Torlaa, petite perdrix des steppes

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Tu vas entrer dans le pays des nomades.

Torlaa t'ouvre la porte de sa yourte et partage avec toi son amour des animaux.

Malgré la vie dure, les joies simples éclairent le quotidien de Torlaa et des siens.

Bienvenue en Mongolie.

Publié le : jeudi 1 janvier 2009
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EAN13 : 9789999996163
Nombre de pages : non-communiqué
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L’HIVER AU BORD DU LAC La saison froide s’annonce. Le campement va être déplacé. Avant de partir, tous les hommes abattent une partie du troupeau. Aucune goutte de sang ne doit être versée sur le sol pour ne pas souiller la Terre Mère. La viande est découpée en lamelles, suspendues ensuite au soleil et au vent pour être séchées. Les peaux seront traitées en hiver par les hommes, le cuir servira à fabriquer le matériel d’éleveur. Tout est utilisé. La laine est exportée dans le monde : le cachemire est un tissu précieux fait avec les poils des chèvres de ces hauts plateaux. Le jour du départ arrive. Torlaa s’active avec sa famille. Les yaks sont attelés à de simples charrettes. Elles transportent la yourte pliée, le mobilier, les tapis, les ustensiles de cuisine, les vêtements, les réserves, les enfants les plus jeunes et la vieille grand-mère. Après un dernier regard sur le lieu du campement, la caravane s’élance pour s’installer au bord d’un lac à l’orée d’une forêt, rare ressource en bois du pays. À la traversée du col, c’est la pause devant l’ovo, autel de cailloux dédié aux esprits. Papa, comme tous les voyageurs, ajoute un caillou, fait trois fois le tour de l’ovo, l’asperge de vodka et dépose des offrandes. Maman brûle du genièvre. Chacun remercie l’esprit de la montagne pour ce voyage sans problèmes et lui demande protection pour la suite du parcours. À l’endroit fixé par les ancêtres, la caravane s’arrête. Maman allume un feu dans le poêle en plein air autour duquel tout le monde se réchauffe et boit le thé brûlant. La yourte est installée en une heure. Puis Torlaa rend visite au lieu. Le lac tout proche est une pure merveille. De nombreux oiseaux vivent sur place. Des perdrix se laissent facilement approcher. Canards et cygnes glissent sur l’eau. Tout à coup, la fillette voit un petit écureuil noir allongé de tout son long en train de boire. Elle s’immobilise. Un yak arrive par derrière, s’approche du petit animal et lui renifle la queue. L’écureuil s’enfuit comme l’éclair. Torlaa éclate de rire. La température baisse chaque jour un peu plus. Une couche de glace de plus d’un mètre recouvre la surface du lac. Des craquements comme des détonations in-quiètent parfois Torlaa : « C’est la glace qui travaille », dit Papa. Il y fait un trou et attend les poissons affamés. Ça changera du menu de viande bouillie ! Des camions traversent le lac gelé. Des chevaux équipés de crampons tirent des calèches sur patins. À la fête du Nouvel An mongol, les familles se rendent visite, partagent repas etaïrak, le lait fermenté de jument. Dans la journée, sur la glace, ont lieu des concours de patinage, des courses de calèche. Il fait froid, mais la foule bigarrée et les rires réchauffent l’atmosphère autour des yourtes guin-guettes. Le soir, Torlaa aime écouter les chants traditionnels qui célèbrent l’amour des animaux et de la terre. Très sentimentaux, les Mongols ont vite le regard embué de larmes.
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