1 - Les Cahiers rouges

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« Qui sommes-nous ? Qui est chacun de nous, sinon une combinaison d’expériences, de lectures, de rêveries ? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire... » (Italo Calvino).

Au fil du temps, l'auteur a compilé citations et extraits de lectures aimées. Les Cahiers rouges seraient-ils donc « une bibliothèque, une encyclopédie, un inventaire » ? Ou bien le simple et modeste état des lieux d’une ordinaire lectrice du début du XXIe siècle ?


Publié le : mardi 8 septembre 2015
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EAN13 : 9782332904799
Nombre de pages : 86
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ISBN numérique : 978-2-332-90477-5
© Edilivre, 2015
Qui sommes-nous ? Qui est chacun de nous sinon une combinaison d’expériences, de lectures, de rêveries ? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire d’objets, un échantillonnage de styles où tout peut se mêler et se réorganiser de toutes les manières possibles. (Italo Calvino)
Une combinaison de lectures?… Vous avez ditune combinaison de lectures?…
Les Cahiers rouges(banals cahiers d’écolier à la couverture rouge !) sont des cahiers dans lesquels j’ai compilé au fil du temps citations et extraits de lectures aimées. Lectures aimées, lectures choisies ? Pas vraiment. Ne dit-on pas que, tout comme le chat choisit sa maison, le livre choisit son lecteur ? Mes lectures furent en fait des lectures de pur hasard. Hasard de flâneries devant les présentoirs de quelques très ordinaires surfaces commerciales. Hasard de quelques publicités elles aussi très ordinairement commerciales… Hasard aussi du prix (lui aussi commercial) du livre… Hasard… Hasard… Mais, on le sait, le hasard fait bien les choses et ces lectures « aléatoires » se sont souvent révélées de précieux maîtres, voire de précieux guides pour la connaissance que nous avons de nous-mêmes et de notre monde… DoncLes Cahiers rouges, une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire, un échantillonnage ?… Bien plutôt le simple « état des lieux » d’une ordinaire lectrice…
Amour !!! Sortez les tronçonneuses ! Attention, ça va saigner !
Amour
Et ça saigne ! Partout. Et pour tous ! Finies les subtiles analyses à la Mademoiselle de Scudéry. Finies les « Veillées des Chaumières » et l’Amour-fleur bleue, tout juste bon à fleurir dans le cœur des simples (Le mal des pierres – Milena Angus). L’Amour est maintenant Sexualité. Simple, unique Sexualité. Corps épanoui qui ne cache ni ses plaisirs ni ses recherches ! Sexe « à l’américaine » rassasié d’abondance et de facilités qui cherche dans une effrénée perversité le désir perdu ! Sade retrouvé, encensé, imité… L’Amour est devenu tourment d’Enfer, Torture raffinée !
Ecoutons le romancier :
Marqué sans doute par les idées en vogue de sa génération, il avait jusque là considéré la sexualité comme une puissance positive, une source d’union qui augmentait la concorde entre les humains par les joies innocentes du plaisir partagé. Il y voyait au contraire maintenant de plus en plus souvent, la lutte, le combat brutal pour la domination, l’élimination du rival… La sexualité lui apparaissait de plus en plus comme la manifestation la plus directe et la plus évidente du mal. (Michel Houellebecq – La Carte et le Territoire)
Ecoutons les scientifiques pour qui l’Amour n’est qu’un phénomène hormonal qui ne peut durer plus de trois ans et qui se termine dans la tristesse et solitude. Tristesse et solitude qui nous jettent à nouveau sur les chemins d’une quête sans limites et sans freins. Quête épuisante. Frustrante ! Cercle vicieux ! Trop d’amours tue l’Amour !… Déprimant !
