Adresse d'un Prussien à un Anglais ([Reprod.])

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[s.n.]. 1790. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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A DR ES S E
D'V N P R US-SIEN
UN AIS.
L f rifonfe qu'on m'avoit promit $ Londres n'ac-
q9e M. Bujke $pje\\e_unfirt beau panégyrique
le-:la solution le Les éleûions pour le nou-
veau parlement d'Aogleterre ne permettent aucune dif-
membre de l'ancien parlement.
Le vice radical l'inégale reptéfentation aura lieu
or«nie auparavant. La fonftjtption ^nglaife çA incor-
rigible: quel malheur l La conifotution Française eftper*
feÂible quel bonheur
JEAN-BAPTISTE GLOOTS (i)
JE profite du départ de M. Jaume frère
d'un honorable membre de notre auguftc af-
femblée nationale pour vous rappcllcr mon.
lîcur te bon accueil & l'amitié hofpituliere
(!)-Ce Jean-Baptifte cft ie même qui av. nt fon
apparition à la barre de l'affcnibUe nationale', le
juin i s'oppeîloit Mo'nfieitr le baron dit Chou du-Val-dt*.
Gruce. Je ne regrette ni mon titre ni le nom de m»
terre natale; niais il ci! fitheux de reprendre Ton ncm
de' baptètne. Ah 1 fi par ur.e féconde ainbaflzde )i
pouvois faire, abolir les fonds ba|tiimaux la raifon &
la nation y g^gneroientinÉniment.
La tel gion ramente à (a fimplicité primitive, epar^
gneroit au peuple libre & éclairé de l'heureufe France
plus de cent millions annuellement. Tous les individus.
auront lire, il y aura autant de bureaux de iharitê<iMS
«font vous fne comblâtes dans votre terre de
de municipalités, & ks pères de farnille feront lesmî-
niftrés 'du vrai Dieu ,{de la faine-morale Plus de
parfeiars mercenaires-ni de fabriques rmnenfes. Chaque
iflàifonvtiendra lieu de temple & ci le temps le permet
les places publiques, les plaines, les bolquets ratfem-
I lerpnt Il commune le léptiéme jour de la feirtaine
auK>ur du plya vertueux paroifllen qui développe-
ra les jnaxîjttes falùtaires de ta vairon univerfellj,
Co^ime la morale e(f de tous Ies temps & de tous les
ïkux, je confeillçrois de ne faire aucun ufage ni du'
Cofart ni <5e l'Evangile, ni du Zendavefta, fous pré..
ieSftÇ de quelques bcns prcceptes clair- femis dans ces
livres fameux. Les germes de difeorde & de myAicité
y .font trop répandus, peur ne pas inviter !es amis do
%hoJi>îniîè à fermer hermétiquement toutes ces produc-
tions orientales, véritables boites de Pardcre. Ces livres
ont allnmé trop de guerres, divift trop'
,de familles enrichi trop de prêtres .appauvri trop
de nations, pour ne pas les proferita au tribunal i\i
bop fens. Ne les arrachons pss .s mains à petfonne
mais que là -voix forore & impérative de la e©nvi£tioti
les ftiffe tomber dans l'oubli chez un bon peuple abufé>
vexé, dépouillé durant plufieurs fiècles d'ignorance &
detyianhie. Rappelions-nous la réponfe de ce vendra-
bit- Qusker à qui Voltaire dit Vous n'ave{ dont pas de
On fait q«M n'y a pas Amérique de
( n
A3
Baconsfield en-1784- Comme la philofophie
ne mefure le temps que par la fucceflion de!
