À MM. les membres de l'Académie de médecine. LETTRE2 / [2 lettres signées : Marchal de Calvi]

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impr. de Plon frères (Paris). 1852. Syphilis. 2 parties en 1 fasc. (7, 8 p.) ; in-8.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1852
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A MESSIEURS ..
dbBiSvMBMBRBS DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE.
r~\. . \C?\ Deuxième lettre.
"MESSIEURS,
On m'a reproché, dans votre avant-dernière séance, de n'avoir
pas présenté un tableau détaillé de mes observations de sypbilisation.
Comment je me suis trouvé dans l'impossibilité de le faire, vous le
savez, Messieurs, par ma première lettre. Mes observations, j'ai eu
l'honneur de vous le dire, ont été égarées par celui-là même qui
les avait recueillies sous ma surveillance. Je le regrette pour moi;
je le regrette plus encore pour la cause de la vérité. Il s'agit de dix-
huit faits; c'était un contingent de quelque importance. Mais tout
n'est pas perdu, comme vous le verrez dans un instant.
Que j'aie quelque chose à dissimuler, c'est, j'espère, une idée
qui ne viendra à personne. Elle ne viendra pas du moins à ceux
qui me connaissent : ils savent que je serais le premier à réprou-
ver hautement une doctrine que j'aurais crue fondée, et dont le sou-
verain juge, l'expérience, m'aurait démontré la fausseté, et que je
la haïrais d'autant plus, cette doctrine, que, précisément, elle m'en
aurait imposé pour la vérité. Ils savent que, dans mon amour pas-
sionné pour le vrai et le juste, je m'infligerais, comme un châti-
ment mérité, l'exhibition'impitoyable des faits qui me condamne-
raient.
D'ailleurs, M. Larrey ne vous a-t-il pas dit que j'ai adressé, d'a-
près son invitation, un état sommaire des cas de syphilisation ob-
servés dans mon service, à l'autorité supérieure du Val-de-Grâce ?
Cet' état, document officiel dont je suis maintenant autorisé à parler,
puisqu'il a été mentionné, indiquait dans autant de colonnes : 1° le
numéro.de la.salle; 2° celui dudit; 3° le nom du malade; 4° le ré-
giment auquel.il appartenait; 5° là date de son entrée à l'hôpital;
6° le genre d'accidents syphilitiques pour lesquels il était entré;
.— 2 —
7° le nombre d'inoculations pratiquées; 8° enfin, l'état présent du
sujet. De plus, j'ai montré mes malades à M. Alquié, directeur de
l'école et du seririee hospitalier du Val-de-Grâce, et à M. Larrey,
chirurgien en chef. Je n'ai donc rien caché, et, au contraire ; j'ai
fourni les moyens de tout voir, de tout contrôler. Qu'est devenu mon
état?... Si je l'avais sous les yeux, il me serait facile de refaire mes
observations, et même de représenter mes malades, ceux du moins
qui sont encore en garnison à Paris.
J'ai rétabli, dans ma première lettre, l'observation de M. S. Je
persiste à voir, dans cette observation, un succès, et même un
succès marquant, de la syphilisation curative.
La rapide efficacité des inoculations; dans ce cas, produisit la
plus vive impression sur plusieurs malades, qui demandèrent in-
stamment à être syphilisés.
Parmi eux je citerai d'abord et surtout M. B., jeune officier d'un
régiment d'infanterie légère. 11 était déjà malade depuis plusieurs
mois lorsque*je pris le service de la salle dans laquelle il se trou-
vait. L'accident doiat j'avais à le traiter, et pour lequel on lui avait
déjà administré-,-à doses non modérées, le mercure et l'iodure de
potassium, consistait en une angine syphilitique, caractérisée par
des ulcérations qui se cicatrisaient et se rouvraient incessamment.
M., B. se plaignait constamment de la tête. Sa constitution était tout
à fait détériorée, et son moral extrêmement abattu. Le mercure,
chaque fois qu'il y revenait, après une période consacrée à un trai-
tement réparateur, causait des accidents toujours les mêmes, et
dépendant de l'intolérance gastro-intestinale. C'est dans ces cir-
constances que M. B. me supplia de le syphiliser. Trois ou quatre
inoculations lui furent pratiquées au bras; puis vint l'ordre de cesser
toute expérience de syphilisation au Val-de-Grâce. Alors le ma-
lade, heureux des effets produits parles premières insertions de
virus, s'inocula lui-même (à l'exemple d'un autre officier) au
moyen d'une épingle. C'est ici que je sens vivement le regret de
n'avoir pas l'observation détaillée. Je pourrais dire au juste en
combien de jours la guérison s'opéra pour ne plus se démentir.
Mais j'ai assez de mes souvenirs pour affirmer qu'à sa sortie de
l'hôpital, cet officier, naguère pâle, étiolé, avait recouvré la jeu-
nesse du corps et de l'esprit, et jouissait, à ma grande joie, d'une
santé robuste. Hors de .l'hôpital, M. B. continua à se faire inoculer

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