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La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire

De
419 pages
La guerre contre la drogue est-elle justifiée ou est-ce une imposture ? Quelles sont les véritables raisons de cette nouvelle croisade ? Dans la lignée de Thomas SZASZ, une approche iconoclaste de la question. Dans ce livre l'auteur étudie les différents interdits qui ont jalonné l'histoire. Il commence par étudier comment les 613 interdits de la loi juive ont assuré la cohésion des juifs durant deux mille ans. Ensuite il étudie comment le christianisme a remplacé tous ces interdits par l'interdit sur la sexualité. Il arrive enfin à l'époque actuelle et montre comment l'interdit (laïque) de la drogue a remplacé tous ces interdits. Dans ces trois cas le même phénomène est en jeu. Il s'agit d'assurer la cohésion sociale.
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2La guerre contre
la drogue, l'imposture
planétaire

3
Denis Gazin
La guerre contre
la drogue, l'imposture
planétaire
Essai sur une manifestation
protéiforme de l'autorité à travers l'histoire
Essai
5Éditions Le Manuscrit
























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-02276-6 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304022766 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-02277-3 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304022773 (livre numérique)

6
7
8 Table des matières
TABLE DES MATIÈRES
1. Objet de ce livre.............................................. 19
1-1 De l'existence de l'ALA........................... 19
1-2 De l'importance de l'ALA....................... 21
2. Le judaïsme et les règles de vie
omniprésentes...................................................... 25
2-1 Bases du judaïsme .................................... 25
2-2- Genèse du judaïsme ............................... 26
2-2-1 Rappel historique.............................. 27
2-2-2 Les livres saints ................................. 34
2-2-3 Les sectes juives ................................ 35
2-3 Le Talmud ................................................. 39
2-3-1 Rédaction du Talmud....................... 40
2-3-2 Commentaires supplémentaires ..... 44
2-3-3 Structure d'une page du Talmud .... 46
2-3-4 Contenu et exégèse du Talmud ...... 47
9 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
2-3-5 Comment s'y retrouver ? ................. 52
2-4 Orthodoxie et dissidence ........................ 53
2-4-1 Les caraïtes......................................... 54
2-4-2 Les hassidim ...................................... 55
2-4-3 Les juifs libéraux............................... 58
2-5 Comment s'adapter aux changements de
société ? ............................................................ 63
2-5-1 Quelle attitude face à la sécularisation
de la société ? ............................................... 64
2-6 Forme prise par l'ALA ............................ 68
2-6-1 La cacheroute .................................... 70
2-6-2 Le Chabbat ........................................ 81
2-6-3 Soumission aux rabbins ................... 92
2-7 Conclusion ................................................ 95
3 Le christianisme et l'interdit sur la sexualité99
3-1 Bases du christianisme............................. 99
3-2 Genèse du christianisme ....................... 100
3-2-1 Le Gnosticisme ............................... 100
3-2-2 Mise en place de l'ALA.................. 110
3-3 L'Église à travers l'histoire .................... 119
10 Table des matières
3-3-1 Querelles théologiques et querelles de
discipline..................................................... 119
3-3-2 Le christianisme religion d'État.... 120
3-3-3 L'arianisme....................................... 121
3-3-4 Dyophysisme et monophysisme... 122
3-3-5 Le schisme d'orient......................... 124
3-3-6 Les cathares ..................................... 124
3-3-7 Les hussites...................................... 125
3-3-8 Le protestantisme ........................... 127
3-4 Comment s'adapter aux changements de
société ? .......................................................... 132
3-5 Spéculations à la recherche de causes . 134
3-6 Forme prise par l'ALA .......................... 137
3-6-1 Sacrement du mariage.................... 138
3-6-2 Divorce............................................. 142
3-6-3 Remariage des veufs et des veuves146
3-6-4 Mariage des prêtres......................... 146
3-6-5 Inceste .............................................. 147
3-6-6 Contraception.................................. 149
3-3-7 Divers ............................................... 150
11 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
3-7 Conclusion .............................................. 152
3-8 Le Droit Canon ...................................... 154
3-8-1 Histoire du Droit Canon ............... 154
3-8-2 Contenu et modification du Droit
Canon.......................................................... 156
3-8-3 Le Droit Canon - Conclusion....... 159
4. Le XIXe siècle et l'interdit sur les jeux
d'argent ............................................................... 163
4-1 Évolution de la société .......................... 163
4-2 Historique des loteries et des jeux....... 165
4-2-1 Les jeux en France.......................... 166
4-2-2 Les jeux en Angleterre ................... 167
4-2-3 Les jeux aux États-Unis................. 171
4-2-4 Les jeux dans d'autres pays ........... 173
