À grandes gorgées de poussière

De
Martine, adolescente, habite un village qu’elle souhaite plus que tout délaisser pour la grande ville. Elle sent que si elle ne s’évade pas, sa vie sera sans envergure et désespérément prévisible, ce qu’elle refuse de tout son être. Mais avec l’arrivée de Nadine, citadine charmeuse, dégourdie et audacieuse, débute une amitié envoûtante et troublante. Elle inclut forcément Antoine, l’ami et complice de Martine depuis l’enfance. L’inévitable arrive : Nadine ensorcelle le bel Antoine et Martine est ballottée par ses réactions vives et confuses.
Ce roman initiatique plaira aux adolescents, mais ses ambiances finement évoquées interpellent aussi les adultes. Car ceux-ci ne sont pas à l’abri des aspirations irréconciliables et des conséquences imprévues de leurs choix.
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782894235058
Nombre de pages : 161
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Myriam Legault À grandes gorgées de poussière
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De la même auteure
À la mauvaise herbe, poésie, Sudbury, Prise de parole, 1999.
Cinquante exemplaires de cet ouvrage ont été numérotés et signés par l’auteure.
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Roman
Prise de parole Sudbury 2009
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Legault, Myriam, 1976- À grandes gorgées de poussière : roman / Myriam Legault. — 2e éd. ISBN 978-2-89423-244-6  I. Titre. PS8573.E46125A725 2009 C843’.54 C2009-904604-0
Distribution au Québec : Diffusion Prologue • 1650, boul. Lionel-Bertrand • Bois-briand (QC) J7H 1N7 • 450-434-0306
Ancrées dans le Nouvel-Ontario, les Éditions Prise de parole appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture françaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine. La maison d’édition remercie le Conseil des Arts de l’Ontario, le Conseil des Arts du Canada, le Patrimoine canadien (Programme d’appui aux langues officielles et Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition) et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.
Œuvre en page de couverture : Olivier Lasser Conception de la page de couverture : Olivier Lasser
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Imprimé au Canada. Copyright © Ottawa, 2009 [2006] Éditions Prise de parole C.P. 550, Sudbury (Ontario) Canada P3E 4R2 http://pdp.recf.ca
ISBN 978-2-89423-244-6
ISBN 978-2-89423-351-1 (Numérique)
Je dédie ce roman à tous ceux qui ont un goût de poussièreau fond de la gorge, et qui comprennent l’importancede le savourer.
L’auteure remercie la Ville d’Ottawa qui lui a octroyé une bourse pour la création de ce roman.
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On ne s’est pas rendus à la rivière, ce dimanche-là. À cause d’elle. L’étrangère. Nadine. À genoux sur le chemin de terre, ses vieilles espa-drilles couvertes de poussière, elle est penchée sur quelque chose que je ne peux distinguer. Je lance un point d’interrogation à Antoine. Il hausse les épaules. Les étrangers sont rares, par ici. Avec raison : notre village est un trou. Les étrangers, ça passe à côté du trou ou à travers le trou, mais ça ne reste pas dans le trou. À part ceux qui visitent de la parenté. Et ils ne valent pas grand-chose, ceux-là ; ils se réjouissent de se promener nu-pieds dans le gazon, puis piquent une crise s’ils marchent sur une couleuvre. Ils ont toujours peur des couleuvres. Ils doivent les prendre pour des serpents venimeux. L’étrangère en face de moi ne semble surtout pas s’inquiéter des couleuvres ni des serpents. Penchée sur sa trouvaille, elle ne nous a pas remarqués. — Qu’est-ce que tu as là ? demande Antoine, perplexe.
Elle sursaute, bondit sur ses pieds, et c’est alors que j’aperçois ce qui retenait son attention : un chat mort. Le crâne tordu, le poil noir taché de sang coagulé, il ressemble à un toutou torturé. Ayant soudain envie de vomir, je me mets à observer le bout de mes sandales. — Câline ! s’exclame Antoine, c’est un chat ! Il éclate de rire. — Mais qu’est-ce que tu fais là avec un chat mort ? T’as tellement faim que tu mangerais n’importe quoi ? L’étrangère ne rit pas. Se tenant bien droite, elle se plante les mains sur les hanches et fixe froidement Antoine. — Tu vas m’aider, oui ou non ? — Quoi, à le bouffer ? — Non, rétorque-t-elle, à le mettre dans le sac de plastique. Antoine ne rit plus. Intrigué, il contemple le sac de plastique qu’elle tient dans sa main droite. Je les regarde arracher le chat du chemin de sable, le faire tomber dans le sac. C’est irréel ; j’ai l’impres-sion d’assister à un rituel. Le soleil se retire derrière des nuages ; la forêt dans mon dos retient son souffle. L’étrangère fait volte-face en m’entendant approcher et, sans dire un mot, me tend sa main droite. Dans la main, le sac. Dans le sac, le chat mort. Mais c’est elle que je scrute. Teint foncé, cheveux noirs qui lui frôlent le milieu du dos. Et les plus beaux yeux du monde. Des yeux couleur de sable mouillé, couleur des cubes de caramel qui fondent sur la langue. Je pourrais passer tout l’après-midi à l’admirer,
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