ne devait pas être très propre et il se proposait tout naturellement de le rendre aussi joli que sa coquille. Il était bien brave ce petit escargot, mais il ne se doutait pas de ce que ce vilain rat lui préparait. Une surprise, mauvaise surprise dont le pauvre se souviendrait longtemps malheureusement.

Arrivé chez le rat, il fit tout ce qu’il avait promis, c’est-à-dire, trier, ranger, dépoussiérer, laver, bricoler, réparer. Il dut revenir plusieurs jours de suite, car l’endroit était encore plus repoussant qu’il n’avait pu l’imaginer. Le dernier jour, comme il s’apprêtait à repartir chez lui, le rat lui dit alors.

– Attends je voudrais te remercier, je sais que tu es gourmand, je t’ai mijoté un petit repas, tu m’en diras des nouvelles.

Le petit escargot trouva l’intention très gentille et s’en retourna. Le soir il mangea ce que le rat lui avait préparé. Malheur, il avait tellement salé les plats, que le petit escargot fut pris de nausées toute la nuit, lui qui ne mangeait jamais salé. Pendant plusieurs jours, il se traîna péniblement, n’ayant plus aucune force, même pour astiquer sa jolie coquille. Son estomac le faisait souffrir au point de lui en faire perdre le sommeil. Bien sûr il tomba malade. Le vilain rat, au lieu de prendre de ses nouvelles, lui reprocha d’avoir laissé son repaire plein de détritus, il l’accusa aussi d’avoir déchiré des documents importants auxquels il tenait.

Chaque fois qu’il croisait le petit escargot, il le regardait de façon très méchante et continuait de lui dire de gros mensonges, si bien que la santé de celui-ci se détériora encore plus. Il ne s’alimentait plus et sa belle coquille, petit à petit, perdit ses belles couleurs et des petites fissures apparurent, jusqu’à ce qu’elle se casse définitivement.

La peine du petit escargot était si grande que tous ses amis lui promirent de l’aider du mieux qu’ils pourraient. Il était sans coquille, ce qui ne s’était jamais vu pour un escargot. Cela le rendait encore plus fragile et malheureux.

Le vilain rat quant à lui, était très fier du mal qu’il lui avait fait et continuait sa vie bien tranquillement, comme si rien ne s’était passé. Il ne se sentait pas fautif du tout et continuait à le maltraiter lorsqu’il qu’il le croisait.

Le petit escargot, sans sa coquille, se sentait bien nu et n’arrivait pas à se faire à l’idée qu’il ne la reverrait plus. Cela le mettait dans un état de mélancolie si noire, qu’il ne voulait même plus faire le tour du jardin, car il ne voulait pas rencontrer ses amis tellement il avait honte de ce qu’il était devenu. Il habitait pour le moment chez une petite taupe, elle lui avait amicalement proposé de partager son terrier. Mais il faisait bien trop sombre et le petit escargot étouffait. Il y resta quelques temps, remercia la gentille taupe de son hospitalité et accepta l’offre d’une petite fourmi lui promettant une place dans sa fourmilière. Là encore le petit escargot se sentit gêné, il n’avait pas l’habitude et se faisait piquer de partout. Ce qui le mettait mal à l’aise par-dessus tout, c’est qu’il se sentait intrus chez ceux où il s’installait, avait peur sans cesse de déranger et finissait toujours par faire des bêtises par maladresse.

Il se dit alors que cela ne pouvait pas durer, qu’il fallait qu’il se retrouve une coquille, même si elle n’était pas aussi jolie que la première, mais au moins elle serait à lui, il se sentirait plus en sécurité à l’intérieur.

