A mes concitoyens, ou Réflexions patriotiques d'un François, sur la sécularisation des religieux, et l'extinction de la mendicité ([Reprod.])

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[s.n.] (Genève). 1787. Sécularisation (biens ecclésiastiques) -- France -- Ouvrages avant 1800. Mendicité -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : lundi 1 janvier 1787
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A MES CONCITOYENS
ov
RÉFLEXIONS PATRIOTIQUES
D'UN FRANÇOIS,
S u R la Sécularifation des Religieux, &
YExûn&ion de la Mendicité.
A GENEVE.
Il.787-
LETTRE DE L'AUTEUR
A M. D*».
Vous avez combattu avec fcîen de ta chaleur
Monficur la thèfe que j'ai fWatenoe dernièrement
fur l'Extinâion de la Mendicité; je n'ai point on-
blié que vous m'avez provoqué fortement pour
mettre par écrit mes idées qoe vous vous êtes pref-
que engagé tes réfuter ai accepté ce défi dans
la vivacité de la dtfpjte fans trop réfléchir
partie n'étoit point égale mais Vamoor do bien m'a
fait braver les dangers d'un combat *uflt .difpropor-
tionné & puifqce j'ai donné ma parole, je uvre
cet Ecrit riute la iagaché de votre critique. Quoi-
ou'il ne. fait ( pour airtfi dirr) qu'un fitnple extrait
aidées, qui demanderoient à *tre beaucoup plus dé-
veloppées, il remplit ftriâcment mes engseemess
j'y remets fous vos yeux, toutes les~obje£wôns (jui
m'ont été faites fi vous voulet bien Vous les rap-
peller conftquemmem il m'a fal)u' moucher ce
mémoire, & lm donner la forme tf une espèce de dia-
le critique f< l' Auteur ce travail, je voas
l'avouerai m'a été d'autant plus pénible, que n'ayant
personne daM ma retraite à qui pouvoir le *-onnrr
il m'a fallu être le rédadeur & Mais je ne
regretterai ni la fatigue de m« yeor ni Pcnouî dû
copifte fi ce fruit de tncs loifirs pbuvoiv vous rame-
ner mon opinion 5c vous porter Seconder nus
vues patriotiques. ît fuis &c.
<«>
EXPOSITION.
fcutARiSER la plus' grande partie des Réguliers;
«nployer, le fupern'u de leurs richefles à foulaâer les
malheureux délivrer l'Etat de cette vermine de men-
'liants vagabonds qui défolent les campagnes &
troublent le repos des agriculteurs fonder des hôpi-
tam de tout gjenre de tout ige & de tout fexe des
collèges pour Tinftru&ion de la jeunefle des chapi-
tees & rcaifcsm d'éducation pour la trèv-paavre no-
bl.elTe; forma; tous ces nombreux éublificroem fan%
toucher aux finances du Roi fans être .à charge à fés
peuples voila fans contredit un beau projet fur le
papier les nifultats en font nre'cieu* font-ils appuyés
• la cenfore ie tous Ces concitoyens, & même à celle
de toat leâfur quelconque, puftqué ce projet-ci pou-
voit avoir lieu dans toutes les contrées où fe fair
featir l'indigence. Pour traiter un fujet aufli imêVef-
fant cpue ce m'eir-il permis d'emprunter la plume de
cet défenfetri de ï innocence opprimée, qui poffédem.
A parfaitement fart de perfnader & de parler aux
coeurs ? mais ces rares talexis (dons de la nature) n'é-
tard difpenfé» qu'au très-petit nombre, cachons notre
infuflîfance {bus le manteau de l'anonyme, & conten-
tons -nous, d'être l'écho des convertirions qui ont été
tenues depuis longuet années, dans les cercles les plus
éclairés de la capitale & des provinces toutes les
fais que les quefrions fur la. Mendicité y ont été agi-
tées. Après un tel avea, ron conçoit que non feule-'
ment je n'ai pu la prétention d'être créateur, mais
mêmes, qu'il eff loin de ma penfée de riretf vanité
d'un travail dont le feul mente ( fi tant eu qu'il ep
Ci)
exifïc ) eft de réunir fous un même point de vne les
abus dune Monatlicité beaucoup trop nombreute, les
moyens bien fimples de les réprimer, & les avanta-
ges inappréciables d'une réforme auffi fatutaire. Cène
corde affez délicate toucher, pouvant blefler les
oreilles des confidences fufceptihles je prie le lec-
teur d'obferver que' flans tous les fentiers que je vais
parcourir, aurai la plus fcrupuleufc attention d'écar-
ter tout ce qui pourroit faire {ufpeâer que des cadi-
dérations perfonnelles oú Politiques, puiflenc jamais
erre confondues avec les intérêts du paovre ft Toa
en excepte néanmoins ceux qui, dans un état quel-
conque, font liés de toute néceffité avec le mieux être
de la daffe indigente.
Le Critiqnjt, Des idées pareilles aux votraont été
propofées maintes Scmaintes fois; & fi le Gouverne-
ment n'avoir pas reconnu des impoffibilirés morales
dans leur exécution, croyez fermement que l'on n'au-
toit pas attendu votre mémoire pour les adopter.
L'auteur. C^r, arguraent, j'en conviens, eft airez
"naturel au premier apperçu; mais s'il étoit fans répli-
que, les maux invétérés feroient donc éternels la
conféquence feroit bien fîcheuie, je ne puis l'admet-
ne. Comment donc, parce que la démolition des
maifons conftruites fur les ponts de Paris, n'avoir'pas
eu lieu depuis plus de cent ans peut-être, qu'un tel
projet avoir été propofé, falloir-il en conclure qu'il y
avoir impoffibili«5 morale dans fon exécution.»
