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Transforme-toi en demoiselle-fée

De
195 pages
La magicienne Cornélia doit choisir son héritière, celle qui sera un jour la protectrice du marais où vit Énalla. L’intrépide demoiselle-fée est-elle digne de cet honneur? Pour l’aider à prouver sa valeur, ouvre ce livre et emprunte une fois de plus son corps. Tu devras déjouer les sournoiseries de la fée-chauve-souris, car elle s’amuse à détraquer le temps qu’il fait, perturbant de pauvres animaux de ferme. Dans la neige, le brouillard et l’orage, tu te frotteras aussi à l’idiotie des moutons et à l’odeur insupportable des chèvres. Tu pourrais même te retrouver au milieu de la rébellion d’une bande de rats! Heureusement, tu te lieras d’amitié avec une petite chienne du nom de Sybelle qui te guidera sur ce territoire inconnu.
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Copyright © 2016 Maude Royer
Copyright © 2016 Éditions AdA Inc.
Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le
cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet
Révision linguistique : Féminin pluriel
Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Émilie Leroux
Illustrations de la couverture et de l’intérieur : © Thinkstock
Design de la couverture : Maude Royer
Montage de la couverture : Mathieu C. Dandurand
Mise en pages : Amélie Bourbonnais Sureault
ISBN papier : 978-2-89767-548-6
ISBN PDF numérique : 978-2-89767-549-3
ISBN ePub : 978-2-89767-550-9
Première impression : 2016
Dépôt légal : 2016
Bibliothèque et Archives Nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Nationales du Canada
DiffusionÉditions AdA Inc.
1385, boul. Lionel-Boulet Canada : Éditions AdA Inc.
Varennes (Québec) J3X 1P7, CanadaFrance : D.G. Diffusion
Téléphone : 450 929-0296 Z.I. des Bogues
Télécopieur : 450 929-0220 31750 Escalquens — France
www.ada-inc.com Téléphone : 05.61.00.09.99
info@ada-inc.com Suisse : Transat — 23.42.77.40
Belgique :D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99Imprimé au Canada
Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition.
Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Royer, Maude
Transforme-toi en demoiselle-fée
Sommaire : aventure 3. Quel temps de chien!.
Pour les jeunes de 9 ans et plus.
Également publié en version électronique.
ISBN 978-2-89767-548-6 (vol. 3)
I. Royer, Maude. Quel temps de chien!. II. Titre.
PS8585.O97T73 2015 jC843’.6 C2015-941650-7
PS9585.O97T73 2015
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.comLe jeu
Ouvrir ce livre est tout ce que tu as à faire pour devenir, une fois de plus, Énalla, l’intrépide fée aux ailes de libellule. Cette transformation
t’obligera à prendre de nombreuses décisions et à surmonter quelques épreuves. Il te faudra réfléchir, mais tu auras de l’aide. Dans ta tête, la
petite voix d’Énalla te guidera. Tu n’apprends rien en lisant que plusieurs chemins mènent à la réussite de ta mission. Que ton aventure soit un
succès dès le premier essai ou que tu peines à la compléter, tu pourras emprunter l’identité d’Énalla aussi souvent que l’envie t’en prendra.
D’une fois à l’autre, ton histoire sera différente. Il se pourrait néanmoins que tu passes au même endroit à plus d’une reprise. Ne commets pas
sans cesse les mêmes erreurs !Pour vivre pleinement cette aventure, tu auras besoin d’un dé à jouer comme celui-ci :
Lorsque tu devras lancer ton dé, ses six faces auront les significations suivantes :
Si tu aimes bricoler, tu peux aussi fabriquer ton propre dé en reproduisant sur un carton le modèle qui suit :
R Il ne te restera qu’à le découper, à le plier et à l’assembler.
