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La coopération médicale internationale de Cuba

De
216 pages
Alors que les facultés de médecine cubaines forment gratuitement des milliers d'étudiants issus de milieux défavorisés des pays du Sud, Cuba dispose aujourd'hui d'un nombre de personnel de santé en mission d'assistance à l'étranger plus élevé que toutes les nations du G8 réunies. Si ces services médicaux sont aujourd'hui monnayés auprès des pays qui ont la capacité financière de les rémunérer, l'altruisme et l'internationalisme à l'origine de cette coopération prédominent toujours.
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Patrick HOWLETT-MARTIN
LA COOPÉRATION MÉDICALE
INTERNATIONALE DE CUBA
L’altruisme récompensé
LA COOPÉRATION MÉDICALE INTERNATIONALE DE CUBA
L’altruisme récompensé
Collection « Inter-National » dirigée par Denis Rolland, Joëlle Chassin et Françoise Dekowski Cette collection a pour vocation de présenter les études les plus récentes sur les institutions, les politiques publiques et les forces politiques et culturelles à l’œuvre aujourd’hui. Au croisement des disciplines juridiques, des sciences politiques, des relations internationales, de l’histoire et de l’anthropologie, elle se propose, dans une perspective pluridisciplinaire, d’éclairer les enjeux de la scène mondiale et européenne. Série générale (dernières parutions) : Maria Teresa GUTTIEREZ HACES,La continentalisation du Mexique et du Canada dans l’Amérique du Nord. Les voisins du Voisin, 2015. Eric DICHARRY,Théâtre, résidence d’artiste, médiation et territoire, 2014. Catherine DURANDIN et Cécile FOLSCHWEILLER,Alerte en Europe : la guerre dans les Balkans (1942-1913), 2014. Estelle POIDEVIN,L’Europe : une affaire intérieure ? Ce qui change en Europe, 2014. Juliette MAFFRE,La légalisation du mariage homosexuel en Argentine, 2014. Pierre-Philippe BERSON,Sous le soleil de Chávez. Enquête sur le Venezuela d’Hugo Chávez, 2014. Mathieu CRETTENAND,Le rôle de la presse dans la construction de la paix, Le cas du conflit basque, 2014. Pierre JOURNOUD,La Guerre de Corée et ses enjeux stratégiques de 1950 à nos jours, 2014. Philippe SAUNIER,Politique de la comptabilité publique, 2014. Laurent BORZILLO,La Bundeswehr. De la pertinence des réformes à l’aune des opérations extérieures, 2014. Jean-Yves PARAÏSO,La perception de la théologie latino-américaine de la libération en République Fédérale d’Allemagne. L’exemple du cercle d’étude « Eglise et libération » (1973-1978), 2013. Edouard BOINET,Hydropolitique du fleuve Sénégal. Limites et perspectives d’un modèle de coopération, 2013. Eric DICHARRY,L’écologie de l’éducation. Un anthropologue à l’école du bertsularisme en Pays basque, 2013. Sébastien BARRERE,Les Etats-Unis face au franquisme. 1936-1956, la croisée des chemins, 2013.
Patrick HOWLETT-MARTIN
LA COOPÉRATION MÉDICALE INTERNATIONALE DE CUBA L’altruisme récompensé
© L’HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06038-5 EAN : 9782343060385
À Yves Saint-Geours sans lequel cette mission à Cuba n´aurait pu se réaliser
Hommage à l'Organisation mondiale de la santé qui, aux côtés du Fonds des Nations unies pour l´enfance (UNICEF), a contribué à sauver la vie de centaines de millions d'enfants et de millions de mères ; qui a soulagé les souffrances de bien d’autres millions d’êtres humains et les a sauvés de la mort !
Ces deux organisations, de pair avec l´Organisation des Nations unies pour l´alimentation et l´agriculture (FAO), le Programme des Nations unies pour le développement, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds des Nations unies pour la population, l'Organisation des Nations unies pour l´éducation, la science et la culture (UNESCO) et bien d'autres institutions spécialisées si contestées par ceux qui voudraient effacer de la Terre les nobles idées qui ont inspiré la création des Nations unies, ont résolument favorisé la formation d'une conscience universelle sur les graves problèmes du monde contemporain et les grands défis que nous avons à relever.
Si, selon les calculs des prestigieux chercheurs, l'économie mondiale a sextuplé en termes de croissance et si la production de biens et services est passée de moins de 5 billions de dollars à plus de 29 billions entre 1950 et 1997, pourquoi 12 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent-ils encore chaque année, soit 33 000 par jour, alors que l'immense majorité pourrait être sauvée ?
En aucun endroit du monde, aucun génocide, aucune guerre ne tue autant de personnes par minute, par heure et par jour que n’en tuent la faim et la pauvreté sur notre planète et ce cinquante-trois ans après la fondation de l'Organisation des Nations unies.
Les enfants qui meurent alors qu’ils pourraient être sauvés, sont en leur quasi-totalité des pauvres, et parmi les survivants, pourquoi chaque année 500 000 perdent la vue tous les ans faute d'une simple vitamine dont le coût annuel est inférieur à celui d’un paquet de cigarettes ? Pourquoi 200 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent-ils de dénutrition ? Pourquoi 250 millions d'enfants et d'adolescents travaillent-ils ? Pourquoi 110 millions ne vont-ils pas à l'école primaire et 275 millions à l´école secondaire ? Pourquoi deux millions de fillettes se prostituent-elles chaque année ?