Il y a plus de quarante ans qu'il eft queftion d'éle-
ver un pont vis-à-vis la rue de Bourgogne :a naif-
fance dune ville nouvelle & une infinité d'autres
rations, rendent cette connVuâion plus nécéitaire que
jamafs parce qu'elle n'a pas encore eu lieu, f^ot-il en
conclure qu'il y a impoffibilité' morale dans fon exé-
cution ?
Le Critique. Toutes ces citatians ne prouvent ritn
un faveut de votre fyftème nous favons auflijîien
:( 6 )
que voas, q* toot projet qui deWnd dés
connoiflàicj, ou de la foule volonté du Souverain
avoir fon jikin & entier effet jf un moment à
faune; mais celui que vous propqfez eil d'une natnre
toute dU&rent* il attaque Impropriétés de 1'Eglife,
"MeflèKç anciens préjuges: pour les détruire, l'on
• faefoia du concours des deux Puiflances; c'efl ce qû
qui 1arrêté jufqu'à préfent & ce qui »rrâ~
tera toujours.
^'Auttur. D'accord far les grands obflacles à
*aince,: mais il s'en faUt bien. que j'aAbew à de telles
être facrées tous les tribunaux veillent laits ctgc pour
qu'il, ne leur foit jamais porté la pins légère atreinu.
Bénitfons le Ciel,}lui nous a fait naître fous un Gou-
vernement où' chaque citoyen cultive fon champ en
paix. Mai* il eft des circonAances où 'te Souverain
permet que fon s'écarte quelquefois de ces principes;
lorfqu'il eft quefiion par exemple » d'élever de grands
«nonumenti, d'ouvrir des canaux jle* grands che-
mins, c'eft ators qu'il y a exception a la toi & que
dans le cours de aes travaux publics,il fe rencontre
par hafard des biens de main-morte les deux puif
fances fc réunifient pour fe prêter ou des échanges
ou à des aliénations dont nom avons des exemples
de nos jours. Au refte, il faut bien te perfuader que
tout projet qui portera la pka légère empreinte de nou-
veauté rencontrera toujours unf foule de contiadic-
teurs. Mais à tous les différents terits, que l'on fup-
pofe devoir par-pitre, il fscoit facile < je crois, de ré-
pondre d'avance, par un argument bien firoplé que
Voici.
Lorfqu'on a fuppriroé les Gran-montins les An-
tonins. les mêmes rai forai que vous allègue? pour dé-
fendre aujourd'hui la MonafHcité, fubfifoient danf
toute leur étendue l'on n'y a point eu d'iépaid. Efl-ce
que les neheffes imtucnlcs du Bénédictin» & des
naîdins fcrotent aujourtfhui plus Sacrée! qae De Font
été celles des Jéfuites & des Céleftins? & ce qui s'eft
exécaté en petit, par des confidérations particulières
ne peut-il pas s'opérer engrand, pour le bonheur de
l'humanité ? Mais, fans le perdre en vains raifonne-
ments il en faut toujours revenir à cette grande vé-
rité les fondateurs n ont aumône tant de neheffes aux
roonafteres que pour faire fubfiRer des folitaires
voues dans le principe au jeûne à la priere & à la pé-
nitence fi le laps de temps, raccroifièment des abus
le relâchement dans la difeipline, a changé l'applica-
tion de ces richeffes n'eft-ce pas aux deux puilbncvs
à interpréter l'intention des premiers fondateurs:1 & ne
Font-elles pas fait déja,. tordue les abbayes om été
taifes/ définitivement en commande Tres-eertaine-
ment le but primitif des donateurs n'avoir pas été de
faire réfider fur la etc d'un feul individu la moitié de
rtvenu des Moines; /nais de oencert avec le Sioove-
rain l'Eglife a jugé uue l'intention de ces teftateurs
n'avoit pas été non ptus de difpenfer à ces folicaires
des biens irnmenfes, qui ne peuvent jamais le conci-
lier avec le. veeu de pauvreté qu'ils prononcent, &
qu'il étok bien plus fenfé de faire fervtr l'excédent de
qui travailloienf & (ignaJoient le«r «te pour la reli-
gion. La publicité dt cetce bulle a exché dans le tcms
s le* plus grandes clameurs. comme il s'en ékverok
le fond ( à PappUcation Drès ) eA le Second tome oa
premier eh bien ces abbayes mifes en. commande,
ont -elles opérk le plus petit bouIcvcrfemeiH ? !es pro-
priétés de Eglife ont-elles été renrerfées.' it n'en tft
refaite d'autres troubtes, que* celai des Moines avec
leurs Abbés.
Le Crihqut. Le mieux eft fervent l'ennemi de
bién; reformez mais ne détruifet jamais.
L'A«cur. Sophiiimes pitoyables, vieux diâura»
répétEs par' la -sulrirade qui ne réfléchit prefque ja-
mais règle générale, défoncez un mauvais champ
fi vous voulez faire une bonne récolte. Des cita-
tions fans nombre viendroient à l'appui de cette
proportion qui paneroit pour maxime & fi je ne
craignois de bleffer la délicatefle de cet intrépide
guerrier qui fit la .etraite de Prague couvert de
gloire & debleffutes & qui dans les champs de
Fontenoy, reçut des mains de fon maître, la palme
que lui avoit mérité fa valeur je dirois à mon Cri-
tique perdez jufqu'au fouvenir de ces vieux pro-
verbes, enfans de l'ignorance, dont on berce le vul-
gaire & fi vous voulez fans retour réprimer les a-.