Si tu te trouves dans une voiture, en plein désert ou au milieu de l’océan (bref, si tu n’as ni dé ni matériel de bricolage à portée de main), tu
devras utiliser la grille de la page 4. Lorsqu’il te sera demandé de lancer un dé, tu reviendras à cette page, tu fermeras les yeux et tu toucheras
une case au hasard.Pour que tout se déroule bien, il y a aussi deux petites règles à respecter :
R Suis bien les directives sans tricher (ou pas trop) ;
R Amuse-toi !Ton personnage
Es-tu prêt à te retrouver à nouveau dans le corps d’une demoiselle-fée ? Si tu es déjà une fille, cette transformation se fera en douceur. Si tu es
un garçon, l’expérience sera aussi amusante et d’autant plus dépaysante ! Mais comme ce n’est pas la première fois, les petits frissons entre
les orteils seront à peine perceptibles. Qui que tu sois, c’est le moment de claquer des doigts. Voilà, tu es Énalla ! Maintenant, penche-toi tout
doucement au-dessus de l’eau de ton étang. Tu ne sursautes pas en voyant ton reflet, puisque ce n’est plus un secret pour toi : les
demoiselles-fées sont différentes des fées des contes populaires. Tu n’as sûrement pas oublié cette jeune fille d’une douzaine d’années à la
peau d’un beau bleu azur. Certaines parties de ton corps, tes chevilles, tes genoux, tes poignets, tes coudes et ton cou sont annelées d’un
turquoise qui se dégrade jusqu’au vert pomme. Tu ne t’étonnes plus de voir que les pieds d’Énalla ne possèdent que deux orteils chacun et
qu’elle a quatre bras.
Baisse-toi un peu plus vers ton reflet. Commences-tu à t’habituer à ces yeux bleus, au moins trois fois plus grands que ceux des humains,
et à la petite lueur espiègle qui y brille ? Tu touches tes oreilles. Elles ont la forme allongée des fleurs de tulipes refermées. Même si le vent est
pratiquement absent, tes doux cheveux violets dansent dans l’air comme des aigrettes de pissenlits. On pourrait penser que le souffle d’une
souris suffirait à les expédier dans le ciel, où pointent tes deux antennes turquoise. Vas-y, agite tes longues ailes minces et transparentes pour
retrouver l’agréable sensation de voler. Qu’attends-tu pour aller à la rencontre de ton ami Gargouille le crapaud ?Ta vie
Les mamans fredonnent pour endormir leurs enfants. Pour sa part, Gargouille le crapaud
chante dans l’intention de te tirer du sommeil. Ni toi ni lui n’avez de maman. Nés à
quelques secondes d’intervalle, vous veillez l’un sur l’autre depuis ce jour. Avant même
d’ouvrir les yeux, tu souris en entendant le son rauque de la voix de ton ami. Elle te
réchauffe le cœur comme le soleil réchauffe ta peau de ses doux rayons. Des libellules
se posent sur ton visage et te chatouillent de leurs petites pattes.
— Bien dormi ? s’informe Gargouille.
Tu hoches la tête en ouvrant finalement les paupières. La journée à l’étang sera
parfaite ! C’est du moins ce que tu te dis en t’étirant. Puis, tu t’étonnes de voir que des
fruits couvrent le sol de mousse. Il y a des fraises, des bleuets et une belle grosse
pomme bien rouge.
— Tu es allé chercher mon déjeuner ? t’exclames-tu avant de gratifier le crapaud d’un
bisou sonore sur le front.
— Voyons, Énalla, je ne monte pas aux arbres. C’est Cornélia qui t’a apporté ces
fruits alors que l’aube était à peine levée.
Tu n’es pas au bout de tes surprises…
— Depuis quand la magicienne protectrice du marais s’occupe-t-elle de nourrir ses
habitants ? demandes-tu à Gargouille.
— Moi, je n’ai eu droit à rien, te signale le crapaud. Pas même à une petite mouche
préalablement écrasée sur le pare-brise d’une voiture.
— Qu’est-ce qu’une voiture ? questionnes-tu ton ami.
Il prend un air perplexe.
— Euh… aucune idée !
Il y a quelques mois, l’espace d’une journée, Gargouille a été transformé en garçon et
il est parti en direction des villages des humains. Depuis ce temps, il lui arrive de parler
de choses dont il ne connaît même pas la signification. Et ces derniers jours, c’est de
plus en plus fréquent. Hier, par exemple, il t’a suggéré de regarder la télévision.