4-2-5 Les jeux et le statut social.............. 174
4-3 Forme prise par l'ALA .......................... 175
4-3-1 Qui sont les joueurs ?..................... 176
4-3-2 Pourquoi joue-t-on ? ...................... 178
4-3-3 Idées fausses.................................... 180
4-3-4 Les joueurs compulsifs .................. 181
12 Table des matières
4-3-5 Le comportement des gagnants ... 182
4-3-6 Justifications du nouvel interdit.... 184
4-4 Un interdit en chasse un autre ............. 187
4-4-1 Suppression de l'interdit sur les
loteries et les jeux ...................................... 187
4-5 Conclusion .............................................. 190
5. Le XXe siècle et l'interdit sur les drogues 193
5-1 Présentation ............................................ 193
5-2 Historique des drogues et substances
interdites......................................................... 194
5-2-1 Histoire des drogues (avant la
première guerre mondiale)....................... 194
5-2-2 Histoire des drogues (après la
première guerre mondiale)....................... 213
5-3 Histoire parallèle..................................... 225
5-3-1 Histoire de l'alcool.......................... 226
5-3-2 L'alcool est-il dangereux ? ............. 231
5-3-3 Conclusion....................................... 236
5-4 Dérive sémantique de la toxicomanie et
d'autres mots.................................................. 238
13 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
5-4-1 Définitions de l'OMS en 1952...... 239
5-4-2 Définitions de l'OMS en 1964...... 242
5-4-3 Pharmacodépendance.................... 243
5-4-4 Tentative de synthèse ..................... 245
5-4-5 Réflexions sur la dépendance ....... 252
5-5 Essais de classifications......................... 260
5-5-1 Précision sémantique...................... 260
5-5-2 Classifications scientifiques........... 262
5-5-3 Classifications sanitaires ................ 264
5-5-4 Classifications juridiques ............... 266
5-5-5 Conclusion....................................... 270
5-6 Drogue, où est le danger ? .................... 273
5-6-1 Création d'un mythe....................... 273
5-6-2 Montée de la criminalité ................ 279
5-6-3 Pourquoi interdire les drogues ?... 287
5-6-4 Conséquences diverses................... 296
5-7 Drogue, comment appréhender la
question ? ....................................................... 298
5-7-1 Comment cerner les drogués ? ..... 299
5-7-2 Comment guérir les drogués ?...... 305
14 Table des matières
5-7-3 À chacun son drogué ..................... 324
5-8 L'ALA et les vraies raisons de l'interdit
sur les drogues............................................... 337
5-8-1 Les médecins bienfaiteurs ............. 338
5-8-2 Les policiers protecteurs................ 340
5-8-3 Qui seront les suivants ? 341
5-8-4 À qui profite l'interdit ?.................. 341
5-8-5 Conclusion....................................... 343
6 Construction d'un imaginaire....................... 349
6-1 Où commence l'imaginaire ? ................ 349
6-2 Les sorcières existent-elles ? ................. 350
6-2-1 Les apprentis sorciers..................... 350
6-2-2 La chasse aux sorcières échappe à ses
créateurs...................................................... 352
6-2-3 Déroulement d'une chasse ............ 354
6-2-4 Parfois le doute ............................... 355
6-2-5 Déformation professionnelle........ 355
6-2-6 Une construction de bric et de broc
..................................................................... 357
6-2-7 La fin des sorcières......................... 358
15 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
6-2-8 Conclusion....................................... 360
6-3 Le merveilleux contemporain .............. 361
6-3-1 Les soucoupes volantes ont-elles
atterri ?........................................................ 361
6-3-2 Les canaux de Mars........................ 369
6-3-3 Autres croyances............................. 373
6-4 Irruption de l'irrationnel ....................... 374
6-5 Du réel et de l'imaginaire ...................... 376
7. De l'importance de l'autorité....................... 379
7-1 Soumission à l'autorité........................... 379
7-2 Autorité et société .................................. 382
7-2-1 Genèse de l'aristocratie .................. 383
7-2-2 Distanciation sociale ...................... 387
7-2-3 Les duels........................................... 389
7-2-4 La dépêche d'Ems .......................... 390
7-3 Confiscation du pouvoir à travers
l'histoire .......................................................... 392
7-3-1 Histoire de Rome............................ 392
7-3-2 Histoire de l'empire arabe au VIIe
siècle............................................................ 401
16 Table des matières
7-3-3 Histoire européenne....................... 402
7-4 Modification des règles du jeu ............. 403
8. Quelle solution ?........................................... 407
8-1 Utilités et inconvénients des interdits . 407
8-1-1 Utilités du bouc émissaire et du rite
d'appartenance........................................... 407
8-1-2 Utilités et inconvénients de l'interdit
sur la drogue............................................... 408
8-2 Quels interdits pour quelle société ? ... 410
8-2-1 La guerre contre la violence.......... 410
8-2-2 La lutte contre les sectes................ 413
8-3 Conclusion .............................................. 416