bus fuivez exactement la marche que vous a trace
Biron ( fon nom vient de m'échapper, ) mais oui
pouvoit le méconnoitre ? Comblé des bontés du feu
Roi, Biron ne fut pas plutôt nommé Colonel des
Gardes qu'il rechercha la caufe des préventions fa-
cheufes, qui portoit les plus cruelles atteintes à la
réputation d'un Corps toujours écharpé à_ laguerre,
& prefque toujours malheureuX. Il reconnut bientôt
que fa coriftipjtion vicieufe avoit rendu & rtndroit
toujours nulle la valeur des braves foldats qui le
compofoient & de ce moment, il conçut le projet de
la réformer mais il fentit trop bien que s'il fe bor-
noit à de fimples modifications dans cène inconce-
vable conffitution il manqueroit fon but il com-
prit qu'il falloit trancher dans le vif. Qu'en «fi -il
arrivé ? un exemple frappant il eft journellement
fous nos yeux. De grands établiffemens élevés dans
tous les quartiers de la Capitale confhteront à ja-
mais la fagefle d'une adminiftration éclairte dans
toutes fes parties, & dirigée par des Officiers d'une
intelligence reconnue. Qu'eft-il réfuhé de cette re-
fonte générale ? Des foldats dérefte de tous les
Seigneurs dans leurs villages & conféquemmenr
de toute la Nobleffc du Royaume font chéris au-
B
de! tous les Citoyen*. ci Régira eue
redouté même des Labitam de la Capitale en fait
aujourd'hui la fureté enfin du Corps le plus
mal tenu le plus indiscipliné que fon croyoit indif-
ciplinable un feul homme avec les bras qu'il a eu
l'art d'employer avec fuccès en a fait le modeîe des
troupes du Roi, & pour la tenue & pour la difcipline.
Mon Critique je aors gardera 1r: filence fur cet
article, & ne pourra qu'applaudir à 1 hommage cpm je
rends au mérite & aux ralens. Mais il éleveroit fa
voix avec raison fi je m'avifois de mettre enparal-
lele la réforme de foldats libertins avec celle des re-
ligie«, que je refpeâe tous en général & qui méri-
tent en particulier égard & coafideratiou. Je le prie
donc de ne pas prendre le change. ma comparaifon
porte fur une thèfe générale jie le dis & je le lépete
quand les abus font trop enracinés détruire récréer,
c'eft la meilleure recette- Si le relâchement dans la
difcipline des religieux fi des changetnens dans leur
viç privée ont eu fieu fsnfin fi des abus fe font intro-
duits dans les cloîtrti c'eft l'ouvraee de trois ou qua-
tre fiécles les religieux du jour ne fe font engagés que
fur le régime aâuei. Vouloir le réformer & les retenir
dans leurs liens ce feroit commettre une injuilice à
lrur égard; fe borner à. de fimples modifications dans
leur coniîitution ce feroit coolerver le germe de leur
indépendance. A l'irnitation de ce digne &refpeâable
Maréchal de France, il faut retrancher dans 1e vif.
Je perMe donc toujours dans les mêmes principes
faire un état honnete aux retigieux, les fuppnroes
tous fubfltruer à leur place une nouvelle Congréga-
tion d"Hofpitaliors, leur donner de fages con/ritutions
Jeur faire prononcer une formule de voeux qui tes at-
tachent uniquement au fervice de» pauvres voili le
fouverain remède. L'on fe récrira cfabord contre de
telles innovations, il faut laiffer clabauder ces cris
cefleroot promptement lorfuu'on verra de bons reli-
-( le. )
eîeox fournis à leurs Supérieurs dépendons unique-
ment de la jurifdiâion de l'ordinaire & dont les fonc-
tions principales tourneront ^toujres au bien de l'Erat &
au bonheur de l'humanité. Ces cri«r cdféroht lorfque
l'ercploi du revenu des pauvres fera mis au plus grand
jour, que 1 Epoque fera le principal Commiffairc d'une
fi fage adminiflration. Ces cris ceflerom enfin lorf-
qu'on veira des établiffemens s'élever de toutes parts
pour fecourir l'indigence; & fi jamais des motifs afler
puifiantsontpu déterminer a fupprimer des ordres en-
tiers, 4 pourroit-i! exiflèr de plus légitimes qu©
ceux dont je m'appuie pour l'exécution d'un projet
qui ne tend uniquement qu'à fecourir fes femblables
fans troubler l'ordre de la foctcté, fans dérangér au-*
cune brancbe de radmipifiration, en un mot, fans
faire tort à ame qui vive ? L'.obten.tatkm d'une bulle
qui fdculariferoit la plus, grande partie des religieux
opérerait toutes ces merveilles.; c'eft ce que je me
propofe de démontrer dans te cours de cet Écrit..
Quant à l'article des préjuges perfonne ne les m-
p«aîte plus que moi, fur-tout lorfqu'ils tendent à main-
tenir Se affermir les principes effentiels au progrès de
la religion & au bonheur des peuples mats dam le
cas contraire, femblables à ces va/les monutnens de
l'antiquité, qui n'ont pu réfifter aux injuries de l'air &
à foutrage du temps les préjugés nuifibks à la prof-
périté d'un Etat n'rnt pu, ne peuvent & ne pourront
à la longue, réfifler aux imprefîïom lumineulcs d'une
faine prJlofophie approuvée des citoyens vertueux.
Pour appuyer ce raifonnement je lie manqucroiç pas
d'autorité & fans remonter à ces fièdes d'ignorance,
ou des loix barbares pour découvrir le coupable,
admertoitnt l'épreuve du feu ou celle d'un combat
à outrance croyez vous en bonne toi qu'aucun
Souverain de l'Europe voulût permettre ju]c rdhui
qut dans le fein de fes Etats il vini s'uabbr un
tribunal étranger, avec Je pouvoir d'cxttcw fur fes
( M)
B x
fuju» Une jurifdiûion rijoureufs & indépendante ?
