Adresse au roi, d'un français victime de la Révolution, réfugié à la cour de Madrid ([Reprod.])

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de l'impr. d'Infantino (Madrid). 1790. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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A U|l 0 1
D'U N nAN ÇAIS
Victime de la révolution réfugié à le
CONTENANT
Une opiniofi motivée sur le décret
semblée nationale, rendu le Juinau
soir, contre la noblesse de Franck, e c.;
suivie de quelques relaxions sm r la l'été
de la confédération nationale et royale
projetée pour le 14 juillet prochain, e :c«
et terminée par l'exposition d'un se iti-
tneiït qui combat Avec force l'intention
prochaine de détruire le monument de
la place des Victoires. Description
'ressMJo.de- ce monument.
A M AD RI D,
"Rapprochement de la liguerons Henri IV
de la révolution du temps pré. ent
Or. s'assemble, on conspire, on répand des iJarines
Tout bourgeois est soldat, tout Paris est en frtnc«..(i).
Jj'asscittblée à l'instant les ranime
Elle montre l'exemple et les rappe.llo au cririe. (2}
L'horreur, la trahison, la fureur, le trépas,
Dans des ruisseaux de sang, marchent devant kurs pas.
Nés dans l'obscurité, nourris daiisla bassesse,
Leur bain(, pour les Rois leu tient lieu de noblesse..
On s'assemble, ce déjà les partis, les cabales
Font retentir ces lieux de leurs voix infernales
Le bandeau de 1 erreur aveugle tous les yeux.(4) i
Unis contre leur prince, et divisés entre eu
Jouets infortunés des fureurs intestines
De leur triste patrie avançant les ruines (5)
indignes citoyens,
Quel droit voo» a rendu juges de votre maître?
Tout est libre avec lui lui seul ne peut-il 1 èite. ?
Pn vai» vous prétendez enchaîner votre înflitni
La France a des Bourbons, et Dieu vous a fait naître
Près de l'augutte rang qu'ils doivent occuper,
Pour soutenir leur trône, et non pour l'usu-per. (6)
ET qui MEURT l'OUR SON ROI, ^euat toujours avic
GLOIRE. (7).
Tiré de liHenriadc, par Voltaire, des cha nts (i) m.
;%) Vî.. C<i) IV. VI. (5)' iv. (6) vi. (7] iv.
A
A D RE S 8 E
AU ROI
D'UN F RANÇAI S
1,icliiiie de la révolution 1g
cour de Madrid.
Sire,
̃ « Qu'ksï ce qu'un Roi s.ur la terre» ?
Vécrioit Ywi des ofateurs sacrés de voue
auguste pcr&onns (i) en prononçant le pa-
négyrique du plus saint de nos Rois l'un
de vos ancêtres qui fit la gloire de l'empire
des lis.
» Un Roi est l'oing du Seigneur le
» bouclier du foible. le fléau du méchant,
(1) M. l'abbé Maury Panégyrique de Saint Louis.,
» l'arbitré do l'opinion, la règle vivante des
» niœins il est un homme dont le5 devoir
>j sont aussi -étendus- que la puissance
qui répond A Dieu d'un peuple, ei ticr,
» et paiticips',r par ses vertus J à tous
» les honncuis dus au génie ur hojiime
» dont' les actions sont des exem les ;es
p paroles des bienfaits les regardas iijiéme
» des 'récompenses un homme qùUse
» sanctifie par son propre bonheur lors-
» qu'il rend ses sujets heureux; un homme
» qui n'est élevé au dessus des a tres quo
» peur découvrir ae plus loin le malheu-
j» reux un Roi est enfin une ̃victime ho-
» uornble dé la félicité publique à qui la
» Pro\ idence a donné pour camille un grand
» peuple, pour témoin l'univers, et tous les
siècles pour juges ». v
Tel est, SIRE le portrait iîd\le de
Louis IX Roi de France et tel ést par
'conséquent le caractère suprême et indélé-
bile de votre auguste personne caractère
qui fut imprimé sur le front d6 Sa Majesté
au joiir solemncl de son sacre en présence
!d'un grand concours de ses sujets t d'étnvn-
(le n juin lorsqu'au picd des
'autels elle re^u^ des iitains du pontife le
C 5 ).