Il se mit en quête de son nouveau logis et recommença à arpenter le jardin de long en large, jusqu’à ce qu’il trouve enfin sa coquille. Il en trouva une assez confortable mais ne put y rester longtemps, car elle appartenait à un voisin pour qui il avait accepté de la garder, pendant qu’il partait rendre visite à ses enfants. Il en retrouva une autre, cependant bien que celle-ci soit plus grande et fort jolie, elle était trouée de partout et il fallait craindre qu’en hiver il y fasse très froid. Il chercha encore et en dénicha une, petite mais très mignonne. Il dut la nettoyer de fond en comble, car son premier habitant ne faisait jamais le ménage et il eut beaucoup de peine à la rendre enfin brillante et confortable. Elle avait aussi un petit inconvénient, elle se trouvait tout en haut d’une grosse motte de terre, au fond du jardin ; le petit escargot souffrait de vertige et il était hors de question de déplacer cette coquille, bien enterrée dans le sol.

Le petit escargot se dit que tout de même, il est bien content de l’avoir, en attendant d’en retrouver une, semblable à la première. Il va mieux dans sa tête du fait de se retrouver chez lui, et reprend plaisir à faire le tour du jardin afin de saluer ses amis. Ceux-ci viennent lui rendre visite et lui assurent qu’il a fort joliment décoré son intérieur.

Il sourit. Il espère tout au fond de lui, qu’un jour, il sera à nouveau dans une belle coquille où il fera bon vivre. Mais pour cela il sait qu’il lui faut être patient. Alors il attend et ça, attendre, c’est encore ce qu’il fait le mieux !!!

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LA RIVIÈRE, LE VENT
ET LE POISSON VOLANT

Une petite rivière à l’eau claire et limpide courait entre les galets en chantant et s’amusait à attraper le vent, qui bien plus vif qu’elle, lui échappait sans cesse en riant.

– Tu es belle, lui disait-il avec ton eau transparente, tu es douce à te lisser sur tous ces cailloux qui sillonnent ton lit, mais tu n’es pas assez agile pour moi, jamais tu ne m’attraperas.

Pour la taquiner, il soufflait sur elle et s’élevait dans les airs, alors qu’elle tentait en vain de le faire prisonnier de toute la force de ses minuscules remous. Elle savait qu’elle ne viendrait jamais à bout de ce farceur, mais continuait tout de même à l’éclabousser au passage.

Ils étaient tous les deux tellement occupés à se provoquer, que le poisson volant qui les observait depuis quelques minutes, dut faire un plongeon et un ricochet sur les galets de la petite rivière, pour qu’enfin ils se rendent compte de sa présence. Le vent fut le premier à le remarquer.

– Mais, que fais-tu là ? l’interrogea-t-il. Tu es bien loin de ton environnement habituel, n’as-tu pas peur d’attraper froid ? Cette petite rivière doit te sembler glacée sur tes écailles.

Le poisson volant, ravi de l’effet qu’il produisait sur le vent, lui répondit, très sûr de lui.

– Et toi le vent, ne t’arrive-t-il pas de temps en temps de souffler en des endroits où l’on ne t’attend pas ?.

Puis s’adressant à la petite rivière qui le regardait ébahie,

– Quant à toi, rappelle-toi au printemps dernier, lorsque l’envie t’a pris de visiter cette prairie si loin de ton lit, vas-tu me gronder toi aussi, parce que j’ai eu le désir de « changer de décor ? »

La rivière s’était calmée et écoutait avec attention le poisson volant. Elle se demandait comment il avait appris sa fugue et rougit légèrement. C’est vrai, elle avait eu soudain l’idée d’aller visiter la vallée et connaître d’autres sensations que celles de se glisser entre les pierres. L’herbe lui semblait très confortable et même la chatouillait un peu. Ce souvenir était agréable et elle leur raconta. Tous trois se regardèrent alors, étonnés de leur propre audace et pensant être le seul à avoir osé ! Depuis leur naissance, ils vivaient à l’endroit que la nature leur avait imposé. Ils y étaient restés bien sagement, jusqu’à ce que, poussés par la curiosité, ils aient bouleversé leurs habitudes. Aucun des trois ne regrettait cette aventure et souvent y repensait avec nostalgie.

