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SOMMAIRE

180 millions de dollars

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Œuvre au noir

Un coup de maître

Tractations

L’ombre d’un doute

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Sous surveillance

Filature

Captive

Passe-Muraille

L’envol de l’aigle

Une traversée à haut risque

Une collection très particulière

Volnay & Co

Couverture d’Erwann Surcouf.

 

Cet ouvrage a été imprimé sur un papier
issu de forêts gérées durablement.

978-2-700-23628-6

 

© RAGEOT-ÉDITEUR – PARIS, 2011.

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
pour tous pays. Loi n° 49-956 du 16-07-1949 sur les publications
destinées à la jeunesse.

Du même auteur, dans la même série :

Le fantôme mène l’enquête

 

Du même auteur, dans la même collection :

Ça s’est passé demain

Crime d’auteur

Plongée fatale

À la joyeuse équipe du club des vignerons.

180 MILLIONS DE DOLLARS

– Quelle cohue ! murmura Agnès Volnay par-dessus son épaule à un invisible interlocuteur.

Il lui fallut jouer des coudes sur le trottoir avant d’emprunter le chemin de velours rouge qui la mena jusqu’au seuil illuminé de l’immeuble Tamagashi. Elle présenta son carton d’invitation à l’un des vigiles en uniforme qui contrôlaient les entrées et pénétra dans le hall de réception.

Effectivement, il y avait foule pour la soirée d’inauguration lancée par la firme japonaise. La cérémonie venait couronner plusieurs semaines d’un intense battage médiatique mené à l’occasion de l’installation à Paris de l’antenne Europe de la multinationale spécialisée dans l’ingénierie informatique et les images numériques.

Le bâtiment qu’elle s’était choisi au cœur de la capitale, à deux pas de l’Arc de triomphe, constituait une splendide vitrine. Le Tout-Paris de la politique et des affaires s’y pressait, découvrant sur des écrans géants de flamboyantes images à la gloire de l’entreprise. Dans un décor de pagode, au son d’une musique aigrelette, des garçons en smoking et gants blancs et des hôtesses en kimono circulaient en poussant des chariots chargés d’une infinie variété de sushis, de makis et de sashimis. Mélange de tradition et de modernité, c’était bien le Japon qui invitait.

Le point d’orgue de cette stratégie de communication était pourtant à venir. Chacun attendait le moment où le président du directoire de Tamagashi-France dévoilerait enfin le joyau dont la firme s’était récemment rendue propriétaire et dont elle voulait faire une icône publicitaire. L’acquisition avait été jusque-là tenue secrète et rares étaient ceux qui l’avaient contemplée de près. Et voilà qu’elle se trouvait juste dissimulée par la lourde tenture qui habillait l’un des murs du grand hall, au-dessus de la tribune officielle. L’impatience de l’assemblée était à la mesure du privilège dont elle se préparait à jouir : la découverte du tableau le plus cher du monde.

Il avait été acheté durant une mémorable vente publique organisée quelques mois plus tôt chez Sotheby’s, à New York. Le Jardin de Saint-Paul peint par Vincent Van Gogh, dont aucune reproduction n’avait été publiée auparavant pour mieux préparer l’événement, avait battu le record détenu depuis 2006 par une peinture de Jackson Pollock. Cent quatre-vingts millions de dollars ! On racontait que le représentant de Tamagashi n’avait même pas cillé en effectuant l’ultime enchère.

– Nous y voilà ! chuchota Agnès Volnay. Quand je pense que j’ai contribué à la rédaction du plus gros contrat d’assurances jamais signé pour une œuvre d’art et que je ne l’ai pas encore vue !