Adrien : opéra en trois actes ([Reprod.]) / [par Hoffmann]

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de l'impr. de Ballard (Paris). 1799. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : mardi 1 janvier 1799
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PRESS
llcadingtonffilil ail. Oxford OXVORW.UK
EN TROIS ACTES,
Représenta pour la premièrç fois sur le Théâtre
DE LA R^PUéLlQUB F.T DES ArïS,
le 16 Prairial an VIIj
De rirnprSoifrit de Ballard, Imprimeur duùit Tli<4ir«,
me des Mathurins, W*. 528.
OPÉRA
P r i x i fr, accent.
P AMU S,
'AN TU DE lA MlrVIll^VI.
A
ACTEURS ET ACTRICES
CHANTANS DANS LES CHŒURS.
CÔTÉ .GAU<fH£. CÔTÉ DROIT.
Citoyennes. Cifojtns. Ctfôj-tnncs. Citoyens.
Launert Le Cocq. Duchamp. Devijlierj,
Makcr. L'ilostc, fHimm. Deyille.
Gambain. Putheau. Hauzon. Aubé.
Duchcne. Gonthierë Dubois. Planchée.
Mullot. Varlet. Pétit. Adricn.
Vadé. Marii». Vaillants Picard.
Pioche. Rey. Royer. • • •
Mente/ Tacussel. Florigny. Dclboy.
Soinville. Leroux aîné. Dçlbôy. Ducjiamp.
i Chevrier. Chevtier. Brie!.
Lerovi^ f. Vaiin; Çholet.
Nocart. Leroy.
Beaugrand. Gobert
Bertet. Ferret,
Henry*
ACT ET R E M I E R.
S Y RIEN S.
Le cU<>.y^n V est ri s.
Les citoyens St.-Amand, Moreau.
S Y R 1 E N N ES,
Li citoyenrr# G a r d .el..
I^es citoyennes Col'lomb, Delisle LbuiJï.
Les citoyens lDelahaye. Deguin Jîozon, Xîourtois
feuenelé, Biquier, Rivière, Saron.
Les citoyennes Barrée, Bourgeois aînée, Bourgeois cadette,
Seuriot, Courtois, Langlojs,Eugens, Deslauriers.
JEUNES FILLES D'ANTIOCHE, portant dts fleu'rt.
Les citoyennes 1 1 mère, M o n r o y.
Les citoyenne* Jacotot, 9 iutlyer, B«i!aye, BuUson,
Gabriel 2. Victoire, Eulalie Billet, Florine Rivière,
Adellcjecnette Petit, etc.
PETITS JOUEURS D'INSTRUMENS.
Citoyens Romain Baptiste, Léon, Toussaint aîné.
Citoyennes Guichard, Delphine, Auguste, Fanie
A C T E T R O I S I È M E.
RO M» A I N S.
Le citoyen Giraod.
Les citoyennes C h o T t p E, S A u l n i i R.
PERSO N NAGES DANSANS.
A 2
Les Citoyens Simonnet, Lebel, L'huîllier Borda
Honoré, 13utteaud.
Les citoyennes Lcon, Denisavircc!,Hortense> Gabriel i.
Lity, Cornu. •
,SYRIENS.
Le citoyen Aumeb,
Les citoyennes C h b v i on y C h a m e r o y.
lies citoyens Delahaye, Béguin, Bozo«v» -Courtois,
Biquier, Rivière.
[,ci citoyennes Barrée, Bourgeois*aîné*e, Bourgeois cadette,
• Eugène, Seuriot Deslaurkn.
P ART HE S.
Les Citoyens BRANCHU, Beau lieu.
La citoyenne P e r i o n o n.
Les citoyens Deschamps, Cantagrel, Vcrneuil, Safon,
Petit, Casimo, Auguste, Joly. ̃
Les citoyennes Gautier, Buisson, Boilaye, Gabriellca'.
ACTEURS.
̃Adrien/ C\laine^
ISabiniî, Dame Rorruine, Promise
à Adrien,
Rutile, Tribun militaire,
• Cosjfcofcs, Roi des ParlHcs, C ÂJr'un.
EMMÈNE, fille de CosRoès, C^lltn/i.
