Adresse au roi d'un français victime de la Révolution, réfugié à la cour de Madrid : contenant une opinion motivée sur le décret de l'assemblée nationale, rendu le 19 juin au soir, contre la noblesse de france, etc. ; suivie de quelques réflexions sur la fête de la confédération nationale et royale, projetée le 14 juillet prochain, etc. ; et terminée par l'exposition d'un sentiment qui combat avec force l'intention prochaine de détruire le monument de la place des Victoires et description intéressante de ce monument ([Reprod.])

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de l'impr. d'Infantino (Madrid). 1790. Noblesse -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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,36.61, J
̃ CONTENANT.
Une opinion motivée sur le décret <lo l'as-
iOi[il)i(':c iifiiionfite, rendu le 9 juin aw.
soir, contre la noblesse de France, etc.
suivie de ffiieJ<|iies réflexions sur la fête
de la confédération nsA^BUalv: et royale,
projetée pour le i'4 juillet orochain, etc.
et terminée par l'exposition d'un senti-
ment qui combat avec force l'intention
prochaine de détruire le monument de
la place des Victoires. Description irné-
fcssanliî de ce monument.
'• ̃ -o Dro. Pro liège. T'ro Pallia.
A M A D B. ,1 D
De l'imprimerie d'InrANiiNO premier'
imprimeur du Roi d'Espagne.
7-g 0»,
de la révolution du temps présent.
On s'assemble on conspire on répand des alarmes
Tout bourgeois est soldat tout Paris est et! armes.. (1)'
ranime
montre l'exomple et les rappelle au crime.(2)
X<'liorreur., ïa trahison *la fureur, le trépas,
Leur pour les Rois leur tient lieu de noblesse, (3)
On s "assemble ce déjà les partis les cabales
Fon t retentir ces lieux de leurs voix infernales
Le bandeau de l'erreur aveugle tous les yeux. (4)
tjiïis contre leur prince, et divisas entre eux.
Jouets infortunés des £uvenrs-intestin(?s
De leur triste pallie avançant les ruines (5)
Indignes citoyens,
Quel droit vous a rendu juges de votre maître?
Tout est libre avec lui lui seul ne peut-il l'èîre ?
En vain vous prétendez enchain&r votre maître
La Franc* a des Bourbons et Dieu vous a fait naître
Près de l'a iguile rang'qn'ils doivent occuper,
Pour soutenir leur trône et non pour l'usurper. (6)
ET qui meurt raju son Iloi meurt toujours avec
GLOIRE. (7).
Tiré de laHenriade, par Voltaire, des chants (i) m.
Z) Vi.. (3)- iv. vt. (5) tv. (6) vi. (7>iv.
A
•t Q ij'jî.st CE qu'un Hoï sur la terre»,?
s'écrioit 1'un des orateurs sacrés de votre
auguste personne (1) en proiion^.iiit le p,i-
négyrique du plus saint de nos Bois, {'eu
de vos ancêtres qui Et la gloire de l'empire
des lis.
Un Roi est l'oing du Seigneur le
bouclior du foible le fléau du méchant
(i) M. l'abbé Maury Panégyrique de Saint Loxji*.
