A Nosseigneurs de l'Assemblée nationale : mémoires pour les maîtres de postes ([Reprod.]) / les maîtres de postes des grandes routes & des environs de Paris

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[de l'impr. de Cailleau] (Paris). 1789. Messageries -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
A
\\K^J de
NATIONALE
MÉMOIRE
FOUR LES MAITRES DE POSTES.
des Portes en France,
eft fans contredit un des plus beaux, des
plus néceffaires &dcs plus utiles qui honore
te grand Empire auffi n'a-t-il celle de jouir
de la protection de la Nation, & de celle
;du Gouvernement qui l'ont continuelle-
ment furveillé c'eft par cette proteâion &
.par cette iurveillance qu'il s'eft maintenu,
La confervation de cet ÉtabKffement pré-
vivement l'augufte Àffemblée de la Nation
dont tous les Membres concourent avec un
égal fuccès k la régénération du Royaume
fibîe aux Repçéfentans Français de fe difti-
muler que cette
ment liée au fort des Maîtres de Portes.
Il eft d'autant pius jufte de «'en occuper,
qu'ils font tous des Cultivateurs entière-
jpent livréâ à
l'ambition fe borne à mériter, fous tous les
rapports, l'cfti me de leurs Concitoyens, aux.
dépens même de leur
un feul leur penfée; vivre pénible-
ment, élever avec
de« Travailleurs & des Citoyens qui leur
feiïemblept; c'ejft àquoife
des Maîtres de
Dans nous iestems le
des
le*
Privilège*
plus
Maîtres de
ou 2
demriité de balance
<4)
V- Scuisjft minoritéde Louis XIV la Régence,
.par une Déclaration du 20 Octobre
.reftraigttit l'exemption de la taille accordée
aux Maîtres dé Polies à cinquante arpens de
.terra affermées, cette Déclaration avait
porté la plus funerte atteinte au fervice des
Portes, auffi par une autre du mois de Jan-
vier Louis XIV rétablit les Privilèges
des Maitresfde Poiles de jouir en exemption
de taille de foixante arpens de terres affer-
mées 'M. de Louvois leur accorda fa pro-
tection gcjfa furve$ariçe Spéciales, le fer-
vice fe .rétablit, il y fit régner
l'ordre, &r. cet EtabliiTement atteint toute,
la pcrFeftion dont il était fufceptible par la
Declaration de 1672, qui attribua aux Maî-
tres derPo{tes la faculté de jouir en exemp-
tion dé taillé de cent arpens de terres affer-
mées*. 8c qui leur accorda d'autres exemp-
tions,; privilèges., ftanchifes, immunités &
Ces privilèges éprouvèrent une nouvelle
atteinte par la Déclaration du 8 Janvier
les mconvéniehs s'en firerit fipromp-
^ernçH.t.fen.tir, que par une nouvelle Décja-
râ.tion du 12 Avril de la même année, ils
furent tous rétablis,,& il fut de plus permis
aux Maîtres de Poftestle fe démettre de leur
A i
place en faveur de leurs enfans, gendres
ou autres parens en état de faire le Service.
Il réfulte de cette courte anaiyfe, que
fans privilèges j fans indemnité, fansfecoursi
quelconques, on ne peut efpérer faire deP
fervir utilement la Pofte aux Chevaux le
feul moyen d'inviter le Cultivateur à fe-
charger, à courir les rifques de ce pénible
fervice, c'eH de le rendre indemne d'une
partie des facrifices trop réels qu'il fait jour-'
nellement, & il y d'autant moins d'incon.
vénient que la fpéculation des Cultivateurs-
fe borne araire du bien, aux dépens de tou-'
tes fes avances pourvu qu'il y trouve fa
fubfiflance & celle de fa famille.
Les charges des Maîtres de Portes font
iinmenfes.
i°. Ils font obligés d'avoir en tous teirW
pour le fervice public & fans égard aux
mortes faifons, un nombre ftxe & fuffifant
de bons chevaux.
