A Leurs Majestés les souverains de l'Europe. Moyen radical pour résoudre le problème de la question romaine, de la paix des nations de l'Europe, de la régénération morale des peuples, par P. André

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impr. de Arnaud, Cayé et Cie (Marseille). 1868. In-8° . Pièce.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1868
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A LEURS MAJESTÉS
LES
SOUVERAINS DE L'EUROPE
MOYEN RADICAL
POUR RESOUDRE LE PROBLEME
de la Question Romaine, de la Paix des Nations de l'Europe
de la Régénération morale des Peuples
PAR
P. ANDRÉ
MARSEILLE
TYPOGRAPHIE ET LITHOGRAPHIE ARNAUD, CAYER ET Cie
Rue Saint-Ferréol, 57
1868
A LL. MM LES SOUVERAINS DE L'EUROPE
MOYEN RADICAL
POUR RESOUDRE LE PROBLEME
de la Question Romaine, de la Paix des Nations de l'Europe
de la Régénération morale des Peuples
Aujourd'hui que la double question Romaine et Italienne
est remise à l'ordre dujour, et que le gouvernement français
a exposé nettement sa politique à cet égard, le momentnous
a paru opportun pour une troisième édition des principes que
nous avons publiés vers la fin de l'année 1860, à la suite des
nombreux écrits que suscita la célèbre brochure Le Pape et le
Congrès.
Si cette double question est restée toujours la même, c'est-
à-dire contraire à la tranquillité de l'Europe et au progrès
moral et physique de l'humanité, la raison en est que la ques-
tion doit être résolue radicalement, etnon à l'aide des simples
améliorations qu'on a tenté d'y apporter.
Dans le Nouveau-Monde, comme dans notre vieille Europe,
le désordre est tellement manifeste qu'on ne saurait, sans
laisser exister la racine du mal, se borner à un seul point du
sujet. Il faut non-seulement se préoccuper de la question ro-
maine, mais encore, et surtout, remédier au mal de la société
entière.
Pour bien se pénétrer de la tâche à remplir pour la solution
de cet important problème, nous ferons observer aux Souve
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rains comme aux simples sujets, que la société ne peut être
formée que sous deux conditions bien distinctes entre elles :
l'une qui la forme au bien, et l'autre qui la forme au mal. Or,
veut-on former une société d'hommes batailleurs ; faire sur-
gir des sociétés secrètes, une opposition systématique, des
philosophes du sensualisme, d'athées, de joueurs, de faus-
saires, de voleurs, d'intrigants et d'assassins, le tout mêlé à
une minorité d'honnêtes gens, généralement victimes des au-
tres ? Eh bien ! continuez à laisser les pères et mères sans règle
de conduite pour bien élever leurs enfants et libres de le faire
selon leur manière de voir et de leurs caprices, ainsi qu'ils le
font aujourd'hui; laissez en même temps le programme de
l'instruction publique tel qu'il est établi et enseigné. Vous
pouvez être certain qu'avec ces deux moyens, vous réussirez
complètement, et vous avez d'autant plus de raisons de le
croire, que la société n'a jamais été élevée que dans cette dé-
plorable condition. Vous n'avez donc rien à faire pour l'éta-
blir, elle est déjà malheureusement toute faite. Mais n'allez
pas croire, avec tant de philosophes, de législateurs, de théo-
logiens de toutes les époques, et avec les gouvernements qui
vous ont précédés, que, pour réformer une telle société, il
suffise de beaux discours, de beaux sermons, de lois répres-
sives , de remanier, bien que ce soit utile, la carte géogra-
phique des nations de l'Europe, et de s'annexer divers pays ,
etc. ; car l'histoire des faits vous démontre que vainement on
a tenté la transformation de l'homme adulte, et que, dès lors ;
il est incorrigible.
Si, au contraire, vous voulez former une société d'hommes
moraux, laborieux, animés de leurs devoirs, pleins de senti-
ments fraternels et d'honneur, donnez auxpères et aux mères
un principe d'éducation qui leur indique ce qu'ils devront
faire pour bien élever leurs enfants. Faites aussi que l'instruc-
tion soit une annexe de l'éducation de la famille, complétez-
la et faites qu'elle soit mieux appliquée.