j> l'arbitre de l'opinion, la rrgle vivante des
3> mœxiis il est un homme dont les devoirs
•> sont aussi' étendus que la puissance
̃ 33 qui répond à Djeu d'un peuple entier,
» et participe r par. ses'vertus tous
» le$ honneurs dus au génie un homme
» dont les actions sont' des exemples les
3j paroles des bienfaits les regards même
>i des rot ompenses un homme qui se
» sandifk* par son propre bonheur, Iors-
̃» du'il rend ses sujets hetircus; un homme
î> qui n'est élevé au dessus des autres que
pour découvrir de plus laiia le malheu-
» rcux • nu Rôi est enlin une victime ho-
» uoiable de la félicite publique à qui la,
̃» Pro\ idencea donné pour famille un grand
peuple pour témoin l'uiuvors et tous les
Tel et-r SIRE, le portrait Mêle de
Louiï IX Roi de France', et tel est par
conséquent le caractère suprême et indélé-
bile de votre, auguste personne caractère
qui fut irrprimé sur le front de Sa Majesté
au jour solenuiel de son sacre en.présence
d'un grand concours de ses sujets, et d'etran-
(le ii juin lorsqa'iu pu à dés
̃autels elle reçu), des mains
A 3
Bandeau sacré, et
iée sur sa tétc
Franco et cependant ce si
Semble maintenant disparaître et être effacé-
de votre règne, 'ainsi qu'un
et lumineux:, agité et chassé par les eut i
•.se dissipe daui les régions élevées en y.iiu
l'œil le suit, Il disparaît et n'est à'ijii plus,
Français où réside, donc, votre Rot,
nous demandent chaque jour d'illustres
voyageurs que la grande réputation de
notre capitale; et les jpnissaisices qu'on y
trouvoit, y. ont encore/attires Où est doue
le Prince dont ou nous a tant vanté la clé-
mence et la sagesse? Où réside-t-il? Qù est
su famille auguste, sa garde dhonneur, sa
brillante cour, si renommée dans les nôtres?
Où sont ses grands personnages et, vos
guerriers? Où sont vos pontifes
respectâmes, et pourquoi leurs' temples si-
̃ prés koilt-ils diserts et les autels couverts
de rajles funèbres ? Pourquoi ne sommes-
nous environnés que de bataillons armés et
sans cesse en mouvement ? 'Quels ennemis
Pourquoi
vos peuples sont-ils si agites Pourquoi
)>Ja tristesse est-elle empreinte leurs
et
leurs. villes
liiloii" en Un mot,
quoi votre bas peuple est-il devenu toùt-à-
coup féroce et satigniunirc- ? Pourquoi vos
châteaux vos hqd^atious des campagnes
sont-ils incendiés et leurs seigneurs proprié-
taires massacrés ? Pourquoi des cohortes
nombreuses de brigands, années de torche;'
et de poignards, parcourcnt-elled vos pro-
vinces pour y jeter le désordre et l'alarme
dans vos familles respectables ?
Et telles sont, SIRE, les questions que, sans
cesse, ces étrangers, curieux de s i:i.strrirc
font il nos citoyens Français mais com-
bien pas IrOmi d "horreur s'ils
eussent été témoins, comme nous, de cette
scène effroyable (des 5 et 6 octobre ) arri-
vée au. palais de nos Roisj et dont Vos Ma-
jestés ont pensé devenir las tristes, vie-:
tiyes s'ils eussent, comme nous, vu les
marches de votre trône ensanglantées et
les têtes de vos fidèles gardes rouler à va..
pieds, et, au mô;ne instant, transportées
été témoins du carnage affreux excité par..
