//img.uscri.be/pth/91bb39484cca1c61d59b97f11aea803d32cc66f6
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 3,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - MOBI

sans DRM

À la recherche de diamants dans l'Amérique équatoriale

De
272 pages

Cinq couverts se trouvaient dans la salle à manger d’un appartement situé aux environs de la rue de Vaugirard. Cette pièce était petite, sans aucun luxe, mais d’une propreté absolue, le repas commencé témoignait l’économie tout en étant suffisant ; quatre personnes assises autour de la table semblaient tristes et préoccupées, peu de mots s’échangeaient entre elles ; évidemment une pensée sérieuse tourmentait leur esprit. L’une de ces personnes, le père, un homme d’une cinquantaine d’années, à la physionomie sympathique mais grave, offrait le type de ces vieux militaires qui ont consacré au service de leur pays une partie de leur existence, il était d’une taille élevée, paraissait encore fort, quoique ses cheveux et sa moustache fussent blanchis par les années, n’ayant plus que le bras droit, un ruban rouge expliquait cette triste mutilation.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


Voir plus Voir moins
À propos deCollection XIX
Collection XIXest éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
BIBLIOTHÈQUE CHRÉTIENNE, MORALE ET LITTÉRAIRE
re (GRAND IN-8°, 1 SÉRIE)
VUE DE RIO DE JANEIRO
Raoul de Croÿ
À la recherche de diamants dans l'Amérique équatoriale
A MON FILS MINISTRE PLÉNIPOTENTIAIRE DE FRANCE EN DANEMARK
A MES PETITS-ENFANTS
GENEVIÈVE, HENRI ET JOSEPH DE CROY
ESPÉRANCE DE SOUVENIRS
NOTE SUR LES LÉPIDOPTÈRES DU BRÉSIL
Dans la classe très nombreuse des insectes, la plus attrayante est, sans contredit, celle connue sous le nom deLépidoptères.La richesse des couleurs dont ils sont parés, leurs formes gracieuses et variées, attirent les re gards des amateurs d’entomologie et leur inspirent le désir de les posséder. Le Brésil, spécialement, abonde en admirables papillons, dont quelques-uns naissent en France, on n’explique pas trop comment, mais qu’on trouve maintenant à acheter chez les naturalistes. Nos lecteurs nous sauront peut-être gré de leur donner une liste de ceux collectionnés par HARRY WATERSON, l’un des personnages importants du récit qui va suivre. Nous la livrons telle que nous l’avons trouvée dans les papiers de ce voyageur, en laissan t subsister les notes parfois excentriques qu’elle contient. Papillon Vertumne.J’ajoute hydrophile, car il ne craint pas de raser, avec ses ailes décorées d’un ruban rouge, le bord dés ruisseaux et même les rives de l’Amazone. Pour m’en emparer, j’ai glissé dans le grand fleuve à la vue d’un magnifique alligator qui, sans invitation, s’avançait pour faire de moi son déjeûner. Papillon Polymetus.Jolie espèce. Papillon Polysaon.Se trouve sur les malvacées. Papillon Evandre. Papillon Iphitan.Couleurs tristes ; rare dans quelques districts du Brésil. Papillon Dardanus.Noir, rouge et jaune. 7° Papillon Nephalion.Ressemble auDardanus. 8 °Piéride Lycimnia. Varie us de zéro...de couleurs... 35 degrés centigrades au-dess Ouf ! Papillon Belus.D’un beau vert de bronze. 10° Protesilaus.Blanc, noir en bordure, jaune, bleu, marqué de rouge. 1 1 °Ascanius.lie de vin... Enfin, je l’ai pris ; mais  Eventail le misérable s’est photographié sur mon filet. 12°Ascanius de Cuvier. D’un joli violet : mais pourquoi donner ce nom à u n papillon très ordinaire ? L’Amérique a produit des naturalis tes tels que Hearsee, Bartram et Wilson, qui ne devraient pas être oubliés et qui ne sont pas des naturalistes en chambre, ainsi que Maine-Reed s’exprime en parlant des classificateurs. 13° Piéride Phaloé, Pauline, Calypso.Trois blanches sœurs. 14°Nymphale Clymenus.Véritable dessin chinois. 15°Hespérie versicolore.Une palette de peintre. 1 6 °Nymphale Hydarnis.enposé par hasard ce papillon sur une palette  Ayant porcelaine d’aquarelliste, j’ai songé que des assie ttes décorées, sur le listel, d’une couronne de ces jolis lépidoptères, pouvaient être offertes à nos reines de la danse. 17°Papillon Lycorœrus.Plus grand qu’un colibri. 18°Papillonje n’ai pu découvrir le nom. Genre dont terias, tantôt jaune clair, tantôt d’une couleur d’ocre roussâtre ; les ailes supérieu res, entourées d’une bordure noire, varient de forme suivant le sexe. Antennes noires, le corps aussi ; les ailes de dessous parsemées de taches jaunâtres... Je ne l’ai rencont ré qu’une fois, et, ma foi, je lui ai donné mon nom. 19°Vanesse Aglatonice. Ce Clerk lepapillon a été baptisé de tous les noms : Linn- nommeAnacardii ; Drury,papillon Parhassus ;l’appelle tantôt Palinot-Beauvoir Ethiopa, tantôtOpaloe. Ce e aux femmes les plusqu’il y a de certain, c’est que je le recommand élégantes comme harmonie du costume.
