Zarya : Et l'Œil de Théos - Tome 5

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Jonathan a invité Zarya à passer quelques jours dans le monde des sorciers afin de visiter le village natal de sa grand-mère Martha. Un grand danger les guette à leur arrivée et, par le fait même, une surprise des plus invraisemblables affligera profondément la jeune gothique. Dans le pays de Dagmar, Malphas monte une armée redoutable à l'aide de la pierre des Ténèbres. Le directeur du Temple des Maîtres Drakar, Gabriel Adams, essaye de l'en empêcher, mais il se retrouvera dans une impasse imprévisible. Pendant ce temps, Abbie continue avec acharnement ses recherches quant au projet de ses défunts parents et elle fera une découverte qui pourrait changer le monde des Attiliens. Zarya devra, de son côté, effectuer la mission irrationnelle que lui aura confiée son grand-père. Et pendant que Malphas et ses démons affrontent les mages dans une guerre sanglante, le Mal prépare une cruelle vengeance contre l'humanité...
Publié le : mardi 18 novembre 2014
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EAN13 : 9782895497233
Nombre de pages : 487
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Extrait



Zarya ouvrit les yeux avec une extrême lenteur et les referma aussitôt en espérant retomber dans le rêve agréable qu’elle venait tout juste de quitter. Voyant qu’elle ne pourrait plus se rendormir, elle pivota légèrement la tête vers la droite, jetant un regard au réveille-matin posé sur sa table de chevet : 7 h 35. Avec ses magnifiques yeux bleu océan, l’adolescente observait avec une expression béate le plafond de sa chambre en constatant que les images qui flottaient encore dans son esprit étaient probablement un rêve prémonitoire, une projection futuriste de sa soirée à venir. C’est alors qu’un doux sourire se dessina sur ses lèvres rosées : c’était aujourd’hui son premier rendez-vous avec Jonathan depuis son retour du stage d’initiation qui avait eu lieu en Angleterre, quatre jours plus tôt.


Toujours étendue sur son lit, Zarya se secoua la tête en réalisant qu’elle croyait naïvement que ce passé était comme une prison dont elle ne pouvait s’évader. Cette fois-ci toutefois, elle avait prouvé le contraire. Le contraste était pour ainsi dire ahurissant pour la jeune mage, habituée à des moments si sombres depuis son voyage de Vonthruff. Pour elle, plus rien ne pourrait dorénavant mettre d’entrave à sa vie amoureuse.

À présent, debout devant son miroir, Zarya regardait un livre posé sur son bureau de travail, près de sa boule du Savoir. Sur le haut de la page couverture, on pouvait lire Le prédateur silencieux en lettre rouge, et juste en dessous, on trouvait une illustration à donner froid dans le dos : un lycanthrope — plus connu sous le nom de loup-garou — tenait dans sa gueule une jeune femme grimaçant de douleurs. Zarya avait emprunté ce livre à la bibliothèque du Temple pour en savoir davantage sur les morsures infectieuses à caractère surnaturel. La jeune gothique savait que Malphas possédait à présent la pierre des Ténèbres et qu’il ne se priverait certainement pas pour l’utiliser à des fins maléfiques.

Elle prit le livre, l’ouvrit à la page 55 et relut ces quelques lignes qui l’avaient visiblement dérangée :  


Le pouvoir de se transformer en loup-garou ou en bête sauvage est une malédiction attribuée aux sorciers, aux mages et aux druides, car la lycanthropie et la cryptozoolingulopie peuvent être le résultat d’un châtiment divin…  

— Une malédiction… un châtiment divin…, relut Zarya en sentant une boule lui monter à la gorge.

En déposant le livre sur son bureau, elle jeta un coup d’œil à l’extérieur et aperçut un oiseau sur l’une des branches de l’arbre centenaire situé près de la fenêtre.


— Cette « malédiction » m’a sauvé la vie deux fois, dit-elle tout bas en se regardant à nouveau dans la glace en essayant de se convaincre. Ça ne peut pas être un châtiment divin… c’est impossible.

Aussitôt arrivée en bas des escaliers, Zarya passa près de la cuisine en saluant chaleureusement madame Mitiva Phidias, sans toutefois s’arrêter : la dame préparait le petit-déjeuner. L’adolescente ouvrit la porte d’entrée et se pencha pour ramasser le Journal d’Attilia. Un pied à l’extérieur, elle regarda l’une des maisons à sa gauche, celle de son amie Abbie. Comme on pouvait s’y attendre aux premières heures d’un samedi matin, tous les rideaux étaient tirés. Zarya regarda aux alentours : pas le moindre être vivant en vue. Elle ferma la porte derrière elle et alla rejoindre Mitiva dans la cuisine. Elle prit le temps de lire les gros titres en première page. Elle fut soulagée qu’il n’y ait eu aucun incident se rapportant, de près ou de loin, à des morsures ou à des disparitions de personnes dans la région. Cependant, elle savait que ce n’était qu’une question de temps.


— Puis-je vous être utile, madame Phidias ? demanda-t-elle en déposant le journal sur le buffet.

— Tu peux mettre les ustensiles sur la table, Zarya.

— Mon grand-père n’est finalement pas rentré, hier soir ?

— Non. Il m’a laissé un message pour dire qu’il se rendait directement au manoir pour rejoindre votre grand-mère.

— On risque de le voir moins souvent dans le coin, dit Zarya souriante.

C’est alors qu’elle constata que son rendez-vous en soirée n’était pas la seule chose qui l’emplissait de bonheur, ce samedi matin. En effet, quelques semaines plus tôt, elle avait réussi à convaincre ses grands-parents de se revoir, alors qu’ils ne s’étaient pas vus depuis une quarantaine d’années. D’ailleurs, le souhait de la jeune fille avait été bien au-delà de son espérance. Pour cause, Gabriel, après avoir accepté de rencontrer son amoureuse d’antan, lui avait suggéré de s’installer définitivement dans le manoir familial, dans le monde sans magie. Cela était d’autant plus surprenant, pour l’adolescente, que sa grand-mère Martha avait accepté.

— Je suis contente pour lui, fit Mitiva, qui partageait la joie de l’adolescente. C’est une vie plus équilibrée pour monsieur Adams.

La dame s’assit en face de l’adolescente et sembla tout à coup préoccupée.

— Quelque chose ne va pas ? s’enquit Zarya en fronçant les sourcils.

— Non, je t’assure, tout va bien, Zarya…
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