A MM. les électeurs des départements. (29 septembre.)

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Impr. d'Éverat ((Paris,)). 1820. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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Publié le : samedi 1 janvier 1820
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A MESSIEURS
LES ÉLECTEURS DES DÉPARTEMENTS.
MESSIEURS,
La loi nouvelle des Elections vous appelle encore
une fois à choisir des Députés qui décideront du
bonheur ou du malheur de la France; car dans
l'état où le funeste système qui a été suivi depuis
quatre ans, a plongé notre Patrie, des choix que
vous allez faire dépendent ses destinées, les vôtres,
celles de vos familles et de vos enfans.
Une fatale expérience a dû convaincre tous les
amis de l'ordre et de la prospérité de la France,
que l'Etat sera toujours en péril, tant qu'il ne sera
pas administré par des amis sincères de la monar-
chie , par des hommes décidés à sacrifier leur for-
tune et leur vie pour le Roi, son auguste Famille,
et conséquemment pour la Patrie. Sans légitimité,
rien ne prospérera en France; ce principe méconnu
n'amena-t-il pas l'assassinat de Louis XVI? Ne
nous plongea-t-il pas dans la plus affreuse anarchie?
et ne nous rendit-il pas les témoins et les victimes
de tous les crimes et de toutes les horreurs qui en
furent les tristes résultats?
Nos princes légitimes nous ont été rendus ; mais
à l'instant ils ont été entourés de conseillers inha-
biles ou perfides, qui n'ont que trop abusé de leur
grande bonté pour les tromper sur les hommes et
sur les choses : n'avons-nous pas déjà couru plu-
sieurs fois le danger de les perdre pour toujours,
et par des attentats semblables à celui qui a fait
et fera couler à jamais tant de larmes aux bons
Français?
Nous connaissons tous la cause de la position dé-
plorable dans laquelle nous nous trouvons : appli-
quons-y le remède, puisque la loi qui va nous
réunir nous en offre le moyen.
Il est impossible que tous les hommes de bien
diffèrent d'opinion sur ce point, que, sans la mo-
narchie légitime, il ne faut compter sur rien de
stable, sur aucune tranquillité. Il est impossible
d'apercevoir le terme de tous les malheurs qu'a-
mènerait inévitablement tout nouvel état de choses,
qui nous priverait du gouvernement paternel des
Bourbons, et par-conséquent des institutions qui
peuvent nous rassurer contre les tentatives des fac-
tieux, toujours avides de changements.
Pour nous préserver de tant de maux, il faut
assurer notre existence politique; le moyen est
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simple, faisons de bons choix : les hommes et leur
moralité sont connus aujourd'hui, et nous en som-
mes au point où il n'y a plus à balancer; il ne faut
plus d'opinion mixte et incertaine; il n'y a rien à
espérer ni à attendre pour le soutien de l'autel, du
trône et des institutions qui en sont l'appui, des
hommes qui n'ont point un caractère décidé. Il y
a au contraire tout à craindre de ces hommes qui,
par faiblesse, vanité ou tout autre motif, ne sont
pas franchement attachés à la monarchie légitime ;
parce qu'ils n'ont ni les moyens ni la volonté de
soutenir la société organisée telle qu'elle est à pré-
sent par la Charte que le Roi nous a octroyée.
Que chacun se fasse ces questions :
La France peut-elle recouvrer ses libertés et être
heureuse sans la monarchie et les Bourbons ?
La monarchie peut-elle exister sans les institutions
qui sont propres à la soutenir, et qui sont détermi-
nées par la Charte?
Celui qui ne répondrait pas négativement à ces
deux questions, serait ennemi du repos et du hon-
neur de son pays; il ne serait point Français.
Celui-là, par exemple, qui veut exclure de la par-
ticipation au pouvoir, une classe de la société qui
a éprouvé tant de malheurs, et qui contribue en-
core pour une grande partie dans les charges de
l'État, est-il l'ami du trône des Bourbons et de la
Charte? Non! c'est un ambitieux qui, pour parvenir
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et faire sa fortune, sacrifiera nos libertés, notre
tranquillité et tout ce que nous avons de plus cher.
Malheur aux peuples qui confient leurs intérêts à
ces hommes qui ne peuvent supporter ce qui, par
sa nature , est au-dessus d'eux ; ces hommes ne
cherchent às'éleverque pour s'emparer du pouvoir,
et ensuite opprimer tout ce qui pourrait les offus-
quer et s'opposer à leur intérêt personnel et à
leurs vues ambitieuses.
Malheur, malheur plus grand encore aux peu-
ples qui donnent leur confiance, et abandonnent
leurs intérêts à ces autres hommes qui affectent
le mépris pour tout ce qu'il y a de plus respecta-
ble et de plus sacré (la religion), et qui, par le
scandale de leurs moeurs, foulent aux pieds les lois
morales que les nations, même les moins civilisées ,
ont toujours eu en si grande vénération. Voilà par-
dessus tout les hommes qu'il faut écarter avec soin,
quel que soit d'ailleurs le rang qu'ils occupent dans
la société. Ces hommes-là ne s'arrangeront jamais
d'un gouvernement dont les institutions sont basées
sur la religion et la morale.
Electeurs de 1820 , à qui la France devra-t-elle
son salut, si ce n'est à cette minorité courageuse
et à ces généreux écrivains, qui ont si éloquent-
ment combattu avec elle, depuis quatre ans, contre
les efforts d'une faction horrible qui, par ses funestes
doctrines et ses projets sinistres, ne tend qu'à vous

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