Tribunal terrible, où la juûice ne rendoit jamais les'
oracles que fous le voile du myftere, & dont les ju-
gemens fanguinaires préfentoient aux fideles l'image:
d'un Dieu de colc,re, toujours prêt à punir, bien dif-
férend de ce Dieu de paix, qui pardonne & implore
fon pere pour fes petlécuteurs. Ctoyez-vôus. que nos
plus zélés miflionnaires feroient aujourd'hui dêipro-
félytes, s'ils atloient prêchant toutes les puiffaricej,
que pour faire leur falut, il fzut fe croifer, ruiner fes
peuples & rendre leur dernier foupir dans le cofluœe.
monacal ? Il ny a poiot eu d'ordonnance, de nqs Rois
pour détruire de pareils préjugés la raifon feule
éclairée de fon flambeau en a c'efféché les profon-
des racines; ainfi s'anéantiront tôt ou tard ces gran-
des -& -niques inftitutions religieufes toutes lts fois
qu'il y aura évidence d'abus dans leur durée, & cer-·
titude de bieau dans leur dHîbluiion. Mon mémoire,
vraifemblablement fera mis au rebut; dix autres
qui lui fuccÉderont éprouveront le même fort le-
onzième fera adopté tous les grands événement
s'annoncent long- temps avant quils s'opèrent le
concours d'une tn6nité de circonstances amené le
moment 'de leur exécution, commç celui des parties-
tltâriquci dans l'atTiofphere amené l'inflant de Vex-
plofion. D'après cette opinion n'ayant pas la pré-
fompric,n d'rmaginer qu'il fût arrêté dans le chapitre
des événamèns qu'à mon feul .mémoire dût être ré-
fervé l'honneur de 6xrr l'époque de cette heureufe ré-
volution & ne me entant pas le courte -d'écrire
pcvy les fieclts futurs, j'avois pour ainfi dire renoncé
a un projet qui n'oftroit à mon efprit qu'une chaîne
de difficultés mais trois hivers rigoureux, accompa-
nés d'inondations, de fréquens incendies la ,cl.erté
des denrées la- fcoherefTe de deux printemps,, enfin
jufqu'aux (âges pttcauiiorts du gouvernement, & {es
̃(II).
avis «rr agriculteurs, tout préfageoit une dîfettedV
fborragî inquiétante, de fans vouloir faire les maux
plus grands quiis ne font, tout faifoit craindre un ac-
«rtMemént de mifere pour la claffe indigente. Cex
trifres fpéculâtions ont fait revivre des idées pref-
teintes & dans un moment d'enthoufiafme, j'ai
eeé rechercher mon mémoire, et,fermé depuis deux
4m dtns mon porte-feuille j'y ai fait les change-
«rtens que 1ai jugé néceflatres pour ne laiffer aucun
doute fur la fagefle des vues qui m'animent; j'ai re-
tranché tout ce qui pouvoit erre relatif à la police &
k Fadminiftrarion des établitTements dont il fera fait
njcnirçn ci-ajrfr$; matière feche & aride, qui ne
petit intérefler que Ceox qui font chargés de la befo-
gne. Quand à ces longs détails Ton renverra le lec-
etur «Oc chapitres des noties qui corupoferont la fe-
(Onde partie de ce mémoire travail qui n'eft encore
qu'ébauché Se qui porttroit totalement à faux, fi ce
projet' n'eft point adopte.
Le Critique. Eh comment voudriez-vous qu il le
filt ? vous ne propofez que des moyens extrêmes ?
L'Aurtar. Eh qu'importe ces moyens, fi ,bien
îoin d'être nuifibles ils font utiles la religion, a
l'état au genre-humaïn & que ma morale fait tou-
jours pure, Punie- t-elle mériter le faifrage de mes
Compatriotes,^ les détacher du trop vif intérêt que pîu-
fieun pourront rendre à la confervation des Reli-
dieu%! & dans le vaen que je forme, il n'y entre, je
le jure aucun esprit d'animadverfion contre ces fer-
"rîteurs de Dicu. Mais je crois prouver d'une façon
péremptoire que leur utilité afluelle ne peur entrer
en compenfatton avec les biens fans nombre qm ré-
fulteroient de leur ffcularifation.
Avant de m'enga^er plus loin dans une route rem-
plie d'obftacles qu'if me foit permis de ru'arreter un
inftam fur les réflexions fuivantes.
̃f'J)
Premicre Rêfitxiotù
Pour éteindre la Mendicité il faudroit bannir la
pauvreté, Eh comment a-t-on pu imaginer de dé-
truire ce qu'un tifïu cPévéneroens rtprodmt fans ceffe?
Seconde Rlflexion.
Défendre la Mendicité c'eft contraSer un engage-
ment envers les pauvres c'eft leur dire Je veux
bien fupplier au fecours que l'indigence a le droit
d'attendre naturellement de l'opulence.
