A la gloire de Dieu, à l'honneur de messieurs les chanoines de Chasteauvillain et à la mémoire de défunct honorable homme Edme Jolybois l'aisné, maistre tanneur audit Chasteauvillain. [Publié par N. Jolybois.]

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par Nicolas Jolybois, petit fils dudit défunct (Imprimé à Paris). 1650. In-8° , 15 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1650
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A LA GLOIRE
DE DIEV.
L'HONNEVR
E MESSIEVRS
CHANOINES
de Châsteàuuillain :
ET
A la mémoire de défunct honorable
Homme EDME lOLYBOIS
l'aisné, Maistre Tanneur
audic Chasteauuillain.
SVR LA VERITE
DV TRES-S AINCT
SACREMENT
DE L'AVTEL.
SON N E T.
LA Voix qui ftft le tout de l'un à l'autre Pote ,
Fist de rien tout ce tout, en disant qu'il soit saict :
OHRIST Fils de cette Voix, ou la Voix en effeft,
Nom a laijïê son Corps par sa seule parole.
Ceffe-donc, Huguenot, de dire en ton Escole,
Que IESVS a laissé ce propos imparfait!.
Il a dit, c'est mon Corpsi s'il l'a dit, il fa saict,
Et pour le censurer, ta Cervelle est trop fole.
Vien-çavien, répons moy: Tu dis que CHRIST lepeut,
Tu crois bien qu'il l'a dis ; s'il l'a dit il le veut,
Sil le peut & le veut, tu tiens qu'il le doit faire.
Or le propos de D I E v n'esl jamais sans effect;
S'il la dît, il le veut ; s'il le veut, il l'a fat Et,
Il lt peut, il le veut, il l'a fait, il faut croire.
Ì O V E S O I T A I A M AI
le tres-sainct Sacrement de l'Autel.
VE IESVS soit beny pour ce sainct Saeremen
En toute occasion il s'advence à mon ayde:
Lors que je suis débile, Il me sert d aliment
Et quant ie suismalade} il me sert de remede.
O DE AV S. SACREMENT
R AN D DIEV, qui couurez vos lumiere
Dessous ces figures grossières,
Dont l'amour vous a déguifé;
Mon coeur que le zele deuore
Tout confus, & tout épuisé,
Captiuant ma raison, ce Sainct prodige adore
2
Les yeux le goutf, & le touchers
Trompez sur cét objet si cher,
Sont contraints d'en croire à l'oreille ;
Par où le Verbe s'installant,
Porte à nos Esprits la merueille
Des veritez du Ciel, qu'il leur va reuelant.
Súr la Croix, la Diuine Essence
Cachoit seulement sa présence ;
Mais dans ce Mystère incompris,
Le corps s'éclipse ausi bien qu'elle :
Toutesfois l'y cherche ce prix,
Qui d'vn Larron cruel, fit vn Martyr fidele
QueThomas contemple ces troux ,
Que firent la Lance & les Cloux :
Icy sans voir, le vous confesse
Mon Dieu, mon Sauveur, & mon Roy:
Et vous conjure en ma foi blesse
De m'augmencer l'amour l'esperance & la foy
Abregé du grand Sacrifice
Qui nous fie l'Eternel propice ,
Pain vif, qui rend l'homme immortel :
Fay que man ame languissante
Puisse, approchant de ton Autel, [cante.
Pour goûter tes douceurs, vomir l'humeur pec-
Doux I ESVS, sacré Pelican ;
La Mort me va mettre à l'encan
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Sous le dur Empire du Diable ;
Si ce Sang, que tous les humains
Ont éprouué tant secourable,
Purgeant mes faletez ne m'oste de ses mains.
Quoy-que vous Fouliez les Estoiles,
le vous voy Seigneur, fous ces Voiles,
Ou pour nous Vous prenez plaisirs
Mais ma soif n'en pas étanchée,
Tant que la courtine arrachée
Laisse courir mes Yeux où vole mon désir.
LES EXCEL LE N CE S
les Bontés de nojlrë Dieu.
