le village d'hommes

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Chine moderne et traditions Des bribes de vie où la sagesse est le maître-mot Opium, révolution culturelle, guerre sino-japonaise, concubines, travail enfantin, délocalisation, contrefaçon... autant de maux que la Chine a dû et doit encore subir aujourd'hui. En les confrontant aux phobies des ancêtres et au pouvoir de la langue chinoise chez les opprimés, l'auteur nous fait pénétrer dans le jardin de la Chine pour comprendre la sagesse qu'on lui connaît. Et bien que la plupart des Chinois pensent que tout est écrit, les personnages de ces nouvelles tendent à trouver la force morale qui leur permettra de maîtriser leur avenir... Après ses deux maîtrises de chinois, de civilisation et de culture et d'éducation, Marie-Laure Shazer a enseigné en Europe, en Chine et au Wisconsin.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 129
EAN13 : 9782304020304
Nombre de pages : 267
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Le village d’hommes
Marie-Laure de Shazer
Le village d’hommes Ecris-moi un caractère chinois
Nouvelles
Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02030-4 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304020304 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02031-1 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304020311 (livre numérique)
REMERCIEMENTSLaura Leonard, Directrice de la bibliothèque de Twinsburg, Ohio et à tous mes élèves. Sœur Lorenz Ellen pour son soutien et mon professeur de français madame Wolff pour m’avoir fait aimer la littérature francophone. Elles travaillent toutes les deux à Mount Mary Collège à Milwaukee. Hao Sheng de m’avoir fait tant partager la beauté de la langue chinoise et d’avoir pu me faire comprendre les différences entre la culture française et chinoise. Sans toi, je n’aurais jamais pu être professeur de chinois et écrire. Jessica Zhang de croire en moi et de me dire incessamment que je suis un très bon professeur de chinois. Docteur Bon, Docteur David Holloway et Mrs. Ricci qui m’ont toujours motivée d’écrire des livres. Amélie Paul Tolla, Marie Pierre , Tony de Shazer . Enfin, je dédie ce livre à Steve de Shazer et Insoo Berg, écrivains et psychologues renommés dans le monde.
Une Famille et L’Opium...................................................11Une Fille À Vendre ...........................................................69Chez La Concubine...........................................................75Le Village D’Hommes ......................................................79Ecris-Moi Un Caractère Chinois (Le Petit Prince) .... 125Le Jardin De Mes Caractère Chinois ........................... 137Le Pouvoir D’Un Dictionnaire Chinois ...................... 143Le Serviteur et le Changement (Vive La République)153Association Intitulée: Retour Aux Concubines.......... 169Le Mépris Des Lettrés ................................................... 177Le Mendiant .................................................................... 187Cui: Briseur De Main D’œuvre Enfantine Dans La Chine Moderne ............................................................... 195Dites-moi Vos Phobies Et Je Vous Dirai Ce Qui Vous Fait Peur? ......................................................................... 205Que Sont Devenus Mes Parents Après La Révolution Culturelle? ........................................................................ 209Lettre De Rose - La Délocalisation et La Contrefaçon ........................................................................................... 213Un Très Lourd Secret De Shanghai............................. 2192035: Lao She, Auteur De Culture De Masse ............ 223Les Chinois Sont Comme Ci Et Comme Ça.............. 229Monsieur Tang Dans Une École Américaine: Culture De Choc........................................................................... 235Les Gaffes Des Étrangers En Chine ........................... 245Dépendance Des Produits Chinois.............................. 251Une Campagne Contre Les Maîtresses ....................... 257Monsieur Sheng Et Madame Sheng: Les Nouveaux Riches ............................................................................... 261
Marie-Laure de Shazer UNEFAMILLE ETL’OPIUM
I
«Dans la vérité on aperçoit souvent le désespoir.»
Me voilà à Shanghai, ville connue dans tout le monde comme «Paris de la Chine», «reine de l’orient». Shanghai est la plus importante ville commerçante et industrielle, et aussi une métropole occidentale qui fut si convoitée par les Européens. La nuit s’anime avec des lumières étincelantes et pleines de vie et de gaieté. Ce jour là, c’était l’hiver à Shanghai, et un froid glacial s’était installé dans la rue Nan Jing Lu «les Champs Elysées chinois». Le vent balayait sur son passage poussières et papiers jetés par des passants imprudents et négligés. L’air était à l’orage. Les arbres frémissaient d’inquiétude avec l’arrivée de celui-ci. Des nuages sombres s’amoncelaient au ciel, se déplaçaient lentement modifiant à vue d’œil leurs contours fugaces. Je contemplais les façades des magasins qui tremblaient aussi à chaque éclair. Puis tout d’un coup, l’orage s’arrêta et les éclairs pâlissaient et se
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Le village d’hommes
raccourcissaient à l’approche du soleil. A mon grand étonnement, je ne croisai qu’un seul marchand de journaux. Ce vendeur, de taille moyenne, me dévisageait avec un oeil curieux, et intrigué. Pourtant, il affectait une froideur dont lui seul possédait le secret. Il ne montrait qu’un piètre empressement à se lever de sa chaise pour me vendre ses journaux. C’était un jeune homme aux cheveux noirs coupés très courts. Ses yeux bruns très expressifs, un nez mince, et ses lèvres entrouvertes exhalaient leur tiédeur. Le souffle du vent fouettait mes joues en feu. En passant devant lui, j’ébauchais un geste désapprobateur. Mes yeux brillaient comme deux étoiles dans cette ville tantôt animée tantôt mystérieuse. Subitement, une serveuse d’un restaurant me fit signe d’entrer. Je me tenais en face d’elle, dans ma veste étriquée, les yeux rivés au sol, comme un condamné à mort. Comme je ne savais pas quoi faire pour occuper mon temps, j’acceptai son offre. Je pénétrai dans une salle étroite et mal tenue. L’ameublement de la pièce était loin d’être des mieux raffinés. Des tables rondes et des reproductions de peintures impressionnistes peuplaient la pièce. La serveuse me pria de m’asseoir sur un siège sale, et me demanda d’une voix brusque: Que désirez-vous? Du thé. Je lui répondis en chinois.
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