Or il n'eft point de PuifTance en Europe affez riche
pour entreprendre de nourrir les pauvres d'une vafte
monarchie, fans furcharger fes autres fujeu. Il n'eft
donc pas étonnant que les anciennes ordonnances,
renouvelées chaque regne foient toujours tombées
en defutrudes & i'Adminifrrarion aura beau s'occu-
per férieufement de fecourir l'indigence le manque
de for>ds rPr^Jra toujours inutiles les foins paternels do
Gouvernement D'après ces grandes vérités il faut
renoncer à ce projet, r cenfalani pour un Roi père
de fon peuple ou bien recourir au feul & unique
moyen que la providence femble nous avoir mfnagd
tout exprès pour foulager ces infortunés. Et quand
elle nous tend une main fecourable pour fubvenir k
leurs befoi os pourquoi n'en pas faire ufage? pourquoi
faut-il que d'anciens préjuges fascinent les yeux de
notre f-.ntendement au point de ne pas nous permet-
tre feulement de réfléchir fur la nobleffe des motifs
qui en perpétuent fa durée ? Un tel aveuglement peut-
jl fe concevoir, dans ce ftécle de lum·ere,? Heureux,
& mille fois heureux, le citoyen qui pourra dé-
chirer le voile!
le Critique. L'Auteur vtaifemblabîement, n'aura
pas la farisfaflion de jouir de cette béatitude puifque
le voile eft déjà percé en beaucoup d'endroits que
depuis deux ans, Ics papiers publics nous l'annoncent
(«O
que d'ailleurs perfonné n'ignore qu'on laiffe
mourir de vieillefTe une infinité de maifons reli-
L'Auteur. Eh c'eft précifément ceçe lecteur qui
rend votre marche infruâueufe. Dix générations furn-
roient à peine pour opérer ces fupprefîions fuceeflives
qui d'ailleurs, retourneroient toutes au bénéfice da
Clergé fans qu'il en réfnltât le plus léger avantage en
faveur de l'indigence. Pour démontrer d'une manière
fcnfible que de telles craintes ne font pas chiméri-
ques, admettons que dans l'cf pace d'un demi ftecle il
Y ait deux cents maifons d'éteintes c'eft comme il
eft facile de le fupputer, une fouftraaion de quatre
Matins par an dans toute l'étendue du royaume ce
qui ne feroit pas la moindre fenfacion. D'après cette
hypothèse, fixons l'aliénation du fonds de ces quatre
maifons, à ijo,ooo livres l'une dans l'autre, voilà
donc un million qui enttera tous les ans dans la cïiOo
ecdéfisftique ce qui formera, au bout de la cinquan-
taine, un capital de cinquante millions dont It Clergé
aura pu difpofer arbitrairement. Trés-certainemeut il
en fera un excellent ufage il augmentera de temps
en temps les prébendes de quelques chapitres; je ne
doute pas roê ne qu'il n'en éublifle de nouveaux dans
plufieurs provinces mais nos pauvres & nos orphe-
Tins ,.mais nos vieillards & infirmes, ne fe rôti-
ront en rien de tous ces changements. Que dïnbhl-
fements utiles néanmoins, ne formerions-nous pas
avec ces capitaux, qui nousproduiroientdts-à-pr<-knt,
deux millions de revenus? Perçons encore plus loin
dans î'avtnir. En fuivam C2«e ôrogreffion lente après
une chaine de fiJcles, ce grgn projet que l'on traitera
peut-être aujourd'hui de pires chimères sexécuter»
par infeiïfibU' tranfpirauon. Il n'y aura prévue plus de
Religieux en France, leur fuppreffion aura été une
fource de richefie pour le Clergé, mais la rrak-rt: en
fera t elle moins grande mais les fréquents in-
( M'*
cchdies, mais les inondations, mais les ouratants l1e
font-ils pas toujours autant de fléaux qui dévaf lent les
campagnes, réduifcnt de. nombreufes famïlhs à la
mendicité, & ccaf.'quemraent ne peuven: qu'ac-
croire & perpétuer cette multiplicité de pauvres, que
lanéceflïté, la licence & l'irréligion conduifent le
plus fouvem dans les fentiers du crime Or je de-
mande à tout être penfant, quel emploi plus faint,
plus religieux, en un tnot plus méritoire devant Dieu
devant les hommes pourrait-on jamais faire de
toutes ces richefles qu'en les appliquant à foulager la
portion rnriheureufe de ce peuple, que l'églife ne celle
de recommander aux fideles? Ce projet donc, ne doit
Point être morcelé; en temporisant l'on manqueroit
ton but, Zc de tels conftiis ne pourroiem-étre diaés
que par des confciences aveugles.ou des vues trop inté-
reffées. Quand la plaie elt devenue aufli confid/rable,
les palliarifs ne remédient à rien; aux grands maux
les grandes remèdes.
jtA Ç"1'?" Mjis nc peut-on faire la charité fans
dépouiller fon prochain? Eft-ce que des cotifations
volontaires des quêtes dans les maifoi.i, des exhor-
ririons dtm les chaires, ne vous fourniroient pas les
fonds neceffaires a vos établiffements ? Et ce qui s'eft
palïe fous vos yeux, l'hiver de t784, devroit vous
convaincre que, de la ferveur des fideles échauffes par
le zelr des pafleurs, découle une fource intarifiable
de charités qui fuffiroiem vos dépenfes.
l 'Auteur. Sans chercher à diminuer le mérite de
mes concitoyens, pendant le cours d'un hiver plus
cruel qu'en 1709, vous conviendrez que l'exemple
d'un Roi qui volt au recours de fon peuple étoit bien
fait pour ¿mouvoir les cœurs, cette fenfibihté d'un fi
bon mettre, fe communiquant dans toutes les clafies,
ne pouvoit que prochtire Ihcureufe explofion fi falu-
"ire à l'indigence. Mais toutcs chofes remifes à leur
Premier niveao ce beau feu s'efl bien vite miiu
ï6 j
Se fi vous excepte» on petit nombre frames diart«-
bles, à peine le îefte des citoyens fonge- t-il qu'il exifte
des pauvres, & ils y fongeroient encore bien moins,
fi ces malheureux étoient dérobés à leurs regards. Ce
feroit donc avoir bien peu de connoifiànce du «but
humain & vouloir s" abufer «raniitement que de bâtit'
fon fyftême fut des libéralités purement arbitraires i il
n'y auroit qu'une taxe fur le peuple qui pourrait aifxer
vos fond* encore y entrevois-)e les plus grande dif
ficultés. En efter, comment pouvoir impofer drs gens
qui ont befoin eux-mêmes d'être fecourus ? Si vous en
frites tint' clafle réparée qui tracera la Hfcne de dé-
marcation entre les contribuabtes & les indigents?
