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Les manifestations agressives : état des pratiques et évolution des modes d'action en ITEP

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Ces actes d’étude et de formation proposent d’ouvrir des réfléxions, des échanges et des débats pour une meilleure compréhensions des fonctionnements institutionnels et des pratiques professionelles au sein des ITEP pour plus d’efficience et de sérénité dans l’exercice des missions des professionnels. Ces réflexions permettent, au regard de la législation et des recommandations de bonne pratiques qu’elles produisent, de cerner quelles démarches seraient à promouvoir et vers quels nouveaux champs d’action les orienter.


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Les « manifestations agressives » : état des pratiques et évolution des modes d’action en ITEP

 

XVIIIes Journées d’étude, de recherche et de formation des Instituts Thérapeutiques, Éducatifs et Pédagogiques

4, 5 et 6 décembre 2013, TOURS

sous la direction des AssociationsAIRe (France) et MèTIS EUROPE

 

 

 

Comité de pilotage des Journées de Tours :

 

Stéphane RAGUENEAU, Daniel BIGOT, Emmanuel TROUCELIER, Gérard BENCHETRIT, Laetitia BROUDIN Laetitia PAVIOT, M.BrigitteDESTOUCHES, Thierry DELANNE, Julie BERARD, Gilles PAUMIER, Sandrine PACHER, Françoise BRECHET, Gilles BIOT, Patrice LEGUY, Thierry LIMINANA, Jean Marc DUBOIS, Nolwenn GRALL

Présentation du livre : Ces actes d’étude et de formation proposent d’ouvrir des réfléxions, des échanges et des débats pour une meilleure compréhensions des fonctionnements institutionnels et des pratiques professionelles au sein des ITEP pour plus d’efficience et de sérénité dans l’exercice des missions des professionnels. Ces réflexions permettent, au regard de la législation et des recommandations de bonne pratiques qu’elles produisent, de cerner quelles démarches seraient à promouvoir et vers quels nouveaux champs d’action les orienter.

 

Auteurs : L’Association des ITEP et de leurs réseaux (AIRe) regroupe la plupart des Instituts Thérapeutiques, Éducatifs et Pédagogiques français et belges, elle organise des journées départementales, régionales, nationales et internationales, des colloques de formation et de recherche sur les troubles psychologiques importants de l’enfant et de l’adolescent et les diverses manières de réfléchir aux modes de prise en charge de la souffrance qui leur est associée.

L’Association Mètis europe accueille toutes associations, fondations, fédérations, coopératives, groupements etc., établis dans l’espace européen, poursuivant une action fédérative auprès des établissements et services s’adressant aux enfants, adolescents et jeunes adultes qui présentent des difficultés psychologiques et/ou sociales, pour favoriser le développement d’un cadre de référence, politique, social et culturel à l’échelle de l’union européenne concernant ces jeunes.

 

Ouverture des Journées –

Discours d’ouverture

Interventions

Comprendre et prendre en charge la violence des enfants et des adolescents, Maurice BERGER (Pédopsychiatre)

Les manifestations agressives : les conduites adaptatives à décoder, Philippe JEAMMET (Professeur de psychiatrie de l’adolescent)

Interventions dans le cadre des ateliers –

Atelier 1 –

« Osez l’extraordinaire pour vivre et penser autrement l’ordinaire » ou « Prévenir les manifestations agressives »

Atelier 2 –

« Les notes d’incident pour une clinique au quotidien »

Atelier 3 –

« Appréhender autrement les phénomènes de violence et l’implication des familles au sein des ITEP du Loir-et-Cher »

Atelier 4 –

« Des ateliers ludothèque et escalade pour contenir les manifestations agressives »

Atelier 6 –

« Mètis Europe : complémentarités soignantes entre médications et actions éducatives, pédagogiques et thérapeuthiques, éclairages européens et québecquois. »

Atelier 7 –

« La déconstruction d’une pratique institutionnelle : L’accompagnement externalisé en réponse aux manifestations agressives exacerbées par l’architecture institutionnelle de l’ITEP de la Roussille »

Atelier 9 –

« L’implication parentale auprès des adolescents : un facteur de protection pour prévenir les phénomènes de violence ?

Une expérience au Centre jeunesse de Québec – Institut »

Atelier 11 –

« Agresse moi si je veux »

Atelier 13 –

« L'agressivité des jeunes accueillis dans les ITEP »

Atelier 14 –

« Expérimentation pluri professionnelle d’activités corporelles et sportives : quel impact sur les “manifestations agressives” ?»

