//img.uscri.be/pth/adf08efd3242122abdc6acc306ef89b8308cb624
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - PDF - EPUB

sans DRM

Adam... L'Infréquentable

De
62 pages

Le « dyshéros » passe parfois pour un « dit zéro ». Dans la vie, il marche en espérant avancer. Son chemin n’est pas à la portée de tous ; pisteur ou compagnon, il faut écouter ses tares, nos voix, et attendre de le surprendre au bon moment. Ses bons moments, comme les mauvais, brûlent à la surface, réchauffant la peau de la société qu’il laisse faire, est-ce pour mieux se refaire ?

À travers des rencontres et un rendez-vous, il pleure bêtement et rit intelligemment, ou l’inverse, devant une existence promise à l’immense et à l’immensité, selon la règle de l’iceberg ?


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-22469-7

 

© Edilivre, 2016

16 Septembre,

Le peuple est une femme. De sa passion des dit-on à la « courtisânerie » qu’il exige de tout prétendant au titre de président, rares sont les prétendantes, sans oublier les révolutions ; séditions de la bafouée que nous composons. Lorsque je me retrouve avec mes semblables, je me rends compte d’une chose, la femme en question ne manque pas de formes. Il y a beaucoup de gens dans ce monde, et surtout dans cette station.

On parle de crise et de chômage, mais des travailleurs, le bus en est plein. Ce n’est ni la monotonie ni le surmenage qui fait jaunir leur visage, une souffrance plus profonde est la cause. Dans la langue française, le mot « travail » trouve son origine dans le nom latin donné à un instrument de torture, donc, leur mal est vital.

Je pose sur eux le dernier regard de l’enfant, le regard qui dépouille le père de ses pouvoirs de super héros. Le nouvel adulte découvre ainsi la bêtise, la laideur, l’impuissance, bref, l’humanité de son géniteur. L’humanité, elle ne manque pas autour de moi, un exemple, la femme assise sur le siège à côté.

La majorité attend une description… C’est bien d’attendre. Dieu ! Faites qu’elle soit pauvre et atteinte d’un cancer, l’unique cas où l’on peut permettre à une femme de porter une telle perruque. Un chien mouillé était greffé sur sa tête. Voilà un début de description. Les poils recouvraient le visage de la demoiselle qui enroulait et déroulait le fil du kit mains libres autour de son vierge annulaire gauche, mais, j’ai employé le mot « demoiselle » car la personne chargée de passer entre les passagers pour récolter le prix du billet l’appela ainsi ; galanterie grégaire. Il passe à moi.

– « RRRRRRRRR… »

Les autistes et les schizophrènes sont plus présents dans les films et les séries tv que les juifs blancs ou les noirs en surpoids. Etrange, niveau « Entertainment », voir une personne enfermée dans son monde n’est rien, comparé à la vue d’une autre, manquant de s’étouffer en essayant d’accomplir l’action que les Hommes sont censés avoir apprise à faire couramment avant leur première année, parler.

– « Ruisseau ! »

Le receveur se charge de finir le nom de ma destination – le prochain arrêt – et me rend la monnaie. J’en serai presque arrivé à lui demander de la garder, afin de ne pas le priver d’un de ses instruments de musique, mais, je suis fauché, j’avais dit que c’était la crise. Heureusement, la belle symphonie de sa main était gratuite. Les pièces qu’il me remit vibraient encore au rythme de celles restées se faire bringuebaler entre ses doigts.

La femme à côté de moi était captivée par le fond de son sac. Le regard figé et le modèle du kit mains libres dans ses oreilles me font penser à une vidéo sur un smart phone, élémentaire ! Soudain, une secousse s’ajoute à la partition du jeune homme. Un bus aussi vieux, sur une route aussi mal entretenue, je suis étonné que cela ne soit pas arrivé plutôt, contrairement à la demoiselle qui laisse tomber le sac sur ses genoux. Un smart phone s’en échappe et se retrouve à me pieds.

N’écoutant que ma soif de reconnaissance, je me penche, en le ramassant, mon pied fini d’arracher le kit mains libres, ce qui libère le son.

– « Ah, ah, ah, vas-y, oui, oui ! Continue… ».

Je ne continuerai jamais, mais, vos fantasmes le peuvent facilement. La demoiselle détourne la tête et m’accable seul de l’obscur objet du désir qui gémit de plus en plus fort, dans un bus inhabituellement calme. Je tripote les quelques boutons dont dispose l’appareil, l’un d’eux allume l’écran, et l’image vient servir la viande ; avec la sauce. Sans elle, ce serait une impardonnable faute de goût.

