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Turondin

De
135 pages
La série en tant que telle se déroulera sur un continent bien vaste. L’Orléance de cette époque est sur le point de voir la naissance de guerres aux ampleurs démesurées. Les Hommes n’ont que trop peu d’alliés pour les aider à détruire leurs ennemis et ils ne peuvent qu’espérer défendre leurs Royaumes. Mais l’ennemi est fort et plus nombreux; la vaillance, la bravoure et l’honneur devront se lever sous l’appel
des plus fins stratèges de cette ère. Mais, malgré tout, la défense ne saurait perdurer,
car les ennemis des Hommes sont déterminés à instaurer leur propre loi. La guerre est proche et les Hommes ne sauront résister longtemps: ils en sont conscients. Le père de Turondin fut le premier Homme à chercher activement une manière de
remporter la victoire: il la trouva presque, mais il fut emprisonné par ses ennemis qui
cherchent à lui soutirer ce qu’il a apprit. Son fils prendra inconsciemment le relais et
trouvera lentement un savoir qui fut perdu aux mains du temps s’écoulant lentement,
mais aussi de celles des envahisseurs Tel qui détruisirent ces connaissances à la fois
si merveilleuses et dangereuses. Quatre trilogies se suivent pour relater les hauts
faits des Hommes de cette époque. Trilogie est ici un abus de langage, car il s’agit
en fait de quatre livres trop volumineux devant être séparés en trois chacun. Tout
au long de l’histoire, le lecteur voyagera avec les armées des Hommes qui défendent
leurs Royaumes, mais aussi, et principalement, avec ceux prêts à tout pour acquérir un pouvoir immense. Turondin et ses amis seront mêlés à cette guerre, mais leur but ultime sera de découvrir le moyen de devenir l’un de ces Maîtres des Pierres qui furent trop longtemps oubliés.
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À ceux qui aiment pour vivre et vivent pour aimer Qu’ils soient seuls ou accompagnés Ceux qui lisent dans l’autobus ou sur l’oreiller L’heure est venue de s’évader Copyright © 2013 Antoine Boulet Copyright © 2013 SGNT Média Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Révision linguistique : Maryse Faucher Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas Conception de la couverture : Paulo Salgueiro Photo de la couverture : © Thinkstock Illustration sur le bouclier : Jacinthe Boulet Mise en pages : Paulo Salgueiro ISBN papier 978-2-89667-817-4 ISBN PDF numérique 978-2-89683-849-3 ISBN ePub 978-2-89683-850-9 Première impression : 2013 Dépôt légal : 2013 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque nationale du Canada SGNT Média Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
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PRINCES ET ROIS
Règne de fer Il connut la guerre Ballard eut deux fils Sans oublier sa fille Bouclier de valeur Et épée de devoir Il brava ses ennemis Et jamais ne perdit N’eût été ce rival Qui lui brûla l’esprit Fier de rancœur Éprouvé d’un passé Égard fut le prince Tout désigné Jamais son honneur Ni même sa valeur N’en vinrent à oublier Toute sa dignité D’abord un guerrier Jamais sa force ne fut dénigrée Prince sans couronne Il mourut dans un lit Cherchant toujours à trouver Une manière de se dérober Trop fier pour endurer Les labeurs d’un roi Il refusa l’ambition Ne conservant que son épée Mais quelle mort infâme Il la trouva dans l’oubli Fille d’un roi Qui était un guerrier Elle n’eut pas d’autres choix Que celui de guerroyer Elle devint fine lame Chassant tous ses rivaux Par la pointe acérée De sa froide dureté Vierge de failles Princesse solitaire d’âme Ode du roi Tur-Ballard,texte d’Ermil
Lettre à mon peuple
Je ne puis plus continuer ainsi. De jour en jour, je succombe à l’oubli et au désespoir. Je dois terminer ces mots avant que toute raison n’abandonne mon esprit. Si jamais mes anciennes connaissances parvenaient à découvrir ce texte, je tiens à dire que je suis désolé d’avoir échoué dans ma quête. Je succombe au temps qui me dévore de l’intérieur et au poison mortel de mes agresseurs. De mon passé, je n’ai conservé que la mémoire de ma bien-aimée et la mission que l’on m’avait donnée. J’ai essayé en vain de m’échapper et de vous avertir de ce qui se trame à Urgnatel, mais il semblerait que cette manœuvre soit mon dernier espoir. Tel-Donlurg a rassemblé son armée : spectres, écorchards, baturgs et nains se regroupent dans sa forteresse pour prendre d’assaut la source même de la résistance. Je ne saurais dire combien de temps il lui faudra pour partir à la guerre, mais cela ne saurait trop tarder. Que les gens de Cat-l-eau, de Rocòrt et du Dernier Fort se préparent : l’ennemi arrive. Je disparais maintenant pour achever mes souffrances et je n’ai plus qu’un souhait avant de m’évanouir… Vengeance !
