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Tempête déchaînée

De
224 pages
Dans les profondeurs de l’océan…
Huit mois ont passé depuis que Tempête Maguire a embrassé la sirène en elle pour se joindre au clan de sa mère. Comme future reine des mers, Tempête domine l’océan entier et découvre des pouvoirs magiques qu’elle n’aurait jamais cru posséder. Mais plus encore, elle a Kona, le prince selkie dont la passion et les pouvoirs l’embrasent.
Sur terre…
Mais lorsque Tempête apprend que son frère est gravement blessé, elle se précipite à
ses côtés. Une fois encore, elle devra faire un choix. Son père et ses frères survivent
difficilement à son absence et l’attachement profond qu’elle ressentait pour son ancienne
flamme, Mark, n’a fait que grandir avec le temps.
Prisonnière entre deux mondes…
Mais il n’y a pas que la vie de Tempête en jeu. Tiamat, la sorcière des mers, brûle toujours du désir de contrôler toute vie dans les profondeurs de l’océan et seule Tempête possède les pouvoirs requis pour l’affronter. Sous l’océan, une guerre sanglante se prépare. Tempête se trouve de nouveau déchirée — entre Kona et Mark, entre l’océan et la terre — et pourrait, cette fois-ci, ne pas survivre à son choix.
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Copyright © 2012 Tracy Deebs-Elkenaney Titre original anglais : Tempest Unleasheq Copyright © 2014 Éqitions AqA Inc. pour la traquction française Cette publication est publiée en accorq avec Walker Publishing Company, Inc. une qivision qe Bloomsbury Publishing, Inc. Tous qroits réservés. Aucune partie qe ce livre ne peut être reproquite sous QuelQue forme Que ce soit sans la permission écrite qe l’éqiteur, sauf qans le cas q’une critiQue littéraire. Éqiteur : François Doucet Traquction : Karine Gauqette Pruqhomme et Sophie Beaume Révision linguistiQue : Féminin pluriel Correction q’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe Conception qe la couverture : Matthieu Fortin Photo qe la couverture : © 2012 Katarina Sokalova Mise en pages : Sébastien Michauq ISBN papier 978-2-89752-145-5 ISBN PDF numériQue 978-2-89752-146-2 ISBN ePub 978-2-89752-147-9 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 BibliothèQue et Archives nationales qu uébec BibliothèQue Nationale qu Canaqa Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, uébec, Canaqa, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canaqa : Éqitions AqA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. qes Bogues 31750 EscalQuens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 BelgiQue : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation qe la SODEC. Nous reconnaissons l’aiqe financière qu gouvernement qu Canaqa par l’entremise qu Fonqs qu livre qu Canaqa (FLC) pour nos activités q’éqition. Gouvernement qu uébec — Programme qe créqit q’impôt pour l’éqition qe livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Deebs, Tracy
[Tempest Unleasheq. Français] Tempête qéchaînée (Série qe la tempête ; 2) Traquction qe : Tempest Unleasheq. Pour les jeunes qe 13 ans et plus. ISBN 978-2-89752-145-5 I. Beaume, Sophie, 1968- . II. Titre. III. Titre : Tempest Unleasheq. Français. PZ23.D43Tea 2014 j813’.6 C2014-941754-3
