Adresse de Marie Victorine aux français

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impr. de Pelzin (Lyon). 1815. 8 p. ; in-8.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1815
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ADRESSE
De MARIE VICTORINE
~B~X FRANÇAIS.
0
--F- Ç A I S ,
E
ST-CE la nation elle-même qui fut révolutionnaire? Non,
ce furent ses représentans, parce que ce furent eux qui
lancèrent les fusées. Ce fut leur assemblée qui propagea
la révolution en-France. Ce fut cette assemblée qui ,
du centre de Paris , fit mouvoir les peuples , après leur
avoir allumé hi torche. Ce fut encore cette assemblée
qui en vint à engloutir la France dans des gouffres de
calamités-, dont elle n'eût jamais pu s'en sortir elle-même ,
si le sauveur de la nation deux fois ne fût venu à son
secours. Ecartez donc, Français, du gouvernement ces
assemblées dont l'influence fut si pernicieuse à la France,
par lesquelles plusieurs de vos cités furent si maltraitées ,
et dont grand nombre de vous , de vos parens et de
vos amis , eurent tant à se plaindre, prononcez-vous ou-
vertement contre, il en est temps. Dites : pour que la
révolution puisse être finie, nous voulons un gouver-
nement monarchique , nous voulons l'Empereur et la
constitution; mais nous ne voulons pas que le sort de
l'état , que nos destinées soient encore une fois au
pouvoir de ces assemblées qui deviennent toujours ar-
bitraires ; qui, sous quel nom qu'elles aient eu , se sont ,
pendant vingt-six ans qu'elles ont siégé, rendues indignes
ae la confiance de tous leurs concitoyens. Nous voulons
tux gouvernement monarchique, ou un gouvernement
ministériel, c'est-à-dire , l'Empereur et la constitution
en tête des ministres. Nous ne voulons pas pour adjoints
( 2 )
dans le gouvernement, de ces assemblées touJomT dé-
posées à chercher à s'emparer du gouvernail ; qui pour
y parvenir se rendirent les parricides du premier sou-
\erain qu'elles avaient en tète, et devinrent , ces corps,,
les-dilapidateurs de la France, et pour se débarrasser
de l'autorité de leur deuxième souverain qui les testait
en arrêt, ne pouvant le condamner, ils le trahirent. En
un mot , ces assemblées se sont toujours conduites cons-
pirantes contre le souverain ; et lorsqu'elles tiennent
les rênes , les intérêts de l'état ne leur sont rien,.
chacun d'eux ne voit que les siens particuliers ; et
lorsqu'ils les ont , les rênes , ils ne font pfus consister
la liberté des citoyens que dans le mot, et dans la
liberté dont jouissent seuls les membres qui composeat
leurs assemblées ; mais tiennent tous leurs concitoyens
sous leur despotisme dans un affreux esclavage : et
pour que l'on ne soit plus en péril de se revoir sous
un joug si oppressif; que l'on ne soit plus en danger
de voir échapper cette entière liberté de penser et
d'agir , tant que l'on ne tente pas à nuire à l'état, ( car
c'est alors mériter de la perdre ) et que l'on ne vienne,
pas s'emparer de ce qui vous appartient en propre,
les rênes de l'empire doivent être confiées à l'Em-
pereur seul.
Les royalistes , dans cette circonstance-ci , doivent se
réunir aux napoléon istes, parce que, dans ce sens,
ils ont les uns et les autres intérêt de servir la même
cause , de préserver la France que ce gouvernement
oppresseur soit encore de nouveau établi , ce qui
devient la cause commune pour s'opposer à ce qu'il
ne soit pas remis ; d'autant encore qu'il serait censé
devoir rester à perpétuité , en ce que les droits des
pairs à la chambre deviendraient héréditaires de père
en fils, ce qui serait arbitraire de la part des pairs;
et par ces droits l'on verrait cette assemblée, par l'es
suites, l'emporter en raison de leur nombre sur ceux
du souverain , parce qu'il serait seul pour réclamer
ses droits contre eux tous ; et leur despotisme s'éten-
drait aussi , avec le temps, sur la seconde chambre j
s'ils y trouvaient des résistances, ils travailleraient ~,

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