33 ans après Jésus-Christ

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Si quelqu’un vous donnait la chance de revivre un événement dans l’histoire de l’humanité, lequel choisiriez-vous ?
Pour Frank Baxter, milliardaire américain, aucune hésitation. Depuis la mort tragique de sa famille dans un horrible accident, il ne rêve que de mettre en lumière tous les mensonges sur lesquels s'appuie l’Église. Pour réaliser ce rêve, il fera appel à son vieil ami William, ancien soldat Seal maintenant à son compte, pour participer à la plus formidable aventure de l’histoire humaine : faire un voyage de deux mille ans dans le passé afin de prouver que Jésus-Christ ne ressuscita tout simplement pas. Ce périple sera semé d’embûches et d’imprévus. Devra-t-il espionner Dieu ? Le Vatican sera prêt à tout pour défendre la résurrection du Christ, qui est à la base de son existence.


Publié le : lundi 28 septembre 2015
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EAN13 : 9782334003988
Nombre de pages : 354
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ISBN numérique : 978-2-334-00396-4
© Edilivre, 2015
dicacE
À ma famille et mes amis qui ont toujours été là pour moi. Pour mes enfants à qui je dis, rêvez et dépassez vous.
Remerciements
Merci à Jean-Guy et Mireille et aussi à ma fille Élizabeth pour ses conseils littéraires, Raphaël et Alexandre pour avoir inspirés mes personnages. Merci à un autre Alexandre, pour le graphisme de la couverture du livre.
Citation
Le seul homme à ne jamais faire d’erreurs est celui qui ne fait rien. Theodore Roosevelt
Prologue
La drume enveloppait le das De la vallée quanD Ivanovich sortit De sa cadane. Il s’était couché tarD la veille, et à voir la quantité De douteilles De voDka viDes sur le plancher, il était plutôt surprenant qu’il ait réussi à sortir Du lit De si donne heure. Mais Ivan, comme le surnommaient le peu De gens qui le connaissaient, en avait vu D’autres. Malgré son âge avancé, que personne ne connaissait D’ailleurs, lui inclus, il garDait don pieD, don œil. La petite église Du village où il était né avait drûlé peu De temps après sa naissance, et ses parents étaient DécéDés D’une étrange malaDie pulmonaire lorsqu’il avait à peine 3 ans. Ces événements limitaient granDement ses recherches quant à son âge. Comme il le Disait lui-même, ignorer son âge ne lui ferait pas moins mal lorsque la Faucheuse passerait. Il prit la Direction Des petites collines voisines pour rejoinDre un troupeau De rennes qu’avaient aperçu la veille Des chasseurs De son village. Après seulement quelques minutes De marche, il pouvait voir Derrière lui, malgré la drume, son village qui Dormait toujours. Il ne s’était jamais éloigné De plus De quelques kilomètres De Tunguska et tout son univers connu était là. Il avait vaguement entenDu parler De troudles à Moscou et De soulèvements contre le tsar Nicolas, mais ses préoccupations étaient deaucoup plus terre à terre. Éviter la famine lui semdlait une meilleure iDée. Que son pays ait maintenant un parlement appelé ouma ne changeait pas granD-chose Dans sa vie, car tout se passait à Des milliers De kilomètres De chez lui. Quelques fonctionnaires impériaux traversaient parfois la Sidérie pour tenter D’y prélever De maigres impôts et c’étaient dien les seuls contacts que les villageois De Tunguska avaient avec le pouvoir central Du Saint Empire Russe. Après Deux heures De marche, Ivan arriva au pieD D’une colline D’où partait une longue pente Douce. Il Distinguait quelques rennes, prodadlement quelques retarDataires Du troupeau principal. Il s’assit un instant pour vérifier le don fonctionnement De sa vieille caradine. Il fallait qu’elle soit prête à tirer. Toutefois, il se questionnait souvent sur le jour où elle lui éclaterait à la figure. Pour l’instant, il était heureux De constater son don fonctionnement. En se levant pour poursuivre sa montée, il remarqua que les trois rennes qui droutaient Dans la pente Détalaient comme Des lapins. Sur le coup, Ivan Devint furieux, car il pensait avoir été Devancé par Des loups. Ceux-ci, en poussant le troupeau plus au norD, compliqueraient son retour avec les quartiers De vianDe. Comme il allait reprenDre sa marche, une gigantesque explosion le projeta loin en arrière. Un véritadle raz-De-marée se propagea sur Des kilomètres en Détruisant tout sur son passage. Tous les ardres à l’épicentre De l’explosion