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L'ambivalence identitaire dans la société martiniquaise

De
182 pages
Aujourd'hui, la Martinique se trouve dans une dépendance économique et sociale. L'Afro-Martiniquais se trouve partagé entre le contexte franco-européen et le milieu afro-antillais. Cette contradiction émane aussi de situations de confrontation, d'où se dégage souvent un ressenti de "fatalité", voire de "malédiction", entraînant "un sentiment de culpabilité collective", celui d'oser défier l'ordre social en place. Cette recherche vise à analyser le dilemme de la dépendance à partir de l'énoncé des malédictions, puis des considérations historiques, suivies d'une perspective psychanalytique.
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Josette Nonone
L’ambivalence identitaire dans la société martiniquaiseEssai psychanalytique d’une aliénation
L’ambivalence identitaire dans la société martiniquaise
Essai psychanalytique d’une aliénation
Josette Nonone L’ambivalence identitaire dans la société martiniquaise
Essai psychanalytique d’une aliénation
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03807-0 EAN : 9782343038070
Préface La conquête coloniale, la colonisation ont été une entreprise de pillage, d’exploitation, de domination qui a débouché presque toujours sur le génocide des peuples indigènes. Les colonisateurs ont essayé de se « donner bonne conduite » et de camoufler la nature de cette entreprise en prétendant qu’elle était "œuvre de civilisation de peuples attardés et sauvages ", voir le White Burden des Anglais et la « liquidation de l’esclavage » des Français « champions » des Droits de l’Homme. ème Après la 2 guerre mondiale, le mouvement de libération nationale des peuples colonisés a déferlé et jeté bas le régime colonial sur l’ensemble de la planète. Les Empires coloniaux se sont effondrés. Les peuples colonisés, une fois libérés, ont entrepris de construire ou de reconstruire leurs nations. Ils ont entrepris de lutter contre le sous-développement. Certains devenus des "États émergents" se rangent aujourd’hui parmi les grandes puissances. Le monde change. Mais les colonisateurs résistent et veulent continuer à dominer le monde, à le contrôler. Ils inventent de nouvelles formules de camouflage (la FranceAfrique, la francophonie, le Commonwealth, etc.) pour maintenir les liens sur leurs anciennes colonies. De là, les guerres dites "humanitaires" ou "démocratiques" qui cachent mal la volonté de contrôle stratégique, économique, culturel. Ils sont "partis par la grande porte, ils reviennent par la fenêtre". De là, les obstacles, les difficultés pour de nombreux peuples ex-colonisés, surtout les moins riches, les plus faibles, pour aller de l’avant, victimes de ce néocolonialisme.
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Ce néocolonialisme utilise beaucoup les moyens idéologiques (contrôle des médias, associations culturelles, création "d’unions économiques", etc.) De là, les difficultés pour construire leur identité et consolider leur indépendance. Un des effets majeurs de la domination coloniale a été le génocide, mais aussi l’importation de la culture, de la langue, du mode de vie des colonisateurs. Cette « influence culturelle » perturbe, freine la quête de l’identité, l’émancipation politique. Par exemple, prenons le cas de la France. Gouvernements de droite et de gauche ont pratiqué souvent la politique "d’assimilation" qui est une forme de "génocide culturel". C’est le cas des dits "Départements d’Outre-Mer "et en particulier de la Martinique où s’est développée une forme spécifique, originale de colonisation, dite « assimilation ». Assimiler, c’est absorber, digérer. Le mental des peuples "leur âme" a été bousculé, façonné et aussi s’est développé une entreprise de démolition visant à déstructurer la culture de ces peuples et à bloquer leur recherche de l’identité. Ce phénomène est conçu sous le vocable : "aliénation coloniale". Le Martiniquais Franz FANON, psychiatre de son métier, héroïque militant bien connu de la cause nationale des peuples colonisés, a fait œuvre de pionnier en démasquant le colonisateur. Dans ses ouvrages, et notamment dans "Peaux Noires-Masques Blancs" il a disséqué ce phénomène de "l’aliénation". L’indigène a été "transformé" : il est devenu un "autre" sous l’influence du colonisateur, de manière à lui faire accepter de demeurer sous la coupe coloniale. Cette aliénation est particulièrement sensible chez les communautés de petite dimension ou récemment constituées, plus fragiles parce que sans racines culturelles
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profondes. En Martinique : elle est devenue le principal obstacle à la prise de conscience nationale et à la décolonisation. À la suite de FANON, Josette NONONE, chercheuse martiniquaise à l’Université de Montréal "a pris le taureau par les cornes" et s’est attaquée à cette forteresse dans son ouvrage. Elle a voulu répondre à la question : "Qu’est-ce que l’aliénation? Pourquoi la lutte des Martiniquais pour l’émancipation est-elle si difficile, si différente de celle de la plupart des ex-peuples colonisés ? Quels moyens pour la surmonter ?" Elle trace ici de nouvelles pistes, en particulier en faisant appel à la psychanalyse. Son entreprise de "libération de l’âme" vise à éliminer le principal obstacle à la décolonisation de la Martinique. Faire comprendre au Martiniquais qu’il est une pâle copie du colonisateur, une caricature, mais véritablement un colonisé, en dehors des apparences et des subterfuges. Pour elle, il faut décoloniser pour désaliéner, mais aussi désaliéner pour décoloniser. Entreprise courageuse qui suscitera dans certains milieux le doute, une résistance farouche, mais dont l’existence même du peuple Martiniquais en tant que peuple est le challenge. Qu’elle soit félicitée et remerciée pour avoir par sa précieuse contribution ouvert de nouvelles voies à la réflexion et à la lutte pour l’émancipation de son peuple. Armand NICOLAS Historien martiniquais.
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