A mes coélecteurs

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Impr. de F.-A. Barbier (Poitiers). 1816. France (1814-1824, Louis XVIII). In-12. Pièce.
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Publié le : lundi 1 janvier 1816
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Source : BnF/Gallica
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A
MES COÉLECTEURS.
A POITIERS,
De l'Imprimerie de FRANÇOIS -AIME BARBIER,
Imprimeur du Roi.
1816.
A
MES COÉLECTEURS.
MESSIEURS,
Nous voilà une seconde fois réunis, plutôt sans
doute que nous ne l'avions pensé , et, dans des
circonstances peut - être aussi graves , aussi diffi-
ciles que -, celles qui accompagnèrent notre pre-
mière réunion. Alors l'étranger étoit au milieu
de nous, et les licences inévitables qui suivent la
victoire, donnoient à la France, que les alliés de
son Roi avoient de nouveau s'auvée, les tristes
apparences d'un pays conquis par des ennemis
impitoyables. Aujourd'hui un ennemi intérieur et
caché lui déclare une véritable guerre, une guerre
d'autant plus dangereuse, que, manoeuvrant dans
les ténèbres, il dissimule ses manoeuvres sous les
apparences fallacieuses d'un zèle ardent pour le
Prince et' pour l'Etat.
Ce Prince, que le ciel nous a rendu, sans cesse
occupé du bonheur de ses sujets, dans cette solli-
citude noblement ombrageuse, qui trouble son
repos pour assurer le nôtre, a, cru devoir révo-
quer quelques concessions que d'abord, lorsqu'il
A a
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revint au milieu de nous, il avoit jugé des con-
cessions utiles. La charte qu'il nous a donnée,
base du droit public et loi fondamentale de la
France, lui semble, sinon menacée dans son exis-
tence , du moins en danger de perdre quelque
chose de cette vénération générale, qu'il est si
important de lui concilier, si on la livre trop tôt
à la chaleur souvent indiscrète des discussions. Il
veut donc le premier donner l'exemple du respect
qu'il commande à tous pour ce contrat auguste,
en rentrant dans les formes rigoureuses que lui-
même avoit d'abord permis de franchir. La charte
fixe un certain nombre de députés, un certain
âge pour être élu; et ces conditions, qu'il s'agit
de rétablir, ne peuvent l'être que par la convo-
cation d'une chambre nouvelle. Dans l'ordon-
nance qui dissout la dernière chambre, le Mo-
narque déclare positivement qu'il est dirigé par
cette seule considération ; il ne laisse pas même
soupçonner qu'il en existe une autre, et jamais les
motifs d'une volonté royale ne nous furent plus
clairement expliqués.
Cependant, à peine cette ordonnance est-elle
rendue, que le cri d'une joie insolente se fait en-
tendre de toutes parts. Un parti, qui déguisoit
mal son effroi, il y a peu de jours, triomphe
aujourd'hui de cette décision du Souverain; ses
déclamations sont avidement recueillies dans ces
feuilles, tour à tour funestes et salutaires, qui
font circuler;, presque indifféremment, dans la

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