17 B&G
1. OBJET DE CE LIVRE
1-1 De l'existence de l'ALA
Ce livre a pour objet l'étude des
comportements et des règles de conduite qui assurent
la cohésion des sociétés humaines.
Il faut se rappeler que l'homme est d'abord
un animal social, que nous ne sommes que de
simples primates, et que les comportements
de nos ancêtres font partie de notre
patrimoine génétique. Les comportements qui
servaient jadis à assurer la cohésion des groupes
existent toujours de nos jours, simplement ils
sont cachés sous des explications qui se
veulent rationnelles. Ces inter-réactions entre un
individu et le groupe se retrouvent en tous
lieux et en tous temps, cela peut prendre des
apparences diverses mais fondamentalement il
s'agit des mêmes comportements de base,
parmi ceux-ci, j'en distingue trois principaux,
qui sont :

– La technique du bouc émissaire : le bouc
émissaire peut être quelque chose de précis,
par exemple les juifs pour les nazis ou cela
19La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
peut être quelque chose de nébuleux, par
exemple l'impérialisme international et ses
laquais pour les communistes.

– Le rite d'appartenance : par exemple, aller
au culte le dimanche pour indiquer son
appartenance religieuse ou alors chômer le premier
mai pour exprimer ses idées politiques.

– L'Affirmation des Liens d'Autorités
(ALA) : c'est à dire que lorsqu'une personne
dit à une autre « fais ceci » et que l'autre
s'exécute sans discuter, la première personne a fait
un « acte d'autorité » et la deuxième a fait un
« acte de soumission », le tout étant un « facteur de
cohésion sociale ». On peut obliger les gens à
faire quelque chose ou plus fréquemment leur
interdire de faire quelque chose.

C'est de ce comportement, l'ALA, dont je
veux parler dans ce livre, j'étudierai son
évolution et son adaptation au cours de l'histoire.
Contrairement aux deux comportements
précédents, ce dernier est très peu connu et
pourtant il me semble que c'est le plus important.
C'est lui qui au cours des siècles a façonné des
peuples et des cultures entières et qui de nos
jours continue à influencer notre manière de
vivre.
20 Objet de ce livre
Bien sûr, les comportements peuvent être
mêlés, par exemple, si un prêtre dit à un fidèle
« allez à la messe le dimanche » il y a une
ALA, mais le fidèle se plie aussi à un rite
d'appartenance.
1-2 De l'importance de l'ALA
Le besoin d'affirmer son autorité a abouti à
la création de multiples interdictions qui n'ont
pour objet que d'être respectées pour
ellesmêmes. Elles permettent à chacun de définir
sa place dans la hiérarchie sociale. Ce système
1est de même nature que le pecking order chez
les animaux, là où les oiseaux se disputent à
coups de bec pour déterminer leur place dans
la hiérarchie, les humains s'imposent des
interdits qui permettent à tout un chacun de se
définir par rapport aux autres, et de savoir qui
est subordonné à qui. Des gens ont élaboré
des interdits, d'autres se sont chargé de les
faire respecter, d'autres enfin, les plus
nombreux, ont obéi. Cela a créé une hiérarchie
sociale qui sert de ciment à la société, mais il
arrive que le système devienne trop pesant et
qu'il soit plus nuisible que utile, c'est le sujet ce
livre.