événemens il y a cent années &plus que nc^jfeô
ne iïous hommes vus. Nos convcrfattons fou-
vent prolongées fort avant dang la nuit, avoien t
pour objet les plus grands intérêts de l'hu-
manité. Vous étiez fort mécontent de votre
chambre haute & des progrès effrayans de Tau,
torité royale. La peinture rembrunie que vous
me fttcs de votre 'jon dilution & la vue de tovs
les abus qui en découlent, me rapatrièrent un
peu avec ma 8(iflill.- & mort le Noir. Vos
amis Fox, Shéridan, Powis, milord Inchiquin
le duc de Saint-John &c. me tinrent le même-
langage. D'après ces' données, je m'atlendois
pr.rôiffcs mieux rigHcs & plus édifiantes que ce'ka 1 de
ces hommes primir.fs, de Ces %ésmoraliftci qui (0 paf
fent.dç pteires & de facremens. Ce font là des mortel,
vraiment ir.«!cpcnd.ins Et nous pferoni vanter natte lis
terré, (juaod nous avons M'ame & le coeur, &l'ef-
prit affervis des prêtres ? Je ne connois pas d'arlllo-
cratVe plus odieuse, & dont les confêquences Soient suifi
abfurdcs, auflî funefles. Français, fi cent millions de
livres tournois & cent milh'on* de bonnes .raison! ne
vous touchent point, gtrdez votre Culte. & votre fa;
à trouver en M. Burkeun des plus ardent apo-
Jogiftes de l'admirable révolution qui placé la
France au-dèlïus de toutes les nations du mondé.
Egalité, sûreté, liberté civile &religieufe; point
de fe'nat point de teft, point de nobleflè(i)»
{!) Article envoyé a la Chronique vers la fin du
mois de m ai dernier,
Coofervôns pour le roi toute h vénération îmagî-
naWe mais la ebofe pullque exige de faite rentrer les
princes du (ang dans la malle commune. Lès préten?
lions Honorifiques de la hiérarchie nobiliaire rénaltroienf
de leurs cendres, fi vous accordiez des diAînôionsaux
Collatéraux du pouvoir ciécutif. Ou tous 'fes principes
èa contrat Iodai font'fâifx, ou il ne Caifroit y avoir
iju'uri prince qu'un gouvernement, qu'un fdùverain.
Je demanderai donc au frère du roi de quel droit il
fair courir des eftaffiers devant (a voiture pour écarter
d'un ton Impérïeuif les carroffés du public & des par-
ticuliers? En attendant une réponfe fatisfailante j'ai
donné ordre à mon cocher de ne faire aucune attention
féodales, Quoi parce que des pré-
cautions faget nous empêchent devoir des rois éle#ifj,il
faudra joindre aox inconyéniens d'un trône héréditaire,
le$abus d'une cafte privilégiée ? Les parenf des gens
en place, & du roi', 8:, du maire.,& depuis le dernier
officier municipal jufqu'au; préfide.nt de l'affernblée na-
tiomle ne fonr que de fimpîes citoyens
(7)
AI
peint de clergé, point de .Peligio:: dominante.
Toute latsation fera représentée convenablement}
tous les individus marcheront ea paix fous la faiv»
vegarde d'une bonne police & d'une excellente
/naréchauffée. Nos rois ne profiteront pas de
zizanie de trois ordres ou de deux chambres
divifées leur influence fiir Tordre judiciaife
fera nulte. La conftltUfion Anglaife eft f foibfe
dans fes fondement & fi lourde! dans fes étages
fupéricurs que vous avez tout à redouter dalle
Une maifon qui porte à fauv. Et la craîrilç de
vos lords, de vos éveques, de vos juges de vq*
rob ne vous permet pas d'ôppôfef des forces
fuffifantes au brigandage des. glands chemins èc
de. grandes villes. Cette pôfition eft d'autant
plus précaire que vous avez à lutter contre
les droits naturels du peuple & contre les ma-
des grands. Mais en France le peuple
n'eft pas redoutable, puifque nbus fommes le
peuple nous mêmes & toute la vigilance na-
tionale eft dirigée uniquement contre l'aftuce du
pouvoir exécutif. Votre constitution reflèmble à
ces égbfes gothiques dont les piliers & les mu-
railles font Surcharges de mauvaifes ftahies de
princes, de magnats, de prélats,de feigneur»
t 85
qui menacent de tomber fur la t$te Ses fidèles
On vous a montré, dans la cathédrale deParta
ce vilain cblofle de faint-Chriftophe les roîs
reflèmblent aflèz à cette énorme fculpture qui
qu'un vain épouvantail fur fon piédeftal}
fil ce col&fle étoit fufpendu â la voûte, ne
friflbrineriez-vous pas? ne diriez-vous pas que
l'édifice va s'écrouler ? Eh bien monteur, nous
avons mis St-Chriftophe en lieu de fureté & tous
ïesmiagot» qui pèsent fur nos têtes, font bri-
fés. Nous ne voulons, plus d'architecture gothi-
que, & nos moderoeî architectes rivaux de
Rome & dé la Grèce, ont élevé à la liberté un
temple dont la fublime ordonnance & les belles
proportions tranfportent d'admiration les plus
Des fourbes en vous présentant .cette Cm-
gulière carte géographique d'où la France a dif-
pàru, ont étrangement abufé de votre crédulité.