Puisque Dame Nature leur avait permis cette fois de se rencontrer, ils décidèrent de rester un moment ensemble, ils avaient l’air de bien s’entendre. Ils se racontèrent leurs aventures et s’avouèrent d’autres escapades, à la fin desquelles ils revenaient toujours chez eux. Pourtant, le poisson volant paraissait inquiet.

– Que t’arrive-t-il ? l’interrogea la rivière.

– Te voilà triste, tu n’es pas bien avec nous ?

– Si bien sûr, la rassura-t-il.

– Alors pourquoi ton sourire a quitté ton regard ? lui demanda à son tour le vent.

Le poisson volant se posa délicatement sur la petite rivière, attendit que le vent les rejoigne et leur expliqua doucement ce qu’il ressentait en cet instant.

– Je suis bien avec vous, c’est vrai. On s’amuse tellement, la vie ici à l’air beaucoup plus facile, mais cela me fait peur. Il y a quelques temps, je nageais dans une autre rivière, je pensais que je pourrais y rester, comme ici avec vous, mais l’angoisse à nouveau m’a obligé à la quitter.

« Mais quelle angoisse ? » lui demandèrent en chœur la rivière et le vent.

– De ne pas être certain que ce soit le bon endroit où j’aimerais m’installer définitivement, soupira le poisson volant. En réalité, je ne sais pas vraiment où je suis bien. Je me réjouis dès que je traverse un lac ou un étang que je ne connais pas, cela dure quelques temps et puis subitement, sans savoir ni pourquoi ni comment, les beaux rêves que j’avais imaginés à mon arrivée, s’effacent petit à petit et je retombe dans la grisaille de mon ennui et ma crainte de ne pas savoir où je voudrais être. C’est un gros problème croyez-moi.

La petite rivière prit alors la parole.

– Tout ce que tu nous racontes, nous l’avons vécu nous aussi. Nous cherchions tout comme toi, le merveilleux endroit où nous aimerions prendre racine. Moi-même il m’est arrivée de traverser des torrents si glacés que je pensais geler sur place, alors qu’au début je les sentais doux et calmes. Je suis arrivée sous des cascades brûlantes qui m’étaient apparues pourtant fraîches. Plusieurs fois j’ai dû déchanter en me rendant compte que je n’étais pas encore au bout de mon voyage. Car c’est un long voyage que de chercher le petit nid douillet qui te plaira, où tu auras envie de couler des jours heureux. Ce n’est pas facile, nous le savons. On se dit : oh ! Ici, je suis certaine de me plaire et au bout de deux ou trois jours, on voudrait savoir si ailleurs ce n’est pas encore mieux. Demande au vent ce qu’il en pense.

Le vent les regarda et hocha la tête.

– Elle a raison, nous sommes tous passés par ces moments de doute. Tu n’es pas le seul. Il faut continuer tant que tu ne seras pas certain d’avoir trouvé ton endroit. Nous à présent, nous avons décidé. Nous sommes ici chez nous. Mais avant d’en arriver là, crois-moi, nous avons souvent rebroussé chemin. Ne désespère pas, cela t’arrivera un jour.

– Mais quand le saurais-je puisque au bout de quelques jours je change d’avis ? s’inquiéta le poisson volant ?

– Ce jour-là, tu ne te poseras pas la question ; tu sauras, un point c’est tout. Patiente, reste le temps qu’il te faut avec nous, mais si tu sens que tes ailes recommencent à frémir, suis ton instinct, c’est lui qui te guidera et te posera au bon endroit le moment voulu, le rassura la rivière.

Le poisson volant est resté un peu avec eux et un matin, après leur avoir dit au revoir et merci pour leurs conseils, il est reparti vers d’autres horizons, à la recherche de « son endroit ». Il revient les voir de temps à autres et malgré son grand désir de rester définitivement avec eux… il repart.

Il est persuadé que quelque part, il y a son « chez lui ». Il a pourtant toujours en tête la phrase que lui a murmurée à l’oreille la petite rivière.

– Ne cherche pas trop loin, ce qui est peut-être tout près de toi…

A toi Josée

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