Atelier 15 –

« L’indispensable “manifestation agressive” comme porte d’entrée dans l’alliance “thérapeutique” : le jeu vidéo et internet comme espace transitionnel »

Atelier 16 –

« Manifestation agressive et transport des jeunes, une situation à risque ? Une situation à maitriser ! »

Atelier 17 –

« Penser et coordonner des ITEP “à taille humaine” sur leurs territoires comme facteur d’atténuation des “manifestations agressives” »

Atelier 18 –

« Légitimité et légalité des réponses institutionnelles face à la violence des jeunes accueillis en ITEP : Pour une bientraitance mutuelle au quotidien »

Atelier 19 –

« Manifestations agressives, évolution des pratiques et des missions des ITEP : quels enjeux pour les métiers, quels défis pour la professionnalisation, quelles évolutions organisationnelles ?»

Conférences et synthèses –

La position subjective dans le passage à l’acte, Didier LAURU (psychiatre-psychanalyste)

Clôture des journées

Dans la même collection

 

– Ouverture des Journées –

Discours d’ouverture

 

Emmanuel TROUCELIER (Administrateur AIRe)

Bonjour, au nom du Conseil d'administration et du Comité de pilotage des 18es journées nationales de formation, d’étude et de recherche de l’AIRe, nous sommes heureux de vous accueillir à Tours, dans ce prestigieux Palais des congrès. Nous vous remercions pour votre forte mobilisation et participation, puisque nous sommes environ 900. Daniel BIGOT et moi-même, membres du Comité de pilotage de ces journées, avons dû prendre en hâte le relais de Stéphane RAGUENEAU, administrateur délégué à la région 5 de notre association AIRe qui est souffrant et ne peut être parmi nous pour ces trois jours. Nous lui souhaitons un bon rétablissement.

Daniel BIGOT (Directeur ITEP-37, Les Fioretti)

Bonjour. Vous êtes effectivement 918, c’est un succès. Est-ce dû à l’organisation, à la Touraine, à notre ministre de la santé qui est tourangelle, ou au sujet ?

[Explications sur la manière de se repérer dans le bâtiment, sur l’organisationdu temps, informations pratiques, remerciements aux sponsors.]

L’année dernière, nous étions à Saint-Malo pour aborder le sujet des manifestations agressives, des dispositifs, des difficultés psychologiques, des troubles psychiques, des pratiques institutionnelles et de l’évolution sociétale. Cette question du dispositif a été abordée ce matin dans un colloque très fréquenté, il en sera question dans les mois à venir partout où cela a été expérimenté et où c’est en devenir.

Je vous relis le sujet d’aujourd’hui :

« Quand les manifestations agressives au sein des dispositifs institutionnels prennent une dimension persistante, celles-ci peuvent générer le désarroi et devenir insupportables aux acteurs impliqués dans ces dispositifs d’accompagnement. Ces manifestations s’avèrent complexes et difficiles à caractériser. Elles brouillent aujourd’hui nos grilles de lecture habituelles au risque de créer de la confusion avec les phénomènes de violence évoqués dans l’espace public. La répétition de ces manifestations interroge les fonctionnements institutionnels et met durementà l’épreuve les autres jeunes et l’entourage ainsi que les équipes. Leur traitement peut conduire les professionnels à demander la judiciarisation des réponses qui signifient les limites de leur champ d’action et de réflexion. Ces phénomènes se traduisent pour de nombreux jeunes par des processus de rupture de parcours et peuvent fragiliser les professionnels et les parents. Parallèlement, nous observons une évolution des postures professionnelles et un questionnement de l’autorité. Ces manifestations agressives s’expriment en ITEP et ont une incidence directe sur les acteurs. Elles interrogent les savoir être comme les savoir-faire des professionnels ainsi que la clinique institutionnelle et l’analyse des pratiques. L’interdisciplinarité qui porte la dynamique des institutions et leur confère un caractère soignant participe à réduire l’expression de ces phénomènes. Ces journées d’étude et de formation proposent d’ouvrir des réflexions, des échanges et des débats pour une meilleure compréhension des fonctionnements institutionnels et des pratiques professionnelles au sein des ITEP pour plus d’efficience et de sérénité dans l’exercice de nos missions. Ces réflexions nous permettront, au regard de la législation et des recommandations de bonnes pratiques qu’elles produisent, de tenter de cerner quelles démarches seraient à promouvoir et vers quels nouveaux champs d’action les orienter ».

Gilles GONNARD (Président AIRe)

Bonjour, merci d’être là, nous sommes ravis de vous accueillir aussi nombreux à ces journées d’étude, de formation et de recherche de l’AIRe. Le nombre de participants montre l’intérêt croissant que vous portez aux travaux de recherche que mène l’AIRe, la qualité de votre mobilisation à tous sur la question des jeunes reçus dans le cadre des ITEP.