1 HOD p 13
21 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
Le canevas de ce livre est le suivant. Je ferai
d'abord un historique des différents interdits
qui se sont succédé aux cours des siècles pour
démontrer à quoi ils ont servi en réalité, et
comment de pareilles mystifications ont été et
sont encore possibles. Je commencerai par
l'histoire du judaïsme pour comprendre
comment la cohésion sociale a été assurée, durant
2000 ans, grâce aux interdits de la loi juive (la
Halakha). Ensuite j'étudierai la genèse du
christianisme pour voir comment l'interdit sur
la sexualité s'est substitué aux innombrables
interdits de la loi juive. Puis j'expliquerai
comment la sécularisation de la société au
XIXe siècle a entraîné l'apparition d'interdits
laïques. Le premier d'entre eux qui se soit
imposé a été l'interdit sur les jeux, puis au XXe
siècle cela a été l'interdit sur la drogue.
L'interdiction de la drogue est un cas
d'école, en suivant son histoire on assiste à la
construction d'une imposture, on peut suivre
pas à pas l'élaboration du mythe et à sa
diffusion dans toutes les cultures actuelles. De nos
jours on parle beaucoup du problème de la
drogue, mais le véritable problème est qu'il n'y
a pas de problème, il n'y a qu'une volonté
arbitraire d'interdire pour interdire. En étudiant
l'interdit de la drogue on se rend compte que
sa justification a été difficile, que l'élaboration
d'une rhétorique antidrogue a été laborieuse,
22 Objet de ce livre
mais que maintenant cet interdit a la force
d'une vérité révélée. Le véritable problème de
l'interdit de la drogue est que les
inconvénients (criminalité en augmentation etc.) sont
devenus supérieurs aux avantages (la cohésion
sociale). Pour remédier à cela il faut tout
d'abord prendre conscience des vrais
problèmes et ensuite s'atteler à les résoudre, et non
pas s'acharner à être plus efficace dans la
répression, car c'est un faux problème.
Les véritables questions ne sont jamais
posées au sujet de la drogue. Les
prohibitionnistes disent que les drogues sont dangereuses et
qu'il faut les interdire, les antiprohibitionnistes
déclarent que les drogues ne sont pas
dangereuses en elles-mêmes mais que c'est
l'interdiction qui les rend dangereuses, mais ils oublient
d'expliquer pourquoi ce genre d'interdit
arbitraire a été inventé. Les discussions se
polarisent sur la dangerosité, réelle ou imaginaire, de
la drogue, mais cela revient à rationaliser un
interdit, qui a sa source dans la psychologie
humaine, par nature irrationnelle. Le résultat
de tout cela est un énorme travail bâti sur du
sable, ce livre veut répondre au POURQUOI
de l'interdit de la drogue.
23 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
Bibliographie

HOD - L'homme dominant, George MACLAY
et Humphry KNIPE, Robert Laffont, 1973
24 B&G
2. LE JUDAÏSME ET LES RÈGLES DE VIE
OMNIPRÉSENTES
2-1 Bases du judaïsme
Il faut savoir que la vie des juifs est
conditionnée par deux choses.

– Une philosophie religieuse qui peut se
résumer à « l'homme s'est révolté contre Dieu et
maintenant il doit expier sa faute ».
– Un ensemble de lois (la halakha) qui régit
la vie quotidienne.

Ce qui caractérise le judaïsme c'est
l'importance donnée à la loi, il y a 613
commandements. Cette loi aurait été donnée par Dieu à
Moïse sur le mont Sinaï, les divers
commentaires écrits par la suite ont donné naissance
au Talmud. Dans celui-ci on trouve, en
principe, des réponses à toutes les questions que
l'on peut se poser. Il traite non seulement du
repos hebdomadaire, des règles de
l'alimentation, mais aussi des règles du mariage, des
sacrifices du Temple, des héritages, des
emprunts d'argent etc. Il englobe tous les aspects
25La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
de la vie des juifs, de la naissance à la mort,
ses instructions couvrent toutes les activités
humaines et il est extrêmement complexe.
Toute la vie des juifs est dominée par la loi,
ce sont eux qui ont poussé le plus loin les
exigences de la religion dans la vie de tous les
jours, tous les actes doivent être expressément
autorisés. L'observation constante des lois
alimentaires (la cacheroute) rappelle, à chaque
instant, à un juif qu'il obéit à la loi et que ainsi
chaque geste accompli est sanctifié. Quant au
respect du repos hebdomadaire (le chabbat), il
nécessite constamment l'opinion d'un expert
pour être correctement suivi.
Nous allons voir comment la loi juive a été
construite, comment elle s'applique et de
quelle manière elle fait sentir son poids sur les
épaules des juifs.
2-2- Genèse du judaïsme
Le judaïsme est le résultat d'une évolution
spécifique dont on peut suivre les principales
étapes. Il y a à l'origine la vie mythique
d'Abraham, puis celle de Moïse, ensuite celles des
rois David et Salomon. À cela a succédé la
déportation à Babylone et le retour d'exil en
538 av JC. En 166 av JC les juifs se
soulevèrent contre la domination étrangère et
devinrent indépendant. En 63 av JC le pays fut
an26 Le judaïsme et les règles de vie omniprésentes
nexé par Rome, en 70 ap JC suite à une
révolte le temple de Jérusalem fut détruit, un
ultime soulèvement en 135 provoqua la
destruction de la communauté juive de Palestine.
En Babylonie les rabbins rédigèrent au IVe
siècle ap JC le Talmud qui permit au judaïsme
de survivre dans la diaspora. C'est entre le
retour de Babylone et la rédaction du Talmud
que s'est construit le judaïsme.
2-2-1 RAPPEL HISTORIQUE
En revenant d'exil, en 538 av JC, les juifs de
Babylonie entrèrent en conflit avec les juifs
restés en Judée et avec les juifs de Samarie.
Ces derniers, les samaritains avaient été, plus
ou moins, influencés par d'autres cultes. Il
fallut alors définir précisément les lois
religieuses. Néhémie, un fonctionnaire du roi des
Perses, fit reconstruire les murailles de Jérusalem
en 445 av JC, et fit fermer les portes pour
imposer le jour du chabbat. Il s'opposa également
2aux mariages avec des étrangères . Vers la
même époque Esdras, un prêtre spécialisé
dans les textes et la tradition juive, fut chargé
par le roi des Perses de rassembler,
d'harmo3niser et d'unifier les diverses traditions . Il
procéda également au renvoi des femmes

2 HEB p 73
3 HEB p 74
27 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
étrangères et parvint à faire admettre le
Pentateuque (infra) aussi bien aux juifs qu'aux
sama4ritains .

