Administration municipale du 7e arrondissement du canton de Paris. Discours prononcé par l'un des époux à la fête républicaine du 10 floréal an VI

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Impr. de Desveux ((Paris,)). 1798. France (1795-1799, Directoire). In-8 °. Pièce.
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Publié le : lundi 1 janvier 1798
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DU SEPTl^fi^ 'A01ÏOBD1SËEMENT
DU CANTON DE PARIS.
DISCOURS
Prononcé par l'un des Epoux, à la
Fête républicaine du z o Floréal ?
an VI.
LA présence des Epoux réunis dans
cette enceinte, pour concourir à la cé-
lébration de cette Fête républicaine ,
annonce assez qu'ils en sentent tout le
mérite, et qu'ils sont dignes d'y figu-
rer par leurs vertus et par le modèle
intéressant qu'ils présentent, de leur
union bien assortie.
(2)
Je participe moi-même à cette Fête
avec d'autant plus d'intérêt et de plai-
sir ? que je dois mon existence civile à
la révolution , qui me l'à rendue, et
à la République ? qui l'a consolidée.
Mort au monde, mort à la Nature
dès les premiers jours de mon adoles-
cence , les loix de la République sont
venues marracher du tombeau, dans
lequel les préjugés de l'éducation ?
l'erreur et l'ignorance m'avaient préci-
pité tout vivant : par ces loix justes et
bienfaisantes, je suis redevenu enfant
de la patrie : par elles y il m/a enfin
été permis d'écouter la voix impérieuse
Ae la Nature y que je m'étois , pendant
quarante ans , inutilement fatigué à
étouffer; j "ai pu me livrer au doux
penchant qu'elle inspire à tous les
êtres, et , dégagé des liens que ces
mêmes loix venoient de rompre ? j'ai
pu 5 ah ! l'heureux instant, prendre les
seuls engagement compatibles avec lA
( 3 )
A a
liberté et la dignité de l'homme, en
me donnant une épouse selon mon
cœur, et qui m'a déjà procuré deux
fois le bonheur d'être père.
Interprête des sentiméns des Epoux
ici présens 1 et partageant leur bon-
heur , qu'il me soit permis d'en tracer
une legère esquisse et d'en rassembler
les principaux traits.
Le mariage, cette institution dictée
par la Nature, sans cesse occupée de
la régénération de tous les êtres qu'elle
renferme dans son sein ; ie desir plein
de feu qu'elle fait circuler dans nos
veines , et qui nous porte, dès les pre-
miers instans de notre adolescence,
vers la compagne qu'elle nous a desti-
née ; ces douces émotions ? ces trésail-
lemens de plaisir, que nous éprouvons
au premier aspect de celle que le cœur
nous indique ; le bonheur ineffable
dont nous jouissons dans les déclara-
tions mutuelles des sentimens qui nous
(4)
animent 5 ces effusions de cœur, où
l'ame se déploye, se montre toute en-
tière, sans nua ge - et sans détour ; cet
instant heureux , enfin ? amené par la
1 r 1
vertu 7 ménagé par les convenances
réciproques de caractére, de moeurs
de facultés et de talens j cet instant y
dis-je, où la Nature fait goûter à deux
nouveaux Epoux , le prix et le bonheur
d'être , sont le but essentiel et le plus
bel appanage de l'existence de l'homme.
Il n'est point de bonheur qui puisse
etre comparé à celui de deux Epoux
aussi bien assortis. Seroit-ce les jouissan-
ces trompeuses de ces froids célibataires,
s'exerçant sans cesse à frauder les
droits de la Nature et de la société ?
Seroit-ce les vôtres , voluptueux épicu-
riens , rassasiés et gorgés de tout ce
qui émousse et énerve les sens ?Seroit-
ce les faux plaisirs de ces libertins
effrénés, sans mœurs et sans pudeur,
et toujours en action pour trouver 1^
(5)
A 3
- laonheur qui les fuit ? Non 7 vous n'a- -
vez point, comme ces, Epoux, connu
le vrai bonheur et le vrai plaisir. Il
n'en existe point pour vous qui ne soit
empoisonné par des remords et souvent
par des suites encore plus fâcheuses.
Mais , ce n'est encore-là que le
prélude d'un bonheur bien plus réel,
dont jouissent les Epoux. Le premier
semble n'être fait que pour les sens_,
l'autre affecte l'ame dans toutes ses
facultés.
Représentez - vous toute la félicité
qui résulte de l'union de deux Epoux
bien assortis. L'Epouse , attentive par
ses prévenances, par ses complaisances
et par l'étude qu'elle fait des goûts et
du caractère de son Epoux y à écarter
tout ce qui peut le contrarier, à secon-
der ses travaux, à respecter ses études
et ses arrangemens économiques , voit,
avec joie , s'affermir dans le cœur de
son Epoux, les sentimens de tendresse

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