 

(Remerciements aux ministères, aux ministres, aux professionnels, aux invités d’honneur…)

 

Les ITEP sont au centre des enjeux médicosociaux. L’AIRe, depuis 18 ans, ne cesse de soutenir une politique offensive et constructive. Votre participation massive à ces journées est le principal élément de notre motivation. Nous aborderons cette année le thème présenté des manifestations agressives, l’état despratiques et l’évolution des modes d’action en ITEP. Ce titre, cette problématique, n’ont pas été simples à formuler, car les risques d’approximation, de confusion, de mauvaise compréhension sont réels dès que l’on évoque la question de la violence. Dans un environnement social qui questionne quotidiennement médiatiquement et professionnellement la violence de la jeunesse, le Copil et le CA de l’AIRe, après de multiples échanges enrichissants et mutuels, vous proposent d’ouvrir à la réflexion ce questionnement récurrent dans nos ITEP, mais qui va bien au-delà, vous vous en rendrez compte durant ces trois jours.

La violence, l’agressivité sont évoquées par les usagers dans les transports, dans les hôpitaux, à l’école, le sentiment d’insécurité, la prévention des risques sont autant de concepts, de représentations et d’enjeux politiques actuels. Vous savez combien l’AIRe est attachée à la place symbolique des institutions. Il ne s’agit pas aujourd’hui de réduire à la simple échelle individuelle cette question de violence et ces questions-là, mais bien de les soutenir dans une démarche de dimension collective. C’est l’un des enjeux de ces journées. L’AIRe a depuis toujours soutenu cette prise en compte auprès des professionnels, car on retrouve uniquement dans le décret sur les ITEP la notion de supervision et d’analyse des pratiques concernant les instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques.

Je vais essayer en quelques minutes de vous présenter l’ensemble des activités de notre association. Certains d’entre vous peuvent participer à notre AG, d’autres ne suivent pas forcément les travaux au quotidien de l’AIRe, je vais donc m’arrêter quelques minutes sur l’ensemble des chantiers en cours.

Un dossier national nous rassemble, celui de la mise en œuvre sur les dispositifs ITEP. Dans six régions concernées, mais aussi dans les autres, les temps de réunion, de travail, d’expérimentation rassemblent autour de la table professionnels d’ITEP, représentants des ARS, des MDPH, de l’Éducation nationale et bien d’autres partenaires. Cette étude, officiellement lancée par Mme CARLOTTI, qui a renforcé notre position, est dans la même perspective que la CNSA. Il s’agit bien, au-delà des ITEP, d’essayer de penser un modèle et de mettre en œuvre un laboratoire pour l’ensemble du secteur médicosocial. Dans un contexte de contrainte financière, de révision des modes de tarification et d’organisation du secteur médicosocial, cette démarche reste avant tout pour l’AIRe la mise en place d’une réponse clinique adaptée aux enfants et adolescents reçus dans les ITEP.

Il faut que nous sortions des logiques d’établissements et services, changer de vocabulaire, aller vers une sémantique plus opérante telle que l’accueil de jour, l’accueil du soir, l’ambulatoire, le travail hors les murs, évoquer des réponses qui soutiendront le parcours de ces enfants et adolescents dans un entre-projet, le PPC, le PPS, le PPA, le PPE. Comment allons-nous procéder pouréviter les ruptures de parcours ? Le dossier dispositif ITEP est l’une des réponses que nous essayons de mettre en place et d’expérimenter sur les territoires. Vous savez bien que les jeunes que nous recevons présentent des troubles psychiques et qu’ils se manifestent par la variabilité de ces comportements et l’adaptabilité indispensable de nos modes de réponse.

Merci aux délégués régionaux sur le terrain avec vous, ils ont beaucoup de travail, mais c’est vraiment une expérimentation très importante pour nous.

En complément de ce dossier, nous venons de déposer auprès de la CNSA une demande de financement pour une recherche autour de la question des parcours des jeunes reçus en ITEP. Celle-ci devrait pouvoir débuter en 2014. D’autres sollicitations nous arrivent afin de contribuer à d’autres travaux tels ceux de revues, dont une va être pilotée par Sylvie CANAT que vous connaissez, la revue de littérature sur la recherche et le handicap, une revue de littérature aujourd’hui pilotée par la CNSA en lien avec la FIRA et AIRe. Mon ami Sylvain FAVEREAU me disait que nous allions entrer dans l’aire de l’ITEPmania. C’est un challenge pour notre association, pour nous tous, mais surtout un enjeu essentiel pour continuer à avancer dans les réponses les plus adaptées possible auprès des jeunes que nous recevons. N’oublions pas cela : c’est bien

à eux que l’on s’adresse avant tout, c’est ce qui est inscrit dans le premier article des statuts de notre association.

