Abécédaire du Camino

De
Publié par

Après avoir marché sur presque tous les chemins de Compostelle en Espagne, et avoir tenté de retranscrire dans les trois tomes « Dix ans de Camino » cette expérience, je souhaite aujourd'hui recueillir dans cet humble ouvrage le nectar de ce cheminement de A à Z, l'alpha et l'omega, le début et la fin... Recueillir les moments les plus marquants au cours de ces longues marches, avec tous ces départs et ces arrivées, ces rencontres et ces séparations... Et si au final, l'arrivée n'était qu'un nouveau départ ? Pour aller toujours plus loin... ULTREIA !!!
Publié le : jeudi 7 avril 2016
Lecture(s) : 3
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791032500248
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Bernard Poulain d'Andecy

Abécédaire du Camino

ou l'alpha et l'omega du Chemin de Compostelle

 


 

© Bernard Poulain d'Andecy, 2016

ISBN numérique : 979-10-325-0024-8

Image

Courriel : contact@laboutiquedesauteurs.com

Internet : laboutiquedesauteurs.cultura.com


 

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 

Prologue

 

Cher lecteur, je te souhaite la bienvenue et te remercie d’avoir ouvert ce livre.

Après avoir retranscrit dans mon premier livre (Dix ans de Camino) tous les chemins que j’avais parcourus, essentiellement en Espagne en compagnie de Michèle, j’avais envie de continuer dans l’écriture, envie d’aborder ce Chemin sous un autre angle.

L’idée d’écrire à nouveau sur ce thème m’est venue en lisant l’abécédaire de Christophe André.

Ecrire le chemin de A à Z, du début à la fin, de l’Alpha à l’Omega, en choisissant pour chaque lettre, un ou plusieurs moments forts du Chemin : des lieux, des personnes, des émotions…

Cela m’a permis de faire le tri, de choisir le lieu, la personne, l’émotion… en fonction de la lettre, et cela m’a surtout permis de réaliser que ce Chemin n’avait ni début et surtout ni fin.

Arriver à Saint Jacques de Compostelle ou à Fisterra, n’est pas la fin du chemin, mais le début.

J’avais, bien sûr, entendu de nombreuses fois ce genre d’affirmation, mais c’est en écrivant ce petit livre que j’ai vraiment intégré cet état de fait.

Marcher sur le Camino est une chance inouïe !

Je remercie la Terre et le Ciel de m’avoir permis de marcher ainsi !

Je me sens porté par le Chemin… tous les jours… tous les jours…

 

A

 

AVANCE

Marcher permet d’avancer… c’est peut-être enfoncer des portes ouvertes me diriez-vous, et vous auriez certainement raison, mais sur le Camino, j’ai pu expérimenter que marcher me permettait d’avancer physiquement, (ce qui est, je le conçois, a priori une évidence) et avancer physiquement m’a permis aussi d’avancer… à l’intérieur.

Les premières heures, les premiers jours de marche, un peu comme dans la méditation, les pensées défilent, les bonnes comme les mauvaises, mais encore plus les mauvaises auxquelles on s’accroche, puis vient un moment où ces pensées deviennent plus rares, plus légères, un peu comme ces petits nuages légers d’été tout hauts dans le ciel, qui passent silencieusement et s’effilochent. J’entre alors dans la Marche, dans le Chemin, et là, tout devient clair, limpide, paisible… On avance, on avance…

Avancer, c’est aller de l’avant…découvrir chaque jour, chaque instant, chaque pas… un présent, un présent, un présent… Cadeau !

Se vider pour mieux se remplir.

 

AMOUR

Marcher sur ces Chemins, c’est aller à la rencontre de l’amour. Il est partout… dans les rencontres, bien sûr, avec les autres, et avec soi. Pouvoir s’aimer un peu plus pour pouvoir aimer les autres un peu plus. C’est prendre le temps d’écouter le chant d’un oiseau au bord du chemin, être envahit par son chant, et avoir envie de lui dire « je t’aime », et le lui dire.