Ce ')Oint de contingence feroit une pomme de dif-
corde perptnielk dans tous les villages. Il faut donc
parcir de ce principe inconteflabie pour éteindre la
mendicité, il faut de très-gros fonds, & pour fe les
procurer, fans furchargea l'Etat, il n'eft ou un fsul
moyen, je ne crains point de le répéter luppnmez
les ordres les plus riches & les moins utiles à fEcat
appliquez-en ies immenfes reTeru» à l'entretien &
nourri rate des pauvres du royaume & pour lors on
pourra répondre que la loi promulguée uWa pas le
njêroe effet que les précédentes.
Le Critique. Les plus fortes oppofifions & de
puirTsns obttacles ont toujours fait échouer cepro-
Jet toutes les fois qu'il a été tenté vraifemblable-
nient l'Auteur ne fera pas plus heureux que ceux
qui avant lui ont ennuy le public des même
fpécularions.
V Auteur. Je fais qu'il efl des opinions fi géné-
ralement reçues & tellement refpeaées, qu'a peine
ofe-t-on fe permettre de les pefer à U balance du
bien & du mal. Dans la ferme perfuafion néanmoins,
que l'on ne peut jamais s'attirer de reproche en s'oc-
capant de l'imérêf public j'ai cru, fans indiferétion,
pouvoir reveoii fcx des idées qui u'aotoient peut-«re
( V)
c
{«s fi on les eût présentées fous <Je$
points de vue qui ne tendent uniquement qu'à fecour
nr fes femblables & qui concourent en même-
ttmps sa rétabliflèment de la -diftipline & de la fba-
ftnffion ijtje les Evoque* ont droit d'attendre natu-
rellement ée$ mémbies oui Surfont fnbordonnés.
Le fonds des menfcs conveittoeite? doit être fans
contredit, gardé par l'Eglife prérogative qui '|u'j e(j
dévolue, & qrfon eft l»ten de lui conrçfter
mais l'on «rigeroit fimpletnem qoe la Cour de Rome
«corde une aarorké pléniere an Souverain pour
danger, à fon gré l'emploi de ces richeffes. Eh
quelle raifpn fc Clergé anroit- il de s'en pJaindre1
pitjlque par te pi?n popofe' ron ne prendroit p«
On fol fur fon tempo. d ? Mais fi nous abandon-
nons nos Rèligteu* dira-t-il bientôt on
tenreroh de notf*e!ftt entreprise' l'on finiroit par
*e '.jiss nfpeôet tes autres propriétés fc fi on fe
kifloit entamer fpr cet articîi il n'y auroit plus rieh
de facre1. A oetté objeâion foppoWe, voici quelle
féroit ma réponfè.
Jamais on né -panriendroit faire Je bien, fi for»
«oh arrête" p«r «fei hypothèfes. Bfl-cc que des È&tés
••tnifféi d'expérience ne devroiènt pas fuffire oour caj-
ff*çr de rellei mauiéredes ? Si nos Rois fe fotit toiï-
̃joar»tJiftingués àt mate;! les autres puManceS c'eft
notammem en fe tîv'darant dans tous les temps, pro-
l*««irs nés ¿en en fc fkifant me /oi de
*onfenrer Seroft ce donc
les Mener que d'exiger de fej Minières qu'ils Cori-
tacrent une partie do bien d; cette Eçlife au foula-
tement de rhHrhamKf foaffrv«e > N'efllce pas tout an
contraire fé à Vtfprit dx charït/, qu'elle
ne cefTede nous infpirer? PTéfî-ce pis remplir le
-Vtto qui n'ont dirpenre* tant
de nchciÎCT aiurMoines que dans la confiance
Hkmi onc légère portion pour
( ̃«̃)
vivre fofcrement fuivant leur premier iriftittit ces
Solitaires trr.ploiront le refte à iteourirla veuve &
l'orphelin ? & d'après ces grandes vérités le Clergé
auroir-il bonne grâce de ne pas fe prêter aux arran-
gen,ens d'un Monarque qui auroit des intentions aufli
puits II y ieroit d'autant moins foi»dé que le Pape
lui même dans frs propres Etats, vient de nous don-
ner des exemple! récent de ces fortes de fuppreflions
& fi, pour y procéder, il fut jamais une oceafion fi»
vorableà ùifir c'eft celle d'une cabale peu édifiante,
Qui divife une grande Congrégation & porte le trou-
ble & la difcorde dans des lieux où devroient régner
la paix & l'union. Cet esprit de parti ne pourra ja-
mais s'éteindre qu'avec for. entière diflblution les
Abbés n':n jouiroient pas moins de. leurs abbayes à
titre de prieurés, h ils auraient uès-certainemcni
moins de procès avec les adminiihateurs du bien des
pauvres, qu'ils n'en ont aujourd'hui avec leurs Moi»
'Le Critique. Quand bien même t'Auteur auroit rai-
fon 11 certains égards, rtlati cernent a'ordre de Saint
Benoit pourquoi entraîner dam cette çhûte ces cé-
nobites fi peine fait-on qu'ils exiftenr ?
