Allocution de Mgr l'évêque de Beauvais, Noyon et Senlis (Gignoux), prononcée à l'issue du service célébré dans la cathédrale de Senlis, le 5 mars 1868, pour le repos de l'âme de M. l'abbé Jean-Louis-Fortuné Magne,...

De
Publié par

Impr. de Père (Beauvais). 1868. Magne, J.-L.-F.. In-8° , 8 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : mercredi 1 janvier 1868
Lecture(s) : 5
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 9
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

ALLOCUTION
DE •
MONSEIGNEUR LÉVÊQnE DE BEAUVAIS, NOYON & SENLIS,
PRONONCÉE
à l'issue du Service célébré dans la Cathédrale de Senlis, le 5 Mars 1868,
pour le repos de l'âme de
M. L'ABBÉ..JEAN-LoUIS-FoRTUNÉ MAGNE,
Chanoine honoraire de Beauvais, Supérieur de l'Institution Saint-Vincent,
Président du Comité archéologique, etc.,
.lecédè à Villefranche-d'iveyron. le 29 Février, dans sa quarante-huitième année.
BEAUVAIS,
IMPRIMERIE DE D. PERE, IMPRIMEUR DE L'ÉVÊCHÉ,
rue Saint-Jean.
ALLOCUTION
DE
Monseigneur l'ÉVÊQUE de Beauvais, Noyon et Senlis,
NONCÉE A L'ISSUE DtJ SERVICE CÉLÉBRÉ DANS LA CATHÉDRALE DE SENLIS ,
LE 5 MARS 1868, POUR LE REPOS DE L'AME
S? r ":t' r ,
-de l'abbé Jean-Louis-Fortuné MAGNE,
'Gtfànoine honoraire de Beauvais, Supérieur de l'Institution Saint-Vincent,
Président du Comité archéologique, etc.,
Villefranche-d'Aveyron, le 29 février, dans sa quarante-huitième année.
Quelle que soit mon émotion, vous vous étonneriez, mes
Enfants et mes Frères, si je ne disais au moins quelques mots
pour déplorer le malheur qui vient de nous frapper. D'ailleurs,
le tribut des regrets, des larmes et même des prières ne saurait
suffire dans cette triste circonstance. Il faut honorer publique-
ment ce qui est on ne peut plus honorable : une vie de dé-
vouement et de perpétuel sacrifice. Il faut chercher dans les
vertus d'un ami, dans les vertus du guide et du père de votre
jeunesse, mes chers Enfants, des enseignements et d'utiles
leçons.
Hélas ! qui eut pu prévoir, lorsqu'il y a quelques mois, dans
cette même Eglise, nous rendions les derniers devoirs au
Prêtre éminent qui dirigeait avec tant d'intelligence et de zèle
la paroisse de Senlis, que son consolateur durant une longue
et cruelle maladie, que son ami intime le suivrait de si près
dans la tombe ? Insensé celui qui compte sur un long avenir !
Insensé celui qui oublie que nos jours sont comptés et qu'à
chaque instant nous pouvons mourir !
1803
o -. d-
Dès l'époque que nous venons de rappeler, la santé de l'ex-
- cellent M. Magne allait s'affaiblissant, mais son courage le
soutenait, et nous étions loin de supposer qu'il se verrait
bientôt obligé de renoncer à la direction de l'important éta-
blissement de Saint-Vincent. Au retour des vacances, ses amis
furent effrayés des progrès du mal. Bientôt notre cher M. Magne
dut s'éloigner d'une maison qu'il aimait plus que sa vie, et en
laisser la direction provisoire à un ami dévoué. Le repos qu'il
prit chez un neveu, pour lequel il était un second père, chez
son respectable oncle à Alfort, chez des amis, furent des
moyens insuffisants. Une dernière ressource restait : l'air
natal. J'avoue que je comptais sur l'efficacité de ce remède,
car l'affection se fait des illusions étranges. J'espérais que
M. l'abbé Magne, s'il ne pouvait reprendre les fonctions de
Supérieur, serait assez fort pour remplir auprès de moi celles
de Vicaire général. Il aurait logé sous mon toit, mangé à ma
table, partagé ma vie: c'était un rêve de l'amitié. Vaines espé-
rances : à peine arrivé au sein de sa famille, il a succombé !.
Ses enfants, qui le chérissaient comme un père ; ces généra-
tions si nombreuses de jeunes hommes, qu'il forma aux com-
bats de la vie, ne le reverront jamais ici-bas. Il ne nous
reste plus de cet excellent Supérieur que des souvenirs!.
Mais ces souvenirs sont nobles; ils sont dignes d'un Prêtre,
dignes d'un guide et d'un père de l'enfance.
Disons un mot, mes Frères, de cette vie si simple, si mo-
deste , mais en même temps si pleine et si méritoire.
Envoyé tout enfant dans le diocèse de Beauvais, M. Magne
fit ses études littéraires, avec le plus grand succès, au petit
séminaire de Saint-Germer, sous la direction du respectable
M. Bessières. Il brillait par ses talents précoces au milieu de
tous ses condisciples; il les surpassait sans les humilier jamais;
et déjà on remarquait en lui cette droiture, cette franchise,
cette bonté qui furent le caractère de toute sa vie. Dieu parla
au cœur de cet enfant d'élite; le jeune Magne déclara qu'il
voulait se donner tout entier au Seigneur en se vouant au
sacerdoce. Ses Supérieurs, qui prévoyaient le bien que pour-

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.