//img.uscri.be/pth/d9e5d8d0c1bd3c59c8fe797ebdbebcfb500f744d
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

L'enfant disparue - Une innocente à protéger

De
432 pages
L’enfant disparue, Rita Herron
 
Quand Sara, sa fille de cinq ans, lui raconte qu’elle fait des cauchemars où elle voit sa sœur jumelle, Cissy, l’appeler à l’aide, Madelyn est bouleversée. Cissy est morte à la naissance, tout le monde le sait bien, hélas. Pourtant, lorsqu’elle apprend que le médecin qui l’a accouchée vient d’être condamné pour trafic d’enfants, le doute — l’espoir — s’insinuent dans son cœur. Cissy est-elle encore vivante ? Madelyn doit-elle prêter foi aux révélations de Sara ? S’il y a une chance, même infime, Madelyn se sent prête à tout. Résolue, elle contacte Caleb Walker, un détective privé. En se préparant à ce qu’il la prenne pour une illuminée…
 
Une innocente à protéger, Cassie Miles
 
Nicole alerte la police : son colocataire a disparu et c’est à elle qu’on demande une rançon. Paniquée, elle l’est aussi à l’idée qu’on fouille dans sa vie, elle qui se cache pour fuir un mari violent. Qui sait si son passé mystérieux et son absence d’attaches dans la région ne vont pas faire d’elle la suspecte idéale ? Seule contre tous, elle trouve cependant un allié en la personne de Mace Sheridan, le ténébreux shérif. Seulement, pour le convaincre de son innocence, Nicole va devoir faire un pas décisif : s’ouvrir à lui en toute confiance...
Voir plus Voir moins
Couverture : Rita Herron, L’enfant disparue, Harlequin
Page de titre : Rita Herron, L’enfant disparue, Harlequin

1

La petite Sara Andrews, cinq ans, avait la gorge nouée par la peur. Elle voyait sa sœur jumelle s’enfuir de la vieille maison de bois, manquer tomber dans les marches du porche et courir en pleurant en direction des bois.

— Au secours, cria Cissy. Il va faire du mal à maman !

Le vent sifflait en secouant les arbres. Les feuilles tourbillonnaient et pleuvaient. Un chien aboyait au loin.

Puis le tonnerre claqua.

Non, ce n’était pas le tonnerre.

C’était un gros homme massif qui dévalait les marches.

— Cissy ! hurla le monstre. Reviens ici !

Il se mit à courir à toute allure en repoussant les branches de ses énormes poings. Puis il plongea dans sa direction.

Cissy poussa un hurlement et obliqua vers la droite en courant aussi vite qu’elle le pouvait.

Le monstre tendit une main épaisse vers elle et agrippa sa veste. Cissy cria encore, trébucha et s’étendit de tout son long par terre. Sa veste était restée dans les mains de l’homme et il poussa un juron.

La sueur coulait sur les tempes de Sara. Son cœur battait si fort qu’elle l’entendait dans ses oreilles.

— Lève-toi, Cissy, murmura-t-elle. Lève-toi et cours !

Comme si elle l’avait entendue, Cissy reprit son souffle, ramassa une poignée de terre et la jeta dans les yeux de l’homme.

Il jura de nouveau et balança son poing en direction de Cissy. Elle l’évita et se mit à quatre pattes pour se relever. Le vent mugissait, les arbres craquaient.

Le monstre grogna et se jeta sur elle.

— Non ! fit Sara. Cours, Cissy, cours.

Sa sœur reprit sa course, les joues ruisselantes de larmes. Mais le monstre l’attrapa par les cheveux et l’entraîna vers la maison.

— Au secours ! cria Cissy. Aide-moi !

— Non ! s’époumona Sara. Laissez-la !

* * *

Alertée par ses sanglots terrifiés, Madelyn Andrews se rua vers la chambre de sa fille. Dehors, le vent venu des montagnes se déchaînait. Des paquets de neige fondue giflaient la fenêtre. Une tempête hivernale tardive faisait rage sur la petite ville de Sanctuary, en Caroline du Nord.

En frissonnant de froid, elle ouvrit la porte et alluma la lampe de chevet en forme de tournesol que Sara lui avait réclamée. Puis elle franchit la distance qui la séparait du lit. Sara se débattait entre les draps, en pleurant et en tremblant, entortillée dans sa couette vert vif.

— Non, ne lui faites pas de mal, ne faites pas de mal à Cissy…

L’inquiétude poignarda Madelyn tandis qu’elle s’asseyait sur le matelas et secouait gentiment Sara.

— Chérie, réveille-toi, ce n’est qu’un cauchemar…

Même si Sara prétendait avec insistance que c’était réel.

Les sanglots de la petite fille redoublèrent et elle lança les mains en avant, luttant contre un ennemi invisible. Madelyn la prit dans ses bras. Les yeux pleins de larmes, elle la berça contre elle.

— Chut, chérie. Maman est là. Tout va bien.

— Il va faire du mal à maman… Il faut aider Cissy !

— Chut, mon cœur.

Madelyn caressa ses fins cheveux blonds.