Une fan de porno ! Pour l’instant, le fan fait un, avec moi ; du moins pour les autres personnes dans le bus. Mes lèvres s’étirent en un sourire stupide. Ce soir, oseront-ils raconter l’historiette à table ? Peut-être sur le lit ? À eux-mêmes.

Une force déchire mon sourire et me plaque au sol. Des coups-de-poing se plantent dans mon dos, la douleur en leur creux s’abreuve de ma faiblesse et grandit. Mon corps s’unira à elle pour bourgeonner et donner de magnifiques fleurs aux pétales de chair bleue.

– « Continue… ! »

En combien de couleur peut-on peindre un mot ? Les passagers reprirent le mot déjà rouge sulfureux et assombrirent ses pigments. Ils encouragent mon agresseur à frapper plus fort, une femme suggère de frapper dans des endroits plus sensibles. Hurler devint insuffisant… Après avoir eu l’assurance que le premier agresseur m’avait bien immobilisé, les lâches.

Je suis un dieu, l’esprit humain ne devrait jamais goûter à une telle extase. Chaque fois que l’un d’eux me touche, je sens l’espoir d’essuyer un peu de sa saleté à mon contact, comme les dieux païens dont le simple effleurement était rédemption. L’euphorie est transcendée par une conviction. Ils auront beau se laver, les masques de charbon sous leur visage sont collés à jamais sur leur crane. Un miroir seul n’est pas assez sincère, c’est la réflexion du miroir dans leurs yeux qui les pétrifie.

Que porte la vision ? Les anges écartent le regard, donc, il n’y a que Dieu, Satan et la personne qui le savent ; la vraie trinité.

La sortie se fera comme un cheveu sur la pâte du boulanger, il l’ôte avec indifférence, le receveur fait de même avec moi. Je voulais descendre au prochain arrêt de toute façon. Il me faudra un kilomètre de marche pour réaliser que le téléphone de la demoiselle est toujours dans ma main. La route est encore longue, et une belle vidéo devrait m’aider à passer le temps… Donc, je cherche sur le net une vidéo de Taylor Swift.

21 Septembre,

Tous les garçons et les filles de mon âge se promènent dans la rue deux par deux, oui mais moi, je préfère prendre le bus, c’est plus drôle ; même si le rire n’est pas d’actualité. Les drogues finissent dans l’urine et les mariages finissent dans l’aspirine, toutes les bonnes choses ont une fin. Pas toutes les choses qui ont une fin sont bonnes, les piles chinoises et ma journée. Dans deux heures, la dernière ne sera plus. Mon sommeil grandira-t-il en une mort qui donnerait tout son sens à l’obsolescence programmée de ma vie ?… C’est bien de rêver.

Revoilà la musique, s’agirait-il du bus-ils se ressemblent tous – et du receveur de la dernière fois ?

– « Ruisseau ? », la voix écumeuse à l’arrière-goût acidulé dissout mon doute. Je lève la tête, mais, ne le vois pas.

– « Par-là ». J’avais raison, c’est lui, bloqué derrière trois ouistitis déguisés en gorilles déguisés en hommes.

Je me faufile et arrive, en sueur et en larme, au fond du bus. La transpiration des autres passagers ferait pleurer une jeune orpheline, devenue veuve à trois reprises, et ce, avec ou sans base en toxicologie. Le jeune homme semble immunisé ; son visage reste illisible de près. Contre aucune attente, je ne suis pas gêné de le revoir. La somme du billet était dans ma main quand il me dit que le trajet est offert par : « Moi… Adam ».

– « je mmmmmm’appelle Adam aaaaussi ! ».

L’envie, non, le besoin d’expliquer l’épisode porno me tua et me réincarna en une personne plus prolixe : « cccccccc… ».

– « As-tu toujours le téléphone de la femme ? » Adam est donc au courant des détails de l’affaire.

Le hasard puise sa force dans la bousculade, le mot vient de la langue arabe, son ancêtre signifie dé. Jouer aux dés, c’est de les lancer, qu’ils s’entrechoquent, qu’ils se repoussent. Un rocher géant a percuté la jeune terre, et les éclats formèrent notre lune. Entre Adam et moi, ce sera une fille.

Une violente secousse frappe puis immobilise le bus. Il arrive que le hasard fasse deux fois le même coup, là n’est...