L'Arlésien

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L'ouvrage que vous avez entre les mains n'est pas davantage le résultat d'une envie soudaine d'être enfin publié comme l'espèrent tant d'écrivains, que d'une volonté incontrôlable de figurer parmi les prochains nominés d'un quelconque prix littéraire, fut-il de renommée… locale! Non, si vous voulez tout savoir, les lignes que vous allez découvrir sont plutôt l'expression concrète d'un besoin de se confier. De vous confier, à vous lecteurs, une histoire. L'histoire d'une femme qui semble avoir traversé un demi-siècle avec un fardeau lourd à porter. Trop lourd sans doute pour une petite fille qui va devenir mère puis grand-mère à son tour et dont vous allez déceler le mystère tout au long de ce roman autobiographique.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 67
EAN13 : 9782748172140
Nombre de pages : 127
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L'Arlésien Mireille Maërle
L'Arlésien

Roman autobiographique




Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com
ISBN : 2-7481-7215-9 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748172157 (livre numérique)
ISBN : 2-7481-7214-0 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748172140 (livre imprimé) Mireille Maërle


7 L'Arlésien
8 Mireille Maërle




L’ouvrage que vous avez entre les mains n’est
pas davantage le résultat d’une envie soudaine
d’être enfin publié comme l’espèrent tant d’écrivains,
que d’une volonté incontrôlable de figurer parmi
les prochains nominés d’un quelconque prix
littéraire, fut-il de renommée… locale ! Non, si
vous voulez tout savoir, les lignes que vous allez
découvrir sont plutôt l’expression concrète d’un
besoin de se confier.
De vous confier, à vous lecteurs, une histoire.
L’histoire d’une femme qui semble avoir traversé
un demi-siècle avec un fardeau lourd à porter. Trop
lourd sans doute pour une petite fille qui va devenir
mère puis grand-mère à son tour et dont vous allez
déceler le mystère tout au long de ce roman
autobiographique, écrit avec beaucoup de pudeur.
Celui-ci aurait pu tout aussi bien s’intituler Les
révélations de monsieur Straube comme certains de ses
amis le lui avaient suggéré ; mais jugé trop roman
policier. Comme à son habitude, elle n’en a fait qu’à
sa tête. Tant mieux pour nous d’ailleurs.
L’Arlésien suggère davantage le monde dans
lequel l’auteur vous invite. Le monde du non-dit,
celui des cachotteries familiales. De celles qui
viennent s’accumuler au fil des ans pour finir par
empoisonner l’existence des plus téméraires.
Dans son premier ouvrage écrit à compte
d’auteur, La rue des Époux Tramier, Mireille Maërle
9 L'Arlésien
vous avait emmené à travers les siècles grâce à une
généalogie qui lui avait demandé de nombreuses
années de recherches dans tous les dépôts
d’archives de cette Provence qu’elle affectionne
tout particulièrement. Tant et si bien qu’elle y a élu
domicile depuis dix ans.
Cette fois-ci, l’Arlésien retrace les pérégrinations
d’un père voyageur. Tellement voyageur en fait
qu’elle n’en possédait que fort peu d’éléments au
tout début de son aventure livresque. Mais sa
volonté fut telle qu’après plusieurs démarches et
quelques déboires plus tard, l’auteur est non
seulement parvenu à retrouver sa trace à travers
l’Europe (il vaudrait mieux écrire ses traces) à
mettre enfin un visage sur cet homme au
comportement bien étrange, resté insaisissable tant
de décennies, mais aussi à retrouver toute une
fratrie installée en Aquitaine.
Puisse ce récit inciter le lecteur à tenter de
comprendre cette période si trouble qui
accompagne toutes les guerres et des terribles
répercussions que celles-ci ont sur l’histoire des
familles.
Mireille Maërle reste l’un de ces auteurs
atypiques pour qui les sentiments ne sont pas un
vain mot et qui s’est exprimé tout simplement en
vous confiant son roman.

Alain Liénard-Pollet
Sablet
Février 2006

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NEMOURS : MAI 1991


Pierre est sur un lit d’hôpital, il attend la visite
quotidienne de Jeanne. En ce même instant elle se
trouve dans le bureau du Docteur Albin, le
médecin chef du service d’endocrinologie. Jeanne
voulait avoir plus de précisions sur l’état de santé
de Pierre. Depuis quelques jours elle s’inquiète. Il a
l’air de plus en plus fatigué à chacune de ses visites.
« – Docteur, que se passe-t-il ? Il faut me dire ce
qu’il en est. Malgré tous les soins prodigués il ne
semble pas retrouver la moindre force.
– Madame, je vais sans doute vous paraître
brutal… mais depuis que j’exerce la médecine, je
n’ai pas encore trouvé les mots justes… ce n’est
jamais facile d’annoncer ce que je vais vous dire.
Les résultats d’analyses provenant du labo ce matin
même ne m’inspirent plus beaucoup d’espoir.
Votre mari est atteint d’un cancer du pancréas.
Croyez-moi, je suis sincèrement désolé.
Jeanne pâlit et demande la gorge nouée :
– Y a-t-il un espoir ? Peut-on essayer un autre
traitement ?
11 L'Arlésien
– Non, hélas ! Cela ne ferait que le faire souffrir
davantage sans pour autant le garder beaucoup plus
longtemps.
– Faut-il lui annoncer ? Comment ?
– C’est à vous de décider. Je pense qu’il a
parfaitement conscience de son état, et qu’il se
prépare à s’en aller doucement. Avez-vous de la
famille, des enfants, quelqu’un de proche pour vous
soutenir dans cette épreuve ?
– Docteur, en fait nous ne sommes pas mariés.
Nous nous connaissons depuis à peine une année.
Je sais juste qu’il a eu quatre enfants d’un autre
mariage. Ces enfants, je ne les ai jamais vus et ils ne
sont jamais venus voir leur père. Je ne sais même
pas où ils sont. Lui non plus d’ailleurs. Nous ne
parlons jamais d’eux. C’est comme un accord tacite
entre nous. »
Jeanne quitte la pièce pour se rendre dans la
chambre de Pierre.
Elle chancelle un peu en traversant le long
couloir.
Silencieuse, elle entre dans la chambre. Les
stores sont baissés. Un soleil printanier offre ses
tout premiers rayons.
Il s’est endormi. Tant mieux ! Il ne verra pas ses
yeux rougis. Elle tire le fauteuil près du lit, s’assoit
et le regarde avec tendresse.
Qui est-il ? Le connaît-elle vraiment ? Où se
trouvent ses enfants dont il ne parle jamais ?
Pourquoi ce silence ?
Ils se sont rencontrés depuis si peu de temps.
C’était au printemps de l’année dernière. Chacun
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