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Pourquoi en ce monde qui produit d’ores et déjà presque 30 billions de dollars annuels en biens et services, 1,3 milliard d'êtres humains vivent-ils dans la misère totale ? Pourquoi reçoivent-ils moins d’un dollar par jour alors que d'autres en touchent plus d'un million ? Pourquoi 800 millions de personnes ne disposent-elles pas des services de santé les plus élémentaires ? Pourquoi des 50 millions de personnes, adultes et enfants, qui décèdent tous les ans dans le monde, 17 millions, soit environ 50 000 par jour, meurent-elles de maladies infectieuses dont presque toutes pourraient être soignées et beaucoup, ce qui serait préférable, être évitées à temps, parfois pour moins d’un dollar par personne ?
Que vaut une vie humaine ? Et combien coûte à l'humanité l’ordre économique injuste et insupportable instauré dans le monde ?
Un total de 585 000 femmes ont perdu leur vie en 1996 pendant la grossesse ou l'accouchement, dont 99 % dans le tiers monde. Un total de 70 000 sont décédées des suites d’un avortement réalisé dans de mauvaises conditions, dont 69 000 en Amérique latine, en Afrique et en Asie.
Indépendamment de l'énorme différence en matière de qualité de la vie, dans les pays riches les personnes vivent en moyenne douze ans de plus que dans les pays pauvres, cet écart atteignant dans certaines nations de 20 à 35 ans entre les plus riches et les plus pauvres.
Qu’il est triste de penser que, malgré les efforts consentis par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Fonds des Nations unies pour l´Enfance (UNICEF), pour s’en tenir au seul secteur de la mère et de l’enfant ces cinquante dernières années plus de 600 millions d'enfants et 25 millions de mères sont décédés faute de soins médicaux alors qu’ils auraient pu survivre. Mais cela eût exigé un monde plus rationnel et plus juste. Durant cette même période de l'après-guerre, les dépenses militaires ont englouti plus de 30 billions de dollars. Selon des estimations des Nations unies, l'accès universel aux services de santé élémentaires ne coûterait que 25 milliards de dollars par an, soit 3 % des 800 milliards de dollars investis de nos jours en dépenses militaires. Et la Guerre froide a pris fin.
Le commerce des armes qui servent à tuer ne cesse pas, et les médicaments, qui devraient servir à sauver des vies, se vendent toujours plus cher. Le marché des médicaments s’est chiffré en 1995 à 280 milliards de dollars. Mais les
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pays développés qui, avec leurs 824 millions d'habitants, ne représentent que 14,6 % de la population mondiale en consomment 82 % ; tandis que le reste du monde, soit 4,815 milliards, n'en consomme que 18 %. Leurs prix rendent réellement inaccessibles les médicaments dans le tiers monde, sauf pour les secteurs privilégiés. Le contrôle des brevets et des marchés par les grandes transnationales fait majorer ces prix jusqu'à dix fois plus par rapport aux coûts de production. Certains antibiotiques de dernière génération se vendent sur le marché cinquante fois plus cher que leur prix de revient.
Mais l'humanité continue de croître tous les jours. Nous sommes déjà presque six milliards. Nous croissons à raison de 80 millions par an. Pour atteindre le premier milliard, nous avons mis deux millions d'années ; pour le second milliard, cent ans et pour le dernier, onze ans. Dans cinquante ans, la planète comptera quatre milliards d’habitants de plus.
De vieilles maladies ont refait leur apparition et d'autres sont nouvelles : le Ssda, l'ebola, l'hantavirus, l'encéphalopathie spongiforme bovine. Plus de 30 d'après les spécialistes. Soit nous vainquons le sida, soit le sida fera des ravages dans de nombreux pays du tiers monde. Mais aucun malade pauvre ne peut dépenser les 10 000 dollars annuels que coûtent les traitements actuels qui, même s'ils prolongent sa vie, ne le guérissent pas.
Le climat change, les océans et l'atmosphère se réchauffent, l'air et les eaux se polluent, les sols s'érodent, les déserts s'étendent, les forêts disparaissent, les eaux se raréfient. Qui sauvera notre espèce ? Les lois aveugles et incontrôlables du marché, la mondialisation néolibérale, une économie qui croît pour elle-même et par elle-même tel un cancer qui dévore l'homme et détruit la nature ? La voie ne saurait être là, ou alors pour un laps de temps très bref de l'histoire.
C’est contre ces réalités-là que l'Organisation mondiale de la santé lutte héroïquement et a, de plus, le devoir d'être optimiste.
En tant que Cubain et révolutionnaire, je partage cet optimisme. Cuba, où la mortalité infantile se chiffre à 7,2 décès pour mille naissances vivantes, qui compte un médecin pour 176 habitants – soit le taux le plus élevé au monde – et où l’espérance de vie dépasse 75 ans, a réalisé dès 1983 le Programme de santé pour tous pour l'horizon 2000. Malgré le cruel blocus
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