scélérats déguisés et peut-être de
r.-ige couyerts d'un costume bizarre, em:
«fiiii ils pas frappés s'ils avaient vu votre
adorable et courageuse avertie pat
des cris redoublés de ses fidèles gardes se
sauver a lah 'île, dans un désordre forcé; cou-
rir t i-emblaiitc.dans I'obscurit par des faux-
fnyatis; voler à ses enfanè, les enlever du
danger arriver oppressée saisie d'effroi
dans votre appartement, et s'élancer avec
précipitât ion elle et son dépôt sacre, dans
vos bras ne former, en ce moment cri-
tique qu'un seul corps avec vous et vos
et opposer ainsi, à la rage des scé- ̃
Ii'rats, ce bouclior sacré de la ',et
Si «ipeiulrp leurs bras 1 1 ifur! riei s ? Q u'etissent-
ils dit, si encore ils Vos Majes-
(èy
l'ordre,
et annoncer aux bataillons armés qu'un
zèle trop doute
pour trime <;tie vous
lu cli ssti.i de vous rendre au mi»
capitale, et rappeler
peuple égaré par les
or dune liberté qui de-
voit .uii^utT apr:s <>jfo tous les excès d'une
tfàrônée et toute. les/passions du
le plus
roiiiîu tous los martyrs de la'
tous ces
cette iiiloriialo l'évolution (1
de leur devoir vu cimes, de la fu-
roiir des scélérats, de* f,icti<'uv sur- tout
toi:jf)!iij occupés à nc-user mille tombeaux
tmtoi r mé ,ic du trône de nos Rois ? Ici nia
î.i« £ii '(> p,iial''v boucha rcbiemuottr1,
CI' I v\ n'a plus i,i l'o: ce (juc de prononcer
.i île-, ,r n Je L fureur
A iv
douleur n'a pu que &iblè^éiifc::n3i^fè;pâr;;
gestes tesp'rfessi& «ai;'moiitrant ̃'&
ces citoyens étrangers phijkjsoplte^i&jitre |*à*
lais. Notre bon souverain est ici p. leur
avons-nous fait entendre*, ily réside sans cor-
tège d'honneur, abandonné d'une pra-tie des
'princes de son-sang forcés de s'éloigner,
de son- trône plusieurs de ses niiuistres
des pontifes des grands âtf acaes sa per-
sonne, devenus forcément craintits, "ëiit.
fui pour se dérober àla. fureur .populaire:
ce prince n'est donc plus environné- que. dé
son épouse adorable, toujours inséparable
de ses enfans' chéris et de son auguste fa-
mille qui lui est restée fidèlement atta-
chée pour du moins partager ses peines
et telles sont encore les seules jouissances
qu'il go-Jfte dans son intérieur: à la vérité
ces jouissances sont grandes et douces
mais dé combien d'amertumes ne se trou-
vent-elles pas empoisonnées
Voilà, SIRE, l'esquisse du tablean iîdi-'îe
et expressif de la royauté des lis en ces
jours de désastres. Les artistes législateurs
'qui le terminent, déjà même
aux regards de leurs partisans, admirateurs
dans leur atelier national ni leur Dieu
ni leur Souverain et' et qu'ils ne cessent
même d'outrager
lissant sans cesse aux yeux des peuples.
Oui, SIRE; ch! pourquoi lo dissimu-
lerions-nous davantage à VOTRE Majesté;
pourquoi crainditons-nous de îuijwtnouceï1
que son sceptre semble dép ployé et prêt à
étre hrisé sa couronne avilie ? déjà îréoie
en a-t-oti arraché les plus précieux Heurons?
ceux attaches au pouvoir supn'me et déjà
sont-ils places dans les mnins du peuple
,dL2i bientôt oublia les acclamations d'allé-
gresse mj'M donna avec tant de transport au
jour si solennel de votre sacre: acclama-
tion-, mille fois alors réitérées, et qui reten-
tissent sous les voûtes du temple sacré où
'soixante et pins de Rois vos devanciers
y rrf nr.iit au pied de l'an tel sacré par
limita sainte, la force et la puissance de
remuer; autel ou la religion sainte reçut,
par les mains du pont ilV; vénérable leurs
scuiKiiis ceux de VOTRE iÎAjr.iït: ainsi
exprimés.
tr
qu'à char un de vous commises, /ni
lire duc' et
chacun évèque j't lui eoinmise ((]i:domicr
trait ne conlirmc-t-il pas csscntielleiiiciii le
droit de l'église celui des évoques aux-
quels lerirs églises parliculières sont coin-
ïiiiscs,'). Votiik AIajestj': a encore soleiuuel-
4«neut promis à Dieu, et à ses sujets.