Après avoir fait parti de l'empire perse, la
Palestine fut incorporée à l'empire
d'Alexandre, ensuite elle appartint au royaume grec des
Ptolémées d'Égypte, puis à celui des
Séleucides de Syrie. L'influence de la culture grecque
devint très importante, de plus en plus de juifs
abandonnèrent leurs pratiques religieuses et
adoptèrent les coutumes helléniques. Suite à
un conflit entre juifs pro-hellénistes,
Antiochus IV Epiphane imposa une politique
d'hellénisation forcée. Jérusalem fut pillée, les
murailles de la ville furent démantelées, le Temple
fut consacré à Zeus et un autel païen inauguré.
On organisa des fêtes dionysiaques et on
sacrifia des porcs, les livres de la loi furent
déchirés et brûlés. Les pratiques juives telles que
le chabbat, la circoncision, les tabous
alimentai5res furent interdits sous peine de mort .
Toutes ces mesures furent appliquées sans
rencontrer beaucoup de résistance sauf en Judée
où une révolte dirigée par le prêtre Mattathias
éclata en 166 av JC. Son fils, Judas Maccabée,
libéra Jérusalem et rétablit le culte du Temple

4 HEB p 75
5 HEB p 89
28 Le judaïsme et les règles de vie omniprésentes
en 164 av JC, il s'en prit également aux juifs
qui s'étaient éloignés de la religion juive.
Profitant de l'affaiblissement des Séleucides les
révoltés parvinrent, après 25 ans de lutte, à se
rendre indépendants. Simon, le dernier des
cinq fils de Mattathias, prit les titres de
grandprêtre, de chef militaire et de chef politique,
mais pas celui de roi car il ne descendait pas
de David. Il fonda la dynastie des
Hasmonéens.

Après la guerre de libération vint les
guerres de conquête. Son fils, Jean Hyrcan
(134104), conquit au sud l'Idumée et convertit ses
habitants au judaïsme, au nord il conquit la
Samarie et détruisit le temple du mont
Garizim qui était le lieu le plus sacré des
samaritains. C'est à cette époque que les samaritains
se séparèrent du judaïsme, aujourd'hui cette
communauté ne compte plus que quelques
centaines de personnes.
Jusqu'alors les hasmonéens s'étaient
appuyés sur le parti des pharisiens, mais ceux-ci
s'opposèrent à leur prétention d'installer une
dynastie non-davidide, Jean Hyrcan opéra un
renversement d'alliance et s'allia aux
sadducéens.
Les sadducéens prétendaient descendre de
Saddoc, grand-prêtre à l'époque de Salomon.
En fait la secte des sadducéens remontait aux
29 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
6environs de 300 av JC , lorsque la dynastie
grecque des Ptolémées d'Égypte confia au
grand-prêtre de Jérusalem une autorité
décisive faisant de lui le relais de la domination
étrangère. Ils formaient l'aristocratie du pays,
relativement peu nombreux leur richesse leur
conférait une grande influence. Ils avaient le
monopole de la prêtrise et accomplissaient les
sacrifices au Temple. Jusqu'à la fin de l'État
juif, en 70 ap JC, ils gardèrent une position
dominante dans la société et collaborèrent
avec tous les puissants de l'époque. Cela n'alla
pas toujours sans frictions, ainsi au début de la
révolte de Judas Macchabée ils soutinrent le
parti helléniste, mais après la victoire ils se
rallièrent à la dynastie Hasmonéenne. En 63 av
JC à l'arrivée des romains ils firent de même et
rallièrent le vainqueur.
Les pharisiens sont apparus vers 160 av
7JC , ils s'opposaient violemment aux
sadducéens dont ils critiquaient la corruption et le
népotisme. Pour eux les prêtres n'étaient que
de simples officiants qui devaient respecter
scrupuleusement les rites mais ils n'étaient pas
des guides spirituels, ils n'étaient que des hauts
fonctionnaires. En cela les pharisiens étaient
proches des grecs, chez qui le clergé n'était