Quand tu repenses à cette journée où Gargouille et toi avez été séparés, tes antennes
protestent vivement en ondulant au-dessus de ta tête. En comparaison, ta traversée du
marécage aux mille frissons a été une partie de plaisir. Au moins, Gargouille était avec
toi.
— De quoi t’inquiètes-tu, Énalla ? s’alarme le crapaud en suivant des yeux la danse
de tes antennes.
— De rien, tout va bien, affirmes-tu en quittant ton lit de mousse avec la pomme dans
une de tes quatre mains. Tu dois avoir faim. Allons chercher des limaces.Tout va bien, vraiment ? Pourtant, chaque fois que Cornélia s’est manifestée, c’était
l’annonce d’une catastrophe imminente…Ton aventure
Un bruit fracassant déchire le ciel, faisant trembler la terre.
— Qu’est-ce que c’était ? sursautes-tu.
— Une explosion de dynamite, suppose le crapaud, qui vient de te sauter dans les
bras.
Tu ne prends pas la peine de l’interroger sur la signification du mot « dynamite ». À sa
face, tu comprends qu’il n’en sait absolument rien. Autour de vous, les oiseaux se
réfugient dans la végétation, entrant parfois en collision avec les animaux qui courent
vers leur terrier. Monté sur ta tête, Gargouille se sert de ta chevelure comme d’un
trampoline afin de voir ce qui se passe au loin.
— Les nuages sont très noirs, au-delà de la forêt, te rapporte-t-il. Un orage gronde.
Étrange. Au-dessus de votre étang, le soleil brille, seul maître dans un ciel
parfaitement bleu.
— N’est-ce pas plutôt un nuage de papillons migrateurs, comme la dernière fois ? lui
demandes-tu.
En t’élevant dans les airs, tu constates que le crapaud dit vrai. Puis, de retour au sol,
tu sursautes une fois de plus. Arrivée de nulle part, une corneille blanche se tient entre
Gargouille et toi.
— Cornélia, vous nous avez effrayés ! reproches-tu à la corneille. Gargouille en est
vert de peur.
— Ce crapaud est toujours vert, Énalla, réplique-t-elle.
— Oui, c’est vrai, mais…
— Tu vas devoir être plus courageuse que ce batracien, te coupe la corneille en se
transformant en une vieille femme aux longs cheveux blancs et aux ailes de plumes tout
aussi blanches.
— Pourquoi ? te renseignes-tu, craignant le pire.
— À qui crois-tu que le rôle de magicienne protectrice de ce marais reviendra lorsque
je mangerai les pissenlits par la racine ?
— Voyons, vous êtes encore toute jeune, tente de la flatter Gargouille. Vous ne
quitterez pas ce monde de si tôt.
La vieille Cornélia ne lui porte aucune attention, poursuivant plutôt :
— C’est toi, Énalla, bien sûr ! Tu es la seule fée de tout ce marais !
Ta bouche s’ouvre malgré toi plusieurs secondes avant que des mots en sortent.
— Vous pourriez choisir une des fées de la forêt. Moi, je ne suis pas magicienne !
— Ne t’ai-je donc jamais rien appris ? s’emporte la vieille femme en battant des ailes.
— À qui la faute ? marmonne Gargouille entre ses gencives.
— Toutes les fées sont des magiciennes, Énalla. Ne le sais-tu pas ?— Je… Je n’ai aucun pouvoir magique, bafouilles-tu, incrédule.
— C’est parce que tu n’as pas encore fait toutes tes preuves, t’explique Cornélia.
Aujourd’hui, tu en auras l’occasion.
Éberluée par cette annonce, tu en perds la voix.
— La fée Vanessa a établi sa progéniture sur la frontière entre le champ fleuri et le
marécage aux mille frissons, t’informe la fée-corneille. Les créatures au bon cœur sont
maintenant trop nombreuses pour que la fée-pipistrelle parvienne à prendre la place
d’Asia, la magicienne protectrice du marécage. Humiliée, l’affreuse fée-chauve-souris est
allée pourrir la vie de pauvres bêtes de ferme en déréglant le temps qu’il fait dans leur
pré.