C’est regarder le ciel au-dessus, tout bleu, et me confondre avec lui, et le lui dire.

C’est sentir la terre sous mes pieds, et me sentir en fusion avec elle, et le lui dire.

L’amour, c’est ce regard rempli d’étoiles croisé sur le Chemin, ce sourire lumineux de cet hospitalier qui accueille chaque jour tous les pèlerins quel qu’ils soient, d’où qu’ils viennent.

L’amour, c’est Michèle, avec qui je marche sur ce Chemin.

 

ACCEPTATION

Le Chemin est une aide à l’acceptation de soi et des autres.

Accepter de ne plus avoir le petit ou grand confort quotidien, accepter les ronfleurs dans les albergues, accepter de ne pas toujours arriver à l’heure que tu pensais ou à l’endroit auquel tu pensais t’arrêter, en clair, accepter une part d’inconnu.

Accepter tout ce qui vient, comme il vient. Se saisir de toutes les opportunités, de toutes les rencontres, sans jugement, sans analyse. Après avoir marché plusieurs jours ou semaines, c’est exactement ce qui se passe, notre cerveau a dû se nettoyer au fil des pas de tout ce qui nous encombre au quotidien, et nous sommes prêts à accueillir, à accepter.

Accepter de faire un pas puis un autre, accepter d’aller au-delà de notre vision du monde, de sortir du mythe de la caverne, accepter… marcher … lâcher … sentir… regarder… écouter…respirer…

 

ADIEU

On dit que le Chemin est un lieu privilégié pour les rencontres, ce qui est totalement vrai, et s’il est un lieu de rencontres, il est donc aussi un lieu de séparation, d’adieux et/ou d’à Dieu.

Quand je repense à certaines belles rencontres je repense aussi aux séparations qui ont suivi, la gorge serrée, la larme à l’œil, le ventre noué. Tant de choses étaient passées entre nous, parfois juste le temps d’un repas partagé, d’une portion de chemin, ou de l’instant d’une pause…Combien d’exemples de personnes apparaissant subitement au détour d’un chemin avec qui on va échanger quelques mots, quelques instants… la limpidité de la relation, la joie de se retrouver comme si on se connaissait depuis toujours…

Ce pèlerin belge croisé à trois reprises entre Santiago et Fisterra, avec trois échanges profonds, ThichNhat Hahn étant au centre de nos conversations. Lui venait du Camino de la Plata, nous venions du Levante. Il nous dit avoir plus parlé aujourd’hui que pendant un mois sur la Plata. Nous nous sommes quittés au croisement de Muxia et Fisterra, Lui voulait aller d’abord à Muxia et nous à Fisterra.

A trois reprises nous nous sommes retournés mutuellement pour nous faire des signes d’adieu en nous touchant le cœur.

Quel drôle d’instant que ce moment-là, nous avions perdu un ami, un frère, retrouvé quelques heures auparavant. Le chemin nous apprend à nous détacher, y compris du meilleur.

Combien de séparations comme celle-là ? Je ne les compte plus : Maria, Christian, Miguel… et combien d’autres ? Le monde est rempli de gens de bonne volonté, contrairement à ce que les médias pourraient nous faire croire !

 

ARREBATACAPAS

Je me souviens de ce petit sommet à 1068 m, un des points culminants du Camino de Levante, après le petit village de Cebreiros (du même nom que le mont du Cebreiro sur le Camino Frances et quelques ressemblances sur le dénivelé). Quel plaisir de franchir ces montagnes que l’on aperçoit quelques jours auparavant, droit devant nous !

Sentiment de puissance, même si parfois j’ai l’impression d’être une fourmi ou un escargot sur cette planète, à mon rythme, j’avance inexorablement, j’avance !

 

B

 

BUENCAMINO

Ces deux mots juxtaposés résonnent encore à mes oreilles. Quelle belle mélodie ! Tous les peregrinos et tous les espagnols vivant sur le camino souhaitent plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de fois par jour « BuenCamino ! »

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Julien

de librinova

WAR 2.0

de librinova

suivant