Album-buvard

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imp. de G. Gratiot (Paris). 1851. 1 vol. (15 p.) ; In-fol..
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Publié le : mercredi 1 janvier 1851
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ALBUM-BUVARD
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A VOUS
OUJOURS préoccupé du désir de vous plaire,
L'Éditeur s'ingénie à composer, à faire
Du NEUF pour attirer un seul instant vos yeux ;
Mais il n'est rien de neuf sous là voûte des eieux;
Bien souvent on l'a dit. -r- 0 vérité trop vraie !...
Et comment, en effet, arracher à l'ivraie
Quelque grain exhalant un arôme nouveau
Qui de tous ne soit point le vulgaire cadeau ?
Pour trouver ce trésor, je donnerais mon âme;
J'affronterais la faim, la soif, le froid, la flamme.
Il n'est rien de si doux pour le pauvre Éditeur
Que d'obtenir de vous un suffrage flatteur !
Mais pour le conquérir que de soins, que de peines!
Que d'efforts superflus, de tentatives vaines!
Ah! j'en connais plus d'un qui s'est rompu le cou
A ce rude métier, pauvre et malheureux fou !....
Peut-être leur destin sera-t4l mon partage,
~Bàr je ne suisy hélas! ni plus fort ni plus sage...
J'irais, s'il le fallait, par un ballon porté,
Jusqu'au ciel où GODARD a tant de fois monté;
J'irais chercher au fond du plus traître nuage,
Fût-il prêt à vomir la tempête, l'orage,
Une feuille oubliée, une perle, une fleur,
Pourvu qu'elle brillât d'une fraîche couleur;
Mais, sans aller dans l'air m'ébàttre comme un merle,
J'ai peut-être conquis cette fleur, cette perle ! ! !
Près de l'àtre où fumait la houille, l'autre soir,
Je rêvais... quand mon coeur s'est ouvert à l'espoir
De créer du nouveau, quoique plus on n'en fasse.
Assurément, c'est là montrer certaine audace
Qui peut au déficit amener mon budget.
Mais non... de m'alarmer, non, je n'ai pas sujet.
Avec des yeux si beaux et des lèvres si fraîches,
Vous n'appartenez point à ces démons revêches
Dont l'unique bonheur est de nous tourmenter,
Et qui nous font souvent méchamment décompter.
Oh ! non, non, cent fois non : vous êtes de vrais anges,
Aimables, bienfaisants, amoureux de louanges,
El vous rie viendrez pas me mettre au désespoir
En faisant contre moi servir votre pouvoir.
Vous souriez. — Ce m'est d'un si charmant présage,
Que je viens à vos pieds déposer mon ouvrage.
J'ai cru qu'en mariant à I'ALBUM le BUVARD,
Je pourrais vous offrir l'agréâblé et l'utile,
Me serais-je trompé? serais-je un imbécile?
A vous de prononcer ! —- Mais votre doux regard,
Où se révèle un coeur et bienveillant et tendre,
A mon ALBOM-BUVAUD ne s'est pas fait attendre.
Vous le protégerez„. Sous vôtre belle main,
Dans le monde il fera bien vite son chemin...
Mais si je suis encor sous l'empire d'un rêve,.
Vous à qui la nature a donné tant d'appas,
0 charmantes beautés, ô nobles filles d'Eve,
Ne me réveillez pas!

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