Accident névralgique particulier et non encore décrit causé par le besoin d'uriner et par la miction, par le Dr Putegnat,...

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impr. de F. Malteste (Paris). 1864. In-8° , 8 p..
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Publié le : vendredi 1 janvier 1864
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Publications de l'union Médicale (Nouvelle série) des 21 et 23 Janvier 1864.
ACCIDENT NÉVRALGIQUE
PARTICULIER ET NON ENCORE DÉCRIT
CAUSÉ PAR LE BESOIN D'URINER ET PAR LA MICTION
Par le Docteur PUTEGIVAT. de liunévîlle
« On ne voit que trop souvent, dans les maladies,
» des particularités très singulières. »
(ZIHMERMANN, Traitédel'Expérience,\w.\, eh.III.
Oa a reconnu, depuis longues années, qu'Hippocrate devait son immense réputation,
principalement à l'application avec laquelle il étudiait toutes les circonstances,
moindres et grandes, des maladies, et à l'exactitude avec laquelle il a su consigner
tout ce qu'il voyait précéder les maladies et les accidents qui les accompagnaient.
Qui ne sait qu'il s'attacha à rapporter, très soigneusement, les événements, comme
il les voyait arriverons la nature et qu'il les détermina avec la plus grande atten-
tion!
Hippocrate n'ignorait donc pas que rien n'est plus important, en médecine, qu'une
histoire vraie et authentique, c'est-à-dire basée sur des phénomènes bien étudiés et
non écrite d'après des raisonnements et des hypothèses.
Ce n'est point la rareté qui fait la qualité principale des observations, et je n'ignore
pas que toute observation doit contenir déterminément ce que le praticien a vu et
comme il a vu, afin que ceux qui viendront après lui puissent voir la même chose,
ou plus avant et corriger ce en quoi il a manqué par quelque raison que "ce puisse
être.
Quel est un des buts qui s'offrent, d'abord à nos yeux, dans la pratique de la mé-
decine?
C'est, dit Sauvages, l'étude des différentes combinaisons des accidents qui, selon
les diverses périodes des maladies, diffèrent de plusieurs manières, et qui sontnéan-
S( . n /"> ,1.
moins enchaînées dans une certaine suite et dans un ordre déterminé, selon chaque
maladie particulière.
La connaissance de ces vérités m'a déterminé à recueillir et à publier les observa-
tions suivantes, qui dépeignent un accident névralgique, particulier et non encore
décrit, que.je sache,ni même signalé, produit, dans des circonstances encore indéter-
minées, par le besoin d'uriner et par la miction.
OBS. I. — M. X..., âgé de 50 ans, cheveux châtains, tempérament nerveux et sanguin,
très sobre, jouissant d'une belle aisance, menant une vie fort active, habitant uu logement
sain, atteint d'aucune diathèse, mais d'une affection rhumatismale légère, sujet au rhume
sous l'influence du froid humide, n'a point eu d'autres affections nerveuses que la migraine
et quelques crampes d'estomac, produites par des aliments vinaigrés et des fruits crus.
De temps à aulre, c'est-à-dire à des semaines,à des mois et même à des années d'intervalle,
et sans cause physique ou morale apparente, n'importe l'état électrique, celui barométrique
et même thermométrique de l'atmosphère, au moment où, la vessie pleine, le besoin d'uriner
se fait sentir vivement depuis quelques instants, et surtout au commencement et pendant la
durée de la miction, il éprouve, dans les voies urinaïres, spécialement dans la région péri-
néale, un sentiment particulier d'engourdissement, pas très douloureux, mais vif, brûlant,
lancinant et pénible sous le point de vue qu'il est anéantissant. Ce sentiment frappe les
épaules, descend dans les bras, en suivant seulement le trajet du nerf cubital, et produit,
dans l'avant-bras, le petit doigt et l'annulaire, la sensation que l'on éprouve lorsqu'on a
heurté fortement le nerf cubital à son passage entre l'olécrâne et l'épitrochlée. Cette douleur,
beaucoup plus vive à gauche qu'à droite, dure environ 20 ou 30 secondes, disparaît sans
cause apparente, autre que la miction, et sans laisser aucune trace, en diminuant insen-
siblement.
Aucun traitement n'a été fait.
Comment expliquer ce phénomène, sui generis, subit et passager, des voies uri-
naires?
Comment expliquer son retentissement dans les épaules et, spécialement, dans les
nerfs cubitaux ?
Pourquoi cet accident névralgique est-il plus vif à gauche qu'adroite?
Tels sont les principaux problèmes que fournit cette observation et auxquels nous
n'essayerons de donner une réponse que lorsque nous aurons rapporté les autres faits
que nous avons recueillis.
Cette observation, lorsque nous l'avons communiquée, il y a deux ans, à la Société
des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, rappela, à l'honorable Président de
cette savante Compagnie, le fait suivant :
OBS. II. — Une dame, âgée de 36 ans, veuve et mère de trois enfants, d'une sensibilité et
d'une irritabilité nerveuse excessives, souffrait continuellement de gastralgie et de névralgie,
dont le siège variait à chaque instant. Un jour, ses souffrances étant calmées, elle fit, dans
des termes assez embarrassés, la confidence à son médecin, qu'elle avait peur d'uriner, tel-
lement les douleurs provoquées par cet acte étaient intenses.

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