A
bandeau sacré, et que la couronne fut pA-
• $éc sur sa tète jour de gloire pour la
Fronce et cependant ce jour si soleinneJ
semble maintenant disparollre et être effacé
de votre règne, ainsi cju'un nuage éclata it
et lumineux agité et chassé par les eut i
se dissipe dans les régioris élevées en yriiu
le suit, il disparoi et n'est déjà- plus.
Français où réside donc votre. Ro]
nous demandent chaque jour d'illustres
voyageurs que la grande, réputation :'o
notre capitale, et les jonissanecs qu'on y
trouvoit, y ont encore attirés? Où est donc
le Prince dont on nous a tant vanté la c é-
menée et la sagesse? Où réside-t-il? Où est
sa famille auguste, sa garde d honneur, sa
brillante cour, si renommée dans les nôtres?
'Où sont ses grands personnages et vos
illustres guerriers ? Où sont vos pontifes
respectables, et pourquoi leurs temples sa-
crés sont-ils déserts et les a.uteî$ couverts
de voiles funèbres ? Pourquoi ne sommes?
nous environnés que de bataillons armés et
sans cesse en mouvement ? Quels ennemies
cherchent-ils donc à combattre? Pourquoi
vos peuple* «ont -Us si agités ? Pourquoi
Ja tristesse est-elle empreinte sur lei/rg
(4)
visage* ? Pourquoi u'y trouvons nous s plu*
cet te gatté a iniablc
et cette franchise qui tious attiroici t djins
leurs villes pour y jouir de leurs sper tacles
de leurs sciences, do leurs arts do leurs
talens eu un mot, de leur société ? Pour-
quoi votre bas peuple est-il devenu i outj-iY-
coup féroce et sanguinaire ? Pourquoi vous
'châteaux, vos habitations des campagnes
«ont-Us incendiés et leurs seigneurs proprié-
taires massacrés ? Pourquoi des cohortes
nombreuses debrigands, armées de torches
et de poignards, parcourent-elles vj>s pro-
vinces pour y jeter le désordre et l'alarmé
dans vos familles respectables ?
Et telles sont, SIRE, les questions que, sans
cesse, ces étrangers, curieux de s'instruire,
font à nos citoyens Français mai; com-
bien n'eussent-ils pas frémi dhorrevr, s'ils
eussent été témoins, comme nous, e cette
scène effroyable (des 5 et6octobre), arri-
vée au, palais de nos Rois et dont Vos Ma-
jestés ont pensé devenir les tristes vie-;
times s'ils eussent-, comme nous, vu les
marelles de votre trône ensanglantées, est
les t4tes de vos fidèles gardes roulera vos
pieds, et ('au môme instant, transportée*
A3
sur des piques en triomphe cannibaliste
devant votue auguste personne alors con-
duite forcément dans sa capital»?, pour y
servir d'otage à la consommation des -tri'
vaux de forcenés régénérateurs' de votre
empile ? Qu'eussent-ils pensé s'ils eussent
été témoins du carnage affreux excité p
des hurleinens effroyables d'une troupe de
scclérats déguisés et peut-être de haut pit- j
rage couverts d'un costume bizarre, et
prunté auvilsèxepopulairepour mieux cou-
vrir leurs crimes? De quel étonnement n'ei s-
«ent-ils pas été frappés, s'ils avoicnt vu vot e
épouse adorable et courageuse, avertie.p r
des cris redoublés de ses fidèles gardes e
sauver lah'tte, dans un désordre forcé; cou-
rir tremblante,dans l'obscurité, par des faux-
fuyans; voler il ses enfans, les enlever du
danger arriver oppressée saisie d'effroi
dans votre appartement, et s'élancer avec
précipitation elle et son dépôt sacré, dans
vos bras nc former, en ce moment c i-
tique, qu'un seul corps avec vous et 08
eufans et opposer ainsi, à la rage des scé-
lérats, ce bouclier sacré de la France, et
suspendre leurs bras meurtriers? Qu'eussent-
ils dit, bi encore ils :noient vu Vos Muiis-
( 6 )'
ffp.s paioi ire sur leur balcon, et reprochai*
mais avec affabilité à cette
tans, leurs forfaits les rappeler àlor^re,
et annoncer aux bataillons armés J quj'un