V Auteur. Ils,font pacifiques j'en conviens; mai»
auîfi coinmeot concevoir que dam, des gouvernement
policés l'on tolère auiB long-temps qu'une mulu-
tude de fujets qui pourroient Servir leur prince op
être utiles aux aruâc à l'aprioilture comment con-
cevoir, dis-j: que de tels êtres dans un i^e *o$i
les loix ne ptrmentnt pas de contracter, ayent néan-
moins la licence de Je /ouflraire pour. ainfi dire. à
la domination de Jeur Souverain en achetant aux
dépens df leur liberté le droit de pafftr leur vie dans
la plus grande oisiveté?
A de telles inconfl'quences peut-on méconnoitre
ces fïécles de ténèbres ou de tels abus ont puift leur
origine Mais aujourd'hui que nous fouîmes t'clairéi
( 19 )
cs
pu ley lumières de la raison ne peut-on fans s'écar-
ter du rcfpeô qu'on doit à la religion rétàrmer des
otages qui s'accordent fi peu avec la office & la droite
raifon ? Cette.rdflexion je J'avoue eft bien ufée, &
j'en demande pardon; mais'clle fe préfente fi naturel-
lement à fefprit que pour peu qu'on traite de tels
objets, il eU importe de ne s'y pas arrêter. Au
refie, cette objecïion ne portant yue fif l'intérêt qu'on
prend à ces patfbles Rtligieox ne pourroit-on p3s
s épa.^rer le foin d'être fi pitoyable fur leur fort puif-
que la plupart n'ont pris le parti du cloître que parce
que leur claffc & leur foro-ne ne leur préfageoient pas
un defim plus heureux da ss le monde & que le plus
grand nombre feroit enc tanté d'être fécularifé, de
rentrer dans la fociécé r ec des penfions alimentaires?
Ceux qui bonne foi leur clpitre ne
pourront que s'attir-r les benédiaions du ciel par
une réfignarion tnri«e aux loix de fEglife & du
Prince & ils recevront dès cette vie la récompense
d'un tel facrifice, puifqu'en voyant tant de maifons de
charité & tous ces hôpitaux ils auront la confolarion
de pouvoir Lire' intérieurement J'ai concoian plus
qu aucur de mes concitoyens à la fondation de tous
ces nombreux établi (fements qui feront régis félon
j,ui*?f,,Par des bureaux d'adminiffration compofés
c*-cckfjaftiqUes> de Magirtrats & d'OfBi ters Muni-
cipaux?
Le Critique. Si vous vous êtes imagine" que, te
v-lergé ^coutume à une commiffion compofée dE-'
wcques, fouffnra patiemment que fous la dénomina-
tion de bureaux d'adminifirarion, de «eculieri fe
mêlent de leurs affaires & difpofent leur °ré de
revenu de l'tgUfe vous êtes dans une grande erreur.
Vous dernandez, diront-ils, la fécularifaiion des re-
ligieur, vous prétendez que ce ne font plus les foli-
taires des premuers temps; quoique nous avons de puif-
fantes armes pour les défendre plein de refptd &
t*s
de foaniiffion pour les vaLjiueTflu Roi, ho« m** y
conformerons; mais leur bien appartient a l'Egide; en
enlever la difpoûùon & là r^gie Ces Minières » ce
ferok leur faire injure &paro«re douter de la ragea-
de leur admiruftmion fi la puiffance tetaçareile s'en
emparoit, ne feroit-il peint à craindre qrfeUe«*en ait
une partie aux économats r que te rejfèe ne fût employé
à fonder des Chapitres & pou»
ia Nobleffe, ce qm aWcrberott la pius grande parne
du bien des pauvres & ne rempKroit pas les vues
qu'on fe propofe dans la diflblution prejette'ei
L'Auteur. Performa ne doute que le bien des pau-
vres ne fût très-bien adminiftré par le Clergé* tan»
lorfqa'il eft queflionde difpofer da bien de FE^life»
le de le dinanirer les forme$ ancienoeî dont il ne
s'&aite {jaraai», entraîneraient tant de lenteur dans
tes opérations que nos petits neveux n'en verroient
jamais la fin. Ce projet cfl trop vafle il ne dort point
être U\t« 3 une .autorité combinée poor canfantater
ce grand œuvre i] faut qu'elle reude en un feuL
Comme Mitùfke de VEefifc vous réclame* la régi»
dr *')en des pauvres mats comte fAt aîné de cens
mitât. le Roi n'a>t-i(pas des droits plus lE-
ploi du revenu provenant des matAs conventueUes-
Dans la bulle qui prononceroit la fupprelTton de»
Ordres Retigieax il y ferort dit çxpreiTe'ment ciue
pour Ce prêter au defir da Roi de France oui de uxW
les temps a nm éclater fon séle pour la Religion
& fa piété1 filiale enver» FEglife &c dce. &c S*
Sainteté Ce feroit deWrranée a tranfineme a perpé-
tuité au pfo6t des pauvres de Royaume de France
h propriété totale des fonds appartenans aux Reli-
gieux (upprimés au: conditions toutefois que tefdits
revenus tous quelque prërexte que « fût, ne poor-
loÎJnt être ma en fcqwsâie aux écomotam; qu'il a»
( Il )
poorrok être fondé dun chaque province- qu'un Ot*«
titre dont ks pfébendt" n'excéderaient jamais iaoo
livres & que le Cfergi feroit dépositaire des capitaux
provenans de la vente de* fonds appartenant aux roan»
naturellement en {abrogeant le bien des pauvres à
tous ler droits nams raifons 8t actions des propre
taires de connu k Clergé ce qui diifiperoit toat
les nuages qui poorroient s'élever for la sûreté de»
capitaux en fimp&fiant d'autant la recette des in-.