furent changés en vapeur, mais étrangement, aucun cratère n’apparut. Sur les kilomètres suivants, la forêt fut tout simplement couchée, tels Des milliers De vulgaires drinDilles s’aplatissant au vent. Tous les rennes Des environs furent ainsi tués sur le coup sans savoir ce qui leur était arrivé. Une véritadle catastrophe pour cette région pauvre De Sidérie. QuanD Ivan finit par ouvrir les yeux, tout son corps était parcouru De Douleurs et De chocs électriques. Il perDit une seconDe fois connaissance et somdra Dans un sommeil dienfaisant. À nouveau, l’esprit D’Ivan essaya D’émerger De l’inconscience. Cette fois-ci, il resta éveillé malgré la Douleur. Après quelques minutes, son cerveau recommença à analyser les informations qui lui parvenaient. Tout lui paraissait étrangement calme. Il commença par enlever les morceaux De dois qui l’empêchaient De se relever. L’épaisse couche De lichen qui recouvrait le sol lui avait sûrement sauvé la vie lors De sa chute. Ivan s’assit mais fut incapadle D’en faire plus. Sa tête le faisait énormément souffrir. Par réflexe, il regarDa autour De lui pour savoir où était son arme. Il ne savait pas pourquoi, mais quelque chose en lui l’avertissait De se tenir sur ses garDes. Il ne réussit pas à la trouver, mais après un comdat contre son corps meurtri, De peine et De misère, il se releva.
Ce qu’il vit alors lui fit un tel choc qu’il retomda à genoux. Tout le paysage auquel il était haditué avait Disparu. Cette mer D’épinettes Dans laquelle il avait passé toute sa vie à chasser était couchée comme un tapis. Il se releva et DéciDa De monter la côte pour savoir si ce n’était pas tout son univers qui s’était évanoui. Chaque pas lui arrachait une grimace, mais l’aDrénaline l’aiDait à surmonter cette Douleur qui cherchait à le paralyser. Tout en sueur et un peu étourDi, il arriva sur le monticule D’où, espérait-il, il pourrait voir l’étenDue Des Dégâts. Ce qu’il Découvrit Dépassait sa compréhension. En plus Des ardres couchés, il y avait une chose étrange qui semdlait flotter au-Dessus De la plaine. Cela ne ressemdlait à rien qu’il ait connu. ’ailleurs, aucun mot ne lui vint à l’esprit pour Décrire ce qu’il avait sous les yeux. C’était comme si quelqu’un avait fait une peinture Du paysage et l’avait étirée De son centre vers l’arrière. Les dorDs étaient relativement clairs et précis, mais plus on s’approchait Du centre, plus cela Devenait flou. Il s’approcha lentement, prenant soin De s’assurer qu’il ne se passait rien De menaçant autour De cette mystérieuse Déformation De la réalité. Tous ses sens étaient en alerte, ce qui Détournait un peu son attention De ses dlessures et son mal De tête. La chose ne dougeait pas, elle semdlait inerte, excepté les changements D’intensité lumineuse Dans son centre. Elle Devenait De plus en plus foncée et aspirait les poussières et drinDilles sur le sol autour D’Ivan. Malheureusement pour lui, quanD il réalisa qu’il valait mieux s’en éloigner, ses pauvres muscles ne furent pas assez puissants pour faire Demi-tour. Il finit par s’agripper à un ardre tomdé sur le sol mais, en Dépit De cet ancrage, il fut aspiré à son tour. QuanD Ivan entra Dans ce qu’il avait plus tôt daptisé la « Chose », il ne vit qu’un petit point lumineux dleuté semdladle à un hudlot. Il perDit connaissance à nouveau, ce qui valait peut-être mieux pour lui. Alors, la Chose Devint De plus en plus claire et petite et elle finit par Disparaître en provoquant un petit flash lumineux. Il y eut dien quelques personnes pour s’inquiéter De la Disparition D’Ivan, mais quanD les villageois Découvrirent l’ampleur Des Dégâts, les recherches cessèrent et il fut officiellement Déclaré mort. Un mois plus tarD, un fonctionnaire De Sa Majesté le tsar s’arrêta à Tunguska pour faire un rapport. Il prit Des photos et compléta un compte renDu succinct qu’il fit parvenir à Moscou par le train suivant. En cette fin De l’année 1908, les services De renseignements impériaux avaient D’autres priorités qu’une catastrophe naturelle au fin fonD De l’empire. La chasse aux agitateurs et aux révolutionnaires communistes occupait à plein temps tous les services. Le Dossier avec les photos fut Donc classé rapiDement au sous-sol Du ministère Des Ressources Naturelles, où il fut oudlié jusqu’au Dédut De l’année 2014, lorsqu’un employé D’un centre De recherche européen fit une DemanDe D’accès à ce Dossier.
