À la France, à la Prusse, à l'Europe. [Signé : Dr Saint-Martin de Laplagne.]

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impr. de E. Voitelain (Paris). 1870. In-8° , 8 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1870
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A LA FRANCE
A LA PRUSSE
A L'EUROPE
A LA FRANCE D'ABORD
France, effrayés à tort par le nom de la République, tu as
accepté un parjure comme ton chef, tu lui as témérairemeat
donné un blanc-seing, tu l'as comblé d'honneurs et de ri-
chesses, tu l'as soutenu dans toutes ses guerres, même les
plus injustes et les plus coupables, et tu l'acclamais encore
il y a six mois à peine.
Tant de condescendance a porté ses fruits ; cet homme a
été pris de vertige, et les députés complaisants, dont tu l'avais
entouré, se sont joints à un Sénat servile pour tout souscrire
aveuglément. Une guerre folle, insensée, pour laquelle on
t'immolait à de misérables intérêts dynastiques, a été greffée
sur le mensonge, l'ignorance et l'impéritie.
Aveuglés, lui et toi-même, par un Dieu vengeur, vous avez
ensemble été frappés de la foudre, — lui, à défaut de coeur,
dans son ignoble orgueil, — toi, par la mort de cent mille
enfants, dans tes entrailles de mère, dans la gloire passée,
dans ta dignité de peuple, et le voilà menacée jusque dans
ton existence.
— 2 —
France! ton honneur seul a survécu par le courage de tes
fils, par leur sacrifice volontaire, par leur sublime générosité ;
car ils sont tombés sans regarder derrière eux : ils sont morts
sans te reprocher ta faute immense, nous léguant leur
exemple à défaut de victoires, gagnées plusieurs fois, que le
nombre seul a pu leur arracher.
Alors, on a vu d'autres enfants, non moins généreux, qui
avaient en vain signalé l'abîme, oublieux de tes fautes, d'un
dédain funeste et d'injures imméritées, se pencher courageu-
sement sur les bords du précipice, et en retirer tes armes en-
glouties avec un drapeau que le sang de leurs frères avait
rougi sans le tacher.
Ce drapeau, c'est le drapeau de la patrie, toujours honoré
jusqu'à ce jour; France! le reconnais-tu, malgré le crêpe
qui eu obcurcit les couleurs : veux-tu qu'elles brillent
encore comme autrefois, comme à Toul, comme à Metz,
comme à Strasbourg? — Veux-tu qu'il soit toujours digne de
servir de linceul à Mac-Mahon, à toi d'oriflamme, — ou qu'il
reste la propriété des Bonapartes, et le signal de guerres
fratricides entre ceux qui survivent?
Le premier en ligne aujourd'hui, Paris a ramassé ton dra-
peau dans le sang de tes soldats, il en a secoué la boue
impériale et l'abrite, en ce moment, derrière 500 mille
poitrines, au milieu de deux millions de coeurs, confondus
dans le même sentiment d'honneur, dans le même cri d'indé-
pendance, ne demandant qu'à te défendre et à s'incliner
ensuite loyalement devant toi.
Sauvée par lui d'un si grand désastre, d'un tel abandon, la
patriesera-t-elle ingrate? La province reniera-t-elle ce noble,
ce sublime effort, — aimera-t-elle mieux écouter les vils
sentiments, les ambitions désappointées, s'enfoncer de plus
en plus dans la honte et tomber à tout jamais sous le juste
mépris des peuples ?
Non, non, Dieu merci! elle ne saurait le vouloir; tous ses

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