Yoyoman, double jeu

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Rien ne va plus à l'école du Tournesol. Les méfaits se multiplient, les enfants sont terrorisés. Léonard et ses amis sont dans tous leurs états. Depuis la rentrée scolaire, un inconnu s'amuse à assombrir l'image de Yoyoman. Rapidement, la popularité du superhéros en prend un coup. Plusieurs enfants sont maintenant convaincus que celui qu'ils admiraient leur veut du mal. La sécurité au sein de l'école devient un enjeu majeur de la campagne pour la présidence du Tournesol. Machiavel, un candidat extrêmement audacieux, promet notamment aux élèves qu'il montera une brigade d'intervention s'il est élu comme président. Le jeune politicien parviendra-t-il à les convaincre? Et que fera Léonard pour sauver l'honneur de Yoyoman?
Publié le : mercredi 6 novembre 2013
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EAN13 : 9782895292852
Nombre de pages : 149
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Extrait



C’était la rentrée scolaire ! Léonard était comme à peu près tous les enfants de son âge. Quand ses parents lui demandaient s’il avait hâte de recommencer l’école, il s’empressait de répondre : « Non ! » Mais, dans les faits, il était impatient de revoir ses professeurs et ses amis. Comme la plupart des enfants qui fréquentaient l’école du Tournesol, Léonard avait eu du mal à s’endormir la veille, en raison de la fébrilité que suscitait en lui ce premier jour de classe.

Ce matin-là, sa mère l’accompagna à l’école. Tanya adorait la rentrée scolaire. Cela lui rappelait son enfance. Depuis que Léo était à l’école, elle n’en avait jamais manqué une. La veille, elle avait tout préparé pour son fils : cahiers, cartables, crayons et matériel scolaire divers. Elle était parvenue, non sans peine, à tout mettre dans le nouveau sac à dos de Léonard.

Ce fameux sac ! Tanya l’avait acheté quelques jours auparavant. Léonard ne l’aimait pas, parce qu’il le trouvait trop voyant. Les couleurs étaient trop criardes à son goût. « Au moins, je… n’aurai pas de difficulté à le retrouver dans la cour d’école, avait-il bredouillé, embarrassé, quand Tanya le lui avait montré. Je serai sûrement le seul à l’avoir : il est tellement… unique. » En fait, Léonard aurait pu utiliser le mot « affreux »… mais il n’avait pas osé, car il ne voulait pas blesser sa mère.

Le garçon fit un grand sourire lorsqu’il mit les pieds dans la cour d’école avec Tanya. L’endroit était bondé de parents et d’enfants. Heureux, les jeunes couraient et cherchaient leurs copains, tandis que les adultes bavardaient entre eux. « Il y a beaucoup de nouveaux visages, cette année », remarqua Léonard en regardant autour de lui. Il s’y attendait, bien sûr, puisque l’école en avait informé les élèves par lettre quelques semaines plus tôt. Mais le fait de les voir tous là, dans la cour de son école, le remplissait tout à coup d’une certaine appréhension.

La mère et le fils ne furent pas longtemps seuls. Isabelle Cloutier, la mère des triplés, les aperçut et se dirigea aussitôt vers eux. Comme d’habitude, la jeune femme avait les traits tirés. Tout de suite, elle se mit à parler de façon incessante. Pour elle, sans aucun doute, la rentrée scolaire était le plus beau jour de l’année ! Il devait surpasser de loin la fête de Noël… Tanya l’écoutait et ne pouvait s’empêcher de rire.

— Cet été, pour pouvoir avoir une pause, je les ai inscrits dans trois camps, dit Isabelle d’un air dépité. Je les avais consultés, ils étaient d’accord. Les activités étaient intéressantes. Tout était parfait ! Mais crois-le ou non, ils ont été incapables de terminer un seul séjour ! Au bout de deux ou trois jours maximum, je recevais un appel du directeur m’avisant de venir chercher mes enfants. Je suis découragée. Je ne sais plus quoi faire avec eux…

Soudain, elle s’arrêta de parler et se mit à regarder fixement Léonard, les yeux remplis d’espoir. Puis, après un moment, elle reprit d’un ton hésitant :

— Léonard, tu es un bon garçon… Si tu venais parfois à la maison, peut-être que ça pourrait aider mes trois petits monstres…

— Tu es bien gentille, Isabelle, mais je suis très occupé, répondit Léonard, mal à l’aise. Mes entraînements… Et avec l’école qui recommence… Ma mère peut te le dire…

— C’est vrai ! confirma Tanya. Et cette année, je veux suivre Léo d’un peu plus près dans ses études. La cinquième année, ce n’est pas facile.

En fait, Tanya était bien contente que son fils ne fréquente pas les triplés. Cela ne faisait pas un an qu’ils étaient dans le quartier et tout le monde les connaissait, en raison des tours pendables qu’ils jouaient. Tanya préférait voir Léonard s’amuser avec Thomas et Léa. Ces fréquentations étaient plus sûres. Isabelle semblait un peu déçue. Mais elle n’était pas étonnée. Les visites étaient de plus en plus rares à la maison. Même les gens de sa propre famille avaient toujours de bonnes excuses pour décliner les invitations qu’elle leur lançait… Elle était cependant si contente de voir Tanya qu’elle reprit aussitôt la conversation :

— Comme je te le disais tantôt, je suis bien heureuse que ce soit la rentrée scolaire. Mais, avec ma marmaille, cette période de l’année me tient très occupée. Les vêtements à acheter, les inscriptions aux différents cours, les achats scolaires… Ça ne finit plus. Aujourd’hui, je dois téléphoner à leur pédiatre. Pauvre homme ! Il les examine à tour de rôle. Ils lui en font voir de toutes les couleurs !

Tanya éclata de rire. Elle imaginait très bien le pauvre médecin, essayant d’examiner l’un des triplés pendant que les deux autres couraient dans la salle d’attente en semant la pagaille sur leur passage…
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