Centre de recherche en physique Baxter
Bruges, Belgique
1
Le centre de recherche Baxter occupait un grand terrain en banlieue de Bruges. Entièrement financé par des fonds privés, son champ de recherche était large et un peu flou pour la communauté scientifique mondiale. Tout son financement provenait d’un seul donateur, un riche industriel américain du nom de Frank Baxter. Baxter avait fait fortune avec l’arrivée de l’informatique et de l’électronique de pointe durant les années 80. Sa richesse était vaste et tentaculaire. Dans certains cercles financiers, on disait souvent qu’il y avait un peu de Baxter dans toutes les grandes entreprises de la planète. Ingénieur de formation, il était sorti du MIT avec la meilleure moyenne académique de cette institution depuis une décennie. Mais avant tout, c’était sa vision et son audace qui lui avaient le plus servi. Fils unique d’une famille ouvrière de Chicago, il avait travaillé sans relâche pour bâtir son empire. Les raisons étaient nombreuses pour expliquer le choix de l’emplacement de ce centre. L’Europe regroupait une communauté de physiciens hors de l’ordinaire et de différentes nationalités ; c’était un peu comme avoir accès aux meilleurs produits de tous les magasins en même temps. Et, point non négligeable, certaines lois européennes étaient plus souples sur la recherche. Donc, le centre pouvait se permettre de mettre la barre un peu plus haut que si ses installations s’étaient trouvées aux États-Unis. Tous les membres de l’équipe de recherche principale du centre Baxter avaient signé une clause de confidentialité très stricte qui leur interdisait de parler de leur travail. Même les membres de leur famille ne savaient que peu de choses sur ce qui y était fait. Ils s’entendaient à chaque fois répondre la même phrase creuse et vague, que la compagnie avait apprise à ses employés. Le but principal n’était connu que de Franck Baxter lui-même et des trois chercheurs en charge du projet. Tout avait été mis en place pour compartimenter au maximum les différentes phases du projet. Un secret absolu était nécessaire pour éviter qu’un gouvernement ne s’en mêle ou, pire encore, qu’un groupe de pression ne vienne leur mettre des bâtons dans les roues. Le principe était simple et avait déjà fait ses preuves quand le gouvernement américain avait chargé Robert Oppenheimer de construire la première bombe atomique, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans le cas présent, l’équipe était beaucoup plus petite, donc la discrétion plus facile à observer. Du moins, c’est ce que croyaient Baxter et son responsable de la sécurité. Le scientifique à la tête du projet s’appelait Pierre Bruisseau, un brillant physicien lauréat du prestigieux prix Nobel sept ans plus tôt. Originaire de Suisse, il avait passé la plus grande partie de sa carrière au CNRE, le Centre national de recherche européen. Frank Baxter avait mis plus de deux ans à convaincre Bruisseau de venir travailler pour lui. C’est finalement une promesse de capitaux presque sans limites qui l’avait convaincu de quitter le CNRE. Comme pour tous les scientifiques en recherche pure, le financement était un travail inévitablement harassant et sans fin. Maintenant qu’il n’avait plus à se préoccuper de cette question, ses recherches n’en souffriraient plus. C’est d’ailleurs l’esprit tranquille, mais avec un léger mal de tête, qu’il se leva ce matin-là. Quelques amis invités par sa femme étaient venus la veille pour célébrer ses 55 ans. Comme d’habitude, le vin avait coulé sans retenue et les discussions s’étaient éternisées jusqu’aux petites heures du matin. Sophie, sa femme, lui avait pourtant dit de boire de l’eau au moment de se mettre au lit. Il décida de ne pas en parler pour éviter l’incontournable remarque : « Je te l’avais bien dit, pourtant »… À peine sorti de la douche et rasé, il sentit l’odeur du café provenant de la cuisine. Sa