Avec ces deux moyens appliqués aux enfants, à ces natures
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vierges encore de tout défaut et de tout vice, vous changerez
ce triste état social de nos jours. En effet, ces deux moyens
sont les deux incomparables leviers qui ont été donnés à
l'homme pour se régénérer et multiplier sa puissance, afin de
tout améliorer ici-bas, et d'accomplir ainsi sa mission sur la
terre.
Que Vos Majestés, daignant donc ouvrir les yeux à la lu-
mière nouvelle de la science, c'est-à-dire à la nouvelle décou-
verte phrénologique, que nous allons exposer brièvement,
ainsi que les importants résultats qu'on peut en obtenir. Par
ce simple exposé, on aura la preuve la plus évidente que, pour
régénérer l'homme et le rendre sociable, il faut rigoureuse-
ment, dès son enfance, détruire ses mauvaises tendances et
lui inculquer des habitudes bonnes, qui le façonnent peu à
peu, de telle sorte qu'en grandissant il devienne aussi, de
plus en plus, raisonnable et sage.
Pour y parvenir d'une mamière certaine, il faut que les chefs
d'Etat et les chefs de famille, comme aussi les instituteurs,
sachent bien que toutes nos actions, ainsi que tous nos mou-
vements, sont déterminés par notre cerveau. Que, d'autre part,
notre cerveau se divise en trois parties principales : sur le de-
vant du front se trouve la partie intellectuelle ; après vient la
partie du sentiment, de la raison et de la justice; la troisième
partie se trouve en arrière de la tête, (Voir la gravure à la fin
de l' ouvrage.)
Cette troisième partie du cerveau est la partie de la sensua-
lité, qui, se développant, par une tendance naturelle, ar-
rive à dominer les deux autres parties du cerveau, comme
aussi à entraîner l'homme à descendre dans tous les vices et à
commettre tous les actes de la plus atroce férocité. — Mais si
on paralyse le développement de la troisième partie, tout en
développant les deux premières, un effet contraire se pro-
duit : l'homme acquiert le caractère de toutes les qualités
morales et sociales, ainsi que la volonté de les pratiquer.
Il faut donc que les chefs de famille d'abord, et les institu-
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teurs ensuite, se préoccupent, très attentivement, du soin de
développer la première et la seconde partie du cerveau des
enfants et de paralyser le développement de la troisième, afin
et de manière que cette dernière soit dominée par les deux
précédentes, ou tout au moins mise en équilibre avec elles.
Pour obtenir ces résultats, les moyens sont faciles à recon-
naître et à mettre en pratique : lorsque l'enfant manifeste ses
volontés et persiste à vouloir les satisfaire, à être paresseux,
désobéissant, gourmand, colère ou joueur, cherchant à faire
du mal aux animaux domestiques, vous pouvez être assuré
que c'est le troisième lobe cérébral qui tend à se développer.
Ce développement s'opère par les nombreux mouvements que
ce troisième lobe exécute en plus que les deux autres parties
du cerveau, et qui, par ce fait, si on ne se hâte pas d'y remédier,
les dominera d'une manière fatale, ainsi qu'il en est de la do-
mination de notre main droite sur notre main gauche, par le
seul fait aussi des nombreux mouvements qu'elle exécute en
plus.
Or, quand les enfants manifestent de pareilles tendances,
il faut s'empresser de les corriger, de les occuper à des études
et à des actes de moralité, au travail, et les maintenir dans
une rigoureuse obéissance. Par ce moyen vous mettrez en jeu
les deux premiers lobes et vous arrêterez l'action du troi-
sième, tout en détruisant sa puissance dominatrice. Tout cela
est facile à obtenir pendant l'enfance ; mais si alors on néglige
de les corriger, plus tard on n'y sera plus à temps.
Voilà donc le principe posé, soit de la morale, soit de l'édu-
cation, et même celui de l'instruction.
Il découle du simple exposé phrénologique que nous ve-
nons de faire, que le désordre sociale aurait pour cause déter-
minante la domination de l'organe du vice sur celui de la rai-
son ; d'où il faut conclure qu'il en sera toujours de même tant
que l'éducation ne viendra pas y remédier. En effet, en nous
enrichissant de la raison, de cette précieuse faculté, le Créa-
teur a voulu qu'elle présidât à toutes nos actions; il nous a

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