La solution ?
La fuite ! Car en amour comme dans la guerre, la victoire est dans la fuite !
Alors, écoutons les « fuyards » !
Fuyard Monsieur X qui, victime d’une libido envahissante, a délibérément choisi la castration et qui désormais multiplie les conférences sur sa « libération ». Fuyarde aussi, Geneviève Fontanel(l’Envie)lassée des tristes jeux de l’amour a choisi, d’y renoncer qui, (définitivement ? temporairement ?) et qui découvre comme Monsieur X, une nouvelle forme d’Amour. Amour « universel » des autres, Amour de la vie, Joie de vivre libre et joyeuse dans un corps libéré, maintenant lui aussi libre et joyeux ! Comme un transfert. Comme si en renonçant à l’Amour-satisfaction de notre libido, nous atteignions un degré supérieur de l’Amour. Un degré où l’Amour est générosité et bonté. Où l’Amour est ouverture aux Autres. Où l’Amour est ferment d’une autre Vie, ferment d’un autre Monde. Une sorte d’Amour sublimé qui atteindrait le Divin ? L’Amour (laïcisé ?) des grands mystiques ?
Fuyards aussi les amants d’Eternal Sunshine (Michel Gondry – film)lassés de leur qui, souffrance amoureuse, se font enlever la mémoire de leur amour… Etranges fuyards pourtant ces amants qui, à peine cette mémoire enlevée se donnent rendez-vous sur le lieu même de leur première rencontre !… Pour recommencer ?… Pour réussir ce qui a été perverti… Comme si… Comme si était en eux, ignoré d’eux-mêmes un appel vers l’Autre, vers cet Autre là… Comme si au delà du temps, au delà de l’espace, ils étaient l’un à l’autre leur Destin… Deux moitiés… Deux moitiés destinées à fusionner !…
Amour-Mystère !
Ancêtres
Recherche de ses ancêtres. Généalogie. Psycho-généalogie. C’est la mode ! Et c’est sérieux ! La psycho-généalogie est utilisée comme thérapie psychiatrique ! Car nous le savons, chacun de nos gênes est souvenir. Souvenir des Autres. De ceux « d’Avant » ! Notre mémoire est un palimpseste où le présent s’écrit sur le passé et où le passé affleure sous le présent ! Nous portons en nous les restes, les dépouilles de nos Ancêtres. C’est indélébile. C’est notre karma ! Nous remettons nos pas dans ceux de nos Ancêtres. Nous continuons leur histoire. Nous sommes « Eux » dans un autre temps ! Fatalité ! Destin contre lequel nous ne pouvons rien !
Par facilité, on peut se croire le fruit d’un gigantesque hasard ou de Dieu, alors que si on remontait le film, si on repartait depuis le début, on y verrait un enchaînement d’histoires cohérentes, une tapisserie de Bayeux qui court depuis la nuit des temps et dont on n’est jamais que le motif le plus récent (Serge Joncourt – L’Homme qui ne savait pas dire non)
Autour de nous, menaçants rôdent des fantômes :
Un fantôme, disent les psychogénéalogistes, est une formation de l’inconscient qui a pour particularité de n’avoir jamais été consciente et qui résulte du passage – dont le mode reste à déterminer – de l’inconscient d’un parent à l’inconscient d’un enfant. (Nicolas Abraham – L’Ecorce et le Noyau).
Tragique !!! L’explication ultime de tous les drames ? Une faute occultée par la personne qui l’a commise se transmettrait à la génération suivante, même aux générations suivantes les hantant, les torturant, les détruisant même. Et ce, jusqu’à ce que « lumière, ou justice, soit faite » !… « Tu seras maudit jusqu’à la xième génération ! » dit Yavé.
Et les cris des victimes poursuivies par leurs fantômes retentissent !… Hurlements d’Emmanuel Carrèrepar le fantôme de son grand-père ! ( poursuivi Emmanuel Carrère – Un Roman russe)… Il faut exorciser ces fantômes. Remonter jusqu’à eux, les regarder en face. Bien en face. Et...
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