À la mémoire de Monseigneur Antoine de Salinis, archevêque d'Auch / [signé : Georges Niel]

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impr. de J.-A. Portes (Auch). 1861. Salinis, de. In-8°, 8 p..
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Publié le : mardi 1 janvier 1861
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A
DIS MONSEIGNEUR
AUCH,
J.-A. PORTES, IMPRIMEUR DE LA PRÉFECTURE,
1861
MONSEIGNEUR
I.
Il y a des hommes que Dieu semble avoir envoyé sut
terre pour faire respecter l'humanité, croire en lui et à la
mission de la créature. Dès que ces hommes se montrent,
ils mettent tout en mouvement autour d'eux. Ils deviennent
le pivot, la clef de voûte de la société où la Providence les
a jetés comme un instrument de progrès et de civilisation.
A leur voix les villes se bâtissent ou s'embellissent ; les
moeurs d'arriérées où de barbares qu'elles étaient, se poli-
ment et s'adoucissent. Le commerce languissant jusqu'alors,
prend un essor tout nouveau. Les arts, la littérature, les
sciences se créent, à l'instigation de ces initiateurs, un
centre dont ils sont le rayon vivifiant. Leur parole émeut,
grandit, donne de la confiance. L'horizon s'éclaircit pour
laisser entrevoir dans le lointain la réalisation certaine de
toutes les vagues aspirations de l'homme. L'âme de ces
êtres bienfaisants dissipe les doutes. Car avant de croire
en Dieu, il faut croire en l'homme. Niez la créature, vous
niez le Créateur : l'un et l'autre sont inséparablemeut unis.
Les hommes dont je parle sont doux, bienveillants,
indulgents. La charité est leur guide : charité multiple qui
sait consoler les douleurs morales comme les douleurs
matérielles, qui sait aller au-devant des infortunes du coeur,
encourager le faible, relever les découragés, mettre les
autres hommes dans la voie où les appellent leur instinct,
leur caractère et leur tempérament. Ces guides de l'huma-
nité procèdent par la douceur et par l'exemple. Ils savent
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Trallier leurs ennemis par un mot, par une bonne parole.
Ils ont le sentiment de l'égalité de tous les êtres devant la
divinité qu'ils représentent. Leurs bienfaits se répandent
avec une juste mesure, leurs actes sont faits au profit de
tous, leurs discours sont à la portée de toutes les intelli-
gences.
Lorsque ces rares envoyés du ciel quittent le monde, if
y a pendant longtemps, comme un sentiment de malaise
parmi ceux auxquels ils ont été toujours trop tôt arrachés,
Leur souvenir cependant, parcelle de leur âme, laissé
comme consolation aux survivants , fait faire encore de
grandes choses. C'est le propre des belles âmes de
laisser après elle comme un rayon lumineux. Partout on
trouve trace de leur passage. Partout ils ont mis le sceau
de leur esprit ou de leur génie. Ici leur charité a élevé un
monument, un asile aux infortunes, leur expérience a
reformé des abus, dicté une ordonnance ; là, leur science
a rassemblé autour d'eux tous les esprits d'élite, fondé
une académie, leur génie produit un mouvement littéraire,,
créé une école. C'est ainsi que se perpétue leur souvenir
d'âge en âge; car, tout les redit et les raconte : la pensée,
limage peinte ou gravée, les mémoires, la reconnaissance,.
la légende.
II.
Mgr ANTOINE DE SALINIS fut un de ces hommes.
Il eut le génie du tact et de la séduction.
Il avait la plus haute vertu de l'épiscopat : la charité.
Il possédait le plus grand don que Dieu puisse donner
à l'homme : la connaissance de ses semblables et de
l'humaine faiblesse.
Il était doué d'un esprit élevé, libéral; il avait le goût
de l'art, des lettres et de l'élégance.
La société se souviendra longtemps de celle belle-
figure toujours souriante, de ces yeux purs et brillants,

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