«érêts.
Le Critique. Mais tes dettes du Clergé n'abforbe-
toient pas vos capfunx que feriez- votç fia refle ?
L'Autcur. le les placerais fur le Roi. & n*héftte->
roa pas un fed inftant de me mettre ao-deiTus de
certaines préventions d'habitmie que je n'oft pas me
flatter de détruire y mais que je vais au moins ten-
ter d'affoiblir en répondant aux obje&om les plus
forces qu'on puiffe jamais faire fur cet article important.
Le Critique. Mais ne peut-il pas arriver que des
circonfiances raalhemreufes oocaftoiment on jour
quelques débit: dans 1es paietuens fc que ies fonds
de l'Eglife ne foient enveloppés dans ces retards ?
Que déviendroient.pour lors vos itablnTemens ? kt
pauvres feroient 1a viâime de votre condescendance,
$c quelque deux que nous ayons de plaire an Roi
nous ne pouvons en confeience nous préW à des
«rrangemens qui poorroient uoos attirer des reproches
dmns la tête dx CriDqoe la réponfe de J'Auteur por-
tera le même caraftère.
Pour tranqBilHfer far le remplacement de ces ca-
intaux il feroit un nevn bien fimpk. Oo'il p1aife
au Roi de faire enr^fhr dans km lit de jnhice,
on édit par lequel il déefareroit que la nonrritnre &
( il )
auffi interefîant que le prêt du foldat il donnerai fil
parole royale, que fous quelque prétcxte, que ce poifTe
être, les rentes provenans des manfes conventuelle»
dont l'églj/« lui auroit confié les fonds ne fouffri-
toient jamais le plus petit retard fr. pour donner
plus de poids à des engagemem pris en préfence des
Grands & Notables de (on Royaume, Sa Majefté or-
«JonneToit que dorénavant .cette parole royale feroit
ajoutée au ferment du facre des Rois.
Lt Critique. Avec une pareille aflurance nons
aurions lieu detre fort tranquilles fur le remplace-
ment des capitaux mais malgré tous les avantages
que nous fait cnvifager fAuteur du Mémoire dans
l'aliénation des biens de l'Eglife, comme tuteur né
des pauvres, le Clergé n'y pourroit confentir, & cette
réïifUnce feroit fondée fur les motifs les plus légi-
smes que nous fouroettons au jugement de tout Adroi-
niflrateur quelconque. En effet, on ne peut fe cacher
l'énorme différence du numérale de nos jours, à cs-
lui du treizième & du quatorzième ftec^fe. Or, à ces
Epoque!, fi l'on eût dit aux-gens de main-morte vous
n entend» rien à gouverne- vos biens, tes gens d'af-
faires V'vus pillent; vendez vo5 fonds, vous fauverez
les frais de régie; fans peines 8c fans foins, vous re-
cevrez un produit ne: beaucoup plus conûdérablc rien
de p1us létMifam qu'une telle pjro-
poljrion. mais, ii elle eût été acceptée, que (eroient
devenus vos capitaux au dix-huitième fiocle, 8c trou-
veriez-vous aujourd'hui dans le fuperHu de vos ri-
cheffes conventuelles les refTources que vous projet-
tez de vous procurer pour le foulageraera des pauvres
du royaume.
V Auteur. Un cet argument fe^wt capable, j'en
convier»?, d'entraîner l'optnion générale, fi, détruifant
cette obj«âion férieufe l'on ne démontrait pas au pu-
blic, que cette hiuffe de denrée & cette différence
dacss le numéraire a dû s'opéra de <«otc néceflué &
par gradation depuis le treizième fiecl? ufqu'aa drâ-
huitième. Mais avant d'entrer dans ces détails <jue jfc
parcourrai rapidement ci aprh, admettons pourra
infiant que cet argument (oit fans nulle réplique. Le
pis qui pourroit arriver, ferait de n'aliéner nos fonds'
que jafqu'à concurrence d'une partie des dettes dot
Clergé: nom rctonberoiu a la vérité dans les griffe»
des gens d'affaires, qui altéreront beaucoup nom Je-
venu, & conféquemrnent mais là
mendicité n'en fera s moins éteinte mais nos en-
n'en f^ont pas moins conftrv es pont
FEat nous firnplifierons néanmoins autant qu'il noot
fera po(fible, tes frais de régie & pour y parvenir
nous vendrons tous les biens onéreux comme mou-;
lir.s fermes délabrées la convenance fait
tout acheter, nous aliénerons axis nos bois qui ne poor-
roient que tombes en déprédation les propriétaires
fur les lieux ont bien de la pdne a les conjerver, à,
plus forte raiion les gens demain-morte, dont les boas,
la plupart du tems font livrés au
a U voracité des beftiaux, Se à l'infidélité do jgardeAi,
Je n'héfiteroii pas un inftant de les vendre
tous les biens nobks comme fiefs droits hononfi-
oaes &c. qui ne peuvent qu*occafionner des procès
fans nu' prom 8c feroit un «bin de concurrence en-
tre les propriétaires voifips
mets que ces aliénations abforben* un uers de votre
revenu, il Voœ en deux tiers
verner & me femble
voir les facs de bled fe répandre avant d'arriver à*œ
le grenier des pauvres il me fernble voir dans ''votif
les mémoires des frais énormes de
cédures fans fin, des
tions des non-valeurs, des bans toujours diroinaés:
fe fuis donc bien loin d'adopter un plan fi contraw*
aux intérêt: des pwvres & air ois aux détracteurs de
ce projet: voç« eriôqoe & pour h

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