Pour moi qui fuis en France, fans avoir Thon-
je vois tout différemment;,
car en axant les yeux fur une mappe-monde,
il me femble que tous les autres pays ont dif-
paru & je n'apperçois. que la France dont la
fplendeur éclipfe lerefte de Tunîver*.
On vous avoit annoncé un déchirement gé-'
néraî. Nos quatre-vingt-trois départcmèns n'c-
toicnt qu'un aflèmblage monftrueuv d'autant d'é
tats fédératifs indépendans j fanarchie plus
complette le fchifme le plus fous-divife & le
plus incurable devoit feton nos prophètes de
malheurs couvrir la Gaule de cadavres anéan-
tir la nation & dérober au genre humain le plus
impofant des chefs-d'oeuvre du gé.nie de l'hom-
me. Non, jamwis crainte femblab'e n'a troublé
prit. La fituation de cette charmante con-
entre deux mers deux chaînes de mon-
tagnes, la diredion de fes fleuves, de fes ri-
vières, defes canaux, forment un cnfemblè in-
divisible, un tout homogène, dont les intérêts
de commerce & la confervation communie ne
fauroient provoquer que l'union la plus intime de
toutes fes parties. Ni la capitale, ni aucune fec-
tion du royaume ne peut confentir au démem-
brement de la fouveraineté tous les intérêts s'y
oppofent formellement. Voyez les effets funeftea
de la pluralité de fouverains, en HoUande &
dans la Belgique & fi l'Amérique Septen-
trionale n'en reflènt pas les maux inévitables,
c'eft qu'elle eft ifolée, foiblei protégée, &• le
grand lifte du temps n'y cft pas encore dé-
( io)
roulé. La&ance difoit que la pluralité de Dieux
eft une nullité de Dieux. L'unité du (buveraitv
eft une vérité politique aufli importante que l'u-
mté de Dieu en théologie. La France aura cent
quarante '-mille' hommes de troupes, cent forte-
refles & cent vaifleaux de ligne. Le fouverain
unique difpofera de ces forcés pour la fécurilé
des tys mais fi la France fe métamorphofoit en
une hydre à quatre- vingt- trois têtes, il faudroit
quatre fois plus de dépenfe pour fa confervation.*
L^llemagne avec une population moindre en*
trelient huit à neuf cents mille foldats, & cha-
que procès de village y devient le germe d'une
point de métropole en Allemagne parce que
la ̃/ .Germanie cil divifée je d rai à chaque
département du royaume voyez ces canons,
ces moufquets qui fortent des arfenaux- de
̃Berlin de Vienne, de Munich,. de Cafièl,
d'Hanovre, de Drcfde c'eft pour armer les
Allemands contre les Allemands des flots
de fang vont. couler parce que lés Allemands
font étrangers aux Allemands. L'europe entière
efl invitée à ce imfTacre fraternel; lé. carnage
,redouble; les villes font pillées, les campagnes
(,il )
dévjftces. Les Caimbucs & les Oofrquea te M-
putent les dépouilks des Allemands vaincus &
vainqueurs.