2°. Ils font affujettis à la conduite jour-
nalière des malles qui écrafent leurs che-
vaux par leurs poids,, &dontki piix'eft plus
médiocre, Ils ne font payés qu'à rai-
fon de dix fols par cheval.
9°. Ils doivent fournir aux Courriers du
Carnet Se ceux des Minières les chevaux-
lés plus vifs & les, meilleurs de leur éetj^fc
au prix modique de i q fois par j^wfé* ce
qui eft d'autant plus d'autant
plus injufte, qu'il eft âJJkrtïe à chacun dé
ces Couriers 7 liv. 10 ibis- par ,Poile & quel*
quefois o liv. à de Couriers extraordi-
naires.
En tems de guerre il en coûte au Roi
goo,ooo livres par mois pour les Courierà
du Cabinet, & conféquemrrient les Maîtres
de Pofles éprouvent une perte proportion-
nelle, & qui ne profite véritablement qu'à
ces Çouriers.
î)ans tes tournées pour les voyages du
Roi & des grinces pour les Mariages, pour
x tes tems de Guerre les Maîtres de Poiles
font fouvent forcés de faire conduire leurs
chevaux à 5o ou 160 lieues de leur domicilie,
on les paye à raifon de 1 3 fols 4 deh. par
jour & vingt fols dans les tournées extraor-
dinaires.
50. Ils font tenus de la conduite gra-'
tuite des Viiiteurs & Contrôleurs tant -de
la Pofte aux chevaux que de la Pofte aux
lettres.
Si l'ôn joint à ces charges déjà fi péfàn»-
tes §c continuelles les frais d'acquifitiori ou
le loyer d'emplacemens imaaeniies pour Ici
A 4
logement des chevaux de Poiles & des ap»
provifîonnemens néceffaires fleur nourri-
ture.
Si l'on y joint les craintes continuelles &
malheureusement trop fouvent réalifées,
du feu, par les lumières que l'on eft obligé
d'avoir toutes les nuits dans les écuriespour
un fervice toujours adif, & de jour Se de
nuit.
Si l'on y joint le renouvellement trop
fréquent, des chevaux par le très-peut
nombre qui réunit à un métier auffi pé-
nible les pertes accidentelles de quinze &
vingt chevaux en une année par la morve
& le farcin quelquefois même du double.
On fera forcé de convenir que les Maî-
tres de Portes feraient obliges d'en aban-
donner l'entreprife s'ils étaient bornés au
prix modique toujours fubfiflant de 25 fols
par courfe de cheval, malgré l'accroiiTe-
ment du numéraire & l'augmentition pro-
greffive du prix des chevaux des denrées
epuis cette époque.
C'eil toujours un homme aifé qui fe
charges de l'entreprife des Portes il n'en et!:
point d'affez infenfé pour s'expofer aux per-
tes qu'elle entraîne pour s'aflujettir aux
charges qu'elle exige, pour effuyer tous les
( 8 )
jours des duretés, des vexations & des mau-
vais traitement de toute genre de la part
des Couriers, s'il y courait Ies rifques de fon
aifance, & s'il n y trouvait pas fa fubfif-
tance & celle de fa famille.
Les Maîtres de Portes ne fe diflimuleront
pas qu'ils ont quelquefois excité l'envie de
leurs voifins, jaloux ou defireux de jouir
des mêmes privilèges; mais ces fentimens
trop communs aux hommes, toujours mé-
contens de leur fort, eft le fruit de l'igno-
rance & de la préfomption, qui les portent
à fe diffimuler qu'ils foient incapables de
fupporter les charges fous le poids defquels
fuccomberoient infailliblement les Maîtres
de Poftes fans l'ordre qu'ils font obligés
d'obferver rigoureufemcnt, fans une fur-
veillance continuelle en un mot, fans les
juftes fecours qu'ils ont obtenus, que la
juilice de Noffjigneurs les portera a leur
continuer de la manière qu'ils jugeront la
moins onéreufe au peuple ce fera toujours
là le vecu des Maîtres de Poftes, qui ont dans
tous les tems donné les preuves les moins.
