Agenda des révolutionnaires et des conservateurs, dédié aux députés des comités de conciliation à l'Assemblée nationale / par son auteur Calchas

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[impr. J. Céas et fils] (Valence). 1871. 14 p. ; in-8.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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AGENDA
DES
REVOLUTIONNAIRES
ET DES
CONSERVATEURS
dédié
AUX DÉPUTÉS DES COMITÉS DE CONCILIATION
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE
PAR SON AUTEUR
CALCHAS
CATHECHISME
Des Révolutionnaires.
Les programmes ont été bien nombreux de la part
des révolutionnaires qui viennent de s'insurger contre
l'Assemblée Nationale et contre la République
Française qu'elle représente; leurs auteurs se sont
trouvés fréquemment en opposition les uns avec les
autres et parfois avec eux-mêmes ; mais une même
pensée les a toujours réunis : C'est qu'en dehors de
leur église Révolutionnaire , il n'y a pas de Républi-
cains, pas de patriotes, pas de bons représentants,
pas d'avenir , pas de salut. Etudions donc, pour en
faire notre profit, quelques-unes des doctrines ainsi
professées, telles que :
1. — Le temps est venu pour le prolétariat de faire
sa révolution, comme la bourgeoisie a fait la sienne en
1789. Depuis 80 ans l'ouvrier engraisse le patron de
ses sueurs : il n'est pas trop tôt pour émanciper l'un
et pour faire rendre gorge à l'autre.
2. — L'infâme capital ayant été l'agent de toutes
— 4 —
les tyrannies, il faut le dénicher dans ses moindres
retraites et le partager entre les travailleurs.
3. — Les ruraux étant de stupides idiots qui pré-
fèrent la culture paisible de leurs champs aux agita-
tions viriles de la place publique, doivent être désor-
mais mis en tutelle par de bonnes lois électorales au
profit des villes.
4. — Le provincialisme, qui déborde dans l'Assem-
blée nationale, voulant étouffer le feu sacré du progrès
dans les flots de son crétinisme rétrograde ; Paris la
ville sacro-sainte doit veiller sur nos destinées et dire
à ces ramassis de hobereaux que, s'ils ne marchent
pas droit, l'héroïque peuple des barricades, et la
Seine qu'il faut traverser pour se rendre au palais lé-
gislatif, en auront bientôt fait justice.
5. — Il faut que la France n'aie qu'une tête , et
que cette tête soit toujours dans la gueule du pro-
létariat de Paris ; quant au paysan, qu'il gratte la terre,
qu'il travaille afin de nourrir ses petits et les fortes
têtes socialistes qui pensent pour lui : c'est là sa des-
tinée de bête brute.
6. — L'ouvrier seul de Paris , qui a été nourri de
toutes les questions industrielles, financières, politi-
ques et humanitaires, doit être payé sans rien faire
par la province, sa mission étant d'être toujours
armé pour les revendications sociales de l'imprescrip-
tible droit à l'émeute et aux révolutions.
— 5 —
7. — Le suffrage universel, habilement guidé et
enrégimenté par les purs, doit pouvoir changer cha-
que jour le maire et le commandant de la garde
nationale de Paris, afin de tenir, toujours en laisse la
représentation des avocats, des terriens et des bouti-
quiers de la province.
8.— La réaction contre le socialisme doit être
terrorisée, si elle part d'en bas, par des mesures
contre le capital et contre le bourgeois ; elle doit être
anihilée, si elle part de l'Assemblée nationale, en sa-
lissant chaque jour, par le journalisme radical, les
amis de l'ordre, de la famille et de la propriété.
9. — Celui qui souffre n'a aucun intérêt à être ami
de l'ordre et conservateur de biens qui lui sont étran-
gers ; qu'il se serve donc de ses droits, aux votes comme
électeur et de son droit au fusil comme garde national,
pour affirmer sa volonté de voir liquider toutes les
jouissances et toutes les souffrances, par le droit
permanent à l'insurrection et par la République dé-
mocratique et sociale.
10. — Les chefs, pour guider les votes et les hommes
armés, devant tous être animés d'une même pensée,
le comité révolutionnaire se chargera de fournir des
préfets et des généraux partout où besoin sera, ses
membres étant toujours heureux de se dévouer ainsi à
la chose publique.
1 1. — Les apparences devant être ménagées et le

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