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À Omar
PREMIÈREPARTIE Initiation
1 La terre est chère à la mer, comme l’océan au rivage . LUCYLARCOM 1. N.d.T.: Traduction libre.
Chapitre 1
Je ne savais pas ce que je faisais là. Ni ce que j’espérais y accomplir. Je ne savais même pas comment j’avais pu me retrouver dans ces eaux sombres et froides alors que j’aurais dû être à des milliers de kilomètres au cœur de l’océan Pacifique. Le fait que je ne devais pas être là ne signifiait pas que je ne voulais pas y être. Parce que je le voulais. Je voulais savoir. Je voulais voir. Je voulaissentirce que j’avais déjà possédé, même un bref moment. Le besoin de me rassurer en les sachant en sécurité et heureux me tenaillait chaque jour un peu plus. J’étais partie d’ici huit mois auparavant parce que je devais le faire. Parce que je ne pouvais pas nepaspartir. Choisir la mer avait été aussi essentiel pour moi à ce moment-là que les battements de mon cœur. Ça l’était encore. En faisant ce choix, j’avais dû laisser beaucoup de choses derrière moi. Trop, peut-être ; parmi elles, d’énormes morceaux de ce cœur qui battait toujours. Je ne pus résister plus longtemps à la tentation. De quelques coups de queue, je levai les bras au-dessus de ma tête et commençai à nager tout droit vers le haut. En l’espace de quelques instants, j’avais fait surface. Quelle ne fut pas ma déception lorsque je vis ce qui se trouvait devant moi ! Le ciel était noir et sans fin, les étoiles parsemaient le paysage comme une nuée de lucioles. Lorsque j’étais humaine, ce ciel était mon préféré, surtout pour les promenades sur le sable. Mais aujourd’hui, la plage était complètement déserte, le seul mouvement était celui des vagues fracassant la rive sous les grandes lumières jaunes des lampadaires bordant la rue voisine. Je regardai le plus loin possible dans chacune des directions, mais il faisait si noir que je n’arrivais pas à voir, malgré ma vision accrue. J’espérais voir quelque chose de familier — quelqu’unde familier —, mais il n’y avait rien. Juste le cycle sans fin de l’océan. J’avais fait tout ce voyage pour rien. Cette idée me transperçait le cœur, même si je me disais qu’il fallait que je retourne à Coral Straits, mon village sous les flots. Plus longtemps je flottais ici, plus je risquais d’être découverte par quelque âme solitaire marchant sur la plage, par un bateau qui passait ou par une autre créature marine. L’espace d’un instant, le visage de Tiamat m’apparut. Je tournai sur moi-même, m’attendant presque à voir la maléfique sorcière des mers ou un de ses sbires à mes trousses. Dieu sait qu’ils me suivaient depuis des mois déjà. Mais il n’y avait personne, rien que l’eau glacée qui effleurait mes épaules. Comme toujours. Je savais que ce n’était pas la bonne chose à faire, mais j’avais tant besoin de contacts humains, aussi superficiels fussent-ils, que les mises en garde ne comptaient plus. Je nageai plus près de la rive. Cela faisait si longtemps que je ne les avais pas vus. Des mois et des mois, les deux tiers d’une année humaine. Mon âme les appelait comme s’ils tenaient son salut entre leurs mains humaines, trop fragiles. Comme j’approchais, mon regard s’arrêta infailliblement sur la grande maison vitrée au bout de la rue. C’était la maison de mon père.Mamaison — enfin, ça l’avait été. Elle était aussi belle que dans mes souvenirs, mais aussi différente du château sous l’eau où je vivais dorénavant
que de la fille qui avait plongé dans l’océan quelques mois plus tôt. La maison était plongée dans l’obscurité, les vitres de ses fenêtres reflétant l’océan omniprésent pendant que tous dormaient. La lampe que mon père avait laissé brûler à la suite de mon premier plongeon était maintenant éteinte. L’absence de lumière était bien plus éloquente que les paroles. Mon père avait fini d’espérer mon retour. Cette pensée fut un coup fatal sous lequel je chancelai comme un boxeur à la merci d’un adversaire trop fort. Même après tout ce temps et après tous les choix que j’avais faits, mes sentiments pour ma famille étaient trop forts pour que je les ignore. Mon père. Mon casse-pieds de frère, Rio. Et Moku, adorable Moku, le frère que j’avais élevé en l’absence de ma mère. La douceur de son sourire me faisait oublier tout le reste lorsque je fermais les yeux. Mais j’avais besoin de le voir — delesvoir — en chair et en os. J’avais besoin de savoir qu’ils allaient bien. J’avais besoin de me prouver que j’avais pris la bonne décision en choisissant Kona et en embrassant le clan de ma mère, et ses valeurs. Peu m’importait que la vie d’une sirène ne ressemblât en rien à ce que j’avais imaginé. Je ne serais pas rassurée tant que je resterais ici et eux là-bas, à l’intérieur. Je flirtai de nouveau avec le danger. Je nageai encore un peu plus près. D’abord quelques mètres, puis 10, puis 20, puis 30. Et chacun des centimètres parcourus me faisait espérer le réveil de Moku. Je ne voulais pas qu’il sorte sur la plage — c’était dangereux, j’avais bien appris la leçon l’hiver dernier. J’aurais bien voulu qu’il allume la lumière de sa chambre et qu’il se dirige vers la fenêtre. « Laissez-moi juste entrevoir ses épaules maigrichonnes et ses cheveux en bataille. » Je souris en me demandant si la gardienne embauchée par mon père avait réussi à dompter ses boucles rebelles. Dieu sait que j’avais vite abandonné l’idée d’en faire quoi que ce soit bien avant mon départ. Je flottai ici de longues minutes, dans les eaux agitées du rivage de La Jolla, mais n’eus aucun signe de Moku. Aucune lumière ne s’alluma dans la maison et aucune silhouette ne sembla regarder vers l’océan. J’avais vraiment fait tout ce chemin pour rien. « C’était pourtant dans l’ordre des choses », me rappelai-je cruellement en replongeant dans l’océan et en m’efforçant de m’habituer à l’eau salée et à la douleur de cette première et brûlante gorgée. Ce n’était pas plus facile, même après tous ces mois. L’eau envahit mes poumons, et avant qu’ils cessent de fonctionner et que les branchies à l’arrière de mes oreilles se réveillent, je fus prise de terreur à l’idée que je me noyais. Quand allais-je apprivoiser cette vie de sirène ? Quand mon corps allait-il abandonner son douloureux combat pour conserver son humanité et finalement accepter ce qu’il était devenu ? Kona me disait toujours de prendre cela avec calme, que ça deviendrait facile. Au contraire, tout était de plus en plus difficile et compliqué. La sensation de brûlure quand je respirais sous l’eau était insoutenable. J’avais besoin de lâcher prise. Hailana, la reine des flots, m’avait fait remarquer l’autre jour que mon corps continuait de combattre le changement, car je gardais avec la terre des liens que je refusais de couper. Et sur ce point, je savais qu’elle avait raison. Je le ressentais de tout mon corps alors que je m’étendais sur les fonds marins qui n’avaient pas la profondeur qu’ils auraient dû avoir. Mon désir de voir ma famille me faisait nager dans des eaux trop peu profondes.