zèle trop indiscret avoit sans doute ame-
diiez dans le dessein de vous rendre au )ni*
lieu de vos sujets de la capitale, et rappeler
ainsi l'ordre dans Un peuple égaré par les
folies et les chimères d'une liberté qui de-
voit atnener après elle tous les excès dune
licence effrénée et toutes les passions du
tli' lire le plus criminel Qa'cussenlil dit
s'ils eussent connu tous les martyrs de la
loyauté, tous ces généreux Français vic-
times do cette infernale l'évolution
victimes de leur devoir, victimes de la fu-
reur des scélérats, des factieux sur-tout,
toujours occupés creuser mille tombeaux
autour mène du trône de nos Rois? Ici ma
langue se paralyse, ma bouche reste muette,
et eilo n'a plus la force 'lue de prononcer
ces tristes paroles:
(1) les ficrlliicr r'oii'on, de Lanhity, lesHuct,
Ips Jîul'y, les Dausut, les V«rsin les lavras,
(•.i tant d'autres victime tic lov.r tic voir et do h fureur
A iv
Et telle est, A mon Roi 6 mon Maitrt
la réponse que mon coeur oppressé de
douleur n'a pu que faiblement rendre p .r
quelques gestes expressifs en montrant à
ces citoyens étrangers philosophes votre pa-
lais. Notre bon souverain est ici p leur
avons-nous fait entendre; il y réside sans cor-
tège d honneur, abandonné d'une partie des
'princes de son sang forcés de s'éloigner
de son trône plusieurs de ses ministre',
des pontifes des grands attachés à sa p r-
sonne,' devenus forcément craintifs, oit
fui pour se dérober à la fureur populaire:
ce prince n'est donc plus environne que de
son épouse adorable, toujours inséparable
de ses enfans chéris et do son auguste fa-
mil!e, qui lui est restée fidèlement atia-
chée pour du moins partager ses peines
et telles sont encore les seules jouissances
qu'il goûte dans son intérieur il la vérité
ces jouissances sont grandes et douces
mais dé combien d'amertumes ne se tr u-
vent-elles pas empoisonnées
Voila, SIRE, t'esquisse du tablean fid NIô
et expressif de la royauté des lis en ces
jours de désastres. Les altistes législateurs
qui le terminent, déja même l'expcse:Ujih>
de leur ouvrage; et sans doute que Sx .h-
jesté n'ignore pas non plus Hue ces r« gé-
nérateurs impolitiques ne respectent lis
dans leur atelier national ni leur Dieu
ni leur Souverain et qu'ils ne cessent
même d'outrager l'un et l'autre, eniles avi-
lissant sans cesse aux yeux des peuples.-
Oui, SIRE; eh! pourquoi lo <|issimu>
lerions-nous davantage à VOTRE Majesté;
pourquoi craindrions-nous de lui annoncer
que sou sceptre semble déjà ployé 4tprét à
être brisé sa couronne avilie ? déjà îr.émo
en a-t-on arraché les hlus précieux fleurons,
ceux attachés au pouvoir suprême, et déjà
qui bientôt oublia les acclamation i d'allé-
gresse qu'il donna avec tant de transport au
jour si solenmcl de votre sacre acclama-
tions mille fois alors réitérées, et qui reten-
tissent sous les voûtes du temples s.icré où
soixante et plus de Rois vos devanciers
y reçurent au pied de l'autel «acre par
l'huile sainte, In force et la puissance de
régner; autel oii la religion sainte reçut,
par les mains du pontife vénérable leurs
sermens ccux de Vota e Majesté ainsi
(9)
« Je vous promets et octroie devant Dieu
et ses Anges eu les personnes des prélats,
qu'A cliaoun de vous commises, foi cl fus*
tice due et a mon pouvoir,- Dieu aidant,
serai votre défenseur comme Roi, o>t te.
nue par droit en son royaume à l'église et
chacun éveque lui commise n (Cedernicr
Irait ne confirmc-t-il pas essentiellement la
droit de l'église, celui des évéques aux-
quels leurs églises particulières sont com-
mises?). Votre Majksti*. a encore solemnel-
.icment promis à Dieu et ses sujets.
