Super Agent : Momie Tome 1

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"Neil déteste deux choses : sa petite sœur, et les vide-greniers. Mais sa mère adore aussi bien sa peste de sœur que sa collection de vieilleries juste bonnes pour la décharge ! Aujourd’hui, c’est pire que tout, et l’une des statuettes récupérées paraît même dotée de pouvoirs bizarres. Depuis qu’il l’a touchée, Neil voit : - une momie déguisée en agent secret. - une pyramide égyptienne en plein milieu du jardin. - un chat qui parle… "
Publié le : mercredi 20 mai 2015
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EAN13 : 9782013975698
Nombre de pages : 192
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Pour Tobey et Amy

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La maison sur la colline donnait tellement la chair de poule que même un fantôme y aurait réfléchi à deux fois avant d’aller la hanter. Elle était grande, vieille et sinistre avec une toiture ornée d’une crête acérée qui ressemblait à des crocs.

C’était la première fois que Nil River s’en approchait et il n’avait pas l’intention d’y revenir de sitôt. Il était là pour aider sa mère à récolter du bric-à-brac pour la fête du collège. Le propriétaire de la maison avait des tonnes d’objets – bons pour la poubelle, selon Nil – qu’il était prêt à donner.

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Pendant que sa mère farfouillait dans les cartons posés au milieu du hall sombre, l’homme la regardait en souriant. Une puanteur écœurante flottait dans l’air. Comme si quelqu’un avait aspergé du désodorisant à W-C dans une vieille cage pleine de singes.

— Je vais attendre dehors, murmura Nil.

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— Excellente idée, commenta le propriétaire d’une voix éraillée. La vue est très intéressante. Tu seras étonné.

Nil sortit sans répondre. Dans le jardin, il remplit ses poumons d’air frais.

— En tout cas, marmonna-t-il, si je vois un orang-outan sortir des toilettes, je ne serai pas du tout étonné.

Il leva la tête vers une fenêtre sale… Des yeux rouges le fixaient ! Mais quand il cligna des paupières, ils avaient disparu.

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Qu’est-ce que c’était que ce truc ?

Nil fronça les sourcils et, alors qu’il avançait dans le jardin, il aperçut un homme qui se cachait derrière un arbre. Ou plutôt qui essayait de se cacher, parce que le tronc n’était pas assez large pour dissimuler un écureuil. L’individu portait un imperméable et un chapeau.

Bizarre, songea Nil.

— Bonjour, tenta-t-il.

L’homme tendit la tête sur le côté de l’arbre. Il souriait. De grosses lunettes noires lui mangeaient la moitié du visage.

— Je… je viens pour… le contrôle annuel de cet arbre, lança-t-il avec un léger accent. Je vérifie… ses feuilles.

Trop bizarre ! se dit Nil.

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— Euh, le propriétaire de la maison est juste là, fit-il. Voulez-vous que je…

— Non ! l’interrompit l’étrange personnage. Je dois… y aller. J’ai des tas d’autres arbres à… inspecter.

Il s’éloigna à grands pas en griffonnant sur un carnet qu’il avait sorti de sa poche. Sauf qu’il ne regardait pas devant lui et… Bam ! Il se cogna dans un autre arbre. Il secoua la tête.

— Aïe ! Euh… oui, cet arbre par exemple. Le tronc est dur, nota-t-il.

Puis il adressa un petit signe à Nil et chancela vers la route.

Nil haussa les épaules et se tourna de nouveau vers la maison. La porte d’entrée s’ouvrit sur sa mère, une pile de cartons dans les bras.

— Nil ! haleta-t-elle. Ouvre le coffre de la voiture. Ces paquets pèsent une tonne.

Il obéit. Alors que sa mère déposait son chargement, un objet tomba par terre. Une petite figurine en bois.

— Qu’est-ce que c’est ? demanda le garçon en la ramassant.

La statuette avait un corps humain et une tête de babouin.

Je savais que ça sentait le singe, songea-t-il.

Ses doigts se refermèrent sur la petite sculpture et…

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Ce fut d’abord comme si un troupeau d’éléphants lui barrissait dans les oreilles, puis des couleurs éclatantes l’aveuglèrent et…

Plus rien.

Nil cligna plusieurs fois des yeux.

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— Ça a l’air égyptien, fit sa mère en lui prenant la statuette des mains.

Nil l’observa mais elle ne tressaillit même pas. Elle haussa seulement les épaules.

— On arrivera peut-être à en tirer cinquante centimes.

Elle jeta la sculpture dans le coffre qu’elle referma.

— Bon, soupira-t-elle. C’est fini pour aujourd’hui. Il faut que j’aille chercher Ellie à la danse.

Nil se frotta les paupières. Des lumières dansaient encore devant ses yeux.

— Euh… d’accord.

Sa mère le regarda, surprise.

— Pas de récriminations ? Pas de plainte ? Pas de « on est toujours en train de faire le taxi pour Ellie » ? Tu es sûr que tu vas bien, Nil ?

— Je me sens bizarre, avoua-t-il en montant dans la voiture. Je crois que cette mauvaise odeur dans la maison m’a donné mal au cœur.

— Chut, souffla sa mère en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur. Cet homme ne sentait peut-être pas très bon mais il a été très généreux. Il a insisté pour que je prenne tout.

— Ça lui évitait sûrement un voyage à la décharge ! lâcha Nil.

Un sourire éclaira soudain son visage.

— Eh, reprit-il, si on passait jeter Ellie à la décharge sur le chemin du retour ?

Sa mère leva les yeux au ciel.

— Ça y est, tu vas mieux, on dirait ! Je me demande quand tu arrêteras de t’en prendre à Ellie !

— C’est pas pour aujourd’hui, repartit Nil.

Par la vitre, il aperçut l’étrange individu en imperméable. Caché derrière un autre arbre, il observait la vieille maison avec un télescope triangulaire. Au passage de la voiture, il se jeta dans un buisson. Il poussa un cri. Il avait atterri dans les ronces.

— Ce doit être un jardinier, supposa la mère de Nil.

— Ou un fou échappé de l’asile, marmonna Nil.

Il venait de remarquer un truc encore plus étrange que tout le reste. Comment ne s’en était-il pas rendu compte tout à l’heure ? L’individu devait s’être cogné très fort contre le tronc car son visage était entièrement couvert de bandages…

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