̃ Pu A rn asp e, Prince Pa/the, amant
D'ibflBÊNE,
Su:.e de, Sabine. C*lot
Suite M i N {GahUlîe,]
PIÈTRES Syriens, SACRiFicATEJbBS. C-Mrtr'1»
Six Vieillards Syriens; trois PrtncePPanhèscaptïfti
trois Généraux Parûtes captifs i dou^c Uclturs; deux
Fictimaires; quatre Prêtres Syriens; trente- çix Gardes
Prétoriennes Soldats Romains; vingt-sept Soldats
Ptrthes; dix-huit jeunes Élèves \cn Soldats Patthes;
deux jeunes Camille s six Musiciens Huit Porte-
Enseignes,
A3
ADRIEN, »'̃̃̃
OPÉRA EN TROIS ACTES.
ACTE PREMIER.
Le théâtre représente une partie de la ville d'An-
tioche. On voit dans le fond, un pont jette
fur le fleuve Oronte. A gauche s'élève le
palais d'Adrien et â droite un temple. Le
tout est dispose et orne pour l'entrée d'Adrien.
Le jour càmmencjff à poindre.^
SCÈNE PREMIERE,
FLAMINIUS, PHi^NASJPE COSROÈS,
déguise en soldat.
Flamïnius à PHARNASPE.
Pr I N C E, c'est dans ce jou^ à jamais glorieux,
Qu'Adrien triomphait du Parthect de l'Asie,
D'un éclat immortel doit illustrer sa vie
Aussi-tôt que l'aurore aura rougi les cieux, j
Dans les murs d'Antioche il fera son entrée
On l'attend et déjà les ministres des Dieux
Disposent la pompe sacrée. 1
Si vous voulez vous offrir à ses yeux,
6 A D R 1 E7 N
Étranger- c'est ici que vous devez l'attendre;
De sa gloire, pour vous, il daignera descendre,
Et vous honorera d'un accueil gracieux.
Il n'a point des tyrans' les maximes cruelles
Adore des soldats, mais au sénat soumis,
porte la terreur chez les princes rebelles,
La paix et le bonheur chez les peuples amis.
sort.*)
CÈNE NE I.
COSROÈS, PHÂRNASPE.
C o s r o es;
() ;!cs Césars, combien l'orgueil m'offense
Dieux et vous permettez que sous leur glaive
heureux,
L'Univers fléchisse en silence
Jusqu'à quand, Jupiter, conibattras-tu pour eux?
Ah si ma fillc prisonnière
Par sc/^dangers n'enchaînoit ma fureur,
Du triomphe moi-même effarant la splendeur,
An milieu de l'éclat dont son ame est si fière,
J'attendrois le tyran pour lui percer le cœur,
P H A R N A S P E.̃
Ahl Seigneur, modérez ou cachez votre haine.
A ÇQ npble fesse.ntiinen.t
O P É R A. 7
Cosroès se trahitsousce déguisement.
Proposons aux Romains la rançon d'Émirène.
Mais si, comme on, le dit, épris de ses appas,
Le vainqueur a juré de ne la rendre pas,
N'écoutons plus que notre rage;
Mettons tout notre espoir dans un dernier effort,
Ravissons ait tyran ce trop précieux gage
Cherchons aveuglement la victoire ou la mort.
O digne époux d'une fille chérie,
Ta noble audace a soulagé mon cceur.
P H A R N A S P E.
Pharnaspe a votre Dite a consacre sa vie
II vivra son époux, ou mourra son vengeur.
( On apperçoit dti troupes de soldats et d*\
peuple guipassent de Vautre côté du jleuvi, et Votti
entend les insirumns qui annoncent la marche.
8 Adrien,
P H A r n a s p E.
Qu'entends-je du vainqueur le triomphe 8 "ap-
Et nous serions témoins de cette indigne fête.
C H (E U R du peuple."
Ainsi toujours combats pour nous,
Vainqueur du Parthe et de l'Asie,
.Et que le ciel qui prend soin de ta vie,
Te comble des biens les plus doux. f
( Le bruit redouble > et le peuple se rassembla
sur la rive opposée et sur, le pont pour voir
Adrien son passage.)
C 'Ô S, R 0 È S et Pu A R N A S P E.
O Jupiter, seconde-nous
Finis mon malheur ou ma vie
Livre ma téte au vainqueur de l'Asie,
Ou fais qu'il tombe sous mes coups. •!
C O S R O ES. S.
Sur l'Oronte déjà le,peuple se rassemble
Je ne puis soutenir ces odieux apprêts;
PJiarnaspe, éloignons-nous et concertons en-
semble
Les moyens d'accomplir nos terribles projeta
Opéra *$̃̃
S CE NE III.