— Une magicienne ne veille-t-elle pas sur ce pré ? t’enquiers-tu.
— Non, car cet endroit est trop rapproché des fermes des humains. C’est toi, Énalla,
qui dois aller là-bas afin d’empêcher la méchante fée de causer davantage de dégâts.
— Je ne peux rien contre les magiciennes ! te rebelles-tu.
Sourde à tes protestations, Cornélia te remet une petite fiole de verre qui contient une
sorte de brouillard liquide, lumineux et tourbillonnant, où flottent des cristaux de neige.
— Cette fois, la fée-pipistrelle dépasse les bornes ! s’écrie-t-elle. Dame Nature n’est
pas contente du tout ! C’est pourquoi elle te confie ceci, Énalla. Oblige la fée-pipistrelle à
boire cette potion, ou asperge-la avec. Elle en perdra tous ses pouvoirs.
— Pourrai-je conduire un tracteur ? s’enthousiasme Gargouille.
— Un quoi ? marmonnes-tu.
— Toi, le crapaud, tu restes ici, le rabroue Cornélia.
— Coâ ? criez-vous à l’unisson.
— Tu dois faire tes preuves, Énalla, te rappelle la fée-corneille. Pour ça, tu dois partir
seule. Mais console-toi, tu emporteras ceci.
Elle retire un objet qu’elle a autour du cou pour le glisser au tien. On dirait une vieille
montre de poche en or. Cependant, son unique aiguille ne pointe pas des chiffres, mais
des symboles météorologiques représentant le soleil, la pluie, le vent, le brouillard,
l’orage et la neige.
— Cette chose est supposée me remplacer ? s’offusque Gargouille.
— Non, lui répond Cornélia. Elle sera beaucoup plus utile que toi. C’est un indicateur
de temps. Grâce à sa magie, Énalla pourra connaître d’avance les changements que la
fée-pipistrelle infligera au temps.
Sur ce, la magicienne te passe un gros sac à bandoulière sur l’épaule.
— J’y ai mis de la nourriture, te mentionne-t-elle. Cette fois, tu n’auras pas à te
soucier d’en trouver. J’y ai placé également une paire de bottes et un chaud chandail de
laine. Ils pourraient t’être très utiles.— Et un miroir ? t’étonnes-tu en sortant de la sacoche un petit objet au cadre argenté.
Pourquoi donc ?
— C’est pour mettre le feu aux fourmis, coasse Gargouille, qui se plaque aussitôt les
pattes sur la gueule, honteux de ce qu’il vient de dire.
— C’est pour t’arranger un peu ! te lance Cornélia. A-t-on idée de sortir de chez soi
attriquée de cette façon ? Tes cheveux ressemblent à un nid d’oiseau. Tu es mon
héritière, je n’accepterai pas que tu me fasses honte !
Sans même jeter un œil dans le miroir pour voir à quoi tu ressembles, tu le remets
dans le sac, ainsi que la fiole de potion. Puis, tu te penches vers Gargouille pour lui dire
au revoir. Les larmes du crapaud sont aussi grosses que les yeux globuleux où elles
tremblotent.
— Sois prudente, Énalla, marmonne-t-il, le cœur gros. La fée-pipistrelle est une
dangereuse créature.
R Il est encore temps de fermer ce livre et de redevenir toi-même. Si tu choisis de partir
sans ton ami pour te lancer dans cette aventure qui ne sera sûrement pas de tout
repos, continue ta lecture à la page suivante. En avant !
En avant ! section 1
Après avoir serré dans tes bras ton ami gluant, tu pars en direction de la forêt, où le ciel
noir est déchiré par des zigzags lumineux. Puisque tu ne pourras pas ouvrir les ailes
sous la pluie, tu en profites maintenant pour voyager en volant, avant d’arriver dans le
pré perturbé par la fée-pipistrelle. Au moins, cette fois, tu sais exactement où tu vas !
Lorsque tu t’arrêtes dans un arbre pour prendre une collation, un oiseau se pose dans
tes cheveux. En se brassant le popotin, il s’y installe à son aise. Tu as mal au cou
tellement il est lourd !