6 RAC p 37
7 PAU p 44
30 Le judaïsme et les règles de vie omniprésentes
composé que de laïques ayant une fonction
religieuse, les prêtres pouvaient être choisis,
élus, tirés au sort ou même ils pouvaient
ache8ter leur poste . La base de leur influence était
la synagogue, lieu de prières, de réunions et
d'enseignements, c'est là qu'ils ont commencé
à rédiger leurs commentaires bibliques et plus
tard à fixer le canon biblique. Leur prestige
était dû à leur érudition et non pas à un
quelconque caractère sacré. Proche des petites
gens, laïques avant la lettre, ils se recrutaient
dans le peuple et exerçaient le plus souvent un
métier pour vivre, par exemple le rabbin
Akiba (IIe siècle ap JC) avait été berger dans sa
jeunesse et il apprit à lire vers quarante ans. Ils
ralliaient les mécontents et étaient bien
implantés dans la diaspora. Leur relation avec le
pouvoir fut toujours assez conflictuelle, ils
furent les premiers à rallier Mattathias mais par
la suite il s'opposèrent aux hasmonnéens.
Lorsque les romains s'emparèrent du pays, ils
9choisirent de collaborer avec eux .
Cette opposition entre parti aristocratique
et parti populaire existait aussi dans les cités
grecques, mais en Israël cela se doublait de
querelles religieuses importantes.

8 SEC p 25
9 RAC p 40
31 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
Alexandre Jannée (103-76) se lança dans
des guerres contre tous ses voisins avec des
fortunes diverses. Il agrandit le royaume qui
atteignit son expansion maximale. À l'intérieur
il dut faire face à des soulèvements importants
encadrés par les pharisiens, il les réprima
durement. Plus tard ses successeurs se
réconcilièrent avec eux.
À la suite de dispute familiale pour le trône,
la famille royale fit appel aux romains pour
être départagée. En 63 av JC Pompée mit tout
le monde d'accord en s'emparant de
Jérusalem, en annexant une partie du royaume, et en
imposant un tribut à l'autre. C'en était fini de
l'indépendance de l'État juif.
Le pays avait été vaincu à cause de son
hétérogénéité, les villes de la côte se sentaient
plus hellénistes que juives, le sud restait
influencé par les Édomites, la Galilée était
proche culturellement de la Phénicie, les
samaritains vouaient une haine profonde au judaïsme
10de Jérusalem . Les divisions entre sadducéens
et pharisiens faisaient le jeu des romains. Le
royaume juif avait pu devenir indépendant
face à l'affaiblissement des Séleucides, mais il
ne pouvait lutter avec la puissance
grandissante de Rome.


10 HEB p 106
32 Le judaïsme et les règles de vie omniprésentes
La période suivante fut dominée par
Hérode le Grand (40-4 av JC). Il était le fils
d'Antipater le gouverneur de l'Idumée et sa mère
était une Iduméenne, il régna avec l'appui des
romains. Il fit reconstruire le Temple de
Jérusalem et ne toléra pas d'opposition intérieure.
Attiré par l'hellénisme il prit grand soin de ne
pas heurter la foi juive et se posa en défenseur
des juifs de la diaspora, ceux-ci étaient déjà
plus nombreux que les juifs de Palestine.
Après sa mort le pays fut contrôlé directement
par Rome. Des procurateurs romains,
ignorant presque tout des coutumes locales,
provoquèrent un fort mécontentement qui
déboucha en 70 ap JC sur une révolte générale.
Au cours de celle-ci les sadducéens furent
massacrés, en partie par leurs adversaires juifs
et en partie par les Romains, la destruction du
Temple et la fin des sacrifices que l'on y faisait
entraîna leur disparition.
Les pharisiens quittèrent Jérusalem avant
l'attaque finale et leur chef, Yohanan, obtint
11du futur empereur Vespasien l'autorisation
de fonder à Yavneh une école rabbinique.
C'est là que le canon des livres saints fut fixé,
en furent exclu les livres qui avaient été
rédigés directement en grec ou ceux dont la
version hébraïque n'existait plus. Ce canon est

11 IAT p 36
33 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
légèrement différent de celui des chrétiens qui
se sont basés sur la Bible des Septantes. C'est
grâce à cette école que le judaïsme,
essentiellement pharisien, allait pourvoir survivre et
ensuite se développer.
Les sadducéens survivants fondèrent une
école rivale dans le Darôma (le sud), mais elle
disparut rapidement, éclipsée par le
rayonnement de celle de Yavneh. Les seuls livres qui
nous en soient parvenus l'ont été par les
pharisiens qui les avaient adoptés, tout en les
mo12difiants .
En 135 ap JC, dans leur majorité les
pharisiens s'opposèrent à la révolte de Bar
Kochbar, à l'exception notable du premier d'entre
eux, le rabbin Akiba, qui reconnu en Bar
Kochba le messie attendu. L'écrasement de la
révolte entraîna la disparition du peuple juif de
la Palestine.
2-2-2 LES LIVRES SAINTS
La religion juive a commencé à prendre son
visage actuel après le retour de captivité de
Babylone en 538 av JC. C'est à ce moment là
que l'Ancien Testament, en hébreu la Torah ou
loi écrite, a commencé à être mis par écrit. La
Torah, qui au sens restreint, contient
uniquement les cinq livres du Pentateuque (Genèse,