IEV est Seigneur, & s'il est mal fuiiy :
Dieu paye tout, & s'il est mal feruy:
Dieu est viuant, sa gloire est icy morte:
Dieu ouure l'huis, on luy ferme la porté:.
Dieu n'est qu'amour, & s'il n'est point aymé:
Dieu est tout bon , & n'est point estimé :
Dieu n'est que Paix, nous fomentons la guerre:
Dieu est au Ciel, nous n'aymons que la terre.
V I met son Coeur du tout en Dieu,
II a son Coeur, & s'il a Dieu :
Mais qui le met en autre lieu,
II perd son Coeur, & s'il perd Dieu.
SVR LE TRES-SAINCT
SACRE ME N T
DE L'AVTEL
SONNET.
VGVST ES Attribut de cette Essence pure
Que l'on adore au Ciel & craint dans les Enfers;
Pouvoir, Sagesse, Amour à qui cet Univers
Doit toutes ses Beautés &tsa riche Structure :
Vous confondez icy les sens la Nature,
Et bien qu'à nostre esprit tous secrets soyent ouverts
Il ne peut conceuoir les prodiges divers
Que vous avez caches dessous cette Figure.
La Veue & l'Odorat, le Goust & le Toucher
N'y sentent que du pain au lieu de sang & Chair,
Et la Nature y void l'accident sans Substance:
Enfin, l' Entendement y demeure estonné,
Et lassé d'y chercher l'Estre Immense borné
Captiue sous la Foy sa profonde ignorance.
ACTES DE CONFIANCE EN DIEV
& de défiance de nous-mesmes.
VEC vous o mon Dieu, j'auray tant de courage,
Que la grandeur des flots & l'effort de l'orage
N auront pas de pouuoir d ébranler ma vertu:
Mais fi pour vn moment vojìre Bonté me laiffe,
le ne fer ay plus rien qu'vn fragile festu,
Dequi le moindre souffle emportéla soibleffe.
A VSAIN CT ESPRIT.
L'A M O V R du Fils & du Père,
A qui les Anges sont la Cour,
Purgez mon ame, & veuille faire
Qu'elle brûle de voílreAmour.
A LA MERE DE pI E Y.
IERGE Mère de mon Sauveur,
Par qui toute Grâce est donnée ;
Demandez qu'en vostre faveux
Ma Grâce soit entérinée.
A LA TRES-SAINTE VIERGE.
V
Vistes des Païs Estrangers ;
Faites par vos peines passées ,
Qu'il nous preferue des dangers
Dont nos Ames sont ménacées.
Sur le Desert de Sainct lean Baptiste.
S O N N E T.
ORT E L S qui frissonnez au mot de Pénitence
De qui la Volupté vous fait un Monstre affreux,
Venez voir au Desert la Grâce & l'Innocence
Qui vous sont de ce Monstre un objet amoureux.
IEAN qui de refus- Christ les sacrez pas deuance
Et de la Pénitence est le Trompete heureux,
Sur les bords du Iordain dés sa plus tendre Enfance
Change en autant d'appas ses trais les plus hideux.
Son exemple & sa voix luy donnent tant de charmes
Que les plus ennemis des soupirs & des larmes
Trouveroyent des douceurs à pleurer & gémir :
Et, voyant ce jeune Ange à son corps si seueve,
Verroyent l'Austérité desormais sans blêmir,
Et mesmes en feroyent leur volupté plus chere.
A S. I E A N L'E VANGELISTE
2 V A T R A I N S.
SLEVANT mon effer sur les planchers du Monde,
Où tous les Astres vont allumer leur Clartez,
I' ay voilé dans un lieu si riche en raretez
Qu'on ne voit rien d'égal fur la Terre & sur l'Onde.
L'ESPRIT Sainct ma porté jusques au sein du Père,
D'où les plus purs Esprits n'ozeroyeht approcher :
l'ay veu comme le Fils sans Père s'est saict Chair,
Qui douant tous les Temps est engendré sans Mere-

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