Supënoritatem jura et nobilitatein co-
inviolabiUlcrcuMocliam, et
Ma nectransporlabq, nec'micnabo parole
sublimes et sacramentales que les Rois ne
doiveiit jamais oublier car elles fureit
leurs premières et leurs plus grandes le-
cons.Que si cependant, dans peu de jours,
l'on annonce A Votrb Majesté (et telejt
le projet de nos régénérateurs, pour mieux
consolider leur ouvrage) que de tels se
mens doivent être proscrits désormais, dé-
truits, anéantis et qu'il lui en faut pro-
clamer, dans ce beau jour de régénération
de liberté de bonheur et d'allégresse
d'autres bien plus solemnels, en présence
( 0)
inertie' «les peuples réunis ou champ de
Mars que ses soldats nationaux, ivres de
joie, lui manifesteront ses transports d'al-
iégn sse en l'élevant sur te pavois, f ïnsi que
le fat Clovis par ses guerriers, et le mon-
trèrent en triomphe nu peuple deila capi-
tale représentant, en ce grand jour, le
peuple de tout l'empire que" la courbnnc
des. Capets étant rejetée, la couronne ci-
vique et romanesque sera, au même ins-
tant /placée sur la tête de ce nouveau chef
de la nation promu à la dignité de premier
citoyen de l'empire des Français qu'alors
cet illustre chef annoncera hautement qu'il
n'a plus de sujets, mais des concitoyens
pour frères.
Oui SIRE, tel est pourtant le spcc-
tacle bruyant et magnifique que l'on an-
nonce et que l'on prépare il, Votive Ma-
ir.STK. Ici mon cœur frissonne de crainte;
Une peut voir sans effroi'les préparatifs. de
cette fête nation -île et comment votre ame
suppoitera-t-cHe ce coup terrible, qui va
frapper de mort la royauté en vous décla-
rant peut-être le dernier Roi de la race des
'Capets le dernier souverain de cette b cU
Monarchie, et le premier d'une république
populaire?
,( Il')
quoi ? les déc'rets de l'homme feront"
'ils la loi aux décrets du maître suprême qui
fonda ce grand empire? Eh quoi? la reli-
giom sainte de vos pores sera-t-elle donc il
Jamais proscrite de ce royaume auquel
elle «a 'donné naissance, et qu'elle a établi
sur les fondeuiens ^sacrés de la foi ? KM
quoi? ne verrons-nous plus désormais ses
drapeaux couverts des. caractères augustes
de la rédemption ? Eh quoi ? ne venons-
nous plus nos bataillons formés de l'élite
des nobles guerriers nos anectres ? Eh
quoi? uous sera-t-il défendu do prononcer
à l'avenir lcurs noms et d'en raconter les
hauts faits d'en respecter les écussons ?
Notis sera-t-il même ordonné de ne plus
héritier ni des noms illustres de nos pères
ni de l'honneur, français qui en étoit irisé-
plaindre que nous sans doute qu'exigera-
t-on de Votre Majesté? De déclarer hau
tement .qu'elle n'est plus Roi de Franco
'mais celui de% Français qu'elle n'a plus d
sujets, ni dé couronne, nide sceptre, ni de
glaive de justice, et qu'elle n'est plus., en un
mot, que le chef de la nation des peuple:
.Français qu3 les temples sacrés seront
( n)
où l'on ne verra plus dans son intérieur que
des autels élevés à la patrie, (1 la
à l'égalité que les biens du culte de au-
tels et, de ses ministres seront livrés à des
administrations populaires que les des-
cendans des Bourbons ceux des Bouil-
lons des Rohan des Néles, des Mont-
morencys des Choiseuls des Brijsac, des
Crussols des Tonnerre, et inille autres,
.seront confondus avec ceux des noms(i)
qui ne devroient être et ne seront écrits
dans notre histoire qu'avec du sang humain.