— Personne ne va me faire du mal. Je suis là.

Sara ouvrit brusquement les yeux. Elle avait les pupilles dilatées et la lèvre inférieure pendante. Pendant un moment, elle fixa Madelyn comme si elle ne la reconnaissait pas.

— Mais la maman de Cissy a mal, dit-elle enfin d’une voix tremblante. Le méchant a poursuivi Cissy dans les bois et il l’a attrapée et il…

— C’était un rêve.

Madelyn prit le visage de Sara dans ses mains.

— Un très mauvais rêve, ma chérie, mais seulement un rêve.

— Non, affirma Sara entre ses sanglots. C’est vrai. Cissy a peur et il faut qu’on l’aide sinon il va lui faire du mal…

— Oh ! chérie…

Sara avala sa salive.

— C’est vrai, maman. J’ai vu Cissy.

Des larmes coulèrent sur ses joues.

— Et elle m’a vue. Elle m’a appelée au secours. J’y ai dit de se lever et de courir, mais il l’a attrapée et il l’a traînée dans la maison…

Remuée par la terreur dans la voix de sa fille, Madelyn prit une longue inspiration et s’efforça de se calmer.

Elle essuya les joues de Sara de la main.

— Sara, je t’ai expliqué que nous avons perdu Cissy il y a longtemps.

— Non, fit Sara avec un mouvement de tête catégorique. Elle vit avec une autre maman. Mais si on l’aide pas, le méchant va les tuer toutes les deux.

Madelyn la serra contre elle, bouleversée.

Quelque chose n’allait pas chez sa petite fille. Elle faisait des cauchemars depuis deux mois. Depuis qu’elles étaient revenues vivre à Sanctuary. Rien de ce que Madelyn avait fait ou dit n’avait eu de portée. Ni les longues conversations à propos de Cissy, la jumelle de Sara, ni les thérapeutes qu’elle avait consultés.

— S’il te plaît, maman. Il faut faire quelque chose…

Une larme roula sur la joue de Madelyn. Le jour où les jumelles étaient nées avait été le jour le plus heureux et le plus triste de sa vie. Elle avait eu Sara mais sa sœur était morte.

Elle avait entendu dire que les jumeaux avaient un lien psychique entre eux mais pourquoi Sara rêvait-elle encore de Cissy vivante ?

Sachant qu’elle ne dormirait plus de la nuit, elle transporta Sara dans son propre lit et la blottit contre elle. La petite fille resta ainsi pendant une heure en reniflant. L’épuisement la fit sombrer finalement dans la somnolence.

Déchirée par la tristesse et incapable de dormir, elle resta allongée à la regarder. Comme l’aube effleurait le ciel, le téléphone sonna. Qui donc l’appelait à cette heure matinale ? Elle lut le numéro sur l’écran. Sa mère.

S’emparant du combiné, elle se glissa hors du lit et marcha jusqu’à la fenêtre.

— Maman ? Que se passe-t-il ? Tu vas bien ?

— Oui, chérie, je vais bien. Tu as vu les nouvelles ?

— Non, pourquoi ? Que se passe-t-il ?

— Un scandale à propos d’un médecin à Sanctuary qui volait les bébés et les vendait. Son nom est Emery. Ce n’est pas le médecin qui a accouché les jumelles ?

— Si. Oh ! mon Dieu. Qu’est-ce qu’ils disent ?

— Une dame du nom de Nina Nash pensait que son bébé était mort dans l’incendie de l’hôpital il y a huit ans, mais elle a découvert que l’enfant était vivante. Elle a fait appel à une agence de détectives appelée Guardian Angel Investigations, basée à Sanctuary. Ces gens se consacrent à rechercher les enfants disparus et ils ont retrouvé sa petite fille.

Un frisson glacé courut dans le dos de Madelyn. Elle jeta un coup d’œil sur Sara endormie.

Mon Dieu.

Etait-il possible que Cissy ait survécu ?

* * *

Caleb Walker pénétra dans les bureaux de GAI le cou tendu. L’appel de son patron l’avait contrarié. Cette urgence l’obligeait à remettre sa visite au cimetière, or c’était ce qu’il avait prévu de faire avant toute autre chose ce matin-là : déposer ses fleurs sur la tombe de sa femme, lui parler et lui demander encore une fois pardon…

La voix de Gage s’éleva, s’immisçant dans ses pensées. Caleb fit un effort pour se reprendre. Il aurait le temps d’aller voir Mara plus tard, tout le temps de ruminer ses regrets et son chagrin.

Il grimpa les marches, le cerveau en ébullition. Une autre affaire d’enfant disparu ?

Ou bien était-ce cette histoire de l’hôpital ? Depuis que la nouvelle de la découverte de la fille de Nina Nash et de l’arrestation du Dr Emery s’était répandue, le téléphone n’arrêtait pas de sonner.

Des gens de partout exigeaient de savoir si l’adoption de leur enfant était bien légale. Ils étaient aussi submergés d’appels de gens dérangés. Les plaintes de deux femmes concernant des bébés kidnappés s’étaient révélées fausses. Elles étaient tellement désespérées de ne pas avoir d’enfant qu’elles avaient eu l’idée de se servir des adoptions illégales pour en réclamer un.