ADRIEN, Peuple
d'Antiochc Soldats Romains, Prêtres Syriens,
Prisonniers Pavthes Femmes d'EM irene,
RUTILE', Lutteurs, Gladiateurs^ Tibiaircs, et
tout le cortège d'une pompe triomphale.
C Il OR de* Peuple.,
SA 0 E héros, toujours grand /toujours juste
Redoutable à l'Asie, et dans Home' honoré,
Soutiens les lois, et que ton front auguste,
S'accoutume au laurier sacré.
( Après, le premier chœur on voit Adrien
passa sur le pont\ porté sur' un pavais.
Chœur, R.
Sage héros-, etc.
(Adrien descend. Les peuples vaincus viennent
lui rcnctrz*hommaget et les Syriens forment plu*
sieurs danses,-)
C il <E U R de Femmes chantc et danse,
Chéri de' Mars çt d'Apollon
*O A DR I E N,
Des ennemis vaincus, César, reçois l'laommage,
Et que l'écho du plus lointain nvagc,
Apprenne à répéter ton nom.
C Ii CE U R GÉNÉRAL.
Sage héros, toujours grand, toujours juste,
Redoutable à l'Asie, et dans Rome honoré
Soutiens les lois.. et que ton front auguste
S'accoutume au laurier sacré.
A D R I E N..̃̃̃̃!
Soldats, fiers soutiens de l'Empire,
Vous voulez que mon bras dirige vos exploits.
Puisse-je des Romains justifier le choix
C'est la seule gloire où j'aspire.
Ce n'est point moi que vous servez^
C'est Rome, Rome seule qui vous vous devez.
Au faîte des grandeurs je saurai reconnoître
Que je suis votre chef, et non pas votre maître.
Respectons vous les lois, et moi la liberté.
Général et soldats, ce saint nom nous rassembler
Général et soldats nous servirons ensemble.
pour la gloire de Rorrie.ct sa prospérité.
C H (E u R avec transport.
Sage héros, etc.
(Le divertissement recommence jet il consiste]
O P É RA, ir
en danses voluptueuses formées par le peuple de
Syrie et enjeux militaires des Romains. )
Adrien interrompt le divertissement.
Dérobez aux captifs l'appareil d'une fête
Qui peut accroître leur douleur
Qu'ils entrentaupalais,etsur-toutqu'onlestraîte
Avec tout le respect que l'on doit au mâlheur.
(Les captifs passent devant Adrien et, le
saluent puis ils entrent au palais. Emirène les
suit avec ses, femmes; mais au momlnt où elle,
passe, t Adrien V arrête.)
A D n i EN..
Allez, belle Emirèncj; embellissez l'asyle
Que j'ai pris soin d'orner pour soulager vos maux;
Et puisse enfin votre amc plus tranquille,
Céder aux douceurs du repos!
E M I rêne!
Seigneur, depuis 1'instant oü vainqueur de mon
Vous m'avez sans pitié ravie à son amour,
Votre captive, en proie â sa douleur amère,
Gémit toute la nuit, et pleure tout le jour.
11 A D R I F Ne
Ad R i en,
Belle captive, appainez vos allarmes.
Je ne suis point un farouche guerrier
Ah si mes soins oiitpour vous quelques charmes,
Je mettrai mon plaisir a vous faire oublier
Qu'Adrien fit couler os larmes.
Lorsqu'aux vaincus, je donne ici la loi,
Ma puissance sur vous n'étend, point son empire,*
Et dans ces lieux ou votre cœur soupire,
(Plus bas-.) Vous êtes plus libre que moi.
F L A M IN I u S bas à Adrien.
^O César! d'un Romain est-ce là le langage?
A D R I E N à part.
0 gloire trop sévère! 6 pénible combat!
R U T i le, à Adrien.
Un prince suppliant-, ct suivi d'un soldat
De Cosroes vaincu vient vous porter l'hommage^;
F L A MI NI US.
C'est Pharnaspc.
R M i R In e A pan.
Grands Dieux! soutenez mon courage,
Opéra. ij
A dr 1 F, N.
Emirène, que vois-je ? un funeste nuage
De vos yeux àjt^rni l'éclat.
F L A M I N I US, à CÉSAR.
Songez à votre gloire.
Adrien, i part.
0 pénible combat!