L’an prochain à Biarritz, nous ferons l’évaluation de cette étude nationale, ce qui nous permettra d’objectiver le travail en cours avec les pouvoirs publics sur les conditions générales et administratives d’accueil et d’agrément des dispositifs. L’action de l’AIRe ne se limite pas à ce travail sur le dispositif, même si l’on y passe beaucoup de temps. D’autres travaux politiques, techniques sont en cours. Il me semble important de vous les citer. Dans le cadre des travaux menés à la Conférence nationale de santé, du CNCPH, nous militons pour créer un espace de prise en compte des troubles d’origine psychiques. L’AIRe a rédigé une position quant à la prise en compte des difficultés psychologiques de la jeunesse comme un enjeu de santé mentale pour la jeunesse et nous soutenons la position, avec d’autres, qu’un plan santé mentale serait bien plus pertinent que des lois générales de santé publique qui intégreraient quelqueséléments par ci et par là concernant les troubles psychiques.

Madame la Présidente du CNCPH, vous avez accepté de reconduire le groupe handicap d’origine psychique au sein du comité. Nous savons que cela n’a pas été simple, nous vous en remercions. Nous avons soutenu cette demande, car la problématique psychique est extrêmement particulière et comme vous le savez, ne peut trouver des réponses modélisées avec d’autres types de handicaps. Cette particularité récente, inscrite dans la loi 2005, nous engagetous à construire des modèles adaptés à ces publics et des outils compatibles, ce qui n’est pas toujours le cas du GEVA, du GEVA-Sco et nous sommes dans l’attente d’un GEVA-Psy. L’AIRe, avec d’autres organisations se préoccupant des troubles psychiques, va déposer auprès du premier ministre un dossier pour faire reconnaître la santé mentale comme grande cause nationale. Le constat partagé fait apparaître notamment un manque de moyens en pédopsychiatrie, de places d’hospitalisation, dans certaines régions, de places de dispositif ITEP, l’absence d’articulations et de solutions avec l’âge adulte. Tout cela renforce aujourd’hui le risque de ruptures néfastes à la prise en compte des parcours de vie et de soin des jeunes que nous recevons. Le décloisonnement souhaité n’est pas toujours réalisable actuellement sur le terrain.

Nous soutenons par ailleurs notre présence dans d’autres groupes du CNCPH, notamment le groupe éducation-scolarisation dans lequel nous essayons de défendre la place particulière du PPA comme inscrit dans le décret ITEP. C’est un élément essentiel du projet de vie. L’élève, avant d’être un élève, est un enfant. Celui-ci ne peut donc se résumer qu’au PPS. Nous participonsà d’autres échanges par ailleurs sur les groupes handicap de l’UNIOPSS, certains des membres du CA travaillent au COS de l’ANESE (Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux), nous avons pris position contre la volonté de transférer les MDPH comme services des Conseils généraux. Cette décision n’a pas été mise en œuvre et nous ne pouvons que nous en réjouir.

Tout au long de ces trois jours, nous serons accompagnés par nos amis québécois. Nous aurons aussi la possibilité d’échanger sur toutes ces questions et ces concepts avec des personnes et des professionnels venant d’autres territoires. Cette confrontation est indispensable aussi afin d’étayer notre modélisation. Profitez de leur présence.

Je terminerai en disant que les problématiques de ces jeunes que nous rencontrons posent particulièrement la question des publics soumis à des ruptures de parcours de soin et de vie. En référence, l’année dernière nous avons participé à une soirée remarquable où nous était projeté le film de Stanislas TOMKIEWICZ et je terminerai en le citant « Apporter une réponse collective là où les situations individuelles semblent impossibles. » Nous continuerons à être attentifs afin que les conditions d’accueil des jeunes dans les ITEP progressent et que la connaissance de ces jeunes nous amène à de meilleurs modes de coopération. Merci à vous, je vous souhaite trois belles et bonnes journées à Tours. (Applaudissements)

 

Jacques LAFOREST, Directeur général des centres jeunesse de Québec

Monsieur GONNARD, président de l’AIRe ou membres du Copil, Madame CARRILLON-COUVREUR, présidente du CNCPH, Monsieur DAMIE, directeur de l’ARS de l’ARS de la Région Centre, Mesdames et Messieurs, c’est un très grand plaisir pour moi d’être ici aujourd’hui.