femme, comme chaque matin depuis le début de leur mariage, s’était levée pour le préparer. Même si elle se rendait à son travail plus tard dans la matinée, elle se faisait un devoir de prendre le petit déjeuner avec son mari tous les matins. Cardiologue au sein du centre hospitalier universitaire de Bruges, elle n’était jamais, tout comme son mari, certaine de son heure de retour en fin de journée. Ce petit tête-à-tête matinal avait son importance au niveau du couple. Dès son entrée dans la cuisine, Sophie leva les yeux de son journal et adressa un beau sourire à son mari. – Comment vas-tu ce matin, Pierre ? Pas de mal de tête ? Pierre savait très bien que sa femme n’attendait que cette occasion pour le narguer depuis qu’elle était sortie du lit. – Non, chérie, tout va très bien de ce côté, juste encore cette douleur au genou. – Ah, me voilà avec un vieillard, maintenant. – Mais non. Quand je ne pourrai plus jouer au golf sans une voiturette électrique, à ce moment tu auras raison. – Au fait, à quelle heure penses-tu rentrer ce soir ? – Je n’en sais rien, nous avons plusieurs petits problèmes à régler et Frank Baxter a annoncé sa visite pour la fin de l’après-midi. Je te laisserai un message au poste de garde de l’hôpital. – À chaque fois que tu me dis cela, mon amour, je dîne seule. Pierre ne releva pas cette boutade et se contenta d’adresser un sourire à sa femme. Celle-ci le lui rendit, et la suite de la conversation tourna autour de la légitimité ou non de changer de voiture. Le docteur Bruisseau n’aimait pas tellement conduire. Pour cette raison, il avait acheté une maison qui n’était qu’à quelques minutes du centre Baxter. Le trajet fut aussi court que d’habitude. Arrivé à la guérite, l’agent responsable de la sécurité le reconnut et lui ouvrit immédiatement la barrière en le saluant. Une fois à l’intérieur, il sortit son badge et s’en servit pour accéder à la partie du laboratoire où était situé son bureau. La sécurité était une affaire sérieuse pour les industries Baxter. Avant d’arriver au cœur du laboratoire, tout le monde, sans exception, devait montrer patte blanche. Aussitôt arrivé, il n’eut même pas le temps d’ouvrir sa porte que déjà sa secrétaire et son assistant principal Hans Schimtz venaient d’un pas rapide tout en parlant. Béatrice, sa secrétaire depuis près de cinq ans, fut la première arrivée. – Bonjour, docteur Bruisseau. – Bonjour, Béatrice. Quelles sont les mauvaises nouvelles, ce matin ? – Rien sortant de l’ordinaire, docteur. La routine, mais multipliée par dix en raison de la visite de monsieur Baxter. – Mettez tout ça sur mon bureau, je vais voir ça avec le docteur Schimtz. – Très bien, mais commencez par la chemise bleue. Francis, le responsable technique, a fait le pied de grue pendant une heure devant votre bureau ce matin pour vous remettre ce rapport sur la simulation des électroaimants. Il semblait très enthousiaste. Je lui ai dit qu’il perdait son temps et qu’il valait mieux qu’il retourne au travail. – Merci, Béatrice, je vais suivre votre conseil. Les deux scientifiques, une fois entrés dans le bureau, fixèrent la chemise bleue. Hans fut le premier à parler : – Penses-tu que cette fois, nous avons réussi à dépasser la puissance critique ? – Je n’en sais rien, mais avec l’installation du nouveau réacteur, nous avons plus que doublé la puissance disponible. Je ne pense pas que nous pourrons aller plus loin. – Bon, au lieu de nous perdre en conjectures, ouvre donc cette foutue chemise. Bruisseau prit donc la pochette et débuta la lecture. Pendant ce temps, Schimtz essayait de