Allez bcIJc Emirène embellissez l'asyle
Que j'ai pris soin d'orner pour Soulager vos maux;
Et puisse enfin votre âme plus tranquille,
Céder aux douceurs du repos
( Êmirène passe dans le palais avec ses fetnthes.)
S CÈNE iV.
ADRIEN, FLAMINIUS, RUTILE,
SOLDATS, PEUPLE.
A dr 1 en.
A mes yeux maintenant l'étranger peut paroître.
( Rutile sort.)
F l A m in U S.
Dans ce juurde triomphe, une femme peut-être.
14 Adrien,
ADRIEN.
Ami, je vous entends, reposez-vous sur moi.
FJ L A m 1 N 1 U S, à part.
Di(|ux C<!sar à ce point peut-il se méconnoître?
Un Romain soupirer pour la fille d'un roi
SCÈNE V.
Les ACTEURS PRECEDEES.
PHARNASPK, COSROÈS en soldat
Parthe. Rutile les précède.
Pharnaspe, à Adrien.
Dans ces lieux tout brillans de ta magnificence,
Quand le ciel voit d'un œil jaloux
Le monde entier de Rome embrassant les genoux,
César, un ennemi vient avec confiance
De ton coeur magnanime implorer la clémence.
Adversaire inégal j'ai voulu trop long-temps
Au héros des Romains disputer la victoire
Mais vaincu par ton bras, ébloui par ta gloire,
Je dépose à tes pieds tous mes resscntimens.
0 P É R -A. 15
Il A DRIE N.
Pharnaspe, espérez tout de Rome triomphante:
Oui, même ses rivaux, alors qu'ils sont soumis,
Accueillis dans son sein, deviennent ses amis;
P H A R N A S P E.
Généreuse! César, tu peux me le prouver;
C'est toi, c'est ta vertu que je viens éprouver.
Depuis un mois entier la princesse Ëmircne
Regrette sa patrie et gémit sous ta chaîne;,
Ordonne,ct de ces murs qu'elle sorte avec moi,
Je t'offre une rançon digne d'elle et de toi.
A D r 1 e N f jiinmint.
Comment à cet échange ayez-vous pu prétendre?
Je me£» toute ma gloire à combattre, et mes mains j.
Ne font point un commerce indigne des Romains.
César fait des captifs, et ne sait pas les vendre.
Pharnasp e.
Ainsi donc, sans rançon, tu consens à la rendre?
Ad r EN avec dtpît.
Du sort des prisonniers Rome doit décider:
Je veux les y conduire; et la belle Émirène,
Çommeun autre, àmà suite, y portera sa chaîne;
C'est là, Prince,.du'il faut la venir demander.
A d r i E n
Avant que jusqu'à Rome on la force te suivre
Ëmircne, Seigneur, aura cessé de vivre.
Cette jeune beauté, captive de César,
Seroit indignement attachée à son. char!
Crois-tu que son amant souffre cette infamie?
D rj e n.
Son atnant? Quel est-il?
O Ciel
Par les nœuds de l'hymen elle alloit m'être unie,
Et dès long-tcms le ciel a reçu notre foi.
F L A M IN I U S, à part. j
Quelle épreuve, César 1
A D R I EN, à part:
Vharnaspi.)
Mais pourquoi dans ces lieux ne vois-je point son
père?
P H A R N A P E.
P H A R N A S P E.
Tu le vois devant toî.
Adrien, part.
P Il A R N A S P E.
A mon amour quand elle fut ravie
O destin trop contraire
O P É R A. 17
B
Rcspirc-t-ii encore? A-t-ïl craint mon aspect?
Quels sont ses sentimens ?
C O S R 0 È S fui s'avance.
Je les sais, il te hait.
Adrien.
Qu'entends-je ? quel est donc ce soldat qui
m'outrage ?
C O S R O È S.
Je suis ton ennemi, je le serai toujours;
Et si le ciel enfin seconde mon courage,
De tes prospérités j'interromprai le cours.
Adrien se Uvi.
Hola, gardes! mais non; dans un jour si prospère,
Je puis bien d'un barbare excuser la colère»
C O S R O Ê S.
Va! cesse d'affecter une fausse vertu;
Réponds-noussansdétourjparle-noussansmystère:
Rendras-tu la captive, ou la garderas-tu ?
A D R I R N.