Voilà, SIRE, ces hommes qui | seront à
vo* côtés dans ce jour de leur triomphe
souverlins comme vous, et plus que vous,
puisqu'ils ont fait des loix et vous >nt forcé
de les promulguer. Quel spectacle d'hor-
reur pour un descendant des Capets des
Louis, des Charles, des Iienri le Bour-
.bon Et qu'eussent répondu ces rands et
illustres souverains il ces sanguinaires ré.-
formateurs ou plutôt à ces usurpateurs de
(i) I/autcri nuroit craint de souillw s1 plume en
rappelant an l\oi les noms des Chape.lier, dej Target,
des des Ilobcrspicrre desSyeyjs, rtm*mo
(le quelques jiojns illustres qui sa sont voui*3 à jainiws
Du d<!$liOHiicur et l'infamie.
(i3)
leur trône ? Henri le Grand n'eût fait qii'uri
geste il eut porté la main sur la garde des
son épde, et tout fût rentré dans l'ordre il
eût dit à ses nobles guerriers « Vous me
«rcconnoltrezàinon panache blanc» et sa
vaillante noblesse ne l'eût point lâchement,
abandonné. Qu'eût répondu à ces inso.
iens et impolitiques perturbateurs Louis le
Grand ? Rien mais d'un seul regard il eût
éloigné de son trône cette cohorte de bri
gands que des palefreniers eussent bien
tôt chasses ? Qu'eussent dit votre aîeu!
et votre auguste père oui ce père si ver
tueux, si sage, si éclairé ? Ils n'eussent
fait que se montrer à leurs peuples, et or
donner A leurs ministres de ne plus foule
les peuples de prévenir les excès en tou
genre d'administration publique, de réfor-
mer les abus de ne plus rendre leur
royaume tributaire des puissances voisine*
de la nôtre; de ne point autoriser sur-tou
leurs contrôleurs généraux à faire .des em-
prunts si immenses si multipliés et si rui
neux pour Tétai de ne pas faire de c
coyaume agricole un royaume de, banque
de capitalistes agioteur, un royaume d
fi ippons de philosophes incroyans
( il, )
mœurs, etcannibalistes; ils n'eussentja Mais
reçu dans leur conseil un étranger non ca-
tholique il ne l'eussent pas charge! seul du
timon de l'état seul maître d'organiser le»
états-généraux seul devenu despote do son
maître et de ses sujets, seul et puissant
ennemi de nos anciens principes de jgou-
yernemeut, de notre religion sur-tiut,j qui
n'est pas la sienne, de nos ordr.e respec-
tables, qui firent la gloire, la force la ri-
chesse et l'ornement de notre empire ils
eussent dit, mais avec courage, fleurs su-
jets, ce que Votab MAJESTÉ a proclamé
plus d'une fois à ces premières assemblées
des notables et des ëtats-genéraux cJe veux
la destruction de tous les abus qu se sont
glissés dans toute administration de mon
royaume je veux que mon peuple des
campagnes soit soulagé mais je conserve-
rai, au péril de ma vie tout le po voir do
régner dans la justice et selon la loi, que je
tiens de Dieu seul, CI non de la nations.
Voilà SIRE, vos expressions mêmes que
nous avons entendues avec transport, et que
nous avons gravées profondément dans nos
cœurs et dans nos archives malgré qu'elles
y soient restées en dépôt depuis quntouo
<i5)
mains régicides les en arrachent ? Eh que
dira votreauguste fils, quand la loi suprême
,de la nature et celle du droit de sa naissance
l'auront placé sur le trône deses aïeux?Qtie
pensera-t-il, dis-je, s'il ne trtiuvo dans tout
sa pureté ce précieux héritage dont l.i reli
gion et l'honneur avoient cimenté de leur
vertus et de leur sagesse le contrat solem
jiel ? Ce prince alors, lisant l'histoire de se
pères, s'entretenant avec eux et les grande
dj(\ royaume, qui partageoient leur gloir
parce qu'ils l'avoient acquise au prix de
leur sang, dira sans doute, quand sur-tout.