paroles
sublimes et .sacrameutaics que les Rois
doivent jamais oublier car elles lurent
leurs premières et leurs plus grandes le-
çons. Que cependant dans peu de jours
l'on annonce à Votuiô MAJESTE (et tel est
îfT pioietdenos régénérateurs, pour mieux
consolider leur ouvrage) que de tels scr-
inens doivent dre proscrits désormais, dé-
truits, anéantis, et qu'il lui eu faut pro-
clamer, dans cebeau jour de rénénéralioii
de liberté de bonheur et d'allégresse
d'autres bien plu> solennels, en présences
'Mûrs que ses soldats nationaux ivres
le fut Clovis par ses guerriers, et le mon-
tale, représentant en ce grand jour, le
peuple de totit l'empire que la couronne
des. Capots étant rejétée, la couronne ci-
vique et romanesque sera, au même ins-
laui sur la tête de ce nouveau chef •
de la nation promu à la dignité de premier
citoyen de l'f>]nj)ire
cet illustre chef annoncera hautement qu'il
jùi plus de sujets mais des concitoyens
pour frères.
Oui, SIRE, tel est pourtant le spec-
tacle bruyant et magnifique que l'on au-
nonce et que l'on prépare à Vothe Ma-
.irsTÙ Ici mon. cœur frissonne de crainte;
S iî'ne peut voir sans effroi 'les préparatifs de
cette fête natif 'nalc et comincnt voire ame
ce, coup terrible, qui va
la royauté en vous décla-
rant pent-cire le dcmier Roi de le, race des
'CupPus Je dernier souverain de cetlc h ell-
et le premier d'une république
(il )
Eli quoi ? les décrets de Fliomtap feront*
ils la loi aux décrets du maître suprême qui
fonda ce grand empiie?Ek! quoi? la reli*
gion sainte 'de vos w!ies sera donc j.
jamais proscrite de ce royaume auquel
elle a donné naissance et qu'elle a établi
sur les f.uirie i e is sa< rés de la foi i Eh
quoi ne vouons-nous plus désormais ses
drapeaux pouvoirs des caraclèier> augustes
de la rédemption ? I li quoi ne venons-
nous plui nos bataillons formés de lVJiîe
des nobles gu(>ui<is f nos ancêtres? l'ii
quoi ? nous défendu de prononcer
à. l'avenir leurs noms et d'en lacontn les
hauts faits d'en respecter les t'cusstM' ?
Nous scia t-il mune ordonné de ne plus
in ut ci ni de» noms illustres de nos pères
jii de l'honneur iranc aii qui -en etoil insé-
Et vous SIRE bien plus à
plaindre que nous sans doute qu'exigera-
t-on de Aornr detlaiei h m-
*( ment quelle n'est plus Hoi de
mais < -clin des J i ,w< .lis qn elle n'a (IL-
sujets, ni de couronne, ni de sceptre ui de
de jus i< p, et qu < HonVjl. plu> en un
mot que Je chef de Il nation des peuples
..Fraudais que les temples sacrés seront
que
administrations populaires que les tles-
con.d.-ujs des Bourbons ceux
Ions des îîohiui
morfiK-ys des Glioiscuis des Drissac des
Crus.soJs des, Tonnerre, et mille autres,
seront confondus avec
îiïii ne deiroient être et ne seront écrits
or;iii-. notre
8JRE, ces îiomines qui seront à
vo- côli' dams ce jour de leur triomphe,
sumoraiiis comme vous et
iJiii'-ffii'ii; ont fait des loix et vout ont forcé
de ï.'i jiroiiiijjfJiier. Quel sjït- fîuclf dhor-
reur polir un descendant des f.ajie! des
Loin des des Henri de Bour-
lion Et qu'eussent répondu grands et
illusiies souverains <i ré-
iocmatcin. ou plutôt à ces usurpateurs de
ni T/mttt'i nmoii crnïtit Jo souiller sa plmnf <•«
rtiii[»lin! au Jettes noms dcsChnpi tiur, dei Target.