PROLOGUE
Un noir des plus sombres
T urondin était un petit garçon de dix ans vivant seul avec sa mère dans la partie ouest des champs reconstruits de l’Éroc. Ce lieu était reconnu depuis fort longtemps pour la simplicité satisfaite de ses habitants et pour la qualité des ressources récoltées et distribuées par ses fermiers à travers le royaume. De grands champs et de rares forêts formaient les lieux, leur donnant un charme indéniable que pas même un Batlín n’aurait pu contester. Le nom de cette contrée fut d’abord donné en l’honneur d’Éroc, le prince Tor, qui fut dévoré par le dragon Ur-Norb lors de la libération de ces terres. Éroc avait mené une mission insensée contre les armées du fourbe Tel-Donlurg, permettant aux hommes de regagner la fière cité de Cat-l-eau durant l’âge de la délivrance. Les champs de l’Éroc changèrent toutefois de nom le jour de l’éruption du volcan où s’abritait ce fameux dragon, détruisant totalement la région en même temps que la vie du roi d’antan, Tor-Calomo, il y avait de cela déjà plusieurs centaines d’années. Seuls la persévérance et le besoin cruel de nourriture au royaume donnèrent aux Érociens survivants la volonté de reconstruire les nombreuses fermes détruites, pour y planter de nouveau les semences de la vie. Attirée par la beauté du paysage, la mère de ce jeune Turondin, Cíla, s’était installée avec son mari Estellin douze ans auparavant pour y fonder une famille et y travailler la terre. Toutefois, alors que Turondin n’avait à peine qu’un an, le père du jeune enfant avait dû remplir son devoir d’homme du royaume du Lússinen et était parti accomplir une mission guerrière particulièrement longue et ardue. Étant donné son tout jeune âge, l’histoire de cette entreprise n’était jamais parvenue aux oreilles du petit, car de tous ceux qui le connaissaient un tant soit peu, personne n’avait cru bon de lui faire part de cette affaire durant les neuf années qui suivirent ce départ. C’est donc dire que sa mère hérita de la tâche d’éduquer et d’élever seule son fils. Malgré la mauvaise fortune de sa famille, Turondin était parvenu à devenir un garçon doué de merveilleuses qualités et qui tâchait d’aider sa mère avec la plus remarquable des vaillances. ïl était assez mince et grand, avait des yeux bleus, était doté d’une grande vivacité d’esprit, et, disons-le, la chance tournait souvent en sa faveur. Sa curiosité, qualifiable de légendaire, lui apporta quelques ennuis tout au long de son enfance, mais jamais rien d’extraordinaire lié à son comportement ne troubla son développement. Turondin se démarquait également par sa débrouillardise exceptionnelle pour son jeune âge, et c’est ce qui lui permettait d’aller continuellement au-devant des besoins de sa mère. ïl savait que la disparition de son père était difficilement supportable pour Cíla. Ainsi, ne voulant pour rien au monde raviver ce souvenir douloureux au sein de sa maigre famille, Turondin n’avait jamais osé demander quoi que ce soit à ce sujet, préférant patienter jusqu’à ce que sa mère lui en parle d’elle-même. En ce matin de février, Turondin attendait résolument que Cíla se lève pour allumer un feu, puisque l’air glacial annonçait le début d’une journée particulièrement froide. Bien qu’il eût ardemment souhaité accomplir cette tâche dès son réveil, sa mère lui avait fait promettre à de nombreuses reprises de ne jamais s’aventurer à l’extérieur sans l’avoir d’abord avisée. Malheureusement, les provisions de bois préparées le soir précédent n’avaient pas suffi au froid de la nuit, et Turondin ne pouvait s’en procurer d’autres qu’en passant à la remise située à