— Hé ! l’interpelles-tu. Ma tête n’est pas un nid !
Le gros oiseau se dresse sur ses pattes, qu’il t’enfonce dans le crâne, et se penche
vers l’avant. La tête en bas, il te regarde dans les yeux. C’est un coucou, un voleur de nid
!
— Ma foi, tu dis vrai, chantonne-t-il. Tu n’es pas un nid. Mais quelle idée d’avoir une
telle chevelure ?
Le malpoli se permet même de te donner un conseil.
— Reste cachée dans cet arbre, si tu ne veux pas qu’on s’offusque à ta vue.
Exaspérée par les insultes du gros oiseau gris, tu le chasses d’une main. Puis,
histoire de constater l’étendue des dégâts, tu sors le miroir d’argent de ton sac.
— Ce n’est pas si épouvantable, murmures-tu en replaçant quelques mèches rebelles
derrière tes oreilles.
Pourquoi Cornélia et ce désagréable coucou te tourmentent-ils avec l’aspect de tes
cheveux ? Ils ont toujours ressemblé à des aigrettes de pissenlit. Exige-t-on des
pissenlits qu’ils soient bien mis ? Ils ont bon goût et ils sont pleins de vitamines, c’est ce
qui compte ! Même s’il y a moins d’une heure que tu as quitté Gargouille, tu t’ennuies
profondément de lui tout à coup. Ton ami crapaud te trouve toujours jolie, qu’importe si
tes cheveux partent dans tous les sens ou si tu as des cernes sous les yeux. Bon, c’est
vrai que sur ta peau bleue, les cernes ne sont pas faciles à voir, mais quand même…
Alors que tu penses à ton ami, son reflet remplace le tien dans la glace du miroir.
— Gargouille ! t’écries-tu, enchantée.
Le crapaud est étendu sur le lit de mousse que vous partagez au bord de votre étang.
En te voyant lui aussi comme si tu te reflétais dans l’eau, il se met à bondir de joie.
Cependant, quand il essaie de te parler, aucun son ne te parvient.
— Je ne t’entends pas, lui dis-tu. Toi, m’entends-tu ?
De la tête, Gargouille te fait un signe affirmatif. Puis, il t’envoie un baiser. Il agite
ensuite ses doigts boudinés vers l’avant. Tu comprends aussitôt ce qu’il veut te
communiquer.
— Oui ! lui promets-tu. J’y vais, et je me dépêche de revenir auprès de toi.Une fois le miroir replacé dans ton sac, ton regard se porte à nouveau en direction du
pré. Là-bas, l’orage est terminé. Un épais brouillard flotte maintenant sur cette région.
R Va à la section 34.section 2
Tu es au fond de la porcherie quand, au son d’un coup de tonnerre, tu t’envoles par
réflexe. Sybelle te jappe :
— Quelqu’un vient par ici !
Tu redescends sur le plancher des cochons et tu te dissimules avec la chienne
derrière la seule chose assez grosse pour vous cacher toutes les deux : un énorme porc
endormi. Dans la même seconde, la porte de la porcherie s’ouvre. C’est le fermier qui
vient se mettre à l’abri de l’orage. Un coup d’œil à l’abreuvoir lui fait froncer les sourcils.
— Peut-il savoir que j’ai mis de la potion magique dans l’eau ? demandes-tu à Sybelle
dans un chuchotement.
— Les humains ne perçoivent pas les phénomènes magiques, te répond le
Bostonterrier sur le même ton. En revanche, ils sont capables de distinguer la saleté de la
propreté…
Profitant de son séjour obligé dans la porcherie, le fermier entreprend de nettoyer
l’abreuvoir des cochons. Il le vide de son eau, que la terre absorbe en même temps que
ta précieuse potion magique. Après l’avoir rempli d’eau fraîche, le fermier prend aussi le
temps de nettoyer la mangeoire et de balayer le sol. Accroupie derrière le gros porc
endormi, tu as hâte de pouvoir te dégourdir les jambes. Dix minutes de plus passent
avant que l’orage s’arrête. Enfin, le fermier sort vaquer à d’autres occupations.
Inutile de rester là, demoiselle-fée. Sors de la porcherie !