La hiérarchie ingénieufe xks cantons des
des départemens, mtbnile
& le roi, cette gradation jette la
France dans un fzûl moule, d'où fort par une
fufion parfaite, un ouvrage que vous adorerez
çaife. L'attraftion inhérente à notre nouveau
fyft^me polilique tend évidemment à réunir des
parties détachées fous l'ancien régime, telles
qu'Avignon h Savoie, Liège & le Brabant. Les
forces centrifuges de ce beau n'auront
d'avion que pour r repou fier les ennemis dnde-
hors. Ce tifRi incîîfTolubîe acquiert une vigueur
mô-ale par le caradèrè, l'efprit & les lumières
du peuple Français, dont ia conception en: fi
prompte qu'il fuffit de lui préfenter une vérité
pour la fairc adopter incenamment. Cette nation
aimable s'aflbuplit à la raifon avec une facilité
étonnante; elle paroiflToit légère fous le defpo-
tifrae; elle rioit, chantoit, fe moquoit de tout;
mais c'étoit la fagefle de Brutus qui paroiflbit
fou & difoit des balivernes fous le fceptre des
Taquins. Quittez v%tre ile mon cher Burfce;
venez en France, fi vous voulez jouir du plus
magnifique fpedacle dont l'entendement du phi-
lofophe puiflè ctre frappé. Nous nous enfon-
cerons enfemble dans des grouppes populaires
& vous ferez ftupéfait des faillies pleines de fel
& de bon fens de ce qu'on appclloit autrefois
la (anaille. Ce peuple tant calomnié par les
eft bon'& fenfible; on lui reproche
d'avoir coupé dix ou doùze têtés mais oh a tendu
des pièges à fes pallions, niais il avoit douie
ou quinze fiècîes 'd'dppréflîon à venger. S'il a
demande le fupplice de Favras â la Grève, il a
demandé la grace du Suifïe aux Chafnps-Elyfée*.
3'ai été témoin des deux fcènes :-dans l'une
le fouveraîn étoit morne, chagrin de fa jufte
févéfité dans l'autre les tranfports d'une joie
éclatante accompagnèrent fon afte de clémence
Les prêtres font iléteftés pour les faire
abhorrer i! n'a fallu que les démafquer ( I ),
( i ) Le bruit a couru ce carême que les prêtres
vdulbknt eropoifohner la nation piques avec des
Je me trouvoij dernièrement dans un grouppédir
sribunes siviliffantes reitatTent vuides La prédication
eft une arme aflei dangereufe entre les mains du fa*
çerdocc, fans y ajouter l'arme meurtrière de la cpn-
fertien. Tout citoyen qui notre fuperbe conftitutioa
«A chère doit Ce faire un devoir d'éditer les efprif*
fur un prétendu facrement qui compromet la liberté
individuelle & la liberté publique. Apprenons aux igno-
rahSi que jamais le fils de Marie, ni aucun de fes apô-
tres flé connurent le (ecret des côrfeffionaux appre-
nons-léUr que les PP. de l'églife ne font aucune men-
tion de cette pratique ànii-fociale; apprcnons-leurque
les anciens anachorètes n'auroient jamais habité les de-
ferts, s'ils avoient dAconfefler leurs péchés à des hom-
mes. Paul rhermhe dans fa folitude, durant quatre*,
vingt-dix ans ne pouvoir fe conférer qu'à Dieu ou s
fon corbeau. Les PP. du défert mouroient fansrece-
voir les facremens, & Saint- Jérôme leur hiftotien,
nous 3it que les tiens ordinairement faifoient leurs fu-
nérailles, Le patriarche Ne6l4iret fe doutoit fi peu de
l'invention plus moderne du confcfllonal, que feanâa-
lifé des abus de la confeflion publique il l'abolit en
invitant les fidèles de prendre l'Etre fuprême pour leur
unique confident. Conftflei-voUs Dieu, Vécrioit c«
faint psniife & je vous recevrai à la falnte-table.
Les confcflionaux ne s'introduifirent dans nos pafoif
les que feus le règne du monachifme. Ce ne fut d'a-
bOrd qu'une oeuv re furérogatoire pratiquée par les no*
(H)
On en étoit fur le chapitre
vices. Les rcligii-'iix avoieit leurs coiif'Tcnrj, & les te-
ï-gieufes axoitri )<ns iinjtjjtijts. C'étoit le bon toa
alcT* do pnifoi le. n.o Jjs U Us v.htfii dans les cloîtres.
Les gens du monde vou'urént s'habiller & le mortifier
comme les nio>nc«. On aihctoic fort ther un vieux froc
pour-foncr.terrei'.icnt & on achçtoit fort cher une ab-
ichw.on pour (on falur. Le fecrct des individus, le Secret
des frtrriii'es le Iccrei de l'état rien nY toit caché à la
liicrarthie eaLfnrti<]uc. L'ég'ife en fubjug.nt tous les
cf;jriis {< vendoit irsjiirefle c'e tous les bras, de tous
Ics.trcfo'rs. îkiirtufenient le bandeau (e détache dagg
le dix lu.iticme {¡¿de 1 $m\$ notre incrédulité
notre pliitoffjjhic notre Voir aire la Bertille ne fût
tombée que jv.t fnire place à Tinquifition notre bri«
voure nVût A.rvi qu'an triomphe de IViftotratie cléri-
cal?. Français pourquoi êtes-vous lbres ? Belges pour»
quoi ètes-voüs clclaves? Les uns & Us auiK-s ont reo-
verfé des citadelles mais les uns & les autres ne font
pas phi 'of. plies.