12 DAR p 123
34 Le judaïsme et les règles de vie omniprésentes
Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome)
est considérée comme ayant été directement
dictée à Moïse par Dieu et que donc chaque
mot, chaque lettre compte. Les autres livres se
répartissent en livres des prophètes (huit
livres) et les hagiographes (onze livres). Ces
dix-neuf livres ont été seulement inspirés par
Dieu, ce qui implique que leur contenu est
13plus important que leur forme .
La Torah était accompagnée d'un
commentaire appelé la Michna ou loi orale. Il fut mis
par écrit beaucoup plus tard et servit de base
au Talmud. Ce commentaire n'a pas été repris
par les chrétiens.
2-2-3 LES SECTES JUIVES
Durant toute la période allant du retour
d'exil à la destruction du temple les juifs
furent divisés en nombreuses sectes qui eurent
des rapports tendus entre-elles. Ces sectes
recoupaient des classes sociales différentes, mais
aussi des conceptions théologiques
différentes. L'origine exacte de ces différentes
théologies est très difficile à déterminer, elles
remonteraient au retour d'exil et aux conflits entre
les juifs descendant des classes sacerdotales
revenus de Babylonie avec des concepts nou-

13 LJU p 46
35 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
14veaux tel que le chabbat , et les juifs restés au
pays. Ceux-ci étant divisés entre juifs
descendants du royaume d'Israël et juifs descendants
du royaume de Judas attachés à la dynastie
davidide. Tous ces groupes ayant aussi subi des
influences diverses. Après les conquêtes
d'Alexandre le Grand se superposa l'influence
hellénique qui attira un grand nombre de juifs
et provoqua en retour un raidissement des
juifs orthodoxes et une surenchère de
l'orthopraxie. Par-dessus tout cela il y avait les luttes
de classes sociales entre parti aristocratique et
parti populaire. Ce sont ces luttes politiques
qui permettent de connaître l'époque où à ces
luttes sociales se sont rajoutées des querelles
théologiques.
Les principales sectes étaient les suivantes.

2-2-3-1 Les sadducéens

Ils formaient la classe aristocratique de la
société, et défendaient le statu quo contre les
15innovations des pharisiens , tous
changements étaient pour eux une atteinte à l'ordre
établi. Le culte du Temple à Jérusalem et les
sacrifices que l'on y pratiquait étaient au centre
de leur conception du judaïsme, et leur raison

14 ESS tout le livre
15 PAU p 43
36 Le judaïsme et les règles de vie omniprésentes
d'être, car ils avaient le monopole de la
prêtrise.
Le grand-prêtre avait un caractère sacré,
quelque puissent être ses défauts personnels.
Du point de vue religieux ils privilégiaient la
16loi écrite et rejetaient la loi orale , pour eux
l'existence d'une classe d'interprète de cette loi
était inutile et encombrante. Ils rejetaient
l'attente du Messie, l'immortalité de l'âme et la
17résurrection des corps , ainsi que l'existence
des anges. Ils ne croyaient pas non plus au
jugement dernier, aux châtiments des coupables
et à la récompense des justes. Ils étaient très
éloignés des conceptions judéo-chrétiennes
actuelles.

2-2-3-2 Les pharisiens

S'opposant à eux il y avait les pharisiens.
D'origine populaire, ils mettaient en avant le
respect de la loi orale. Les pharisiens croyaient
qu'en plus de la loi écrite, Dieu avait donné à
Moïse la loi orale qui permettait de mieux
comprendre et d'adapter la loi écrite. Dès cette
époque la loi orale et ses multiples
développements avaient entraîné la primauté de
l'étude, les pharisiens estimaient « qu'un bâtard

16 PAU p 40
17 RAC p 38
37 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
érudit a la préséance sur un Grand Prêtre
18ignare ». Par des déductions logiques ils
apportaient des réponses à des problèmes
nouveaux qui n'étaient pas prévus dans la loi
écrite. Contrairement aux sadducéens qui
étaient sclérosés, ils étaient un élément
dynamique du judaïsme. D'après Flavius Josèphe
« les pharisiens avaient introduit dans le
peuple beaucoup de coutumes qu'ils tenaient des
Anciens, mais qui n'étaient pas inscrites dans
les lois de Moïse, et que, pour cette raison, la
secte des sadducéens rejetait, soutenant qu'on
ne devait considérer comme lois que ce qui
était écrit et ne pas observer ce qui était
seulement transmis par la tradition ».
La disparition du clergé provoqua
l'émergence du rabbin, c'est à dire du savant, de
celui qui après de longues études a la
connaissance de la loi. Les rabbins allaient donner au
judaïsme un aspect très juridique, l'ALA allait
prendre la forme d'un respect d'un code de vie
très rigoureux, la rédaction du Talmud a été
l'aboutissement de ce processus.