R Si tu te fies à ton indicateur de temps pour décider où aller, va à la section 78.
R Si tu décides de t’amuser un peu en faisant une course avec Sybelle, fonce vers
l’écurie, à la section 47.section 3
La pièce dans laquelle tu aboutis est remplie d’un épais brouillard grisâtre. Tu ne peux
pas mettre un pied devant l’autre sans te frapper contre un meuble.
— Sommes-nous retournées dehors ? demandes-tu à Sybelle.
— Ici, c’est le salon, rectifie la petite chienne noir et blanc.
Quand le brouillard se dissipe un peu, tu discernes un très vieil homme dans un
fauteuil. La pipe qu’il fume est responsable de l’épais nuage de fumée qui flotte dans la
pièce.
— Alice, ma grande, c’est toi ?
Il est à moitié aveugle.
— Je suis Énalla… une amie d’Alice, mens-tu.
— Approche un peu, Alice, exige le vieillard en tendant une main qui tâte l’air en
cherchant à te toucher. Viens jouer aux cartes avec papi.
Soit il a oublié la voix de son arrière-petite-fille, soit, en plus d’avoir des problèmes de
vision, il est aux trois quarts sourd.
Quelle est ta réaction, demoiselle-fée ?
R Si tu acceptes l’invitation de l’arrière-grand-père, va à la section 98.
R Si tu te sauves en sortant par la fenêtre du salon, précipite-toi à la section 45.section 4
Au bout d’un moment, le ventre de la fée-pipistrelle se met à gargouiller. Puisqu’elle n’a
pas l’outil nécessaire pour ouvrir les boîtes de conserve de la pyramide derrière laquelle
elle se cache, elle se laisse tenter, étire le bras et prend la fiole. Tu l’entends renifler la
potion. Elle hésite encore.
Comment réagis-tu, Énalla ?
R Si tu encourages la fée-pipistrelle à boire la potion, va à la section 61.
R Si tu attends silencieusement, va à la section 46.section 5
Dans le verger, un coup de vent frappe si fort que Sybelle, qui n’est pas plus lourde qu’un chat, est soulevée du sol. Tu attrapes ton amie d’un
bras et, des trois autres, tu t’accroches au tronc d’un pommier. Mais voilà qu’il se met à pleuvoir des pommes ! Arrachées des branches, elles
percutent si violemment l’herbe que certaines explosent.
— La fermière sera contente, la compote est prête, commente Sybelle.
Ses oreilles frémissent dans le vent comme des voiles dans la tempête.
— Ne restons pas ici, décides-tu.
C’est alors que quelque chose te tombe sur la tête. Une bonne odeur de miel s’en dégage. Ce n’est donc pas une pomme, mais un elfe. En
s’agrippant pour ne pas s’envoler, il te tire les cheveux.
— Il faut sauver les fruits, demoiselle-fée ! t’implore ce petit génie de la nature.
— C’est toi qui as des pouvoirs magiques, pas moi ! lui rétorques-tu.
— Ma magie n’agira que si tu remplis correctement ce formulaire.
Le garçon miniature à grandes oreilles pointues déroule une longue feuille devant ton visage et te remet une plume. Son supposé formulaire
contient cinq illustrations de fruits et autant d’expressions incomplètes.
— Si tes réponses sont bonnes, les pommes retourneront dans les arbres, t’indique-t-il. Si tu te trompes, ma magie ne pourra rien contre ce
vent, et il t’emportera loin d’ici.
Complète ces expressions en utilisant le nom d’un de ces cinq fruits :
1)Tomber dans les .
2)Avoir un(e) au front.
3)Le (la) sur le gâteau.
4)Porter un chapeau .
5)Avoir une peau de .
Selon toi, quelle est la bonne association, Énalla ?
Si tu crois que c’est :
R 1-prunes, 2-pomme, 3-cerise, 4-pêche, 5-melon, rends-toi à la section 94.
R 1-pommes, 2-cerise, 3-prune, 4-melon, 5-pêche, va à la section 81.
R 1-pommes, 2-prune, 3-cerise, 4-melon, 5-pêche, va à la section 22.