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LE DÉBUT D'UNE VIE

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Témoignage poétique ou récit de vie, au jour le jour, du désir d'avoir un enfant jusqu'à la veille de fêter son premier anniversaire, qui peut se lire dans son temps ou un autre intemporel. Il va plaire aux mamans et parents, ou à quiconque veut se souvenir ou savoir comment les choses se passent à ce moment de l'existence, quelque part sous notre ciel.
Agrémenté de tableaux, détails précis, photos et commentaires, il guidera ceux qui veulent faire avancer les choses, ou leur donnera des idées... peut-être inédites... qui profitent à leurs professions, études, expériences ou espérances personnelles, voire en vue de travaux plus élaborés.
Ce petit bijou de livre ne demande qu'à vous épater... ne passez surtout pas à côté sans le voir, le lire ou le regarder !
debutdevie@gmail.com
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Cet book a été publié sur www.bookelis.com
ISBN 978-2-8399-2002-5 Le livre est édité sous ISBN 978-2-8399-2080-3 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de tra duction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur est seul propriétaire des droits et respon sable du contenu de ce livre. © Liliane Martin Rossi, 2016
Le début d’une vie Liliane Martin Rossi Témoignage poétique ou récit de vie, au jour le jou r, du désir d’avoir un enfant jusqu’à la veille de fêter son premier anniversaire , qui peut se lire dans son temps ou un autre intemporel. Il va plaire aux mamans et par ents, ou à quiconque veut savoir comment les choses se passent à ce moment de l’exis tence, quelque part sous notre ciel. Agrémenté de tableaux, détails précis, photos et co mmentaires, il guidera ceux qui veulent faire avancer les choses, ou leur donner de s idées… peut-être inédites… qui profitent à leurs professions, études, expériences ou espérances personnelles, voire en vue de travaux plus élaborés. Ce petit bijou de livre ne demande qu’à vous épater … ne passez surtout pas à côté sans le voir, le lire ou le regarder ! debutdevie@gmail.com
À Romain, et à son papa qui ne lira pas ce récit ici-bas.
Prélude Mise en livre près de quarante ans après grâce aux écrits davantage qu'à la mémoire, et donc au plus près de l'intime vérité de notre vie de famille jolie, cette histoire est pour toi mon fils, c'est notre histoire, le début de ta vie. Elle ne saurait l'être sans une note un peu noire – une des seules je crois, en-dehors de quelques commentaires amers relevés dans mes obs ervations –, tant il est vrai que, sur terre, s’il est dans les mœurs ou pas de fêter la naissance d'un enfant, il l'est peu dans les cœurs ou pour son avènement. Et s’il n’est point facile d'ignorer les sottises e t autres foutaises établies par les hommes au nom de leur belle société, à trop les app rocher mieux vaut s'en garder avant que d'y être longtemps obligé. Le monde se crée des compensations à foison, proclame des anniversaires saints ou pas en toute s aison, vénère des images, personnages, croyances, souvenan ces aussi divers que pervers à tort et à travers, dépense énergie temps et gros sous, et en gaspille tout autant, dans des convictions et idéologies si nombreuses qu'elles dé coulent inévitablement de machinations douteuses ou honteuses, annonce à grand fracas ses petits ou gros malheurs et dénonce le simple bonheur, fait églises et restaurants combles pour baptiser u n être qu’on absout sans raison au moment de naître, ou pour se rappeler qu’ un autre vivait au moment de disparaître. Ce monde vivant ignore le vivant, adore les ersatz et faux fuyants, donne et reprend, jalouse, conspire, dénonce, trahit, vole, tue, juge , condamne, met à néant autant qu’il vénère, adhère, prospère, génère et se proclame, fier, roi des temps, ainsi conçu est un mort-vivant ambulant, éternellem ent. Ce monde t'attend mon enfant avant de te voir naître, te réserve une vie sans te l'offrir car tu vas mourir, te laissera aimer en délire, mais seul aussi et meu rtri face aux peurs, douleurs et malheurs de l'existence, t'accordera entre-temps des moments tendres et de b onheur intense, ne fera rien pour t'épargner le mal ni le bien, t'enflammera et te vaincra, t'honorera et te perdra , fera de toi ce qu'il voudra. Mais tu aimeras et seras aimé, l’es d’ores et déjà !