Je fuphlie le peut nombre de citoyens qui croiraient
encore aux ablutions ridicules indécentes imp trlir.eB»
tesdela pîfcine ariftocratique de fe rappelfer que 13
Uriwilturs étoit dévote i- aileii à confejft après avoir cm*
eotifcjfion. Français, li fuperftition eft incompâtiMe avec
votre conftiiution ¡ il faut renfoncer à l'une ou à l'autre:
pas de rmlieu,Qiïe iotites !es voix lè toute*
an
des gens d'églife défignés/par le fobrimiÇt de
Calotin!. Ce grouppe cojnfiftcit en maçons,
ferruiiers, charpentiers & autres ouvriers qui
venoient fe débfl'er des fitiguts de la journée
par des converfations philofophiques. Je crus
faire à nioi-feut parade d'érudition, en citant le
mot.de votre chancelier Bacon, qui difoit que
l'hiftoire eccléfiaftique efi l '/lifloire du brîggit-
ddgi des prêt ris. Quelle fut ma Curprife aprèî
^es appl-iudiflernens mentes, d'entendre citer des
pa(Tages de V oltaire Hclvétius, Freret Bayle,
Botinbroke d'Alembert, Diderot, Rouflèau
& les Commentaires n'étoient pas inférieurs au
texte. Le contrafie d'un méchant coftume avec
un bon éfprit aioutoit à mon admiration. On
fe cjroîroit en vérité au centre de l'Attique
& nos Antifthènes, nos Craies, ncs Diogènes,
nos Zénon nos Socrates ne font pas moins
dignes du pinceau de Raphaël, que la fameuïe
école, d'Athènes. Jamais les beaux efpritsà'ta-
Ions rouges, dans aucune cour de l'europe que
je connoifle, n'ont pènféaullî profondément que
\t% plumes Ce coalifent pour l'extirpation de tout ce qui
^gra4e & les hommes & les dieux'.
fi<S)
nosphilofophes à talons de fer(i) .Si Cette nation*
( i ) A-ton fenti toute l'importance t!e ces nom-*
fcrciix grouppcs qui Ce forment journellemeit au Palsij.
Royal & aux Thui'eries L'opinion piiblique s'y éla«
tore, sy épure comme !e miel au milieu d'un et-
faîn d'abeilles. les orateuis <Jj Forum Français font
toujours tuiles & prvais ru f'cle; j car tnillç voij éteuf-
feroient celle de la route civique, ré-
cente Couvent en fitence ces conv«if.»tions patriotiques;
$c ma philofophie eft «dtfi-Je du bon féns de ce bon
peuplé tant mtprf; par les Arirtocrates. (Quelquefois
je prends h }>sî< le '& men etor.nen erit redouble à
à la fag.icité de ce même peu-»
pie qu'il cft du bon ton autocratique de méprifer.
Mon zéle m'entoura vendredi 1 roa'r d'un g ouppe
inipofant. Il s'ugidoit de préparer les efj rlts pour U
grande journée du il La queflibn m'entraîna dms des
difct.iïions h floriques dans des développemcns polit'H
tiquât dont tontes les périodes furent' faifies avec un,,
difeernernent qui feroit honneur au Forum de Romé &
d'À'Jiènes. Et lafenfibilité de mon audit^ireTe msnifeft*
d'une manière non équivoque apiêsl'sportrophefina'e
que voici Citoyens, vous m"avîz ézouté vou? m'a-
vei entendu; mais je vous dira /non dernier mot demain
fur la terraffe des Feuillanj. Songez que fi le décict pafle
en faveur des minières vous aurez la guerre avant
h En du mois, Ne comptez pas fur la refponfsbilité
car il n'y aura plus de coeftitution. la banqueroute &
( 17 )
B
ci remontre un peuple roi au fortir de l'efcîa-
vage; que fcra-t-clledonc, dans di* ans, à laclô-
dernière cotv-
venlion nationale mettra le fceau à l'œuvre divine?
