Ti-Jean-le-Rusé

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Les lecteurs retrouveront avec plaisir le personnage de Ti-Jean dans les trois contes de ce recueil. Encore une fois, ce héros de la tradition populaire n’hésite pas à affronter mille dangers pour se porter au secours d’une princesse prisonnière ou pour venger un affront à l’honneur familial. Les géants et les monstres n’ont qu’à bien se tenir !
Publié le : samedi 21 mai 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782896825608
Nombre de pages : 222
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Melvin Gallant
Ti-Jean-le-Rusé
Ti-Jean-le-Rusé
Pour ses activités d’édition, Bouton d’or Acadie
reconnaît l’aide financière de la Direction des arts du
Nouveau-Brunswick, du Conseil des Arts du Canada,
du ministère du Patrimoine canadien par l’entremise du
Programme d’aide au développement de l’industrie de
l’édition (PADIÉ).
Titre : Ti-Jean-le-Rusé
Texte : Melvin Gallant
Illustrations : Michel Duguay
Conception graphique : Lisa Lévesque
Papier ISBN 2-922203-06-3
PDF ISBN 978-2-89682-210-2
ePub ISBN 978-2-89682-560-8
eDépôt légal : 3 trimestre 2006
Bibliothèque nationale du Canada
Bibliothèque nationale du Québec
Distributeurs : Prologue et Bouton d’or Acadie
© Bouton d’or Acadie
204 - 236, rue Saint-Georges
Moncton (N.-B.) E1C 1W1
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Courriel : boutondoracadie@nb.aibn.com
Site Internet : www.boutondoracadie.comTi-Jean-le-Rusé
texte de Melvin Gallant
illustrations de Michel DuguayMot de l'auteur
Les contes font partie de la
mémoire collective d'un peuple. Ils
sortent de la nuit des temps,
évoluent, se transforment avec chaque
collectivité, chaque groupe culturel.
Ils n'ont pas d'auteurs à
proprement parler. Ils appartiennent aux
conteurs, à ceux qui les reprennent
à leur compte, qui les relatent à
leur façon. Les trois contes de
Ti6Jean qui composent ce recueil
s'inscrivent dans cette tradition. Ils font
partie du patrimoine acadien, mais
ils rejoignent aussi l'universel en ce
sens qu'ils appartiennent à
l'héritage des civilisations
indoeuropéennes.
Comme tous les contes
populaires, les contes de Ti-Jean suivent
une structure préétablie. Ils font
état d'événements merveilleux où le
surnaturel s'intègre à la vie de tous
les jours. Ces contes ne sont fixés ni
dans l'espace, ni dans le temps. Ils
dépeignent un monde où les forces
du bien et celles du mal s'affrontent
constamment. Pour que Ti-Jean
7puisse accéder à la liberté ou au
bonheur, il devra, chaque fois,
franchir une série d'obstacles tous
plus difficiles les uns que les autres.
Mais, grâce à son intelligence, à sa
ruse, à sa force, et grâce aussi à
l'aide de personnes, d'animaux ou
d'objets qui possèdent des pouvoirs
magiques, il arrive toujours à se
sortir de situations qui
apparaissaient au départ comme des
barrières insurmontables.
Puisque le conte populaire est
un phénomène essentiellement oral
qui avait pour fonction principale
de divertir durant les veillées
d'autrefois, il a dû subir, depuis
8plus d'une génération, la
concurrence de la radio, de la télévision,
du cinéma, de la musique sur
disque, et maintenant des lecteurs
de musique portables, de la vidéo et
d'Internet. Ces médiums très
puissants se sont eux aussi donné pour
mission de nous distraire et de
nous faire rêver. Le résultat, c'est
que le conte oral disparaît
rapidement de notre mémoire collective.
C'est la raison pour laquelle j'ai
choisi d'en reprendre quelques-uns
à mon tour et de les mettre par
écrit afin qu'ils continuent de faire
partie de notre patrimoine culturel.
9
1
L’Oiseau de la mortTi-Jean était un jeune homme
audacieux qui vivait pauvrement
avec sa mère dans une petite
maison au fond des bois. Il était si fort
et si habile à se battre avec les bêtes
de la forêt qu'on l'avait surnommé
Ti-Jean-la-Ruse. Certaines
personnes le considéraient même comme
le roi de la forêt. Mais lui, il savait
que la forêt abritait un vrai roi, et
que le vaste domaine sur lequel il
chassait appartenait en fait à ce roi.
Un jour, il dit à sa mère :
12– Il faut que j'aille rencontrer le
roi de la forêt.
– Mais tu es fou ! protesta-t-elle.
Le roi habite à cent lieues d'ici. Tu
n'y arriveras jamais.
– Ne t'inquiète pas, mère, dit-il.
J'y arriverai, tout comme je viens à
bout de tout.
Lorsque Ti-Jean avait décidé de
faire quelque chose, il était inutile
d'essayer de l'en dissuader. Il suivait
son idée sans s'occuper des autres.
Sa mère dut donc l'aider à se
préparer un petit sac de nourriture et
des vêtements chauds. Et le
lendemain, Ti-Jean se mit en route.