Comment aurais-je dû abandonner ce que j’avais été durant de si longues années ? Quand je m’étais accrochée à Kona il y a de cela quelques mois — accrochée à mes sentiments pour lui et à toutes les images qu’il peignait de la vie que nous pourrions mener —, j’avais été certaine, malgré toutes les protestations que j’avais pu émettre auparavant, que ce bonheur remplacerait celui que j’avais connu avec ma famille et mes amis. « Et c’est le cas », me dis-je résolument. C’était vraiment le cas. J’avais Kona et la liberté de nager dans l’immensité de l’océan. J’avais des amis, des responsabilités, et encore plus de pouvoirs magiques que dans mes rêves. J’avais le clan de ma mère. Vouloir plus était ridicule et égoïste. Et il va sans dire, dangereux, alors que les amis de ma mère avaient tant besoin de moi. J’étais censée les sauver, les protéger de la plus maléfique des sorcières qui ait jamais vécu. Je devais même un jour devenir leur reine et remplacer ma mère. Douter n’était désormais plus une option. Et si tout était différent, plus difficile que ce que j’imaginais ? Et si être une sirène n’était pas du tout ce que j’attendais ? Mes doutes importaient peu. J’étais exactement là où je devais être. Ma mère l’avait fait durant plusieurs années ; elle avait renoncé à sa vie de sirène pour une vie sur terre. Si elle en avait été capable, je pouvais certainement réussir l’inverse. Et si cela me faisait souffrir de me trouver si près de ce qu’avait été ma vie, je savais que je pouvais faire taire la douleur… en ne revenant plus. Lorsque j’étais dans les profondeurs de l’océan, mon ancienne vie me semblait n’être qu’un rêve, rien de plus. Un rêve doux-amer, certes, mais nébuleux et irréel, facile à ignorer. Ce n’était qu’en revenant ici qu’il reprenait toute sa tangibilité. À cette idée, je me lançai comme une flèche dans l’eau. Je devais m’en aller. La douleur de ne plus appartenir à cette vie me transperçait le cœur. Pourtant, malgré le désir de m’enfuir qui l’emportait, je ne pus m’empêcher de jeter un dernier regard avant de replonger. Un dernier souvenir auquel m’accrocher lorsque je serais à des kilomètres d’ici et dans un monde tout à fait différent. Je refis surface et m’aperçus de mon erreur. Mon sens de l’orientation m’avait encore induite en erreur. Je m’étais rapprochée du rivage au lieu de m’en éloigner. Bon sang ! Il était beaucoup plus difficile de résister à l’attrait lorsque je me trouvais si près. Il était si facile d’oublier ce que j’étais maintenant pour ne penser qu’à ce que j’aurais pu être. Je fermai les yeux, déterminée à faire taire cet appel. Je les tins fermés le plus longtemps que je pus et, lorsque je les ouvris, je constatai que le temps avait passé beaucoup plus vite que ce que j’avais imaginé. Les premiers signes de l’aube se manifestaient dans le ciel de la Californie du Sud que le soleil peignait de violet, de rose et de jaune. Je pouvais maintenant voir le sable, les rochers et les algues délavées qui s’alignaient sur la plage. Je voulais sentir les grains de sable rugueux entre mes doigts, m’en recouvrir pour sentir le poids et la chaleur de la matière, comme lorsque j’étais enfant et que mon père m’y enterrait jusqu’au cou. J’y étais presque maintenant, j’étais si près que mes orteils effleuraient le fond de l’océan même lorsque ma tête en émergeait. Le sable froid et répugnant s’écrasait entre mes orteils alors que les vagues se fracassaient sur mes épaules, et je fis de mon mieux pour garder l’équilibre dans la furie de l’océan à l’aube. Comme j’enfonçais mes pieds dans le sol pour ne pas tomber, je compris ce que j’avais fait. Pour la première fois, j’avais mué sans m’en rendre compte. Pour la première fois, ma queue s’était transformée en jambes sans effort. Malgré tous les pouvoirs que m’avait légués ma mère, la transformation ne s’était jamais faite facilement. Le passage de l’humaine à la sirène