équivoques des fentimens de patriotifme
dont ils font animés.
C'eft cette même ignorance des charge
attachées au fervice de la Porte aux chevaux
abfolument de cette expérience dont
d'autant
demandaient rien moins que de
de l'entreprife
Royaume.
'Se chargerde l'entreprife de toutes les
coin du feu, ne peut
comme. un rêve de ces
dans l'ancien régime n'ont ceffé
le Gouvernement, & qui lui ont fait faire
tant de faute.
On ne pourroit imaginer de le
de nouveau à l'auguile Atfemblée Nationale
quand il a été proferit dans un tems heu*
reufement oublie on ne pourroit le pro-
pofer à l'Affemblée Nationale fans in fui ter
a ces principes, & fans avoir eu la criminelle
intention delà mettre en contradiction avec
elle-même ce feroit entreprendre de rdïuf-
citer les privilèges exclufifs à jamais anéan-
lis, & dont le 'nom feul infpire une fainte
horreur, garante à l'avenir de la liberté
les
publique & particulière foleroneflement
prononcée; c'eft, c n un mot, livrera une
CHtfeprife plus qu'hasardée la fubMance de
244o Maîtres de P.oftes répandus fur la fut-
face de l'Empire tous pères de familles
tous Citoyens utiles, laborieux tous zélés
Patriotes, uniquement livrés à l'agriculture
avec les moyens peut-étre uniques de lu
rendre floriffahte.
L'état de perfection que les Portes ont
atteint dans le Royaume dit dû à 3oo ans
de peines & de foins ç'eil une vérité qu'on
ne fanroit fe diflimuler» Adopter le projet
idu fieur Lachenaye ou tous autres de ce
genre, ce feroit en perdre le fruit, & livrer
la cupidité d'une compagnie purement
financière, un des établiffemens qui fait le
plus d'honneur à la France.
Le fleur Lachenaye fentit tellement l'im-
poffibilite d'étendre fon projet à tout le
Royaume, qu'il y renos^a de lui-même &
fe borna la le demande; pour les routes feu-
lement de Paris à Fontainebleau & a Com-
piegne.
Telle étoit la bafe de fon fyftême qu'il
prétendoit établir des Relais de quatre lieues
en quatre lieues, y placer mille chevaux
pour affûter ce fervice., en convenant qu'il
C»)
f eh autoit' toujours deux cens boitéui il
fondoit fon bénéfice fur Vejpoir du retout
de fés chevaux à charge.
Indépendamment de la difficulté de «mi*
ver toujours à quatre lieues des etrtplâce-4
mens faits ou à faire, de l'eau absolument
indifpenfable dans chacun des Relais de
Pofte; ce fyftême eft contraire à l'opinion
des plus célèbres Adminiftrateurs, qui s'oe-*
cûpant des grandes & principales routes du
Royaume nommément de celles d'Efpagnej
d'Italie, de Flandres 8c autres, cruféniaved
raifon rie devoir établir les Poftes qu'à deuil
& trois lieues de diftance, & de la moindre
étèndue; alors les Poftes n'étoient que de
2000 toifes il n'y eut d'autre motif âuô
celui de prévenir la ruine des chevaux de.
venue plus rare par ce moyen. Il eft fêndbi©
que plus on éloignera les relais plus oit
perdra de chevaux, 8t cet inconvénient eil
d'une f haute importance, qu'on ne Suroît
employer tropde moyens pour s'en garantir.
L'expérience démontre que les ehevâui*
de Poftes ne peuvent pas dans une diiUncd
de quatre lieues, faire un fervice fuivi ?
très-souvent précipité on en fit une épreuve»
tellement onéreufê dAns les voyageas de
Compiegne potai aller du SanJis à

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