Caleb tripota la pointe de flèche de bois suspendue à son cou pour se calmer et frappa à la porte de son patron.

— Entrez.

Caleb se coula dans la pièce et Gage se leva.

— Content que tu sois là, lui lança ce dernier sans préambule. Nous avons une nouvelle cliente. Je veux que ce soit toi qui t’en charges.

Caleb plissa les yeux.

— Pourquoi moi ?

Le regard de Gage s’assombrit.

— Tu le sauras quand tu les auras rencontrées, elle et sa fille de cinq ans, Sara. Sara affirme qu’elle voit sa sœur en rêve et que celle-ci est en danger.

— Je ne comprends pas. C’est un enfant qui fait des cauchemars, pas une affaire d’enfant disparu ?

— C’est encore plus intéressant que ça.

Gage jeta un coup d’œil vers la salle de réunion, de l’autre côté du couloir.

— La mère dit que sa jumelle est morte à la naissance, mais Sara soutient qu’elle est vivante.

O.K., Caleb avait compris. Gage voulait qu’il s’en charge à cause de son fameux sixième sens.

Il aurait voulu ne jamais avoir parlé de ce truc. Mais son patron l’avait pris dans un moment de faiblesse…

Gage lui fit signe de le suivre.

— Viens. Elles attendent.

Serrant les poings, Caleb fit un effort pour contrôler ses émotions. Celles-ci n’avaient pas leur place au travail et le travail, c’était sa vie à présent.

Gage avait conçu la salle de réunion pour mettre à l’aise les clients. Mais cette femme que Caleb découvrit assise dans un fauteuil, une petite fille sur les genoux, avait tout sauf l’air d’être à l’aise.

Son corps mince était tendu comme un arc, ses yeux hantés, et son visage exprimait une grande fatigue.

Pourtant, il fut frappé par sa beauté. Ses cheveux cuivrés tombaient en vagues souples sur ses épaules et ses grands yeux verts le fixaient comme si elle avait désespérément besoin d’un ami. Des taches de rousseur sur le nez lui donnaient l’air jeune et vulnérable. Sa tenue n’avait rien de sophistiqué : un jean et une blouse paysanne aux couleurs pastel. Elle n’en était pas moins terriblement féminine.

Et tout à fait pétillante.

Pétillante pour lui, cela voulait dire sexy. Une combinaison mortelle pour un homme célibataire depuis trois ans.

Depuis Mara, aucune femme ne l’attirait. Ce n’était pas le moment de s’enticher d’une cliente. Surtout une cliente dotée d’une enfant qui prétendait voir sa sœur morte.

Puis son regard tomba sur la petite chose blonde installée sur ses genoux et il sentit son cœur se serrer. Elle semblait tellement frêle, terrifiée et perdue, que son instinct protecteur se réveilla automatiquement.

— Madame Andrews, commença Gage, voici Caleb Walker, l’un de nos agents. J’aimerais qu’il entende votre histoire.

La femme carra les épaules comme si elle s’attendait à de l’hostilité ou à du scepticisme.

— Vous pouvez m’appeler Madelyn, dit-elle d’une voix rauque.

Gage prit le canapé à deux places, laissant libre le fauteuil à côté de Madelyn. Caleb s’assit à son tour, conscient que sa taille pouvait intimider la petite fille.

— Comment tu t’appelles ? demanda-t-il gentiment.

Des yeux semblables à ceux de sa mère se levèrent vers lui, comme si elle essayait de décider s’il était un ami ou un ennemi. Pour Caleb, c’était un signe d’intelligence : elle savait qu’il fallait se méfier des étrangers.

Il sourit avec douceur, s’efforçant de la rassurer. Mais une sensation de picotement lui soufflait que cette enfant avait quelque chose de spécial, un sixième sens comme lui.

Non pas qu’il souhaite cela à qui que ce soit, surtout un enfant.

— Voyons voir, dit-il, le sourire aux lèvres. Tu es la petite Miss Sunshine ?

Un léger sourire éclaira ses yeux. Elle se détendit un peu et relâcha sa prise sur sa couverture.

— Non, idiot. Je m’appelle Sara.

— Salut, Sara. C’est un joli prénom.

— Merci, répondit-elle sur un ton très adulte. C’est le deuxième prénom de ma grand-mère.

— D’accord, Sara. Dis-moi ce que je peux faire pour toi.

Madelyn caressa les cheveux de sa fille.

— Sara a des cauchemars depuis deux mois, depuis que nous sommes revenues ici.

— D’où êtes-vous ?

Madelyn serra Sara contre elle.

— Nous avons emménagé à Charlotte il y a quatre ans pour nous rapprocher de ma mère, mais Sara est née ici. Il y a quelque temps, ma mère a eu un accident cardio-vasculaire. Elle aimait bien la maison de retraite de Sanctuary alors j’ai acheté la boutique d’artisanat en ville, nous avons fait nos paquets et voilà.