Une vie voulue, préconçue et conçue, portée, enfantée, naissante, toujours croissant et s’accroissant, chaque jour aimée, ainsi peut se résumer la belle histoire qui suit et se poursuivra au fil des soirs et du temps qui passent imperturbablement.
Une vie voulue, préconçue et conçue Je veux un enfant depuis quelque temps et le père y consent, lui qui ferait sa vie sans cependant ; nous avons tous les deux trente an s. Je le souhaite sans sexe particulier ni autre signe d'identité, les ingrédie nts ne faisant pas défaut et bientôt à point pour réussir la recette, loin de la pilule an ticonceptionnelle laissée aux oubliettes dès le mois d'avril, et grâce à laquelle nous avons vécu des années exceptionnelles. Une vie préconçue avec l'amour et la patience qu'il convient d'avoir dans certains cas, le nôtre n'étant pas trop désespéré et sans ex igence excessive, malgré les jours qui languissent parce qu'un grand nombre de tentati ves point n'aboutissent. J'apprends que même si on lui donne les moyens d'être, on ne c ommande pas à la nature humaine. Elle est et fait avec ou sans peine, plaît ou déplaît en complet dédain du bon ou mauvais sort, décide seule de son début comme de sa fin sans souci ni remords. Après quinze mois d'essais, de doutes et de folle h antise, notre rêve se réalise ! La vie est conçue, la vie pour la vie, la sienne propre et toute menue, celle qui vient de nos deux chairs et partagera notre vie. C’est un dimanc he béni du mois de juin ! Jusque-là, historique et claire, la conception de n otre enfant a été vécue et notée chaque jour pour mieux en suivre le chemin, de six heures trente à sept heures selon la courbe thermique dite de Palmer, et détaillée par l e menu au tableau I à la fin du bouquin.
Une vieportée Issue tant bien que mal d'un cycle à cheval sur jui n et juillet, cette vie est portée au très profond et intime tréfonds de mes entrailles d ès nos épousailles, s’est faite et se parfait dans un univers cosmique faiseur et mélange ur en diable, tel un vaisseau magnifique porteur et serviteur de l'irrémédiable, dont le mystère a donné aux savants matière à réflexion puis à substitution, mais ne le ur a point fait don de son unique composition. D’abord appréciée chaque jour en secret parce qu'un e hyperthermie matinale la confirme sans chiqué, ma gestation est heureuse, lé gère et à bon terme menée. C’est une étape de douce communion toujours en évolution, à corps et cœur suivie et ressentie, qui change l'un et de grâce l'embellit, réchauffe l'autre et de joie l'emplit, se poursuit et s’achève en lente mutation et vives réa ctions de mon être partagé. Elle est vécue et notée chaque mois dans ses moindr es faits et effets pour mieux comprendre le développement d’un petit être niché a u creux de mon ventre de maman, puis détaillée par le menu au tableau II à la fin d u bouquin. Les explications des mots plus ou moins savants dans le texte sont données au bas de chaque page sur lesquelles ceux-ci apparaissent, et celles des mots suivis d’un astérisque figurent dans la liste des maladies et médicaments qui termine ce récit. Juillet, le premier mois, est décisif et prépare le terrain. En son cours le pire est craint sans raison, sensation de froid et chair de poule g ênent à peine son climat habituel, chaudes douleurs au bas du ventre appellent les pre mières ardeurs, rappellent du désir sa consécration. Août, le second, est quelque peu mouvementé. Au déb ut, premières envies de manger tout et rien, premiers rejets, lassitude et fatigue certains jours se font ressentir. Puis, le mois se termine par des lancées au côté ga uche invariablement prononcées, en douleurs chauffantes de courte durée dans le bas ventre et poussées vers l'anus, comme un besoin forcé de se libérer. Plusieurs nuit s je rêve à l'amour et ses jouissances, ainsi lors de l'une d'elles une femme avec un petit pénis se laisse aimer en pleine rue et toute innocence... et si le garçon était en instance ? Le 16 meurt Elvis Presley, un chanteur aimé dont je gave bébé de ses mélopées à longueur de journée. Septembre, le troisième, est terrifiant. Une import ante hémorragie se déclare au début – en réaction sans doute à mes baignades dans l’eau très froide du lac de la région –, me terrasse de peur, dure environ trois h eures puis se calme sans heurt. Est-ce un trépas ou simple branle-bas ? Chez le gynéco, très