des'
r't (|iielq,irs
geste iï eût porté la main sur la garde de
son épée et tout fût rentré dans l'ordre iî
eût dit â ses nobles guerriers «Vous m-®
panache blanc » et sa
vaillante noblesse ne l'eût point lâchement
abandonné. Qu'eut répondu à ces inso-
lons et impolitiques perturbateurs Louis le
Grand' ? Piieii mais d'un seul regard il eût
éloigné de son trône cette cohorte de bri-
gands que des palefreniers eussent bien-
tôt ( basses ? Qu'eussent dit votre aïeul
et votre auguste père oui ce père si ver-
tueux si su&e si éclairé ? Ils n'eussent
fait que se montrer à leurs peuples et or-
donner à, leurs ministres de ne pins fouler
les peuples fie prévenir les excès en tout
d'administration publique, de réfor-
me les abus de ne plus rendre leur
«le la notre; de ne point autoriser sur-tout
leurs contrôleurs généraux à faire des eni-
piants si immenses si multipliés et si rui-
neux -pour fétat de ne pas faire de ce
royaume agricole un royaume de banque
de capitalistes agioteurs un royaume de
de philosophes incroyans «ans
reçu dans leur conseil un
tholique il ne l'eussent pas chargé seul du
timon de l'état seul maître d'organiser les
états-généraux seul devenu despote de son
maître et de sujets seul -et puissent
ennemi de nos anciens principes de gou-
vernement, de notre religion sur-tout, qui
n'est pas la sienne de nos ordr.es réspec-
tables, qui firent la gloire, la force la ri-
chesse et l'ornement de notre empire ils
eussent dit, mais avec courage, leurs su-
jets, ce que Votre Majesté a proclamé j
plus d'une fois à ces premières assemblées
des notables et des états-généraux: a Je veux
Ia destruction de tous les abus qui se sont
glissés da'ns toute administration de mon
royaume je -veux que mon peuple des
campagnes soit soulagé mais je conserva-
rai au péril de ma vie tout, le pouvoir de
rogner dans la justice et selon la loi, que je
îieiis de Dieu seul, et non de la nation jj.
oilà SIRE, vos expressions mêmes que
nous a* ons entendues avec transport, et que
nous avons gravées profondément dans nos
coeurs et dans nos archives malgré qu'elles j
y soient restées en dépôt depuis quatorze
tin\ ? Ce prince alors lisant l'histoire de ses
parce qu'ils prix de
leur sang, dira sans doute, quand sur-tout
il n'entendra plus prononcer les noms de
ces braves et antiques chevaliers qui
furent les, soutiens du trône de ses pères
quand il ne verra plus ces antiques compa-
gnies d'ordonnance, composées de nobles
lui servir de fidèle garde d'honneur en teins
de toujours redoutables aux tems
de guerre? Que dira-tri! "enfin, quand il
entrera dans les métropoles de l'église, et
qu'il n'y trouvera plus m pontifes ni prêtres
qu'il n'y verra plus de majesté, de pompe
dans les cérémonies du culte? Que. dira '-il,
quand il saura qufe son auguste père souf-
et fuir en
Alii.SIÎlE, que da Wa-
sujets, si, en ce inornent critique il ose
lui exprimer ses craintes sur les coups
nacc le trùiio; que son génie lui serve de
parai onnnrre, son courage d'égide, et sort
ii a (l'arme terrible et vengeresse. Faites
plus encore, généreux Monarque que
Votre M\jî. ti. rapproche ou
plutôt de sa conscience les serniens sacres
ijuVllij vient d'wirtuulre et que sa bouche
prononça aux pieds des autels et sur le
livre de l'évangile au jour de
son sacre, de ceux que la force, la vîor
lence et la séduction ont .déjà' su lui. arra-
cher de sa main- sacrée, mais non de son
ame généreuse: alors dis- je elle jugera
combien
B
Eli
doue devenu par. aux -yeux de toute l'Eu-
vous jamais non jamais l'histoire des
Mois ni la postérité la plus reculée ne
diront que Votre ail volontaire-
ment et librement donné sa sanction royale
pour autoriser des réformateurs sans mn-
sion avouée du général des peuples à usur-
per sur le domaine respectable de la cou-
ronne -à en flétrir les augustes attributs
flétrissure jadis réservée au bourreau quand
la loi avoit prononcé sur le coupable désho-
noré et à briser ,1e sceptre et le glaive de la
justice parce que jamais, encore une fois
ce ne releva d'aucune
3 de Dieu. Et le titre suprême de nos Rois
t en marquant ainsi cette indépendance ab-
solae de souveraineté, devienm.'ticure l'ex-
;jf.'<;5.io!"i symbolique et magniii(|ue de cette
( i8)
(je me trompe ils ne veulent plus l'être
tours devenue trop redoutable ) ne peuvent
douter que la beauté de cette prérogative ne
rejaillisse nécessairement sur leurs télés
sans distinction de rangfe.