il n'entendra plus prononcer les noms d
ce$ braves et antiques chevaliers qu
furent les soutiens du trône de ses pores
quand il ne verra_ plus ces antiques compa-
gnies d'ordonnance, composées do nobles
lui servir de fidèle garde d'honneur en tem;i
de paix, et toujours redoutables auxtemii
de guerre? Que dira-t-il*enfin, quand i
entrera dans les métropoles de l'église, e
qu'il n'y trouvera plus ni pontifes ni prêtres
qu'il n'y verra plus de majesté; de pomp
dans les cérémonies du culte? Que dira t-il
quand il saura que son auguste père soufj-
( i6")
frit, mais malgré lui sans doute cjie le?
biens de l'église, ceux des .ministres et des
pauvres, fusant livres au pillage, (]uë sa
noblesse fût persécutée ruinée, massacrée,
et forcée de fuir en abandonnant ses pos-
sessions ?
Ah! SIRE, que du moins Votre Ma-
jnsïj'î pardonne nu aèle ardent maïs 'peut-
être trop indiscret, de l'un de ses plus fklèles
sujets, si, en ce moment critique, il ose
lui exprimer ses craintes sur les coups
effroyables que l'orage
tempête politique est prête à frapper! Et
déjà la foudre éclate de toute paît et me-
nace le trône; que son génie luij serve de
paratonnerre, son courage d'égide, et son
bras d'arme terrible et vengerez e. Faîtes
plus encore ô généreu'; Mo'nàrr uc que
VOTRE Majesti-. rapproche d'elle-même, ou
plutôt de sa conscience, les semions sacrés
qu'eue vient d'entendre, et que si bouche
prononça aux pieds des Autels t sur le
livre sacré de l'évangile au jour nêT.o de
son sacre de ceux que la force, la vio-
lence et la séduction ont déjït su lui ana-
cher de sa main sacrée, mais non de son
arae généreuse alors dis-je elle jugera
| combien
h
combien l'imposture sut mettre en mouve-
ment de ressorts perfides et destructeur.
rious n'oserions jamais le prononcer hau-
tement, SIRE; mais vos fidèles sujets, et
jusqu'aux souverains vos allies, vos voisins,
vos aanis, en sont alarmés même effrayes
Kh! quoi ? s'écrient-ils ce,bon prince est
donc devenu par. aux yeux de toute l'Eu-
rope ?. Mais non SIRE, rassurez-
vous jamais non jamais l'histeire des
Rois, ni la postérité la plus reculée, ne
diront que VOTRE MAJESTÉ ait volontaire-
ment et librement donné sa sanction royale
pour Autoriser des réformateurs sans mis-
sion avouée du général des peuples, à usur
per sur le domaine respectable de la cou
ronne, à en flétrir les augustes attributs
flétrissure jadis réservée au bourreau quan
la loi avoit prononcé sur le coupable désho
noré,et à briser,le sceptre cfie glaive de 1
justice parce que jamais, encore une fois
ce magnifique royaume ne releva d'aucune
puissance terrestre, mais de la grâce seule
de Dieu. Et le titre suprême de nos Rois
en marquant ainsi cette indépendauce eb-
soluede souveraineté, devient encore l'ex-
pression symbolique et magnifique de cett<>
royaume de France; car vos sujets, IRE,
(je me trompe ils ne veulent plus ljétre
du moins quant à la portion de n législa-
teurs devenue trop redoutable) n peuvent
douter que la beauté de cette prérogative ne
rejaillisse nécessairement sur leurs têtes,
sans distinction de rangs.
Ainsi tous décrets prononcés sur det in.
térêts aussi grands, quand bien même il»
seroient rendus par le concours unanime
national (ce qui n'est pas et nel peut ja-
mais être), qui anéantiroient uii si beau
titre, celui de la royauté dans toute sa plé-
nitude, aviliroient bientôt la plus belle des
monarchiens, et dégraderoient à l'instant
même cette nation qui, par un concours
d'un grand nombre de ses représentât^
auroient eu la témérité de prononcer un
Arrêt aussi destructeur qu'impolitique.