Au bout de sept jours de
13marche, il alla cogner à la porte
d'une petite cabane pour demander
l'hospitalité et s'informer de la
route qu'il lui restait à parcourir.
Un couple âgé l'accueillit. Les deux
vieillards lui donnèrent à manger,
un endroit où coucher, et ils lui
indiquèrent le meilleur chemin à
suivre pour arriver à la ville, où se
trouvait le château du roi de la
forêt. Mais en même temps, ils
l'avertirent des dangers qu'il
risquait de rencontrer en chemin.
Au bout de trois jours de
marche, après avoir affronté une
tempête et s'être battu avec des
animaux, Ti-Jean arriva à une autre
14cabane située en bordure de la
route, dans la forêt. Une vieille
sorcière vint l'accueillir
chaleureusement.
– Sois le bienvenu, dit-elle. Il y a
si longtemps que je n'ai pas vu un
être humain, dit-elle.
C'était une bonne sorcière. Elle
l'invita à manger et à dormir. Et le
lendemain matin, avant de lui
indiquer le chemin à suivre pour se
rendre chez le roi de la forêt, elle lui fit
un cadeau.
– Voici, dit-elle, une serviette et
un couteau qui pourront t'être très
utiles.
Elle lui remit une belle serviette
15dorée, avec laquelle il avait déjà
envie de s'essuyer, et un drôle de
petit couteau avec un manche en
bois. Ti-Jean ne savait comment la
remercier. La vieille sorcière ajouta:
–Les quelques lieues qu'il te
reste à faire sont les plus difficiles
et les plus dangereuses ; alors tu
auras peut-être besoin de ces
objets. Quand tu sentiras la faim,
tu n'auras qu'à étendre cette
serviette sur tes genoux, et elle te
procurera à manger. Quand tu auras
envie de dormir, tu n'auras qu'à
t'essuyer le visage avec la serviette
pour aussitôt t'endormir. Quant au
couteau, il a l'air petit, mais tu
16n'auras qu'à dire : « Couteau,
étiretoi ! », et il prendra la forme d'un
sabre long de dix pieds.
Ti-Jean était tellement content
qu'il n'avait qu'une envie : repartir
afin de pouvoir mettre ses objets
magiques à l'épreuve. Mais la
sorcière avait encore une révélation à
lui faire.
– Il y a dans cette forêt un aigle
géant que tout le monde appelle
l'Oiseau de la mort. Il est très
méchant et dangereux. Quand il
passe au-dessus de la forêt, il
déplace tellement d'air que les
arbres se couchent sous la force du
vent. Fais attention.
17– Ne craignez rien, dit Ti-Jean. Je
ferai bien attention. Et encore une
fois, mille mercis !
Le lendemain soir, alors que
TiJean approchait de la ville, un vent
épouvantable se leva. Ti-Jean crut,
pendant un moment, qu'il s'agissait
d'un ouragan. Puis il pensa à ce que
lui avait raconté la sorcière. Il se
dit : « Voilà l'Oiseau de la mort qui
vient. » À un moment donné, il
ventait tellement fort qu'il dut se tenir
à un arbre pour ne pas être
emporté. Quand le calme revint,
TiJean continua sa route, faisant des
détours pour éviter les animaux
sauvages, jusqu'à ce qu'il se trouve
18sur le faîte d'une montagne. De là,
il pouvait voir la ville, qui ne se
trouvait plus qu'à une lieue de
distance dans la vallée. Il fut très
surpris de découvrir, sur cette
montagne dont le sommet était tout à
fait dénudé, une immense chaise et
une grosse roche. Qu'est-ce que cela
pouvait bien signifier ? Il n'en savait
rien. Il semblait n'y avoir personne
dans les alentours.
Il descendit de la montagne avec
beaucoup de difficulté car il devait
se frayer un chemin à coups de
couteau à travers une forêt dense.
Lorsqu'il arriva aux abords de la
ville, il vit beaucoup de gens en
19sortir par la porte principale, l'air
abattu par une grande peine. Il
interrogea un groupe de personnes
qui marchaient la tête basse :
– Que se passe-t-il dans la ville ?
– C'est la princesse, répondit un
vieil homme. Nous sommes allés lui
dire au revoir, car demain, son père
doit la confier à l'Oiseau de la mort.
–À l'Oiseau de la mort?
Comment ça? demanda Ti-Jean,
l'air perplexe.
–Parce que chaque année, à
cette même date, l'Oiseau de la
mort réclame une personne
importante. Et si on ne lui obéit pas, le
malheur s'abat sur toute la ville,
20Les lecteurs retrouveront avec
plaisir le personnage de Ti-Jean
dans les trois contes de ce recueil.
Encore une fois, ce héros de la tradition
populaire n'hésite pas à affronter mille dangers
pour se porter au secours d'une princesse
prisonnière ou pour venger un affront à l'honneur
familial. Grâce à son intelligence et à son
courage, il réussit à vaincre les adversaires les
plus redoutables et à démasquer les
imposteurs. Les géants et les monstres n'ont qu'à bien
se tenir !

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