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Titre
Kervin de Brun le Fît
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Titre Mathias De La Cruz
Kervin de Brun le Fît Tome 1. La vallée d'Orfin
Littérature pour la jeunesse
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2009 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-01862-2 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304018622 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-01863-9 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304018639 (livre numérique)
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Prologue
PROLOGUE
Alors que l’été touchait à sa fin, les pluies re-fusaient toujours d’atteindre les terres arides du nord. Les longs mois de canicule avaient assé-ché jusqu’aux plus profondes rivières. Encore une fois les peuples nomades s’apprêtaient à prendre le départ. Les yourtes de lin ainsi que les rares sacs de grains étaient pliés et chargés sur des mules faméliques. Le clan qui se rassemblait aujourd’hui avait élu domicile ici il y a deux saisons à la fin d’un rude hiver. Au pied de l’important massif grani-tique, les hommes paraissaient être de minuscu-les choses. Les femmes, les pommettes saillan-tes, réunissaient leurs enfants, tandis que quel-ques vieillards harnachaient le convoi. Le vent soufflait de fortes et brûlantes rafales sur la plaine. Le sol n’était plus que poussière et ro-caille. Les sabots des équidés faisaient craquer la terre asséchée sous un piétinement nerveux. Les volutes de poussière obligeaient les uns comme les autres à se protéger le visage brûlé de tissus.
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Kervin de Brun le Fît
Les régions du nord-est étaient les plus hosti-les de toutes celles qui bordaient l’empire d’Elrine. Des générations de peuples nomades y avaient vécu, mais il n’en était pas une qui ait connu de répit. Pas une seule n’avait tenu suffi-samment de temps pour voir une récolte récol-tée, une rivière à jamais abondante. Un peuple d’hommes braves et de femmes vaillantes can-tonnés dans un espace désolé et contenu dans leurs frontières par d’autres régions plus fortes et mieux armées que la leur. Condamnés à une errance éternelle, immuable, misérable. Leur histoire n’était qu’une succession de compromis, d’accords maladroits avec leurs en-nemis contre d’autres, de traités sombres, d’alliances perfides, et au plus mal, de pillages. Plus en arrière du convoi, une centaine d’hommes scellaient leurs chevaux avant de les monter. L’un d’entre eux, plus imposant que les autres, enfila un heaume à cornes de bouc. Il montait un cheval lourd à forte encolure. Le ca-valier observait silencieux le reste de la troupe se mettre en scelle. Au cœur de la mêlée, des chariots commencèrent à se mouvoir, tractés par plusieurs chevaux de traits. Une bourrasque couvrit le rugissement de celui qui semblait être le chef, lorsqu’il ordonna le départ. Il brandit une hache imposante au-dessus de lui, et regar-da passer ses cavaliers, les haranguant de ses cris sourds.
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