Tomas et le réseau invisible

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Tomas vit heureux dans la maison de Rose Mama, près de la colline de sa voisine Lylas, une jeune sauvageonne aux cheveux blancs. Mais un jour, son destin bascule. La sécheresse compromet la survie des hommes et des voyageurs inquiétants sillonnent la zone… Rose Mama révèle à Tomas l’existence d’êtres cachés dans les ombres des hommes : les Ilys. Elle l’initie à entrer en contact avec le sien, Mex, et à communiquer avec lui… Tomas comprend vite que la survie du peuple ilys est liée à son engagement. Il prend la route et pénètre, d’épreuve en épreuve, dans un univers inconnu tout en apprenant à maîtriser ses pouvoirs. Lylas, elle, le suit à distance…

Le premier volume d’une trilogie de fantasy particulièrement originale et foisonnante.
Publié le : mercredi 4 avril 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782700239867
Nombre de pages : 288
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Couverture de Didier Garguilo

ISBN 978-2-7002-3986-7

 

© RAGEOT-ÉDITEUR – Paris, 2012.

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
Loi n° 49-956 du 16-07-1949 sur les publications destinées à la jeunesse.

 

À Stéphane et Lalie.

Avertissement aux lecteurs

Si, comme moi, vous vous êtes déjà retrouvés dans un lieu avec l’impression de ne pas l’avoir choisi, ou d’avoir fait quelque chose sans l’avoir véritablement voulu, ou si vous vous êtes déjà demandé pourquoi vous aviez fait tel choix plutôt que tel autre…

 

… alors peut-être trouverez-vous la réponse ici.

Prologue

En des temps très anciens, pour une raison que la mémoire des hommes n’a pas retenue, la terre a dévié de son axe de rotation. Depuis, ce qu’on appelait le pôle Nord se trouve de manière irrémédiable face au soleil. Dans sa ronde annuelle, la terre ne lui présente plus qu’une seule face. Il n’y a donc plus de saisons, ni d’alternance des jours et des nuits.

Imaginez un monde dans lequel la moitié supérieure de la terre se retrouve en permanence éclairée par un soleil immobile dans le ciel, qui ne se couche jamais, tandis que la moitié inférieure est plongée dans une nuit totale et définitive. La limite entre le jour et la nuit est désormais fixée par l’équateur. Plus on s’en rapproche, plus le soleil est bas sur l’horizon et les ombres qu’il projette sont grandes. Plus on monte vers le nord, plus il fait chaud, plus le soleil est haut dans le ciel et plus les ombres sont petites.

Les glaces du pôle Nord ont fondu. Une terrible sécheresse sévit. La faune et la flore se sont raréfiées. Les sociétés dites modernes ont disparu, et avec elles l’immense majorité des habitants de la planète.

On raconte que la partie nocturne de la terre est envahie par les glaces, que toute forme de vie s’y est éteinte. Personne n’ose plus s’y aventurer.

RÉVÉLATIONS

1

Tomas tenait un lapin dans chaque main. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait fait une telle prise. Combien de fois était-il venu dans ces collines relever ses collets et était-il reparti déçu ?

Il avançait d’un bon pas, sous le soleil, les yeux braqués sur le chemin. Plus que les serpents, c’étaient les crevasses ouvertes par la sécheresse qu’il craignait, des crevasses suffisamment larges pour y enfoncer le pied et s’y tordre la cheville. Voilà des semaines qu’il n’était pas tombé la moindre goutte de pluie. La situation commençait à devenir critique. Bientôt, tous les puits seraient à sec et il ne resterait plus que les sources des montagnes pour s’approvisionner.

Tomas aurait aimé croiser Lylas, partager sa prise avec elle. Mais une fois de plus, elle demeurait invisible.

Il se remémorait la manière dont elle lui avait appris à poser les collets quand une harde de sangliers déferla de sa droite et traversa le chemin devant lui. Il marqua un temps d’arrêt, surpris par cette inhabituelle confrontation. Le père, la mère et trois marcassins. Plutôt rare dans la région. Que fuyaient-ils ? Tomas tourna le regard vers le chemin en contrebas et, instantanément, il s’accroupit pour se cacher. Il y avait là-bas trois hommes. Son cœur battit plus fort quand il vit le reflet du soleil scintiller sur la lame des couteaux passés à leur ceinture. Leur destination ne faisait aucun doute. Ces hommes se dirigeaient vers sa maison.

Tomas resta un moment à les observer. Plus que les armes, la précipitation avec laquelle cette harde de sangliers avait fui à leur approche l’inquiétait. D’habitude, ces animaux vivaient cachés, ne laissant paraître de leur existence que les sols retournés en quête de nourriture.

Tomas abandonna ses lapins et coupa à travers la colline pour devancer les inquiétants visiteurs. Il devait au plus vite prévenir Rose Mama. Il avait un avantage sur ces hommes. Depuis le temps qu’il se baladait dans ces lieux, il en connaissait chaque détail. Il descendit dans un étroit défilé, où s’écoulait l’eau déversée par les orages, se cramponnant aux racines qui affleuraient pour ne pas chuter. Puis il gagna l’autre versant de la colline.

Il courait dans la caillasse, des idées confuses plein la tête. Au qui ? succédait le quoi ? et le pourquoi  ?

Tomas repensa brièvement à ses lapins, regretta de les avoir abandonnés aux rapaces ou aux chiens errants. Il se demanda s’il ne s’affolait pas pour rien. Mais une boule d’angoisse lui saisit à nouveau l’estomac à l’évocation de ces armes brillant dans le soleil et de cette famille de sangliers affolés.

En sueur, il déboula dans le jardin et, avant d’atteindre la terrasse, il appela :

– Rose Mama ! Rose Mama !

Quand il pénétra dans la maison, il trouva sa grand-mère dans le couloir, en train de remplir des sacs de nourriture et de vêtements.

Son visage ridé comme un raisin sec exprimait l’inquiétude.

– Ils doivent croire que nous sommes partis, expliqua-t-elle avant qu’il n’ait eu le temps de poser la moindre question.

– Que… se passe-t-il ?

– Aide-moi à fermer ce sac, obtint-il comme seule réponse.

– Là-bas… sur le chemin… trois hommes… armés, parvint à articuler Tomas, haletant.

– Je sais, répondit-elle simplement.

– Mais… comment ? s’étonna Tomas.

– Tout recommence, murmura-t-elle dans un souffle chargé de désespoir.

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