Vous avez entendu ma volonté dernière,
Craignez que mes soldats, justement irrités,
Ne vous fassent connoître à qui vous insultez.
Ad r j n j^.
(S P. H A R N A S P Adrien.
Garde cette beauté qui te sera fatale,
MaisCosroès un jour peut trouver un vengeur.
G o s a 0 È s. ̃
Et si sa force égale sa valeur
Le deuil suivra de près ta pompe triomphale.
J ̃' (lhort avtc Pharnaspt.)
SC ÈNÈ VV
ADRIEN, FLAMINIUS, Soldats, Peupkb. j
Ad ri e n.
D'u N barbare ennemi méprisons la fureur
Mais dans son désespoir qui peut tout entre-
prendre,
Craignons en ce palais de nous laisser surprendre:
gS'oldats, abandonnez ces lieux;
J'irai bientôt au camp nve montrer à vosyeux.
( les soldats sortent sur une marche guerrière;
lc Peuple les suit. seut reste près
<P Adrien et l'observe. )
O P É R A*. 1$
( Il sort.)
B 2
SCÈNE* Vile
ADRIEN, FLAMINIUS.
F L A M I N I US.
CÉ S A R, vous m'évitez, ma présence vous gêne.
Et mon ztl,e importun fatigue votre coeur: <
Un autre en ce moment flatteroit votre erreur;
Mais dussent mes conseils M'attirer votre haine,
J'éclairerai l'abîme où l'amour vous entraîne
Et je braverai tout pour vous sauver l'honneur
César, c'est Rome qui te prie;
Quand la victoire obéit à tes lois,
Lorsque ton bras triomphe de l'Asie,
'Ne trouble point le cours d'une si belle vie,
césar ne ternis point l'tclat de tes exploits.
Eh quoi déjà ton coeur oublie
Que Sabine dans Rome avoit reçu ta foi ?
Tu h trahis pour la fille d'un roi!
César, c'est Rome qui te prie
A l'époux qui reçut sa foi
Rends une esclave trop chérie,
Cet effort est digne de toi
Ne trouble point le cours d'une si belle vie;
Quand la victoire obéit tes lois,
Lorsque ton bras triomphe de l'Asie
César, ne ternis point l'éclat de tes exploits.
20 A D a '1 E N,
S C È N E V 1 I
A D Ji'.I/E N ««A<v
Ou suis-je? et que viens-je d'entendre ?
Du trouble de mes sens je ne puis me défendre.
Eh quoidonc, jusoues-là je me laisse avilir
Lorsque FJaminiiis à l'honneur me rappelle,
Foible amant, je ne sais que me taire et rougir!
0 douloureux combats! ô peine trop cruelle
Témoins de ma foiblesse, achevcz, justes Dieux,
D'arracher le bandeau qui me couvre les yeux.
Déité des Romains, noble amour de la gloire,
Dissipe upe trop~c!ouce erreur
D'un funeste ascendant viens délivrer mon cœu; j
C'est de toi que j'attends cette grande victoire
Éclaire ma raison, prends soin de ma mémoire,
Et dirige mes pas dans les champs de l'honneur.
SCÈ NE IX
A D R IE N, ÉMIR EN E.
ADRIE N, part.
JUSTES Dieux je la vois. captive trop chérie,
Faut«il à mon rival que je te sacriâe ?
0 P E R A. 21
B3
Non; le courroux des Dieux me dût-ii menacer,
Mon cœur à tant d'attraits ne sauroit renoncer.
É M I R È NE.
Seigneur, je viens à vousintcrdite et tremblante.
Ciel! A D R ii part.
É m i r è ne se jette à genoux.
laissez-vous toucher à ma voix suppliante.
A D rien la relèvt.
Émirènc, que' faites-vous ?
E m r.iy.È ne.
Non, laissez-moi, Seigneur, embrasser vos genoux.
On dit qu'à votre char indignement traînée
Dans Rome, avec mépris je dois être menée.
Plutôt que de souffrir cet outrage odieux,
Vous verriez Émirène expirer à V03 yeux.
A D RI "e N.
Pour abaisser l'orgueil d'un rival qui me brave
A Pharnaspe, il est vrai, j'ai dicté cet arrêt,
Mais en le prononçant mon coeur en munmiroit,
Je sens trop qu'en ces lieux vous n'êtes point
esclave.
Connoissez Mieux votre vainqueur,
A R RII E N
Rassurez-vous, belle captive;
Rendez le edme & votre ame craintive;
Jugez mieux de César, lisez mieux dans son coeur.