2 0 °Héliconie de Humboldt. Espèce eassez ordinaire, rencontrée sur les bords d l’Amazone par le savant naturaliste : il aurait dû mieux choisir pour l’admettre dans sa famille Ici s’arrêtent les trois ou quatre pages du journal de Waterson, consacrées aux lépidoptères. Ces notes au crayon ont à peu près disparu par le frottement du voyage ; nous n’avons pu déchiffrer que les vingt numéros ci-dessus : le reste est plus difficile à comprendre que les hiéroglyphes égyptiens ou mexicains.
CHAPITRE I
La famille. — Oubli des devoirs. — Le cœur d’une mère
Cinq couverts se trouvaient dans la salle à manger d’un appartement situé aux environs de la rue de Vaugirard. Cette pièce était petite, sans aucun luxe, mais d’une propreté absolue, le repas commencé témoignait l’éc onomie tout en étant suffisant ; quatre personnes assises autour de la table semblaient tristes et préoccupées, peu de mots s’échangeaient entre elles ; évidemment une pe nsée sérieuse tourmentait leur esprit. L’une de ces personnes, le père, un homme d ’une cinquantaine d’années, à la physionomie sympathique mais grave, offrait le type de ces vieux militaires qui ont consacré au service de leur pays une partie de leur existence, il était d’une taille élevée, paraissait encore fort, quoique ses cheveux et sa m oustache fussent blanchis par les années, n’ayant plus que le bras droit, un ruban ro uge expliquait cette triste mutilation. En face de lui, une femme d’environ quarante-cinq a ns, encore agréable par son grand air de bonté et la douceur du regard de, deux yeux bleus qui avaient conservé la limpidité de la jeunesse, paraissait singulièrement préoccupée du cinquième couvert. Chaque fois que la servante entrait dans la salle à manger, elle tournait vivement la tête, et un soupir s’exhalait de sa poitrine, en constatant l’absence prolongée de celui dont la place restait vide. Une gracieuse jeune fille de dix-sept à dix-huit ans, et un garçon arrivé à cet âge où la pratique de la vie va commencer, partageaient la distraction de leur mère, mais sans cependant paraître en éprouver la même douleur. Huit heures sonnèrent à une vieille pendule de la salle à manger. me — Cette pendule avance, dit M Dumaine, en hésitant. — C’est lui qui retarde, répondit son mari d’une voix brève, tous les jours il en est de même. — Quelque accident, peut-être ? — Oui, volontaire. Au moment où M. Dumaine prononçait ces deux mots, les lèvres serrées, la porte de la salle à manger s’ouvrit et un grand et beau jeune homme, ressemblant à M. Dumaine par la force et la figure franche et énergique, et à sa mère par ses beaux yeux bleus, entra d’une contenance un peu troublée, en gagnant sa place sans prononcer un mot. Par un mouvement involontaire, la mère, le frère et la sœur se soulevèrent sans doute pour aller embrasser l’arrivant, mais M. Dumaine jeta un regard impérieux autour de lui, et ne prononça que ce mot : — Restez ! Tout le monde se rassit, et le repas s’acheva dans un silence absolu. Il était évident que des préoccupations tristes et sérieuses affligeaient en ce moment ces cinq personnes. Toutes avaient le regard troubl e ou baissé qui annonce la concentration de la pensée. La mère seule dirigeait parfois ses yeux sur son fils aîné, son cœur oppressé devait avoir peine à se contenir, et deux grosses larmes coulaient lentement sur sa figure pâle et contractée. Un moment le père parut sortir de son oubli de lui-même, sa vue alla de son fils à sa femme, il aperçut les pleurs, une ombre d’émotion passa sur son visage, il semblait hésiter, mais un autre sentiment le domina sans doute, car il se leva brusquement de table et se tournant vers sa fille et son plus jeune fils : — Venez, dit-il, c’est aujourd’hui le jour où nous avons à nous occuper de l’électricité, il nous restera à peine assez de temps pour pouvoir vous faire, dans mon cabinet, une intéressante expérience.
me Un témoin de cette scène aurait probablement pensé que M Dumaine, restée seule avec son fils, allait le serrer dans ses bras ; il n’en fut rien, son regard suivit son mari, elle joignit les mains.  — Ton père est bon cependant, prononça-t-elle à de mi voix... mais il est si malheureux ! Entre la mère et le fils cette triste situation dev ait ou pouvait se prolonger, un même sentiment les rapprocha, ils furent bientôt l’un auprès de l’autre, la mère parla longtemps d’une voix sourde trempée de larmes. Elle semblait gronder comme grondent les mères avec plus de consolation que de reproches, Georges Dumaine ne résistait pas à cette expression de sentiments partant du cœur, la confus ion, le repentir se lisaient sur sa physionomie contractée, il tenait les mains de sa m ère qu’il baisait à chaque parole qu’inspirait l’amour maternel ; ses aveux, (il deva it se produire de misérables aveux) paraissaient le couvrir de confusion, sans nul doute il semblait être coupable, mais ses erreurs, on pouvait le croire, se rachetaient par son repentir. Laissons ces deux cœurs faits pour s’entendre, et rejoignons M. Dumaine avec lequel il convient que nous fassions plus complète connaissance.