Et cependant, SIRE, cet ar iét formi-
dable est-il déjà annoncé par rjiille voix
parjures mais la postérité qui doit succé-
der à la nôtre, réclamera toujours contré
un délit aussi criminel qu'injurieux à Ja
majesté royale.
Il faut à la France et elle ne peut s'en
«passer un Roi et une religion, et telle est
sa propriété la plus respectable un Roi doit
réuoir sur sa téte .toute plénitude de puis-
sance une religion doit avoirsonculte, desi
autels,et des ministres pour l'exercer la loi
divine est toujours en dépôt dans le saint
tabernacle de l'église: la loi humaine ou ci-
vile a été confiée par Dieu même à l'homm
Roi qui en est le dépositaire par excel
fonce les ministres du Roi des Rois son
chargés del'exécution de laloi divine, et d
la distribuer aux peuples dans la chaire d
vérité et aux pieds des autels les souve
Tains annoncent du haut de leur trône, e
par l'organe de leurs coopérateurs leur
volontés suprêmes dans l'exercice des loi
civiles, auxquelles ils sont eux-mêmes sou
mis car telle est S I R E, la concorde né
cessaire qui doit rapprocher et confondre
pour «insi dire, la puissance divine ave
la puissance terrestre, que votre personne
auguste comme Roi, devient le premier
pontife de cette double hiérarchie et sans
cesse ces deux puissances se portent des
seepurs mutuels que si jamais elles se sé-
parent d'intéréts bientôt seront-elles l'une
et l'autre anéanties et alors que de mal-
heurs effroyables dans lés corps politiques
(20)
des empires Mais non, jamais l'on ri'effa-
cera de notre histoire que la cou on e des
lis n'ait été et ne soit toujours considérée,
dans tous les siècles, comme le chapiteau
superbe de cet édifice antique, respe table
-et majestueux, qui forme et constitu de-
puis quinze et plus de siècles, le royaume
de France conposé de fiefs et ar riêre-fiefs
qui l'ennoblissent et l'enrichissent •!
Mais pour se confirmer davantage; dans
de, si grands principes fondamentaux, et
juger, dans le repos et le silence, e si puis-
sans intérêts de notre empire, q e Votas
Majesté daigne parcourir rapidement les
règnes des sages souvecains ses ncétres
qui ne gouvernèrent sur leurs peuples que
par la sagesse, la justice, les vertus et les
grands talens. En effet SIRE combien
d'exemples frappans ne trouvera-! ;-elle pas
dans nos fastes historiques, capables de lui
agrandir l'amé, en lui rappelant les mal-
heurs et les prospérités politiques qui,
,tour à tour, ont abbatu et relevé ce grand
empire, ainsi que les Rois qui l'ont gou-
venté! et quels contrastes frappa+ dans la
,marche rapide des. évèivemens politique
qui se sont succédés, depuis seize siècle
,,dans cet empire!
(a.)
SIRE, il vous est pressant de pui-
ter, de prendre des instructions dans. les
grands exemples d'héroïsme et de ver-
tueuse politique que vous ont transmis
vos ancêtres parcourez leur histoire par-
courez l'histoire de tous les âges de tous
les peuples ;'parcourez la scène du monde,
vous la trouverez occupée tour à tour par
des peuples différens les uns presque
mères dévorent les productions d'unol
sur laquelle ils ne paroissênl que
'comme ces nuées d'insectes qui consom-
ment en une nuit la verdure et les fruits
pour disparoltre le lendemain. Tels furent
dans votre empire,' les Goths les Visi-
goths les Huns les Vandales, les Alains,
les Lombards, les Sarasins hordes bar-
bares qui se succédèrent à diverses époques
dans l'Europe d'autres, qui croissent plus
lentement, s'affermissent par la lenteur da
leur développement, et imitent les forêts
immenses qui semblent de même «go que
la terra qui les nourrit ct tels furent les
France dont nous sommes les enfans et
qui sont aujourd'hui vos sujets; peuple qui
depuis quinze siècles et plus, conserve son
rang dans l'univers et; le premier dans l'Eu-

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