Ainsi tous décrets prononcés sur des in-
seroient rendus par le concours unanime ̃
nalivnal ( ce qui n'est pas et ne peut ja-
mais être), qui anéautiroient un M beau
titre, celui de la royauté dans toute Sa
nitude, aviliraient bientôt la plus belle des.
monarchies et dégraderaient à l'instant
ïnème cotte nation qui, par un concours
d'un grand nombre dp ses 'repré.sentans
auroieut eu la témérité de prononcer un
arrêt aussi destructeur qu impolitique.,
Et cependant, IS1II.K, cet arrêt formi-
dable est-il déjà annoncé par inille voix
̃parjures mais la postérité qui doit succé-
der à la nôtre, réclamera toujours contre.
u.i délit aussi criminel qu'injurieux à la
royale,.
et elle ne peut s'en
-Passer un Roi et une religion et telle est
B a..
réunir sur sa tête toute plénitude de puis-
des
l
divine est toujours en dépôt dans le saint
tabernacle de 1 église
vil« a été confiée par Dieu même à. l'homme
lioi qui eu est le. dépositaire par excel-
lence les ministres du Roi .des Rois sons
7 chargés de l'exécution de laloi divine, et de
la distribuer aux peuples dans là chaire de
vérité et aux pieds des autels les souve-
rains annoncent du haut de leur trône et
par l'organe de leurs coopérateurs leurs
volontés suprêmes dans l'exercice des loix
civiles; auxquelles ils sont eux-mêmes sou-"
îîïis eau telle est,
cessâire qui doit rapprocher et confondre,
pour .ainsi dire la puissance divine avec
La puissance terrestre, que votre persouue
auguste comme Roi devient le premier
pontife de cette double hiérarchie et sans
cesse ces deux, puissances se portent -des
seepurs mutuel/ que si jamais elles se sé-
parent d'intérêts bientôt seront-elles l'une
f autre anéanties et alors que de mal-
xrs effroyables dans les corps politiques
dans tous les siècles comme le chapiteau
-et majestueux, qui forme et constitue de-
puis quinze et plus de siècles îe royaume
de France composé de fiefs et arriére-iîéfs
Mais pour se confirmer davantage dans
'de/si si grands principes fondamentaux, et
juger dans le repos et le silence de si puis-
sans. intérêts do notre empire que Votas
daigne parcourir rapidement les
règnes des sages souverains ses ancêtres
qui ne gouvernèrent sur leurs peuples que
par la sagesse, la justice, les vertus et les
grands talens. En effet SIRE combien
d'exemples frappans ne trouvera-t-elle pas
dans nos fastes historiques capables de lui
agrandir Famé en lui rappelant les mal-
heurs et les prospérités politiques qui
tour à tour, ont abbatu et relevé ce grand
empire, ainsi que les Rois qui l'ont gou-
verné et quels contrastes frappans dans la
marcherapide des évùnemens politiques
qui se sont succèdes, depuis seize siècles ?
dans cet empire!

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