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Alger et de sa colonisation - Avec des considérations sur l'importance de ce pays

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66 pages

Alger s’offre aux voyageurs de la manière la plus flatteuse. On découvre cette ville de fort loin en mer ; elle apparaît comme une raie blanche tracée sur le penchant d’une colline. A mesure que le vaisseau approche, la ville s’élargit et présente la figure d’un quadrilataire irrégulier.

A gauche, lorsqu’on se tourne vers la ville, on découvre Je cap Matifou, qui avec la pointe Caxine forme la baie au fond de laquelle Alger est bâti. Cette baie sert de rade au port ; elle n’est pas très sûre et les vents du nord et nord-ouest principalement y sont très dangereux.

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Renoult
Alger et de sa colonisation
Avec des considérations sur l'importance de ce pays
AVANT-PROPOS
Ni le désir d’écrire, ni celui moins louable de critiquer, ne m’ont mis la plume à la main. J’aurai, dans ce petit ouvrage, beaucoup d’abus à s ignaler, de grandes améliorations à indiquer. J’y parlerai de l’orgueil, de l’inertie, de l’incapacité de ceux qui administrent en ce moment le pays, ou plutôt deux villes d’Afrique occupées militairement par les Français ; mais, je le dis du plus profond du cœur, j’aurais désiré n’avoir que des louanges à distribuer, au lieu du blâme que je dois déverser sur ceux qui ne craignent pas de l’attirer sur eux-mêmes. Il faut dire une triste vérité : Alger qui pourrait être pour la France une source féconde de richesses, est devenue, dans les mains, d’administrateurs inhabiles, un triste fardeau pour la France. Je n’ignore point l’inutilité de mes paroles pour l’intérêt de la France et celui d’Alger ; je sais que l’oreille de l’aigle orgueilleux ne s’ouvr e point aux sages avis de l’hirondelle voyageuse ; mais j’aurai accompli un devoir de bon citoyen en proclamant les dangers qui attendent à Alger ceux de mes compatriotes qui voudraient y établir en ce moment une exploitation industrielle. Que ceux qui seraient tentés de passer en Afrique s uspendent un moment leurs pas, jettent les yeux sur ces lignes, peut-être leur épa rgneront-elles un voyage qui pourrait leur coûter la vie ! J’exposerai d’abord la situation d’Alger, je dirai quelques mots des peuples qui l’habitent, je montrerai quel parti on en pourrait tirer, après avoir parlé de la manière dont il est régi ; et je terminerai par dire ce qu’on a perdu et ce qu’il faudrait faire.
CHAPITRE PREMIER
SITUATION D’ALGER ET DU TERRITOIRE ENVIRONNANT
Alger s’offre aux voyageurs de la manière la plus flatteuse. On découvre cette ville de fort loin en mer ; elle apparaît comme une raie bla nche tracée sur le penchant d’une colline. A mesure que le vaisseau approche, la vill e s’élargit et présente la figure d’un quadrilataire irrégulier. A gauche, lorsqu’on se tourne vers la ville, on déc ouvre Je cap Matifou, qui avec la pointe Caxine forme la baie au fond de laquelle Alger est bâti. Cette baie sert de rade au port ; elle n’est pas très sûre et les vents du nord et nord-ouest principalement y sont très dangereux. Lorsqu’ils sont forts, ils poussent les vaisseaux vers le rivage où ils sont non-seulement naufragés, mais encore les équipages égor gés par les Bédouins, peuple féroce qui domine ce pays. Autrefois le port d’Alger n’était pas sûr, mais dep uis l’expédition de lord Exmouth, en 1816, le dey à fait joindre un fort, jadis construit par les Espagnols devant la ville lors de l’expédition malheureuse de Charles-Quint, par une jetée qui forme le port et le rend assez sûr, bien qu’il soit encore trop ouvert. Néanmoins la mer y est souvent houleuse et les vaisseaux tourmentés. Ce port n’est pas très grand, cependant il pourrait contenir au besoin plus de