2-2-3-3 Les esséniens


18 PAU p 41
38 Le judaïsme et les règles de vie omniprésentes
Ils se sont séparés des autres juifs vers 100
19av JC . Ils accordaient à la charge de grand
prêtre une importance considérable et
lorsqu'ils constatèrent que le grand-prêtre était
irrémédiablement corrompu et à la solde des
occupants étrangers, ils préférèrent se retirer
20dans le désert , mais ils n'en continuèrent pas
moins à considérer comme sacrée la fonction
de grand-prêtre. Ils haïssaient également les
pharisiens car ceux-ci avaient fait mettre à
mort, vers 65 av JC, leur chef le maître de
justice. Ils rejetaient la société qui les entourait et
préféraient vivre dans des communautés
isolées. Cette façon de vivre ne pouvant être un
modèle pour tout un peuple, ils n'eurent pas
d'influence sur la formation ultérieure du
judaïsme, mais on leur en attribue une sur le
christianisme naissant. En 68 ap JC, la dixième
légion détruisit leur sanctuaire de Qoumrân et
ils disparurent. La récente découverte des
manuscrits de la mer morte leur a donné une
notoriété posthume considérable.
2-3 Le Talmud
Il est temps maintenant d'aborder l'histoire
de la rédaction du Talmud qui dans l'exil a

19 RAC p 48
20 PAU p 47
39 La guerre contre la drogue, l'imposture planétaire
servi de base à l'identité juive. Le Talmud est
un vaste ouvrage, il comporte quelques 50 000
pages et se compose de deux parties, la Michna
et la Guémara, réunies, elles forment le
Talmud. C'est le Talmud qui a servi à fixer la loi
juive, c'est par lui que s'exprime l'ALA chez
les juifs, sans lui ils n'auraient pas pu survivre
dans la diaspora. Il indique tout ce qui est
interdit ou permis, son étude donne l'autorité
morale aux rabbins pour diriger leur
communauté.
2-3-1 RÉDACTION DU TALMUD
La Michna est la partie la plus ancienne, il
s'agit de la loi orale qui a pour but d'expliquer
la Torah. Les rabbins font remonter son
origine à Moïse, celui-ci l'aurait reçu de Dieu au
Sinaï en même temps que la loi écrite.
En effet, le texte de la Torah étant figé une
fois pour toute il fallait des explications
complémentaires pour compléter des
commandements trop laconiques. Ainsi pour l'abattage
des animaux il est écrit « tu pourras ... tuer de
21la manière que j'ai prescrite », cela implique
qu'il existe des instructions complémentaires.
Il fallait aussi expliquer le sens de certains
22mots, lorsque la Torah parle de totafot il fal-

21 IAT p 22
22 IAT p 20
40 Le judaïsme et les règles de vie omniprésentes
lait rappeler qu'il s'agissait de tefilin
(phylactères). Mais malgré cela la signification de
certains mots a été perdue, dans les listes
d'animaux interdit à la consommation on ne sait
plus très bien de quels animaux il s'agit. Par
exemple en ce qui concerne les oiseaux, ce
savoir perdu a entraîné l'interdiction de tous les
oiseaux, excepté ceux élevés en basse-cour et
23les oiseaux sauvages qui leur sont proches .
Selon des historiens la loi orale serait la
réunion de coutumes d'origines diverses,
babyloniennes pour le chabbat et égyptiennes pour
les interdits alimentaires. Elles auraient été
développées par les pharisiens et rattachées
tardivement, au second siècle après JC, à la Torah
par Akiba. Quoiqu'il en soit son existence est
attestée à l'époque des persécutions Antiochus
IV Epiphane.
Tant qu'il y a eu une autorité centrale, il n'a
pas été utile de mettre la Michna par écrit, mais
la destruction du temple a entraîné la
disparition de cette autorité et la multiplication
d'aca24démies indépendantes . Il devenait de plus en
plus difficile de maîtriser l'ensemble de la loi,
car il ne suffisait plus d'apprendre auprès d'un
maître, mais il fallait confronter ses connais-

23 IAT p 211
24 IAT p 44
41