Avec moi l'aimable Emirène
Dans Rome doit porter ses pas,
Mais du vainqueur elle est la souveraine,
Ce sont les noeuds d'hymen que j'offre à ses appas.
Emir E N E.
Que dites-vous, Seigneur?
Ad rie N.
Ce que mon coeur m'inspire.
É M I R E N E.
Captive de César.
Ad R E N.
A vous plaire il aspire.
E M I R E N E.
Que diront les Romains et leur orgueil jaloux?
Adrien.
Ils tomberont à vos genoux.
È M R È N E.
Quoi Césat amoureux j
O P à Ri.. 2}
B 4
Et ses exploits ?
Sa gloire ? A p R i E N. ̃
Elle s'accroît par un lien si doux.
Sabine impunément ser.vt-élle trahie?
Adrien ne connoît, ne.Voit,' n'sime que vous.
N'hésitez pas, belle princesse
Ne craignez rien, cédez à ma vive tendresse.
EMIR EN!.
Venez, suivez-moi Rome vous tend les bras.
ËM I R EN E j vivtment.
Seigneur, que dites-vous? non, ne l'espère* pas.
Fidelle à mon amant, à moh père fideile
Ad rien.
Vous consacre sa vie.
A DR EN.
Il vous les sacrifie.
E M I R E N E.
E MI R E N É.
A D RIEN.
A D R 1 EN.
À » RI E N
Je ne formerai point une chaîne nouvelle;
Et Pharnaspe, l'objet de mon premier amour,
Conservera ma foi jusqu'à mon dernier jour.
A D R I E N.
N'abusez point du trouble de mon ame
En nommant un rival, objet de mon courroux;
Si de César vous méprisez la flamme
Il peut s'oûbliet avec vous.
NE.
Je ne puis vous Natter d'une vaine espérance
Seigneur, Pharnaspc seul peut être mon époux.
A D R 1 EN.
Ehbicnîvouscônnoîtrezcequepeutmavengeance,
L'audacieux rival tombera sous mes coups.
E M I R E N E.
Ayez pitié de rrioi, Seigneur, appaisez-vous.
A DR E N.
César impunément ne sera point jaloux.
E m i R E N E.
OPÉRA. 25
S C È N E X.
ADRIEN, EMIRENE, RUTILE, Peuple.
Chœur du Peuple derrière le théâtre,
Dieux îjujtes Dieux! secourez-nous.
A D R 1 EN à'E MIR E N E.
O Ciel! quels cris se font entendre?
C H (EUR de Peuple.
Dieux justes Dieu x secourez-nous.
Adrien.
Je l'ai prévu le Parthc a voulu nous surprendre.
R U T IL E.
(Le Peuple entre en désordre* )
26 A DR IX N
S CE NE XI.
ADRIEN RUTILE ROMAINS, COSROÈS,
PHARNASPE, PARTHKS..
( Tandis que Rutile assemble sa troupe du côté
du temple, et Adrien la sienne du côté du Palais,
on voit Qgsroès et Pharnaspe qui repoussent
à'I Pharnaspe, de, loin.
JLr C:c1 seconde mon courage
M Oui, la victoire est en nos mains.
28 Ad r i £ n
S CE N E X'I I.
et Pretjres.
du temple les
femmes et une partie du peuple s\y précipitent
le reste avec les prêtres se prosternent sur les
marches et embrassent les statues des Di-
^çt> ADRIEN,
voit crouler le pont presque sous ses pieds et il
est entraîné dans la fuite par Ils siens. On en-
tend les cris de victoire et le peuple et les femmes
sortent du temple. pour voir le vainqueur qui
tient Puarnasps prisonnier.
SCÈNE XIII.
ADRIEN, PHARNASPE enchaîné, Prisonniers
Parthcs, FLAMINiUS, RUTILE Soldats
Romains Peuple d'Antioche Femmes et
Pjctrcs. A N.
Romains, enfin les Dieux vous donnent la
victoire.
Tous:
Victoire!
Adrien.
Coorocs en fuyant échappe a mon courroux,
Mais Pliarnaspe est captif, et sufiit à ma gloire.
Chœur CE N É R A L.
Les Dieux nous donnent la victoire,
Jupiter et Ct-sar ont combattu pour nous.
Invincible Adrien, rien ne manque à ta gloire

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