deux cents bâtimens de moyenne grand eur ; sa profondeur est assez grande pour recevoir les frégates, c’est-à-dire environ dix-huit pieds de profondeur. Les jetées qui bordent le port n’ont presque point de largeur ; elles sont mal construites : c’est un amas de pierres que des main s barbares et inhabiles ont amoncelées d’une manière inégale au bord de la mer. Les navires n’approchent pas des quais ; les marchandises se mettent à terre au moye n d’embarcations destinées à cet effet. Le port ne ferme point et, comme dans la Méd iterranée les navigateurs n’ont pas, ainsi que dans les autres mers, l’inconvénient des marées, on y entre et on en sort de jour et de nuit. Les capitaines évitent cependant d e sortir de nuit à cause des dangers que présente la rade qu’il faut traverser. La première impression de la vue d’Alger lorsqu’on est en mer, est bientôt détruite quand on entre dans la ville, ou plutôt dans un cloaque, où des maisons mal bâties sont entassées les unes sur les autres sans symétrie, sa ns goût, sans élégance. Les rues sont si étroites que dans la plupart deux personnes ont peine à. y passer de front. Depuis l’arrivée des Français, trois rues, celles de la Ma rine qui conduit au port, Babaloued et Babazoum, qui aboutissent à la campagne, ont été élargies et rendues accessibles, aux charrois ; mais le charroi quand il passe occupe toute la rue et les passans sont obligés, de se réfugier dans les boutiques. La seule place publique qu’il y ait est due aux Français qui, pour la faire, ont abattu la grande mosquée où les Maures prétendaient qu’était cachée une statue de Mahomet ; cette mosquée était chez eux en grande vénération ; ils ont offert une somme considérable pour qu’elle soit conservée. Il reste encore quelques débris de cet édifice dont la beauté consistait en un grand nombre de col onnes de beau marbre blanc ; il brillait plutôt par la richesse de la matière, que par l’art avec lequel elle était préparée. Au point le plus élevé de la ville est la Casauba, naguère l’antique résidence du despote de cette contrée, et maintenant la caserne d’un régiment français : là brillaient aussi le marbre blanc et d’autres matières précieuses ; mais les mains incapables qui les avaient préparées en avaient fait plutôt une masse informe et grossière qu’un palais qui
aurait dû être riche et élégant. La Casauba est fortifiée, et les canons dirigés sur la ville pouvaient, au premier caprice du dey, foudroyer ses habitans ; avant l’arrivée des Français, la Casauba était le réceptacle des trésor s qu’une longue suite de pirateries avait enlevés aux nations de l’Europe, qui à leur honte éternelle se sont soumises par un tribut, pendant plusieurs siècles, à une poignée de barbares qui les insultaient, les traînaient en esclavage et leurs enlevaient les ric hes cargaisons qu’ils amenaient des deux Indes, à travers mille périls. Ces richesses, trop souvent le prix du crime, tombaient par un autre crime dans les mains des pirates algériens. La population d’Alger qui ne dépassait guère cent m ille habitans, encore dans ce nombre étaient compris beaucoup de juifs, avait pou r l’exercice du culte mahométan soixante mosquées ; plusieurs ne sont que des maiso ns un peu plus grandes que les autres ; mais dix ou douze sont ornées de colonnes de marbre, et les murs tapissés avec des carreaux de faïence venus d’Alexandrie, et qui par leur disposition forment des dessins, peu élégans il est vrai, mais d’un assez bon effet. Cette manière de tapisser, si l’on peut s’exprimer ainsi, avec des carreaux de faïence est tout ce que j’ai trouvé de bon dans l’architecture d’Alger : on pourrait l’imiter d’une manière avantageuse en France ; et certes nos élégantes ne dédaigneraient point un salon décoré à la mauresque, avec l’art et la perfection dont les Français sont capables.