l’extérieur. Normalement, en de telles circonstances, le sommeil lui inculquait la patience ; mais c’était l’un de ces matins où il ne cherchait pas à se rendormir, puisque cette journée-là les gardes royaux, accompagnés du prince Nur-Égard et de la princesse Run-Égabonde en personne, étaient sur le point de revenir d’une longue mission. Ces deux majestueux personnages étaient les seuls héritiers du roi Tur-Ballard, protecteur du royaume du Lússinen et, par conséquent, de la région où Turondin avait passé toute sa vie. Alors qu’il s’imaginait saluer ces personnages de haute renommée, l’appel de sa mère le tira de ses rêveries. Cette dernière quitta elle aussi le sommeil particulièrement tôt en cette journée spéciale, puisqu’elle avait ressenti le froid hivernal régnant dans la maison. Elle sollicitait déjà l’aide de Turondin, afin qu’il aille enfin chercher du bois pour alimenter le feu qu’elle préparerait. Frigorifié, ce dernier ne se fit pas attendre : il s’habilla en vitesse, enfila sa cape et courut vers la grange le plus rapidement possible pour éviter la morsure mortelle du froid. À l’extérieur, une faible neige recouvrait tranquillement le paysage plat, caractéristique à l’Éroc. Cette blancheur omniprésente scintillant sous les premiers rayons du soleil du matin l’éblouit, tout en donnant un air calme et paisible au portrait. Les apparences sont parfois trompeuses. Ressentant la froideur des flocons de neige venant mourir sur la chaleur de son visage, Turondin poursuivit son chemin vers le bâtiment en retrait et y pénétra afin d’y accomplir sa mission. Ce n’était qu’une simple petite remise de bois non teint qui avait été construite dans le seul but de cet entreposage ; il repéra bien vite un amas de billots, qui rapetissait affreusement vite à mesure que l’hiver avançait. Turondin regroupa sans plus attendre quelques bûches, pour les apporter à sa mère, avec plus de difficulté qu’à l’ordinaire, car le temps glacial avait amoindri l’efficacité de ses mains et de ses doigts gelés. Téméraire, il tenta de s’emparer de quatre morceaux, mais ses jeunes bras ne pouvaient contenir une aussi grande quantité de bois. ïl s’astreignit à n’apporter que trois billots pour ce voyage, ce qui allait le contraindre à revenir aussitôt qu’il se serait débarrassé de son chargement. Turondin s’apprêtait à repartir, mais au moment où il ouvrit la porte, une violente bourrasque déferla sur le terrain et s’engouffra dans la grange, dont il referma vivement la porte, usant de toutes ses jeunes forces afin de contenir la soudaine brutalité du vent. La grandeur des champs environnants engendrait souvent, l’hiver, de grandes rafales qui projetaient avec force de la poudrerie dans tous les sens. Cela n’était pas rare, et Turondin avait appris à redouter ces moments inquiétants. ïl attendit, malgré lui, que la rafale s’affaiblisse avant de repartir. Ce faisant, le froid acéré de cette journée hivernale lui glaça le sang et le pressa dans son attente. ïl sentit à cet instant qu’il devait absolument rejoindre sa mère restée dans la chaumière pour une raison qu’il ignorait, malgré la vigueur du vent qui soufflait toujours à l’extérieur. Après quelques minutes d’attente insupportable, il se décida à tenter une sortie en faisant fi de ses craintes. Ouvrant la porte et fermant d’abord les yeux pour éviter l’éclat de la neige et la force exceptionnelle du vent qui s’en prenait à son visage, il laissa tomber l’une de ses bûches. ïl courut aussitôt jusqu’à sa demeure, toujours pressé par son instinct, et en échappa une autre dans toute sa frénésie. ïl ne prit même pas la peine de ramasser le billot de bois qui avait été projeté au loin par le vent exagérément violent ; il continua plutôt son chemin avec acharnement. Le hurlement de ces bourrasques le glaça d’effroi beaucoup plus que n’aurait pu le faire la froideur de ce jour d’hiver. Lorsqu’il ouvrit la porte de la maison, il fut rempli d’une crainte sans nom, car, près du foyer aux braises éteintes, il aperçut sa mère qui fixait un homme effrayant sans broncher. L’image de cette personne se grava dans son esprit. ïl était plutôt grand et fortement musclé, portait une large cape d’un rouge sang nuancé de noir, et à sa ceinture pendait une épée monstrueuse, à la garde formée d’os et de serpent. Au moment où Turondin s’apprêta à poser un quelconque geste qui aurait eu tôt fait de lui causer du tort, ils disparurent de sa vue dans une grande bourrasque de neige qui le propulsa au sol et qui fit voler au loin sa dernière bûche. Ce choc et le temps froid eurent enfin raison de son jeune organisme, et il s’engouffra dans un noir des plus
sombres…