Les humanités poétiques

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Du cours moyen au cabaret de « La cour des miracles », de ses 3 mois à ses 25 ans, Gérard Ansaloni nous raconte sa drôle d'aventure où se mêlent les rencontres, du « Bon Maître », de Bernard Lavilliers ou encore de Bernard Dimey (auteur disparu de chansons de Piaf et Salvador). Puis vient l'amitié de Pierre Barouh, parolier intransigeant et fécond, producteur et créateur des Editions Saravah pour qui Gérard Ansaloni produit deux albums de poèmes et musiques. Dans ce récit plein d'humour, un poète-musicien au style truculent revient son enfance et ses débuts dans la carrière pittoresque du « Slow-bizz » Il nous emmène dans son milieu, sur les routes de France et d'ailleurs, celles sur lesquelles il a fait ses "humanités poétiques".
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 171
EAN13 : 9782748180688
Nombre de pages : 203
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Les humanités poétiques
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-8069-0 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748180695 (livre numérique) ISBN : 2-7481-8068-2 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748180688(livre imprimé)
Gérard Ansaloni
Les humanités poétiques ou de quoi se taper le cul par terre de rire Roman
Le Manuscrit
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Est-ce le rêve ou une réalité ?
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I Soyons honnêtes : il me serait aisé aujourd’hui de rejeter la faute sur le terrible instituteur qui nous as-séna, à moi et à mes condisciples, nos cours moyens un et cours moyens deux. A coups de sai-gnements de nez, de têtes ébranlées, secouées par les cheveux, fronts cognés au tableau gris nous ap-prîmesmanu militari(le sexagénaire, ancien militaire, pourvoyeur des renseignements généraux était une brute impatiente), nous apprîmes écrivais-je, les mathématiques et la grammaire comme l’âne ap-prend le chemin du retour. Lorsque j’entrais en classe, le ventre tordu de trac, je songeais avec an-xiété à respecter des ordres par moi précédemment fixés, obéissant à des superstitions nouvelles et dont l’application me devait sauver de la verge et du mauvais coup ; ce furent en ce jeune âge deux ans de trac quotidien doublés d’une éducation chré-tienne douteuse mêlant la récompense à la douleur, éducation dont je ne sais encore pas aujourd’hui me défaire complètement.Nous apprenions à marcher au pas en prévision des défilés des fêtes des écoles
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au son de la Marseillaise sur le foirail brûlant de juin ; nous étions tous habillés du blanc immaculé de l’ange qui attend avec anxiété le coup de pied au cul. J’échappai cependant tant bien que mal durant ces deux années à de trop mauvais traitements. Il n’en alla pas de même pour mes copains et je serais curieux de connaître de nouveau ceux-ci afin de mesurer les résultats de ces fustigations impunies. 1 « Que sont mes amis devenus ?… » Frédéric, fils du parisien coiffeur aux Aquitaines immigré, Denis, fils du bijoutier qui s’entraînait le jour à résister aux coups en cognant seul sa belle tête têtue de neuf ans contre le tableau ! Et celui-ci qui, revenant de ce même tableau à sa place, la tête rougie de gifles, s’effondra dans l’allée, entre les bu-reaux, victime d’un accident cardiaque, et cet autre moi-même, le nez dégoûtant son sang un beau vendredi après-midi sous la calotte olympique, une heure avant la distribution du goûter hebdomadaire (offert par la mairie) et de la carte, au format iden-tique à celui des cartes que les nouveaux commu-niants vendent aux convives, représentant cette fois-ci le général Leclerc de Hauteclocque, libéra-teur de Paris.
1 Que sont mes amis devenus ?,RUTEBEUF.
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