A Louis-Napoléon Bonaparte. [Vous êtes empereur par la grâce de Dieu et par la volonté du peuple. Signé : Joseph Lacroix. Précédé d'une poésie de Pierre Mendon adressée au prince Murat.]

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impr. de J.-G. Plantade (Cahors). 1852. In-8° , 13 p..
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Publié le : jeudi 1 janvier 1852
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La verlu , Ie talent, bien plus que la naissance,
Sauvegardent la rovauté.
Napoléon était un soldat de fortune ;
Les Médicis étaient d'origine commune ;
Sixte-Quint gardait les pourceaux ;
Le comte de Hapsbourg, ce chef d'un grand empire,
Dans un château perdu régnait, en pauvre sire,
Ils ont pourtant marqué sur la terre et l'histoire;
Partout avec splendeur a rayonné leur gloire,
Et dans le terrestre milieu ,
Ils ont réalisé le plus sublime rêve
Car ils avaient reçu, la parole et le glaive,
De la main puissante de Dieu.
Voyez votre cousin, ce maître sans couronne,
Les grandeurs de l'exil le préparaient au trône,
Au trône qu'il relevera.
Mystérieusement le Ciel répand sa grâce :
Croyez-le, ce n'est pas comme chef de sa race
Que Bonaparte montera.
(Au prince Murat.)
PIERRE MENDON.
A LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE.
TOUS ÊTES EMPEREUR PAR LA GRACE DE DIEU
ET PAR LA VOLONTÉ DU PEUPLE
Vox populi, vox Dei !
I.
Lorsque votre regard de proscrit se tournait
vers la France si regrettée ;
Lorsque votre voix de prisonnier s élevait, dans
le cachot de Ham, pour demander au Ciel une pen-
sée consolante ;
Monseigneur—avez-vous jamais rêvé la splen-
dide fortune qui vous arrive aujourd'hui ; avez-
vous espéré la mission qui vous est, si providen-
tiellement , confiée ?
Vous étiez encore enfant, en ces temps de honte
et de ruine, qui virent l'Étranger, fatalement vain-
queur, relever, dans les boues sanglantes de Wa-
terloo, le sceptre du moderne Empereur d'Occi-
dent, pour l'offrir à un monarque impotent et phi-
losophe.—Vous étiez enfant, et déjà votre avenir
d'héritier impérial était, sans pitié, outrageusement
livré aux horreurs de l'exil et de la misère.
Vous étiez adolescent, à cette époque où le der-
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nier frère du malheureux Louis XVI, le dernier
enfant d'une dynastie condamnée par l'abandon de
Dieu, s'en alla, loin de la terre qui l'avait vu naî-
tre, accomplir la triste destinée que la volonté im-
muable lui avait imposée — vous étiez adolescent,
et votre tour de marquer, en traits glorieux, votre
passage dans la vie , n'était pas encore arrivé.
Vous étiez homme, homme fait, homme élu,
alors que la justice céleste fit chasser, à coups de
pierre et par tout un peuple, le roi des barri-
cades—vous étiez homme, et comme votre heure
venait de sonner, la révolution triomphante vous re-
poussa, loin de son oeuvre et de son orgie gouver-
nementales , afin de vous désigner solennellement
à l'estime et aux préférences de la grande nation
encore trompée par des illuminés politiques.
Alors,—sans prétention comme sans orgueil, vous
avez franchi, en vous inclinant devant la légitimité
de la souveraineté populaire, la porte de la terre
promise qui s'ouvrait, devant votre fiévreuse impa-
tience d'exilé, sous la pression d'une élection réi-
térée, et vous êtes venu, au imiîieu de nous, pour
accomplir modestement les devoirs si sérieux d'un
représentant du peuple.
Oh! Monseigneur! ce titre n'avait été créé réel-
lement que pour vous:—■ n'avez-vous pas été et

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