se faire une opinion en observant l’expression de son collègue. Après seulement quelques secondes, Bruisseau ferma la chemise et se leva d’un bond. – Suis-moi, Hans, on descend au sous-sol immédiatement ! Sans un mot de plus, Bruisseau ouvrit la porte et se dirigea vers l’ascenseur qui permettait d’accéder au laboratoire principal, situé très profondément sous le complexe Baxter. Schimtz lui emboîta le pas et le rejoignit juste avant que les portes ne se referment sur eux. Frank Baxter regardait la pile de dossiers qu’il était supposé lire durant le vol. Ses pensées étaient ailleurs, partagées entre la visite de son laboratoire de Bruges, où il espérait enfin une avancée significative, et les longues jambes de l’agent de bord qui s’occupait du service. Célibataire convoité, ses relations avec les femmes avaient toujours été catastrophiques, ce qui avait pour effet de le faire passer pour un coureur de jupons invétéré. Cette réputation, loin de lui déplaire, flattait son ego de mâle. Pourtant, il était rendu à un moment de sa vie où il avait envie de faire quelque chose de grand, de laisser sa marque et, pourquoi pas, de changer l’histoire. Il voulait être reconnu pour ses qualités personnelles et non considéré comme un play-boy capricieux dilapidant une fortune colossale au gré de ses fantaisies. L’avion personnel de Baxter, un Lear Jet tout neuf, venait à peine de dépasser Terre-Neuve au Canada. Comme la couche nuageuse était beaucoup plus dense, Baxter ne voyait plus qu’un voile gris par son hublot. Il décida de reporter son attention sur un dossier de la pile. Celui-ci portait la mention : « Très secret ». Il était identifié par un simple numéro de projet. Mis à part quelques élus, personne ne connaissait l’importance du projet MX234. Il était si révolutionnaire qu’il pouvait changer l’humanité et susciter les plus viles convoitises. Baxter avait dépensé une véritable fortune pour garder le secret le plus absolu. Chaque personne y touchant de près ou de loin avait fait l’objet d’une enquête approfondie de la part de son service de sécurité. Il avait même engagé une firme indépendante pour enquêter sur son propre service de sécurité. Il avait d’ailleurs gardé cette dernière information secrète pour ne pas froisser la susceptibilité de ses employés. Après avoir lu quelques pages, il déposa le dossier sur ses genoux et ferma les yeux. Il se demandait quelle pourrait bien être l’excuse de Bruisseau pour justifier le piétinement du projet. Il finit par s’endormir. Une main délicate saisit le dossier MX234.
* * *
La porte de l’ascenseur s’ouvrit au douzième niveau sous-terrain. L’agent de sécurité n’eut même pas le temps de dire un mot que les deux scientifiques étaient déjà loin. Il suivit quand même ceux-ci avec deux cartes à la main. – Excusez-moi, docteur Bruisseau, vous avez oublié de prendre vos badges pour la radioactivité ! Bruisseau se retourna sans dire un mot et sans même prendre le temps de s’arrêter. Il fila en direction du bureau de Francis Stowe. Sans s’annoncer, il entra. Pour quelqu’un qui ne connaissait pas Stowe, le bureau avait des allures de champ de bataille, mais personne n’aurait osé essayer de mettre de l’ordre dans ce fouillis. Pour Stowe, il s’agissait d’un système de classement sophistiqué que lui seul comprenait. Au grand désespoir des deux chercheurs, le bureau était vide. Ils repartirent en direction de la centrale nucléaire compacte qui fournissait la grande quantité d’énergie nécessaire au bon fonctionnement du complexe. L’entrée de la centrale était elle aussi gardée par un agent de sécurité. Ce dernier reconnut le docteur Bruisseau et Schimtz et actionna l’ouverture de la porte blindée. En fait, cette dernière avait été installée non pas pour empêcher quelqu’un d’entrer, mais bien pour empêcher quelque chose de sortir. Dans le cas présent, il s’agissait de la radioactivité qui était générée par la centrale. Lors du fonctionnement normal, le réacteur n’émettait pas plus de radioactivité que lors d’une promenade au soleil, mais les concepteurs avaient voulu être prudents.
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