Soyons juftes le vrai fyftême agronomique eît dil
aux Anglais, & le vrai fyftcmc de l'Utopie cft
dû /aux Français. Légîflateurs de h fpnère du
gloire pour gloire au<
La nation Françaifc étoit prêcifément au de-
gré convenable pour opérer une révolution. Avec
plus de lumière dans la chue infime chacun
auroit abondé en fort' fens; avec moins d'apti-
tude dans la même claflè il eût été impofllbie
porteront rariAocratie 8c le
deffCtiTme en triomphe fur des siicnceaux de cadavres.
Au lieu de faisante didri^s vous aurez foixanù: Baf-
tilles, & l'inqiiifitio'n facerdocafe remplacera
nationale. Le v«u de Mâurepas s'accomplira «t en-
du péuple voulçit détruire l'imprimerie; & les
prêtres ajouteront un article à leur abfurde catichifmc.
Les Juifs; diront-ils, fe font couper le prépuce il faut
que le» Chrétiens Ce figent couper la langue. Vos op«
prefleurs vous rendront muet* pour vov» hèbêttr vcMi
ajterviir fans retour.
( i* )
aux légiflateurj de remuer la multitude, La rai-
Ton n'étant pas offufquée par de fauffes lueur»,
l'amour de l'ordre, cet la nature, qui
!e manifefte jufques dans les abeilles noua 1
préfervés des maux de l'anarchie.
L'opinion publique toute puiffante quand
elle eft l'expreflîon de l'intérêt public eft au-
jourd'hui la divinité du Français. Cette opinion
jadis fi fugitive parce qu'elle n*étoit qu'un bi-
garre écho de la tyrannie, eft fixée maintenant,
tuf les colonnee
elle qui dic^e les décrets de Taflèmblcc nationale
c'eft elle qui préfide dans nos afTembléea prima!'
ç'eft elle qui repouffe les' arjftocrates Se le» dé-
magogues c'eft elle qui tiendra lieu, de charo-
bre haute de fénat, de -veto abfolu j c'eft elle
qui réfute tous les fophirmes dont les ambitieux
voudroieht fe faire une échelle pour monter au
faîte des grandeurs. L'ascendant des individus
Tafcendant de nos Démofthèiies eft nul, abfo-
lument nul. Demandez à Mirabeau, à Barnave, à
Monte fquiou à Rabaud ils vous diront que les
prodiges dé l'éloquence, que la popularité desoyà-
Uurs tombent fans l'appui de l'invincible raifon,
(
D2
Mauri,les Ca««
pour peu que la raifon
fe montre fur leurs lèvres infïdieufes. Jerévo-
les merveilles de ta réthorique
mentionnées dans les hiiloires Grcques & Ro-
tnaincs) fi le défaut de l'imprimerienedonnoit
pas la clef de l'enivrement des peuples an-
ciens, à la voix ç!e aura fophiftes. Nos Meu-
nier, nos BergatTe, nos Tolendàl auroient pré-
mais en France, ils font regardés comme des
du jour lei a-t-clle
Vous ignorez, snonfieur j le véritable
notre difpute avec les
d'une pyramide pofée fans deflus deflbus, & que
nous avons
fur fa large bafe. Les les jaloux, ?
les fripon* prétendent que la pyramide a befoirt
d'un corps étranger, d'un arc-boutatit gothique
pour fe foutenir long temps. Ils s'arment de
manuel/de catapultes, de béliers mai» tou>
(aol
leurs efforts viennent fe brifer contre h forint
pyramidale. Nous parlions à Londres avec
enthoufiafme de$ pyramides d'Egypte. Vous n'au-
fez actuellement qu'à franchir Le pas de Calais,
pour en voir une
extafe. Venez, monfieur, je vous la ferai coa-
çoître dans tous, fes détails. Vous me trouverez
digne d'être votre Cicérone", comme vous m'avex
frouYé* digno d'être votre ami.
Paris y s 2 mai ty$o,
.'Comme mon adrefle à M. Burke tjt prin-
cipalement drjiinée pour les pays étrangers
fera yas inutile ât faire mention ici de
juin$

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