mécontent de n’avoir pas été informé de ma grossesse plus tôt… mea culpa…, l'emb ryon heureusement s'impose au toucher vaginal1de l'utérusle gonflement  par 2, et annonce sans ménagement son intention d'être fœtus bientôt, puis enfant gentime nt. À mes cinquante-deux kilos j’ajoute bonne tension et moral passionnément, pres cription aussi de deux traitements* pour parer aux infections et risques de perdre l'en fant. Octobre, quatrième et bon mois, est vivant et se vi t intensément, surtout le dernier mardi, lorsque bébé me transmet sa réalité en m'éme rveillant de faibles palpitations tendres à l'audition. Vers la fin je me sens blanch e et faible extrêmement, fiévreuse et
défaillante par moment. Soumise à un régime complém entaire en fer* pour combler les exigences de mon nouvel être, mon corps nourrit ses vides intérieurs et se pare de formes extérieures agréables au point d'en paraître indispensables. Elles garnissent seins et ventre de jolies rondeurs, que j'aime et c onfie en souvenir à l'œil friand et fin connaisseur du photographe-amateur. Celui justement qui partage ma vie librement depuis plus d'une dizaine d'années, se laisse épous er du jour au lendemain comme s'il l'avait toujours souhaité, et pour l’avenir de bébé en faciliter les civilités. C'est le 21, il est dix-sept heures. Né dans les années soixante au temps heureux des études et nos belles certitudes, nous vivons un amour libre et id éal et n’en démordons pas, à l’heure où ces mœurs sont considérées plutôt mal. Novembre, le cinquième, est bon également. De turbu lents mouvements animent le bas-ventre au milieu du mois, et vers la fin bébé e xprime haut et fort une existence plus vivante encore. Seins et ventre continuent leur bel le progression, je suis au summum de ma forme avec un surpoids de cinq kilos passés q ui forcent l'admiration du gynécologue, et me conforme sans façon aux normes p rescrites pour besoin accru en calcium*. Décembre, le sixième, est bizarre. Aise et malaise vivent en bonne compagnie et honneur ou déshonneur aux mets selon leur goût vari ent, en particulier le repas du Réveillon qui est bon mais guère digeste, son expul sion faisant un bien manifeste. Des rejets, diarrhées ou maux de ventre s'imposent ici ou là mais ne m’indisposent vraiment pas. Janvier, le septième, est bizarre pareillement. Lo rs de cours fondés sur la psychoprophylaxie obstétricale (PPO) conseillés aux primipares3 pour accoucher sans douleurs, j’essaie de respirer au rythme de l'événe ment avant qu'il ne soit, mais si le corps essaie de se mettre au pas le reste n'y est p as. Seraient-ils vaines pratiques ? En fin de mois, je me lève avec des lourdeurs sur le v entre et ne garde rien dans mon antre ; sans gêne et jusqu'au soir bébé ne cesse de remuer, en quête semble-t-il d'une place meilleure ou mieux appropriée. Février, le huitième, est serein. Je suis en forme et vaque à toutes mes occupations, sans me soucier du monde ni céder à la tentation de connaître le sexe vainqueur de ses complexes, dans la folle ronde qui précéda sa c réation. Seuls un désir impérieux me pousse soudain à couper mes longs cheveux, drôle d'aveu, et un autre passionné me retient dans la chambre de bébé pour la rendre u n brin merveilleux, à l'issue de sa première clarté. Mars, le neuvième, est en émoi et intense activité. C’est celui de l'accomplissement fœtal, ou la nécessité pour l’embryon de passer d’u n monde devenu trop étroit à un autre infiniment grand et petit à la fois, trop peu plé déjà et tellement plus froid que son atmosphère prénatale, avec le seul choix de devoir y vivre… éventuellement bien s'il en a le temps. Pour l'heure, l’être confirme mes dix k ilos supplémentaires et affirme les battements de sa vie en échos sonores, signe avant- coureur d’un bel essor. Sa tête est en bas, suite à l'intense animation ressentie à la fin du septième mois et du besoin certain de sortir de là, appuyant de tout son poids sur la vessie, qui se voit bien en peine de contrôler ses instincts sous les pressions du gentil trublion. Puis quelque chose cède en moi et de place semble changer ; dame -matrice4mis une bonne a semaine à se décider et ne résiste plus au caprice de s'incliner. Le jour suivant aucun bruit, sensation ou mouvement du fœtus ne se laissent entrevoir, me mettant un peu au désespoir. Ce silen ce à travers soi résonne sombre au